Faune du Congo : la tuerie continue

 

Ce mâle de 50 ans a été froidement exécuté pour décorer le pavillon colonial de l’exposition universelle de 1958 à Bruxelles. Photo YG

Faune du Congo :
les colons sont partis, la tuerie continue !

Une intéressante exposition se tient jusqu’en juillet 2012 au Musée d’Afrique de Tervueren.
Si le massacre des Congolais sous la férule du roi Léopold II n’y est déjà évoquée que de façon extrêmement allusive (10  millions d’africains massacrés par les Belges en quelques décennies tout de même, mais rien sur les mains coupées, rien sur les traitements atroces infligés aux travailleurs forcés..), que dire
de l’holocauste dont les animaux non-humains furent victimes ?

Le Musée ne nous parle que de collectes scientifiques bien intéressantes, sans plus.
Ou de l’étude de la croissance des dents des éléphants sur les monceaux de trophées prélevés, sans préciser que plus de 100.000 de ces aimables pachydermes vivaient encore en 1950 au Congo, alors qu’il en reste moins de 20.000 aujourd’hui. Et encore…
Les chimpanzés et toutes les autres espèces sauvages ont également payé le prix fort de ce délire de chasse à tout va !

Désormais financés par la Chine et armés de fusils-mitrailleurs,
les braconniers congolais achèvent le travail de destruction totale.
On ne saurait donc accuser uniquement les anciens colons de l’état désastreux de la faune endémique du Congo aujourd’hui.
Les actuels dirigeants politiques, qui songent à implanter des puits de pétrole dans le Parc des Virunga, portent leur lourde part de responsabilité.
Le temps est venu pour eux de comprendre que la biodiversité est la première de toutes les richesses et qu’elle mérite qu’on lui consacre des moyens importants.

Mais il n’en demeure pas moins que si les éléphants, les grands singes, les okapis, et tant d’autres espèces se voient menacés d’extinction imminente en RDC, c’est d’abord et surtout grâce à la boucherie systématiquement menée par le colonisateur belge.

Il eut été bon de le rappeler lors de l’exposition.

Famille de chimpanzés empaillés au Musée de Tervueren

Dans les années 50, les Chimpanzés étaient systématiquement massacrés, ainsi que les Gorilles et les Bonobos.
Le plus souvent, on tuait une tribu entière pour ne garder que les petits, qu’on envoyait crever de pneumonie au Zoo d’Anvers.
Ici, on n’a pas hésité à tuer les bébés également, question de nous montrer une gentille petite famille…

Il est vrai que l’on ne savait rien des cultures ni de l’intelligence de ces grands hominidés.
L’éthologie cognitive n’était pas encore née. Alors, on empaillait et puis l’on exposait, comme des paillons épinglés dans une boîte.
Il n’y avait pas de « comportements sociaux » ou autres à montrer, puisque les animaux n’obéissaient , pensait-on, qu’à leurs instincts les plus primaires.

C’est supposé être une panthère…

Les fauves, quant à eux, n’avaient droit à aucune pitié. Les massacrer faisait partie de la mission civilisatrice des colons blancs.
La suppression complète de tout prédateur était, et reste encore de nos jours, un fantasme bien ancré dans la plupart des pays du monde. Les requins à la Réunion ou les loups en France en savent quelque chose…

Collection de crânes d’éléphants, par centaines, dans les caves du Musée de Tervueren

Trophées si nombreux qu’on en sait où les mettre. ,

Les éléphants étaient des cibles appréciées des chasseurs.
Quand on en a les moyens, comme le Roi d’Espagne, elle le demeure.
Difficiles à tuer, pourtant ! Et dangereux !
On ne disposait pas alors de kalachnikovs pour en venir à bout d’une rafale. En outre, l’ivoire valait et vaut toujours, très cher sur le marché !

Et pour le reste, c’était un jeu ! Il y avait tant et tant d’herbivores à tuer, en ce temps-là.
Les chasseurs belges, armés non plus de sagaies ou de flèches mais de fusils puissants, faisaient d’innombrables cartons.
Peu importait l’espèce… On suppose que la viande était offerte aux porteurs.

Ce qui comptait, c’était l’exploit ! Une girafe, tiens. Quand ça meurt, ça tombe de haut !
Les plus beaux trophées restaient dans les salons, les autres étaient offerts au musée, faute de place…

Il s’y entassent même par milliers dans les caves…
Inutiles témoins de souffrances indicibles.

Les colons sont partis. La tuerie continue.

 

Remercions pourtant ici les Rangers congolais pour leur courage face à la nouvelle vague de massacres qui frappe les animaux sauvages de leur pays….
Mais déplorons que la « viande de brousse » reste un mets de choix même chez les élites bien nourries de Kinshasa ou du quartier Matongé à Bruxelles !

« La quantité de gibier prélevée annuellement en Afrique centrale équivaudrait à 9 milliards de hamburgers. Les primates sont particulièrement prisés : les gorilles, les chimpanzés, les mandrills et les bonobos passent à la casserole, de même que les crocodiles, les pangolins et les éléphants. Uniquement dans les pays du bassin du Congo, le commerce de la viande de brousse est estimé à un million de tonnes par année !
En un an, dans le seul marché de la capitale Brazzaville (Congo), la viande de près de 293 chimpanzés s’est retrouvée sur les étalages. Pour la même période, 800 carcasses de gorille sont passées des marchands aux consommateurs ».
(Espèces menacées)

Les babouins ne grimpent pas dans les arbres. Mais qui s’en souciait, en 1958 ?

 

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