Le Marineland d’Antibes vole au secours des vaquitas !

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Le Marineland d’Antibes vole au secours des vaquitas !

Les 9 et 10 Juillet derniers, alors que les manifestants déambulaient sous ses portes ou se jetaient dans ses piscine, le Marineland imperturbable s’associait à la journée internationale de la protection du marsouin vaquita. Quelle merveilleuse initiative ! Mais quel étrange paradoxe aussi, comme nous allons le voir.

« Qu’est-ce que le vaquita ? » crachotaient les écrans suspendus au-dessus des gands bassins, devant une foule somnolente qui n’attendait que le moment où les dauphins feraient bonjour de la nageoire. Réponse : « Le vaquita est une espèce de marsouin de la partie Nord du Golfe du Mexique ; c’est le plus petit cétacé vivant, du haut de ses 1 m 50. Cette espèce est en voie d’extinction ; il ne reste plus que 60 individus sur Terre ! (Ou 100, selon le présentateur du show). Après un déclin si important ces dernières années, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature a classé l’espèce « en danger critique d’extinction.  Nous vous invitons à signer la pétition pour agir contre la pêche au filet maillant, le principale responsable de la disparition du vaquita » .  

Tout au long de la journée, Marineland nous a donc décrit les périls qu’affrontait ce charmant petit marsouin si discret et si rare, en fait, que son espèce a bien peu de chances de survivre à court terme. On voit d’ailleurs mal le Mexique interrompre tout à coup tout filet et toute pêche pour satisfaire la requête du Marineland d’Antibes.

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A vrai dire, la situation du vaquita est quasiment désespérée.
Seule deux espèces ont pu remonter la pente après être descendu aussi bas :  le phoque à fourrure de Guadeloupe qui ne comptait plus qu’une douzaine d’individus, et l’éléphant de mer du nord, 30 survivants à peine.  

Tout le sel de l’histoire tient évidement au fait que la seule façon de sauver le vaquita à ce stade, ce serait de faire comme on a fait avec le léopard des neiges, le tigre de l’amour, le cheval de Przewalski ou le vautour moine.  En l’enfermant pour le protéger.
N’est-ce pas là d’ailleurs la suprême et noble mission des delphinariums, seulement soucieux de conservation et de bien-être animal ? La conservation et la reproduction « ex-situ » ? Sans doute.
Mais le problème, c’est que les vaquitas prélevés auraient toutes les chances de mourir en captivité.

« Avec seulement 60 vaquitas qui restent, nous ne pouvons pas courir le risque d’en tuer en expérimentant la captivité.
Chaque vaquita vivant compte ! »
déclarait à ce propos Omar Vidal, le chef du bureau mexicain du World Wildlife Fund. « Capturer des vaquitas pour les faire se reproduire entre eux serait beaucoup trop dangereux et ne constitue d’ailleurs pas une option viable. »
Un comble quand on sait que les petits marsouins masqués vivent dans un territoire minuscule de 2.300 kilomètres carrés au large de Mexico, le plus petit connu chez un cétacé. Il devrait donc s’habituer facilement au manque d’espace, mais non !

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La captivité est simplement dangereuse pour les cétacés.
Elle n’est pas une option viable. Seules parviennent à y survivre de grandes espèces non menacées, telles que orques, dauphins ou bélugas, car leur intelligence sociale supérieure leur donne le privilège atroce de s’ADAPTER à la vie en prison, du moins certains d’entre eux.

Comme l’écrit Jon Kershaw dans son ouvrage « Rendez-vous chez les dauphins » (Editions Glénat):
« Les dauphins sont capturées dans des zones relativement tempérées et en eaux peu profondes. Ainsi, leur adaptation sera plus facile et le dépaysement mois grand. La manière la plus adéquate et moins traumatisante pour capturer cet animal est l’utilisation du filet. (…) Il est indispensable que des plongeurs vigilants soient présents, car le dauphin, quelque peu effrayé par l’opération, peut s’entortiller dans les mailles et se noyer, son temps d’apnée étant malgré tout limité à quelques minutes ».

Risqué, en effet !
En plaidant la cause du « marsouin du désert » sans pouvoir le sauver avec les seuls moyens qu’il prône, la captivité, le Marineland d’Antibes affiche sa propre dangerosité et son inutilité crasse.
Aucun bassin ne pourra à vrai dire jamais sauver aucun dauphin. Ceux qui auraient le plus besoin y meurent presque aussitôt.
La conservation que veulent nous vendre les zoos (« Were are Biodiversity ! ») n’est qu’un mensonge criminel.
Et ce ne sont pas non plus les pétitions qui vont changer grand chose !

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27/7/2016

Les dernières nouvelles des vaquita que le Marineland ne vous donnera pas

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Les nouvelles mesures de protection pour le vaquita récemment prises par les USA et le Mexique sont inutiles, si la Chine ne diminue pas sa demande de poissons Totoaba.
En théorie, le 9 Juillet a été la Journée internationale du Vaquita, conçue pour engager le Mexique à en faire davantage pour protéger lea soixantaine de survivants d’une espèce de marsouins minuscules et profondément menacées dans les eaux surexploités de l’extrémité Nord du Golfe de Californie.
Dans la pratique, vendredi dernier pourrait bien avoir été ce jour-là. Après une réunion du matin à la Maison Blanche, le président Obama et le président Enrique Peña Nieto du Mexique ont publié une longue liste de nouvelles initiatives sur des questions d’intérêt commun relatives aux initiatives énergétiques respectueuses du climat, au commerce et aux voyage et un engangement fort pour le vaquita. Plus important encore, le Mexique pourrait transformer ce qui ne devait être qu’un moratoire de deux ans sur les filets maillants mortels pour le marsouin en interdiction permanente.

Malheureusement, le taux de mortalité de vaquita a été amplifié par l’incessante demande chinoise pour la vessie natatoire séchée du totoaba, un gros poisson en voie de disparition pêché dans les mêmes eaux. Les cétacés se noient dans les mêmes filets à mailles fines. Il est donc essentiel que la Chine agisse de son côté, en informant au moins le consommateur comme elle l’a fait pour les ailerons de requins. Sans cela, l’extinction paraît inévitable.

 



L’adieu aux marsouins aptères

Dauphins d’Amazonie : les deux derniers captifs