Vers une Nation Cétacée

Dauphins libres en Polynésie (celui du centre est un enfant) Photo copyright : Cosetta Bordet

Dauphins libres dans la passe de Tiputa, en Polynésie française. Photo Cosetta Bordet

Vers une Nation Cétacée

Le « testament spirituel » du Dr John Lilly

John-C-Lilly

Dr John C. Lilly

Le texte qui suit a été traduit bénévolement par Patricia Willocq, d’après la version anglaise originale publiée par Toni Frohoff dans son remarquable recueil  « Between species »

Il s’agit ici bel et bien du testament spirituel du Dr John Lilly, cette figure légendaire et controversée de la cétologie, qui fit tant de mal mais aussi tant de bien aux dauphins captifs.
Le Dr John Lilly fut le premier à soupçonner l’intelligence extrême des cétacés – ce que confirment toutes les recherches aujourd’hui – mais aussi le premier à affirmer que celle-ci dépassait largement l’intelligence humaine.
Au soir de sa vie, après qu’il eut libéré ses « sujets d’expérience » et senti sa fin prochaine, John Lilly réitéra ses certitudes en des termes très forts, comme on pourra le lire ci-dessous.

Ce texte, écrit de manière assez rude et cependant émouvante marque un pas essentiel : il ouvre en effet la voie à une approche radicalement non-anthropocentriste de la protection des cétacés. Ces mammifères marins sont ici envisagés non plus comme des « animaux sauvages » mais comme des peuples et des nations composés de personnes à part entière pleinement conscientes et redevables dès lors de droits et de reconnaissance civique.

J’aimerais ajouter que j’eus l’honneur insigne d’échanger quelques mots avec le Dr John Lilly et de lui serrer la main peu de temps avant sa mort. Ce fut là une expérience très forte que je ne suis pas prêt d’oublier et qui marque aujourd’hui encore ma vision propre des cétacés, puisque le premier ivre que je lus sur les dauphins, à 16 ans, était le sien.
YG. Octobre 2003


 

Droits de l’homme et droits des animaux

Les droits de l’homme se sont lentement développés au fil des derniers siècles.
Ces droits que chacun d’entre nous apprécie aujourd’hui tant aux États-Unis que dans d’autres pays du monde, ont été soigneusement élaborés au sein de nos lois.
L’histoire nous enseigne que ces droits ont évolué, qu’ils ont franchi certaines étapes, depuis l’acceptation inconsciente d’une absence totale de droits jusqu’à la prise de conscience du besoin de s’exprimer de manière adéquate à propos d’une situation ou d’un état intolérable et d’exiger de la loi et des administrations qui
l’appliquent, de pouvoir en être soulagé légalement.

Puisque chaque groupe d’humains, par sa propre expérience, a appris à ressentir s’il bénéficiait ou non de l’avantage des lois et de leur mise en œoeuvre, chacun de ces groupes dispose en son sein d’hommes et de femmes prêts à défendre les droits  de ces communautés et à s’en faire les porte-paroles.

En tant qu’individus ou groupes humains, c’est à nous aujourd’hui qu’il revient de devenir les gardiens et les défenseurs en justice des animaux et de leur environnement.  C’est sur cette base que je fonderai désormais mon argumentaire en faveur de la reconnaissance d’une Nation Cétacée globale.

Compte tenu du fait reconnu scientifiquement que les dauphins et d’autres odontocètes disposent des plus grands cerveaux existant sur cette planète et qu’ils font usage d’un véritable langage, la création du concept de « Nation Cétacée » permet que leur voix soient entendues et ouvre le champ à une meilleure compréhension entre les Humains et les Cétacés.

Recherches sur le cerveau

Depuis la Grèce antique, l’intelligence des dauphins a toujours fait l’objet de spéculations chez les écrivains.
La découverte du grand cerveau des cétacés au 18e siècle a inévitablement mené les scientifiques à comparer leurs cerveaux à ceux de l’être humain et des primates.

Pendant longtemps, savants et scientifiques ont considéré les cétacés comme des êtres hautement intelligents.
Au cours des siècles, cependant, cette opinion fut de moins en moins partagée.

Les liens entre l’homme et les dauphins existent depuis l’antiquité.
A l’époque d’Aristote (384- 322 av. JC), les dauphins, par exemple, étaient honorés et étaient entourés de légendes et d’histoires relatant leurs exploits.  Pline l’Ancien (23 – 79 ap. JC), quant à lui, introduisit une première note de scepticisme dans ses récits.

Au Moyen Age, l’influence des philosophies religieuses sur la pensée a donné naissance aux croyances anthropocentriques et placé l’homme à part de toutes les autres créatures terrestres. Depuis lors, l’anatomie précise des cétacés fut négligée.

L’homme exploite les cétacés depuis toujours et sa relation avec ces mammifères marins est d’ordre purement utilitaire et commerciale. Les similarités et les différences biologiques entre l’homme et les autres mammifères ne sont apparues qu’avec les travaux d’André Vésale (1514 – 1564) et de quelques autres de ses contemporains.

Ce n’est qu’à partir de ce moment-là qu’ont commencé les recherches sur le cerveau humain.
Au cours de cette période de recherches intenses, il semble que les scientifiques de l’époque aient dissocié d’emblée l’intelligence de l’ensemble des facteurs biologiques propres au cerveau.
Il faut se souvenir que les Grecs anciens et les Romains ne faisaient aucun lien entre le cerveau et la pensée.  Leurs savants attribuaient les exploits humains à d’autres déterminants que ceux produits par l’action de l’encéphale.

Après la découverte de la complexité du cerveau humain et des liens cliniques entre les faiblesses cérébrales et leurs effets sur les performances humaines, on a progressivement commencé à associer le cerveau et les facteurs mentaux.

Au fur et  mesure que la description du cerveau humain devenait de plus en plus précise et que les corrélations cliniques augmentaient en nombre suffisant, de nouvelles recherches furent amorcées sur la relation entre la taille du cerveau et l’intelligence de l’Homo sapiens sapiens.

Cerveau humain

Intelligence, cerveau : quels rapports ?

Dès 1843, la taille du cerveau chez les cétacés fut mise en relation avec la taille et le poids total de leur corps  (quotient encéphalique) et ce calcul réduisit bien évidemment l’importance de leur volume cérébral absolu.

Les dessins scientifiques datés de 1845 montrent l’évolution progressive dans la connaissance de la complexité de ces grands cerveaux et surtout de leurs cortex cérébral, cervelet et nerfs crâniens.

Les cerveaux des dauphins étaient décrits presque dans les mêmes termes que le cerveau humain. Malheureusement, l’intensité de l’intelligence n’était toujours pas mise en relation avec l’importance de ces encéphales considérés comme les plus grands ayant jamais existé sur cette planète. La communication et le comportement de ces mammifères étaient toujours envisagés comme de nature instinctive.

Lorsque nous étudions l’intelligence chez les autres espèces, nous nous interrogeons en premier lieu sur leur niveau d’encéphalisation, c’est-à-dire le niveau de développement du cerveau. Nous faisons un lien presque automatique entre la taille du cerveau (donnée purement biologique) et l’intelligence (donnée psychologique et comportementale).
Dans le cas de l’espèce humaine, nous savons que si le cerveau se développe mal et reste trop petit, cela affecte forcément l’intelligence.

Mais comment peut-on déterminer si l’intelligence s’est développée correctement ?
Chez l’enfant, par exemple, nous observons ses performances lors de l’exécution de tâches courantes et nous vérifions quantitativement ses acquisitions verbales. Nous mesurons, entre autres paramètres, la quantité de son vocabulaire, sa prononciation, la longueur de ses phrases, la manière dont il les utilise, le niveau d’abstraction qu’il peut atteindre, la qualité de ses processus logiques. On examine enfin la vitesse à laquelle il assimile les règles de jeux d’ordre physique ou verbal.

Cerveau de dauphin

 

Comparons à présent le cerveau d’un cétacé avec le nôtre.
Notre structure cérébrale est-elle si différente de celle de nos cousins éloignés (les chimpanzés, les gorilles, les orangs-outans)?
Les résultats de longues études neuro-anatomiques et neuro-physiologiques, nous ont indiqué que l’élément qui nous distingue des grands singes, est la taille des  » zones silencieuses » de notre cortex cérébral (cette substance de quelques millimètres d’épaisseur qui enveloppe les hémisphères du cerveau) se situant autour du lobe frontal, pariétal et temporal.

Les zones silencieuses n’ont aucune connexion directe avec l’extérieur et sont donc dévolues au traitement de l’information centrale (réflexion, imagination, planification à long terme, éthique, etc.). Les personnes dont ces zones ont été détruites deviennent des êtres qui ne vivent que dans le présent et elles ont perdu une bonne part de ce qui fait d’eux des humains.

Ces régions corticales nous permettent d’être impartiaux, d’éprouver de la compassion pour quelqu’un et de tisser des liens sociaux.
Si nous pouvions contrôler le développement de ces régions cérébrales, cela nous permettrait certainement d’évoluer au-delà de nos capacités cognitives actuelles, tant il est évident que nous sommes limités dans notre compréhension du monde du seul fait de la conformation de nos structures cérébrales. Cet aspect des choses devrait bien évidemment nous amener à réfléchir sur la question du cerveau des cétacés.

En effet, les dernières études neurologiques chez les cétacés prouvent que les « zones silencieuses » de leur cerveau sont bien plus étendues encore que chez l’homme.  Leur cerveau est en outre plus grand et plus lourd que le nôtre.
A titre d’exemple, les dauphins Tursiops disposent d’un encéphale près de 40% plus grand que celui de l’homme.

Le cerveau de l’orque, quant à lui, dépasse de trois à quatre fois le poids du nôtre et celui des cachalots constitue le plus grand cerveau ayant jamais existé parmi toutes les espèces vivantes
de cette planète, marines, aériennes ou terrestres, car sa masse s’élève à six fois celle d’un cerveau humain. Des analyses microscopiques démontrent que la densité cellulaire de cet organe et la complexité de ses connections cellulaires sont équivalentes à celles d’un cerveau humain.

Grâce à ces recherches, on a pu prouver que l’être humain n’est pas le seul à être capable de penser ou d’éprouver des sentiments et des émotions.  Le cerveau des cétacés pourrait même bien s’avérer supérieur au nôtre, du fait de ces régions cérébrales uniques dont il dispose.

Essayons dès lors de découvrir des critères d’intelligence propres aux cétacés sans les modéliser sur les nôtres et
surtout sans perdre de vue que ces êtres vivent dans un environnement radicalement différent du nôtre.
Adoptons enfin une attitude de respect et d’ouverture d’esprit envers les cétacés.

Cerveaux de chien, de grand singe, d’homme et de cachalot comparés

L’homme se montre bien présomptueux lorsque qu’il prétend pouvoir mesurer l’intelligence et les capacités intellectuelles des dauphins. Comparer des mammifères pourvus de mains avec des mammifère marins pourvus de nageoires qui vivent dans un milieu tout à fait différent, est une tâche très difficile, même pour l’imagination d ‘un Homo Sapiens sapiens !

Avant d’évaluer l’intelligence des dauphins, il faut d’abord bien connaître leurs systèmes de communication, c’est-à-dire leurs systèmes phonatoires, leurs expressions corporelles et leurs autres capacités à communiquer l’un avec l’autre.

Comme je l’ai expliqué dans mon livre « Man and dolphin« , il n’est pas simple de mesurer l’intelligence des autres espèces animales : nous ne possédons pas les mêmes modes de communication qu’eux et donc, l’échange d’idées entre espèces différentes constitue une tâche très ardue. En outre, l’Homme éprouve beaucoup de difficultés à apprécier la nature réelle du mode de vie des cétacés et de leur environnement , car ces mammifères marins vivent dans un monde acoustique qui nous est profondément étranger.

Dès leur naissance, les dauphins sont en contact avec les sons émis tant par leurs congénères que par l’écholocation (les sons réfléchis par les obstacles).  L’émission d’ultrasons n’est pas uniquement destiné à la « fonction sonar » (moyen naturel de repérage par écho sonore) mais représente aussi un mode de communication interpersonnelle. Des analyses physiques démontrent que les interactions vocales des dauphins sont tout aussi complexes que les nôtres.

Grammaire dauphin selon Valdimir Markov

Communiquer plutôt que détruire

La question que beaucoup d’entre nous se posent :  » S’il existe, chez les dauphins, un système de communication différent du nôtre, comment pouvons-nous le reconnaître et comment peut-on l’utiliser pour communiquer ? « 

Nous sommes aujourd’hui en présence d’animaux qui possèdent peut-être une intelligence égale à la nôtre.
Malheureusement, nous ne parvenons pas à admettre ce fait et nous n’essayons donc même pas de communiquer avec eux.
Par contre, nous les tuons volontiers de sang froid, nous mangeons leur chair, nous utilisons diverses parties de leur corps à des fins industrielles, nous les dressons. Nous ne les considérons en rien comme des « animaux doués de raison ».

En d’autres termes, lorsque l’homme se trouve en présence d’autres espèces, il les avilit, les tue et s’en nourrit, alors qu’il est grand temps que le massacre de ces  créatures magnifiques cesse enfin.  Au lieu de les tuer, pourquoi ne pas créer de nouveaux projets pour les protéger ?

Les ressources privées et gouvernementales devraient conjuguer leurs efforts afin d’encourager ces hommes et ces femmes qui, partout dans le monde, consacrent leur vie à découvrir les mystères de la communication chez les cétacés.

Il faudrait mettre sur pied un programme tout aussi important que celui déployé pour découvrir l’espace intersidéral  et qui réunirait – si les gouvernements l’acceptent- un réseau composé des meilleurs informaticiens, scientifiques, ingénieurs, avec bien sûr le meilleur matériel possible, pour mener à bien une mission pacifique : celle de la communication entre les espèces.

Il est parfois décourageant de voir à quel point l’homme ne saisit pas les opportunités qui s’offrent à lui de créer des liens avec ses autres partenaires terrestres.

Je souhaite qu’assez de gens puissent être aussi passionnés que moi pour créer un grand projet de communication avec les autres espèces. C’est un projet qui demandera du temps, de l’énergie et de la patience, exactement comme l’exigent les projets relatifs à l’exploration océanique, à la recherche nucléaire ou aux nouvelles techniques de guerre.

La récompense serait énorme : une nouvelle expérience, une nouvelle manière de penser et une nouvelle philosophie. Malheureusement, nous n’engageons les efforts nécessaires que lorsque cela concerne directement nos intérêts les plus immédiats.
Même lorsqu’il s’agit de notre propre espèce, nous avons tendance à l’anéantir.
Nous sommes paradoxalement l’espèce la moins apte à communiquer… et nous en sommes conscients !

Alors pourquoi n’essayons-nous pas de nous améliorer ?
L’homme est tellement arrogant qu’il refuse d’admettre qu’il puisse y avoir une espèce animale plus intelligente que lui. Il semble que sa perception de l’intelligence soit associée à la loi du plus fort.
Dans sa conception des choses, celui qui gagne la guerre est le plus intelligent.

Dony, le dauphin qui communique !

 

Trop tard ?

Il semble pourtant que les dauphins, eux, nous respectent et nous apprécient pour ce que nous sommes. En règle général, les cétacés n’attaquent jamais l’homme et il faut espérer qu’un jour, nous en saurons davantage à propos de cette éthique particulière aux dauphins.

Notre potentiel militaire actuel est capable non seulement de tuer tous les êtres humains mais aussi tous les autres habitants de la terre et des océans. Cela peut paraître un peu enfantin de mentionner ces cataclysmes, mais il faut se rendre compte que cette attitude guerrière ne fait qu’engendrer des désastres et détruire notre planète.

Peut-être n’est ce là que le cours naturel des choses, le destin de notre espèce.
Peut-être que le fait de nous auto-détruire fait partie de notre nature propre.
Peut-être que le mal caché à l’intérieur de nombre d’entre nous a-t-il pour but mission de nous détruire tous.
J’espère et je prie que ce ne soit pas le cas.
Je souhaite que mes enfants et mes petits enfants puissent, eux aussi, comprendre la beauté, la bonté, la vérité du monde et atteindre l’épanouissement personnel, tout comme je l’ai atteint.

Peut-être ne disposons-nous plus d’assez de temps pour communiquer avec les dauphins et les autres cétacés et sommes-nous condamnés à l’extinction avant que de pouvoir réaliser ce rêve. Sans l’aide de ces personnes qui dédient leur vie à des recherches scientifiques afin d’atteindre ce but, nous sombrerions une fois de plus dans des temps obscurs.

Wade Doak et le dauphin Rampal communiquent…


Parfois, je me dis que si l’homme investissait un peu plus d’efforts à la compréhension des autres êtres vivants, il consacrerait moins de temps à ses recherches purement égocentriques qui ne visent qu’à détruire sa propre espèce.
Cela l’aiderait à devenir un homme meilleur. Mes collègues et moi-même refusons de croire à cette philosophie de la hiérarchie animale, qui prétend qu’une espèce est supérieure à une autre.

Les gens nous demandent souvent :  » Si les dauphins sont si intelligents, pourquoi ne dominent-t-il pas le monde ? « .
Je leur réponds en toute honnêteté qu’il se pourrait que leur immense sagesse les écartent de toutes considérations
bellicistes. Mais on peut examiner la question sous un autre angle.

Pourquoi l’homme cherche-t-il à dominer le monde ? Je pense que l’homme entretient un sentiment d’insécurité vis-à-vis des autres espèces et qu’il ne trouve pas sa place sur la planète. Il est lui-même dominé par la peur, une peur qui se transforme en haine et qu’il utilise pour détruire ce dont il a peur, c’est-à-dire ses congénères, car dominer le monde veut dire dominer ses propres frayeurs.

Le comportement des cétacés nous donne beaucoup d’indications sur leur éthique. Ces évidences nous apparaissent lorsque nous observons leurs interactions. Dans mes  livres « Man and dolphin » et  « The Mind of the Dolphin : A Non Human  Intelligence », je mentionne beaucoup d’exemples d’actes d’intelligences et de compassion interpersonnelles ou envers l’homme.

Je pense sincèrement que si nous ne prenons pas soin de travailler avec eux dans le respect, la rigueur et la douceur, ils se détourneront de nous une fois de plus.  Si nous considérons les dauphins comme des « êtres inférieurs « , alors nous ne consacrerons pas l’énergie que nous consacrons à notre propre espèce.
Si nous ne les considérons que comme des animaux « brillants et intelligents, capables de divertir et de servir l’homme  » au delphinarium ou à la télévision, nous adoptons un point de vue tout a fait ségrégationniste.

C’est là hélas l’image que beaucoup ont des dauphins, qu’ils rangent aux cotés des chimpanzés, des chiens savants, des « chevaux qui parlent » et qui sont dressés.

Bélouga de cirque à Duisburg. L’humiliation complète..

Si nous les entraînons à nous aider dans nos travaux sous-marins et que nous les considérons comme « des chiens d’aveugles » à la disposition de la US Navy ou des océanographes, alors nous sommes loin d’atteindre l’objectif que je me suis fixé.
Je ne pense pas que ce genre de relation de  » va chercher et rapporte «  soit une relation d’égalité.

Peut-être que pour certains le terme « égal » ne semble pas convenir lorsque l’on compare l’homme et le dauphin.
Le dauphin, qui est pourtant un être dont les capacités cognitives sont égales aux nôtres, est en effet trop souvent considéré comme une créature étrange et bizarre.

Si l’esclavage humain – l’une des plus longues histoires de l’humanité – est considéré aujourd’hui comme une violation gravissime des droits de l’homme, cela ne dérange personne, apparemment, que l’on puisse encore acheter et vendre des dauphins !  Tant que le dauphin sera légalement considéré comme un simple animal, il continuera a n’être qu’un simple article commercial et sera exploité pour servir les intérêts de l’homme.

Esclave humain

Esclave humain au début du XXeme siècle

 

Si nous voulons mettre un terme à cet esclavage de non-humains, ce commerce destiné à l’enrichissement personnel de quelques hommes, il faudrait arrêter de considérer le dauphin comme un simple animal.

D’une manière ou d’une autre, l’homme et le dauphin devrons un jour trouver un terrain d’entente.
Il nous faudra travailler ensemble, c’est-à-dire entre différentes espèces, pour atteindre à l’égalité.

Peu importe les différences qui existent entres espèces, peu importe les différences d’anatomie, peu importe les différences d’environnement qui coexistent, il faudra considérer les créatures dont la taille du cerveau dépasse un certain volume comme égaux à l’homme.
De telles considérations doivent donc nous amener à la conclusion que les cétacés sont un cas à part.
Nous devons leur donner des droits et les protéger. Voici quelques directives que nous devrions appliquer pour développer une relation basée sur le respect :

1. Les cétacés ne doivent plus être considérés ni comme un bien, ni comme des ressources industrielles, ni comme une marchandise animale.

2. Les cétacés doivent pouvoir être libre de circuler dans toutes les eaux de notre planète.

3. Nous devons garantir leur bien-être et déterminer leurs besoins et leurs intérêts.

4. Les projets de communication avec les dauphins devraient être encouragés plutôt que freinés.
Ils devraient servir prioritairement à garantir leur bien-être.

5. Les résultats de ces expériences scientifiques doivent être retenus dans les programmes d’organisations internationales telles que les Nations unies. Des lois basées sur la représentation égale des êtres humains et des cétacés devraient être proposées aux seins des Nations Unies.
Il est essentiel de reconnaître une nouvelle nation : celle des cétacés.

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L’homme a toujours exercé une politique anthropocentrique et a refusé de prendre en compte l’existence d’une conscience chez les animaux marins parce qu’il n’a pas été capable de communiquer avec eux.
Mais leur survie pendant ces derniers quinze millions d’années doit être prise en compte et les conséquences doivent en être légiférées.

Ceux qui prendraient cette proposition comme une histoire de science fiction n’ont aucune connaissance des écosystèmes et de l’intelligence de certaines espèce de notre planète.
Bien sûr, si nous refusons de prendre connaissance de ces faits, il nous est plus facile de refuser de prendre part a ce grand projet.
Mais il faut se souvenir à cet égard que l’homme et ses croyances anthropocentriques ont contribué à la disparition de nombre d’espèces  vivantes et de cultures.

Changeons nos croyances héritées du passé et acceptons enfin de communiquer avec les autres espèces, pour ouvrir notre esprit et changer notre éthique de vie. Il nous faut élargir nos horizons scientifiques et soutenir les recherches sur la communication avec les êtres possédant le plus gros volume cérébral au monde !
Explorons au moins les connaissances qu’ils ont de la vie et que nous ne possédons pas.
Le moins qu’on puisse faire pour eux serait de mettre un terme a leur massacre.

Nous devrions dédier notre savoir à la découverte d’un moyen de communication avec eux, tout en gardant à l’esprit que nous ne sommes peut-être pas mentalement à la hauteur pour y parvenir et que notre science est peut-être totalement inadéquate pour appréhender la leur.
Mais il faut persévérer. Nous avons besoin de leurs connaissances.
Nous nous devons de communiquer avec d’autres espèces que la nôtre et accéder à leur sagesse.

Photo Cathy Nyssens. L'amitié éternelle...

Dauphin libre en Floride, nageant le long du canot. Photo Cathy Nyssens


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