Moutons et sapins de Noël

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VILLARGOIX (Côte-d’Or) (AFP) –

 

Une trentaine de moutons Schropshire ont été  recrutés dans le massif du Morvan pour désherber aux pieds des sapins de Noël, parce qu’ils arrachent, broutent et mâchent avec discernement.
« Nous recherchons des méthodes alternatives aux produits phytosanitaires et dans ce cadre nous menons une expérience avec des moutons Schropshire », a expliqué l’initiateur de cette démarche, Vincent Houis, « Monsieur Sapin de Noël » du Parc régional naturel du Morvan.

Des moutons de race Charolaise, Charmoise ou Berrichon du Cher avaient déjà été employés au milieu des sapins, mais ils accrochaient leur lainage aux épines et grignotaient de manière un peu trop hasardeuse.  Au contraire, les Schropshire — déjà utilisés dans les pépinières aux Etats-Unis  et en Allemagne notamment — présentent le double avantage de ne pas aimer les résineux et d’avoir un lainage dense et serré.

En France, une première expérience, avec six de ces moutons, a été initiée en 2004 dans le parc régional. « Ca a bien marché, alors nous avons organisé un voyage en Autriche avec des producteurs français et nous sommes revenus avec une soixantaine de Schropshire », a indiqué M. Houis.

Une trentaine ont pris la direction du Morvan, première région productrice de sapins de Noël de France, avec 1,2 million de sapins commercialisés en 2004, sur un total de 5,2 millions.
Depuis le printemps, deux agnelles à face noire vivent ainsi chez Christian Colliette. « Je veux les faire se reproduire: il me faut une dizaine de moutons sur un hectare pour pouvoir faire un test correct », a expliqué ce producteur de sapins de Noël situé à Villargoix (Côte-d’Or).

Soucieux de « travailler proprement », M. Colliette essaye également le désherbage mécanique ou l’emploi de produits moins polluants. Mais sa première priorité reste « la beauté des sapins ». Les moutons seront donc jugés, d’ici trois ou quatre ans, sur la qualité des résineux qu’ils auront entretenus.

Marie-Christine Grosche, secrétaire de l’Association française du sapin de Noël naturel (AFSNN) à Alligny-en-Morvan (Nièvre), note pour sa part que le recours
aux moutons impose « un surcoût en temps ».
Selon une étude réalisée en Belgique, les moutons ne sont d’ailleurs pas adaptés pour les producteurs ayant plus de 50 hectares. Mais dans le Morvan, où les petits producteurs dominent, le système est plus intéressant, selon M. Houis.
Pour autant, il ne rêve pas « de voir tous les sapins de Noël avec des moutons en dessous ». « C’est une solution parmi d’autres, adaptée à certaines situations« , dit-il.
Quant à utiliser les moutons comme argument de vente, les producteurs ne se bercent pas d’illusions. « Le client se moque des méthodes de production », estime M. Colliette. « Il n’y a pas de marché pour un sapin bio, parce que le sapin ça ne se mange pas« , renchérit Mme Grosche.

 


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