Avni T-1 la tigresse mangeuse d’hommes   

Avni, quelques instants avant sa mort

Avni T-1 la tigresse mangeuse d’hommes

Avni T-1 la tigresse mangeuse d’hommes est-elle vraiment une mangeuse d’hommes ? Au vu des preuves fournies, on peut sérieusement en douter. Mais peu importe ! Un chasseur d’élite est déjà sur sa piste, fièrement monté sur son éléphant, comme à la grande époque de l’Empire britannique.

Pourquoi tant de hâte ? Comme font nos politiciens en France avec les loups des alpages, ceux du Maharashtra savent tout le profit médiatique qu’on peut tirer de l’abattage d’un animal dangereux transformé en bouc émissaire. Plutôt que d’affronter les vrais problèmes écologiques et de forcer les gens à respecter le statut des réserves naturelles, on laisse faire et on ne tue qu’un symbole : celui des derniers grands prédateurs dans leur dernier ghetto forestier, avant la destruction finale…

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Avni a été abattue le 3 novembre 2018 !
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Le corps d’Ani a été emmené pour autopsie. Ses deux enfants ont disparu. Les villageois sont contents.

Avni la tigresse mangeuse d’hommes 

La tigresse Avni (T-1) et ses deux petits âgés de neuf mois vivent dans la forêt de Pandharkawada, dans le district de Yavatmal, au Maharashtra, en Inde. Un territoire grignoté chaque jour un peu plus par les pâturages illégaux, l’empiétement des habitations et l’expansion d’une grande cimenterie privée. L’empoisonnement de l’environnement par les pesticides est également un grave danger pour la faune, qui se raréfie.  Tout cela provoque des conflits permanents entre l’homme et les animaux sauvages.

L’État du Maharashtra affirme que la tigresse Avni a tué 13 personnes au cours de ces deux dernières années.
7 des 13 victimes se trouvaient à proximité du bétail, qu’ils faisaient sans doute pâturer illégalement dans la forêt.
Par ailleurs, 10 de ces 13 meurtres ont eu lieu un samedi ou un dimanche, ce qui jette un doute sur la raison pour laquelle un « tigre mangeur d’hommes » ne déciderait de tuer que le weekend.
Il faut savoir enfin que des tests ADN n’ont été effectués que sur 3 des 13 victimes et qu’une seule d’entre elle portait la trace de l’ADN d’une tigresse !
Toutes ces ambiguïtés jettent un sérieux doute sur la réelle implication d’Avni dans ces meurtres d’humains. C’est pourquoi les tribunaux avaient suspendu dans un premier temps l’ordre de tir en raison de telles irrégularités.

La terreur primitive des fauves mangeurs d’hommes

Aujourd’hui, toute l’Inde est à ses trousses !
En raison de pressions exercées par l’État du Maharashtra, son Ministère des Forêts a publié un nouvel ordre de « tirer pour tuer » à l’encontre d’Avni. L’ordre lui-même est très ambigu, puisqu’il ordonne de « tranquilliser et de capturer Avni » à un endroit du texte puis de « tirer pour tuer Avni si elle ne peut être capturée » dans un autre paragraphe.
Les tribunaux ont ratifié cette ordonnance après trois meurtres successifs en août 2018, étrangement survenus à six mois d’intervalle.

Le chasseur d’élite Nawab Shafath Ali Khan

En septembre 2018,  le plus célèbre chasseur indien a été appelé pour une mission controversée consistant à abattre la tigresse mangeuse d’hommes. Bloqué par les tribunaux dans un premier temps, Nawab Shafath Ali Khan a commencé sa traque après que le plus haut tribunal de l’Inde ait rejeté les objections d’un groupes de défenseurs de la nature et autorisé le meurtre du félin de quatre ans et de ses deux petits.

Le chasseur, descendant d’une famille aristocratique, a commencé à passer au peigne fin les jungles du Maharashtra à la recherche de la tigresse.  M. Khan traque le tigre avec des éléphants parce que les véhicules sont trop bruyants. Il a cependant affirmé  qu’il ne tirerait pour tuer qu’en dernier recours, mais qu’il utiliserait si possible un pistolet tranquillisant.

L’autorisation de chasse engage en effet M. Khan à tenter de capturer la tigresse vivante, mais l’autorise à la tuer si nécessaire. On peut craindre que M. Khan, connu pour avoir abattu des centaines d’animaux, ne fasse qu’un effort très symbolique pour attraper la tigresse vivante. Il se dit d’ailleurs convaincu de la culpabilité de la tigresse, qui tuerait des humains pour survivre faute d’autre gibier disponible.

Pendant ce temps, les défenseurs de la tigresse continuent à presser l’État du Maharashtra de faire appel à une équipe de vétérinaires et d’experts de la faune.
Celle-ci est arrivée du Madhya Pradesh, pour aider aux opérations de capture et tranquillisation, mais ils campent toujours à Pandharkawad avec leurs deux éléphants, en attendant l’autorisation de  prendre le départ !
Il est en effet très probable qu’en raison des pressions politiques, le conservateur en chef des forêts (FCCP) soumette un rapport indiquant que la nature du terrain et les conditions difficiles ont rendu impossible la capture de T1.

Le meurtre d’Avni aurait également pour conséquence la mort de ses deux petits, trop jeunes pour chasser et pour survivre seuls. Et sans doute que le stade suivant sera l’abattage du compagnon d’Avni, le tigre mâle T-2, le père de ses enfants.
Succès facile pour les politiciens, qui prennent la pause un pied sur le tigre, succès aussi pour les promoteurs, les entrepreneurs, les commerçants et la masse infinie de la population indienne avides d’envahir enfin ces réserves déjà réduites à des confettis.

La tigresse mangeuse d’hommes BW. Deux victimes. Abattue en 2016.

Pétition

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3 novembre 2018

Avni a été abattue !

Cela faisait maintenant plusieurs années que les habitants de ce village, jouxtant la jungle de l’Etat de Maharashtra en Inde, vivaient dans la crainte d’être attaqués par une tigresse. Ces deux dernières années, l’animal était tenu pour responsable de la mort de plus d’une dizaine de personnes.
Récemment organisée par les autorités locales, une chasse aux tigres, l’une des plus impressionnantes de ces dernières décennies a pris fin vendredi soir. Le félin, T1 pour les chasseurs ou Avni pour les défenseurs de la faune sauvage, a en effet été tué par balles.
Plus de 150 personnes avaient été mobilisées pendant des mois pour la retrouver et des moyens importants déployés à cet effet, tels que des caméras infrarouges ou des tireurs d’élite juchés sur des éléphants.

L’opinion publique divisée

La mort de la tigresse fait toutefois polémique en Inde. Des médias ont indiqué qu’aucun calmant n’avait été utilisé pour tenter de calmer Avni-T1, mère de deux petits tigres de dix mois.
L’animal est tenu pour responsable de la mort de treize personnes depuis juin 2016. La première victime était une femme dont le corps a été retrouvé dans un champ de coton. Depuis, la plupart d’entre elles étaient des bergers de sexe masculin.
La Cour suprême avait donné son feu vert à une telle opération, le tigre étant un animal en voie de disparition. Mais l’institution avait spécifié que l’animal pouvait être tué si les calmants n’opéraient pas.

Selon un conservateur indien en charge des forêts, A. K. Mishra, interrogé par le Indian Express, un dard de tranquillisant a été administré à la tigresse .
« Mais elle a chargé contre l’équipe, forçant Ashgar (Ali Khan, fils d’un chasseur célèbre en Inde, Shafath Ali Khan) à tirer en auto-défense. La tigresse a été tuée net d’une seule balle« , a poursuivi le conservateur.
Mais cette version est contestée par plusieurs sources citées par le Times of India selon lesquelles le tranquillisant a été injecté dans le corps de l’animal après sa mort.

Les défenseurs de la cause animale s’insurgent

Un militant local de la cause animale, Jerryl Banait, considère qu’il s’agit d’un « meurtre de sang froid ».
« Avni a été abattue illégalement pour satisfaire le goût du chasseur pour le sang », a accusé la branche indienne du mouvement PETA.
Quoi qu’il en soit, les villageois de la région, soulagés, ont fêté la disparition de l’animal.
Les éléphants et les tigres, deux espèces en voie de disparition et menacées par la réduction de leur habitat naturel sous la pression démographique, tuent en moyenne une personne par jour en Inde, selon les chiffres gouvernementaux.
Les autorités ont lancé un programme pour préserver la population des tigres. Leur nombre atteignait plus de 2.200 individus, selon le dernier recensement de 2014, contre un plus bas de 1.500.


 

 


Induna, l’éléphant qui voulait rentrer chez lui