Avni T-1 la tigresse mangeuse d’hommes   

Les tigres mangeurs d’hommes : une terreur ancestrale

Avni T-1 la tigresse mangeuse d’hommes

Avni T-1 la tigresse mangeuse d’hommes est-elle vraiment une mangeuse d’hommes ? Au vu des preuves fournies, on peut sérieusement en douter. Mais peu importe ! Un chasseur d’élite est déjà sur sa piste, fièrement monté sur son éléphant, comme à la grande époque de l’Empire britannique.

Pourquoi tant de hâte ? Comme font nos politiciens en France avec les loups des alpages, ceux du Maharashtra savent tout le profit médiatique qu’on peut tirer de l’abattage d’un animal dangereux transformé en bouc émissaire. Plutôt que d’affronter les vrais problèmes écologiques et de forcer les gens à respecter le statut des réserves naturelles, on laisse faire et on ne tue qu’un symbole : celui des derniers grands prédateurs dans leur dernier ghetto forestier, avant la destruction finale…

La tigresse Avni (T-1) et ses deux petits âgés de neuf mois vivent dans la forêt de Pandharkawada, dans le district de Yavatmal, au Maharashtra, en Inde. Un territoire grignoté chaque jour un peu plus par les pâturages illégaux, l’empiétement des habitations et l’expansion d’une grande cimenterie privée. L’empoisonnement de l’environnement par les pesticides est également un grave danger pour la faune, qui se raréfie.  Tout cela provoque des conflits permanents entre l’homme et les animaux sauvages.

L’État du Maharashtra affirme que la tigresse Avni a tué 13 personnes au cours de ces deux dernières années.
7 des 13 victimes se trouvaient à proximité du bétail, qu’ils faisaient sans doute pâturer illégalement dans la forêt.
Par ailleurs, 10 de ces 13 meurtres ont eu lieu un samedi ou un dimanche, ce qui jette un doute sur la raison pour laquelle un « tigre mangeur d’hommes » ne déciderait de tuer que le weekend.
Il faut savoir enfin que des tests ADN n’ont été effectués que sur 3 des 13 victimes et qu’une seule d’entre elle portait la trace de l’ADN d’une tigresse !
Toutes ces ambiguïtés jettent un sérieux doute sur la réelle implication d’Avni dans ces meurtres d’humains. C’est pourquoi les tribunaux avaient suspendu dans un premier temps l’ordre de tir en raison de telles irrégularités.

La terreur primitive des fauves mangeurs d’hommes

Aujourd’hui, toute l’Inde est à ses trousses !
En raison de pressions exercées par l’État du Maharashtra, son Ministère des Forêts a publié un nouvel ordre de « tirer pour tuer » à l’encontre d’Avni. L’ordre lui-même est très ambigu, puisqu’il ordonne de « tranquilliser et de capturer Avni » à un endroit du texte puis de « tirer pour tuer Avni si elle ne peut être capturée » dans un autre paragraphe.
Les tribunaux ont ratifié cette ordonnance après trois meurtres successifs en août 2018, étrangement survenus à six mois d’intervalle.

Le chasseur d’élite Nawab Shafath Ali Khan

En septembre 2018,  le plus célèbre chasseur indien a été appelé pour une mission controversée consistant à abattre la tigresse mangeuse d’hommes. Bloqué par les tribunaux dans un premier temps, Nawab Shafath Ali Khan a commencé sa traque après que le plus haut tribunal de l’Inde ait rejeté les objections d’un groupes de défenseurs de la nature et autorisé le meurtre du félin de quatre ans et de ses deux petits.

Le chasseur, descendant d’une famille aristocratique, a commencé à passer au peigne fin les jungles du Maharashtra à la recherche de la tigresse.  M. Khan traque le tigre avec des éléphants parce que les véhicules sont trop bruyants. Il a cependant affirmé  qu’il ne tirerait pour tuer qu’en dernier recours, mais qu’il utiliserait si possible un pistolet tranquillisant.

L’autorisation de chasse engage en effet M. Khan à tenter de capturer la tigresse vivante, mais l’autorise à la tuer si nécessaire. On peut craindre que M. Khan, connu pour avoir abattu des centaines d’animaux, ne fasse qu’un effort très symbolique pour attraper la tigresse vivante. Il se dit d’ailleurs convaincu de la culpabilité de la tigresse, qui tuerait des humains pour survivre faute d’autre gibier disponible.

Pendant ce temps, les défenseurs de la tigresse continuent à presser l’État du Maharashtra de faire appel à une équipe de vétérinaires et d’experts de la faune.
Celle-ci est arrivée du Madhya Pradesh, pour aider aux opérations de capture et tranquillisation, mais ils campent toujours à Pandharkawad avec leurs deux éléphants, en attendant l’autorisation de  prendre le départ !
Il est en effet très probable qu’en raison des pressions politiques, le conservateur en chef des forêts (FCCP) soumette un rapport indiquant que la nature du terrain et les conditions difficiles ont rendu impossible la capture de T1.

Le meurtre d’Avni aurait également pour conséquence la mort de ses deux petits, trop jeunes pour chasser et pour survivre seuls. Et sans doute que le stade suivant sera l’abattage du compagnon d’Avni, le tigre mâle T-2, le père de ses enfants.
Succès facile pour les politiciens, qui prennent la pause un pied sur le tigre, succès aussi pour les promoteurs, les entrepreneurs, les commerçants et la masse infinie de la population indienne avides d’envahir enfin ces réserves déjà réduites à des confettis.

La tigresse mangeuse d’hommes BW. Deux victimes. Abattue en 2016.

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Induna, l’éléphant qui voulait rentrer chez lui