Ce qui tue les koalas dans les zoos



 Ce qui tue les koalas des zoos tue aussi les koalas sauvages
Ce qui tue les koalas des zoos tue aussi les koalas sauvages… Comment les sauver ?

Ce qui tue les koalas dans les zoos

Ce qui tue les koalas dans les zoos tue aussi les koalas sauvages. Le koala-virus ou KoRV-A frappe à part égale populations libres et captives et pour toutes, il semble irrémédiablement incurable.
L’espèce est en grave danger.
En Australie, pourtant, le gouvernement tarde à édicter une loi qui protégerait à la fois le petit marsupial et son habitat, régulièrement ravagé par les incendies.
Comment en est -on arrivé là ? Quels espoirs peuvent encore nous donner les zoos dans de telles conditions ?
Que peut-on faire pour arrêter ce massacre et sauver réellement les koalas ?

La presse en a beaucoup parlé: trois koalas sont morts à Pairi Daiza entre le 1er août 2018 et le mois d’octobre 2019.
Le 1er août 2018, le parc annonçait le décès de Zelda. La femelles koala avait succombé à une gastro-entérite sévère.
Le 20 août de la même année, Carina, une autre femelle, mourait à son tour, emportée par le koala-rétrovirus.

Aujourd’hui, c’est au tour de Lulu.
« Lulu, une petite femelle née en décembre 2016, était arrivée à Pairi Daiza le 1er mars dernier en même temps que Buddy, un jeune mâle né le 1er mars 2017. Ces deux nouvelles vedettes pairidaiziennes avaient atterri chez nous en droite ligne de Brisbane pour tenir compagnie à Coco, seul survivante de l’espèce dans le Jardin des Mondes.
Depuis quelques jours, Lulu montrait une perte de poids. Le petit marsupial a subi une prise de sang, avant d’être isolé de ses deux congénères. Sur base des résultats de ces analyses sanguines. Lulu a été placée sous traitement médicamenteux par nos équipes qui se sont relayées en permanence auprès d’elle. Hélas, son traitement s’est révélé insuffisant pour vaincre la maladie dont elle souffrait.
Une première autopsie a révélé que Lulu souffrait notamment d’une anémie généralisée liée à des problèmes graves touchant de multiples organes. Des problèmes qu’aucun traitement, en l’état actuel des connaissances médicales, ne peut guérir.
Parmi les hypothèses envisagées figure celle du koala rétrovirus, un virus comparable à celui responsable de la leucémie des chats et dont les koalas sont porteurs dès la naissance et contre lequel il n’existe aucun traitement »
.


Trois koalas morts en un an, c’est beaucoup.

Mais c’est moins que le parc de Planckendael, qui en a sans doute perdu une bonne dizaine entre 1998 et aujourd’hui.
Le zoo d’Anvers en exhibe aussi, tous venus de San Diego, les deux derniers étant mort en 2016  et en 2017.
Tous n’ont pas été emportés à coup sûr par ce fameux «koala virus» qui terrifie les zoos. Deux bébés sont morts en tombant de la poche marsupiale de leur mère, d’autres ont succombé à des hépatites nécrosantes diffuses, à des ulcères ou suite à l’effondrement brutal de leur système immunitaire.

Ce n’est pas mieux en Australie, où le virus et les diverses pathologies qu’il engendre constitue la principale cause de décès des koalas sauvages, avant même les accidents de voiture.
Le virus dort dans les gènes de cette espèce depuis au moins 500.00 ans mais certains mécanismes génétiques lui permettait de vivre avec lui et de ne pas le laisser s’exprimer.
Puis tout à coup, voici que l’épidémie explose en Australie. Dans le même temps, une nouvelle variété de virus, le KoRV-B, a été détectée chez les koalas des zoos japonais et américains. Une troisième sous-variété semble même émerger dans les zoos belges et allemands.

Que s’est-il passé ?
Il s’est passé qu’avec l’arrivée des colons européens en Australie, la vie a changé pour les koalas.
« A partir de 1788, ils remarquent avec quelle facilité les Aborigènes attrapent ces paisibles marsupiaux, qui ne fuient pas l’homme.
Des centaines de milliers de koalas sont tués pour répondre à la demande en fourrure de koala, désormais très recherchée en Europe et aux États-Unis mais aussi en Australie, où l’on en confectionnait des couvertures de voiture» très en vogue (15 koalas pour une couverture). Les fourrures de koalas avaient en effet la réputation d’être douces et résistantes.

Entre 1907 et 1927, six saisons de chasse au koala ont été décrétées par le gouvernement australien.
Des prélèvements d’envergure ont eu lieu au Queensland en 1915, 1917 et surtout en 1919, quand le gouvernement décide l’ouverture d’une saison de chasse de six mois, pendant laquelle un million de koalas sont tués. Cette exécution de masse entraîne cependant des protestations publiques et la même année, une interdiction de leur chasse. Néanmoins, le koala continue d’être chassé en toute illégalité. En 1924, ils disparaissent d’Australie-Méridionale, sont décimés en Nouvelle-Galles du Sud, et leur population tombe à 500 au Victoria. Cette même année, 2 millions de fourrures sont exportées de ces États. Le commerce de la fourrure se déplace ensuite vers le Queensland.

En août 1927, le gouvernement du Queensland en mal d’électeurs, alors que la sécheresse de 1926–28 engendrait une vague de pauvreté, rouvre officiellement la chasse aux koalas. 600 000 à 800 000 koalas sont massacrés en un mois de chasse, ce qui provoque un soulèvement colossal de l’opinion publique. Cela a certainement été le premier problème environnemental à grande échelle qui ait rassemblé les Australiens. Cette volonté désormais affichée de protéger le koala ouvre la voie à la mise en place de mesures de protection à la fin des années 1930.
Mais à cette époque, jusqu’à 80 % de leurs espaces vitaux antérieurs sont déjà détruits. En 1937, le koala est déclaré espèce protégée dans toute l’Australie 
».

Koala pendu sur un terrain privé

La cause première de la disparition des koalas est évidemment la réduction massive de leur habitat naturel et des espèces variées d’eucalyptus qui y prospéraient.
Dans les États du Queensland et de la Nouvelle-Galles du Sud, les petits marsupiaux sont particulièrement victimes du changement climatique, de ses canicules interminables et de ses incendies. Il est clair qu’avec une population de plus en plus réduite et des ressources alimentaires de plus pauvres, les foyers viraux ont tendance à se concerter et à frapper de plein fouet les derniers survivants
Certes, la loi australienne assure la protection complète de cette espèce, mais comme la plupart des koalas vivent désormais sur des terrains privés, elle n’est guère appliquée.

L’ONG Australian Koala Foundation appelle d’ailleurs les dirigeants australiens à agir d’urgence.
« Au gouvernement, personne n’a rien écrit pour protéger les koalas au cours des six dernières années», assure sa présidente, Deborah Tabart. «Pourtant, des mesures ont été évoquées, comme le «Koala Protection Act» qui viserait à protéger l’espèce et les eucalyptus qui assurent sa survie, comme on l’a fait pour l’aigle chauve aux USA. Mais rien n’a encore été mis en place. J’ai entendu de nombreuses promesses en l’air de la part de membres du gouvernement prétendant protéger le koala.
Regardez où nous en sommes maintenant !».

C’est donc en Australie et non pas au zoo qu’il faut agir pour protéger l’espèce !
Ce pays jouit du même niveau de vie que le nôtre, des mêmes moyens. Il lui manque simplement la volonté politique de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et de protéger réellement sa précieuse faune endémique.
Si les koalas enfermés dans les zoos australiens peuvent à la riguer pousser les citoyens de ce pays à agir en leur faveur en votant pour un gouvernement plus vert, on voit mal ce que le citoyen belge, français, japonais ou américain peut faire pour aider les marsupiaux, après avoir entraperçu l’un d’eux endormi dans son enclos.

D’autant que la vie captive ne les protège ni du virus qui les tue tous ni du stress, comme nous le rappelle cet article

Tout le monde aimerait toucher un koala

Tout le monde aimerait toucher un koala. Ils sont une icône de la faune australienne et une attraction majeure de l’écotourisme. Un selfie avec un koala est un désormais un must pour de nombreux visiteurs d’outre-mer.
Mais dans quelle mesure les koalas victime de cette soudaine célébrité gèrent-ils les interactions fréquentes, rapprochées ou intenses avec des êtres humains inconnus?

Une étude réalisée par l’Animal Welfare Science Center de l’ Université de Melbourne a montré que les koalas exposés au public sont profondément perturbés par ces rencontres bruyantes et rapprochées avec des visiteurs humains. Les résultats de cette recherche ont été publiés dans la revue Applied Animal Behavior Science.
Plus le nombre de visiteurs augmente dans un rayon de cinq mètres autour des koalas, plus leur comportement de vigilance s’affiche, ce qui les met en état d’alerte.
L’effet du bruit lui-même a été également étudié : plus le bruit était fort, plus les koalas étaient susceptibles d’interrompre leur activité normale le jour et d’adopter une posture vigile.

Les gens voient souvent les koalas comme des animaux nonchalants qui dorment toute la journée et bougent à peine.
Par conséquent, la croyance commune était jusqu’ici que les koalas ne montraient probablement pas de réaction particulière à la présence d’humains.
Mais ces recherches ont démontré le contraire: les gens dérangent les koalas. Si les visiteurs s’approchent trop d’eux ou s’ils sont trop bruyants, les koalas suspendent leurs activités normales.
Dans certains cas, cela encourage probablement les visiteurs: l’image est bien meilleure quand le koala vous regarde, non?


Pourquoi la vigilance accrue chez les koalas est-elle si importante?

Il s’agit à la base d’un comportement tout à fait normal. Le fait de rester vigilant vis-à-vis de leur environnement permet aux animaux de détecter les menaces et de décider de la meilleure façon d’y réagir.

Mais les problèmes commencent lorsque cette réaction d’alerte est déclenchée trop souvent, ce qui entraîne un stress chronique. La vigilance est généralement liée à la réaction de combat ou de fuite, l’un des mécanismes principaux de la réaction au stress.
Cette réaction au stress est souvent un mécanisme coûteux en énergie. Et elle constitue un problème plus grave pour les koalas que pour les autres espèces, car ceux-ci ont évolué sur base d’un régime alimentaire extrêmement bas en énergie, celui des feuilles d’eucalyptus.
Pour économiser leurs forces, les koalas réduisent donc leur dépense énergétique en dormant 18 à 20 heures par jour.
Pourtant, les koalas de cette recherche ont passé la moitié de leur temps à faire preuve de vigilance, plutôt qu’à rechercher de la nourriture.

Certaines études sur cet « effet visiteur » soulèvent un dilemme éthique pour les établissements exposant des animaux au public. Un équilibre doit être trouvé entre la satisfaction du visiteur payant d’une part et le bien-être animal de l’autre.
Notre étude a été réalisée dans des environnements semi-captifs, les koalas pouvant se déplacer librement dans de grands enclos de promenade.

Certains parcs animaliers aux enclos plus réduits permettent également des expériences immersives avec les koalas. L’impact de ces pratiques sur le comportement et le bien-être des koalas n’a pas fait l’objet d’une évaluation scientifique, mais la question reste cruciale si nous voulons protéger cette espèce si menacée.
En attendant, la meilleure attitude consiste peut-être à garder une distance avec ce magnifique animal, afin que les deux parties puissent continuer à vivre de manière durable ».

Les koalas de Pairi Daiza proviennent justement de l’un de ces parcs animaliers qui permettent le « cuddling ».
«Lone Pine Koala Sanctuary a ouvert ses portes en 1927 en tant que refuge sûr pour les koalas malades, blessés et stressés à une époque où l’espèce était éliminée pour le commerce des fourrures.
Le fondateur, Claude Reid, a reconnu qu’il fallait faire quelque chose pour protéger l’une des espèces les plus emblématiques d’Australie. Aujourd’hui, Lone Pine reste une destination privilégiée pour les invités locaux et internationaux, qui souhaitent non seulement voir les animaux australiens, mais aussi nouer des liens et apprendre, et laisser le sentiment inspiré de faire de petits gestes positifs dans leur vie quotidienne afin de protéger leur propre faune et leur environnement »

Ainsi, en 2014, « à deux semaines du sommet du G20 à Brisbane, certains des habitants les plus célèbres de la ville ont reçu une formation pour avoir la chance de rencontrer, saluer et câliner les plus puissants dirigeants du monde.
Un certain nombre de koalas du sanctuaire Lone Pine Koala de Brisbane sont dressés pour cette occasion unique – se retrouver blottis dans les bras de leaders internationaux tels que Barack Obama, Angela Merkel et peut-être même Vladimir Poutine. Il y a plus de 100 koalas au sanctuaire de Lone Pine Koala, dont beaucoup ne sont pas étrangères aux rencontres avec des célébrités et ont même eu leurs photos prises avec des stars telles que Roger Federer, John Travolta, Mariah Carey, Taylor Swift et Nicki Minaj, pour n’en nommer que quelques-uns ».

Bizarrement, cela n’a aidé en rien les koalas…

 

Pétition


Un petit kéa tout seul au Zoo d’Anvers

Les rhinocéros blancs de Pairi Daiza


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