Ces dauphins roses qui volent dans les arbres

Ces dauphins roses qui volent dans les arbres

Ces dauphins roses qui volent dans les arbres des forêts fluviales englouties auront bientôt disparus.
En novembre 2018, l’UICN a reclassé dans sa liste rouge des espèces en danger le grand “boto” (Inia geoffrensis) et le petit “tucuxi” (Sotalia fluviatilis) qui se partagent les eaux de l’Amazone.

Les scientifiques sur le terrain se récrient que ces deux espèces sont en fait en danger critique d’extinction, comme tous les dauphins de rivière du monde, pêchés, mangés, électrocutés, noyés dans les filets ou affamés dans un bras d’eau entre deux digues.
Sans parler des delphinariums qui les réduisent encore en esclavage, comme à Duisburg, ou des voyages organisés pour aller nager avec eux !

Amazon-Brazil-Dolphin-problems-olympics-2016

25 juin 2016

Le boto et la flamme olympique

Le passage de la flamme olympique à travers l’Etat du Nord de l’Amazone suscite à nouveau la controverse.
On sait qu’un jaguar apprivoisé avait participé à un précédent défilé. Le fauve s’était énervé sous le soleil. Il s’est échappé et a été finalement abattu. Quelques jours plus tard, on apprend qu’un boto, un dauphin de l’Amazone, a été utilisé lors d’un second événement.

C’est arrivé dans le village de Catalão. Les membres de la communauté de la rivière ont été photographiés en train de nager avec le boto. Une personne était dans l’eau, en train de nourrir le cétacé d’eau douce en voie de disparition, tout en maintenant en l’air la flamme olympique dans l’autre main. Les photos de l’événement ont circulé sur Internet, accompagnées d’accusations de manque de respect pour les droits des animaux.

Cette fois, la scène n’est pas aussi tragique qu’avec le jaguar, tempère Diogo Lagroteria, un biologiste spécialisé dans les animaux sauvages.
« L’animal que nous voyons sur les images est couramment utilisé pour avoir des contacts avec les humains», explique t-il. Néanmoins, il n’approuve pas cette utilisation du dauphin de l’Amazone. « Jouer avec un boto dans un événement de ce type donne un mauvais exemple. Ces animaux ne sont pas là pour notre divertissement « .

Les botos ou dauphins roses de l’Amazonie sont une espèce en voie de disparition depuis que leur chair est utilisé comme appât par les pêcheurs pour attraper le Piracatinga, un poisson carnivore aussi connu comme le «vautour de la rivière. »
Chaque année, 7.000 botos sont tués à cette fin – mais aussi à cause de la concurrence qu’ils font aux pêcheurs – ce qui réduit chaque année sa population d’un taux de 10%.

29 septembre 2012

La Bolivie au secours de ses derniers dauphins roses

Les autorités boliviennes ont promulgué mardi 18 septembre une loi visant à protéger, sur leur territoire, le dauphin rose de l’Amazone, espèce d’eau douce gravement menacée.

Egalement connu sous le nom de « boto », le dauphin rose de l’Amazone (Inia geoffrensis boliviensis pour la sous-espèce bolivienne) est un dauphin vivant exclusivement en rivière. Or, si son habitat s’étend du bassin de l’Orénoque jusqu’au fleuve Amazone, celui-ci est aujourd’hui sérieusement menacé par la surpêche mais aussi par l’exploitation forestière, l’érosion des rivières ou encore la pollution. Le dauphin est ainsi considéré comme espèce vulnérable par l’Union pour la conservation de la nature (UICN).

Face à une telle situation, la Bolivie a toutefois décidé de réagir. Lors d’un déplacement dans la région de la rivière Ibare, dans la partie bolivienne de l’Amazonie, au pays même du boto, le président bolivien, Evo Morales, a en effet annoncé la promulgation d’une loi destinée à protéger cet animal, qu’il a même érigé au rang de « trésor national ». Grâce à celle-ci, la capture de ces dauphins est désormais interdite, et les programmes de protection du cétacé et de son habitat seront encouragés.
Selon la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES), le mammifère serait surtout menacé, dans tous les pays que recouvre son habitat – Bolivie, Brésil, Pérou, Colombie et Venezuela –, par la contamination des cours d’eau par le mercure, utilisé dans les opérations d’orpaillage illégal (exploitation sauvage des gisements d’or).

Mesurant environ 2,80 mètres pour un poids atteignant 150 kg, le boto est pourtant un animal tout à fait particulier.
D’une couleur gris-rose, il est capable de pivoter à 90° grâce à ses vertèbres cervicales qui ne sont pas soudées contrairement à celles de ces congénères. Ceci lui permet de se faufiler entre les arbres pour attraper sa nourriture. L’animal se nourrit essentiellement de poissons vivant dans les fonds des cours d’eau

Les derniers survivants sont désormais exhibés en spectacle dans les eaux mêmes de l’Amazone

Mai 2011

La fin des dauphins roses

Les dauphins roses ou Botos ont pour seul habitat les eaux de l’Amazone, et sont considérés comme l’une des cinq espèces de cétacés parmi les plus intelligentes au monde.

Dans les forêts pluvieuses qui bordent le fleuve, on raconte que ce sont là des créatures magiques, qui peuvent se transformer de nuit en êtres humains et engrosser les femmes.  Mais les pêcheurs locaux actuels voient surtout ces dauphins comme des rivaux dévastant leur stock de poissons mais aussi, de plus en plus comme des proies.
Selon un article récent paru dans le New York Times, ces pêcheurs ont commencé à tuer les dauphins – lesquels se noient d’ailleurs bien trop souvent dans leurs filets -et qu’ils utilisent désormais des fragments de leur corps comme appât pour attraper les poissons-chats.

On pense que c’est un pêcheur colombien qui a fait découvrir à ses compagnons de travail cette technique nouvelle : il suffit de plonger des ossements de botos dans la rivière où leur forte odeur attire aussitôt les poissons-chats.
Un autre pêcheur vétéran affirme : « Nous n’aimons pas cet animal. Nous sommes ses ennemis. J’en ai un jour tué un lorsque j’étais en train d’essayer d’attraper des poissons. Il ne cessait de tourner autour de mon bateau et touts les poissons se sont enfuis. Alors, je l’ai harponné ! Je ne peux plus les supporter, ces dauphins ! »

Le dauphin rose est pourtant protégé par la loi brésilienne relative à l’environnement. La mise à mort d’un seul spécimen d’une espèce qui ne compte plus que 30.000 individus, tous concentrés dans l’Amazone, est strictement illégale. Ceux qui les tuent peuvent encourir jusqu’à 4 ans de prison.
Miguel Miguéis, 41 ans, un chercheur portugais de l’Université de Western Pará, attachés à l’étude des dernières populations de dauphins de rivière aux alentours de la ville de Santarém, n’hésite pas à affirmer que les pêcheurs sont entrain de massacrer non seulement leur propre culture, leur folklore mais aussi le fleuve Amazone lui-même !
Il lance ce cri d’alarme : les pêcheurs sont en train de pousser le dauphin rose vers l’extinction définitive !

Mais l’immensité du fleuve – plus vaste que l’Inde ! – soulève un défi de taille pour les 1300 agents de l’Ibama, l’agence brésilienne de l’environnement chargée de surveiller les activités des pêcheurs.
De plus, ainsi que le souligne le New York Times, les résidents locaux se montrent indifférents au sort des dauphins roses. Pire encore, au marché en plein air de Santarém, des vendeurs proposent aux clients les organes sexuels desséchés prélevés sur des dauphins
morts, en tant que « charmes pour l’amour et le sexe »
Des jarres entières remplies d’huile de dauphin de rivière trônent aux côtés d’autres, pleine de graisse d’anaconda ou de crocodile.

L’huile de dauphin rose est utilisée comme un médicament. Une seule petite bouteille, vendue au prix de 25 dollars, est supposée guérir les rhumatismes, comme l’explique l’un des commerçants.
Sur le marché aux poissons de Santarém, les clients disent ne rien savoir de l’usage de dauphins morts pour attraper le « piracatinga », comme on appelle le poisson-chat au Brésil.
En outre, ils ne considèrent pas la survie du dauphin rose comme une priorité.
« Je mangerai ce poisson d’autant plus volontiers si je sais qu’il a mangé du dauphin » déclare Teresa Oliveira, 67 ans « car je sais que le dauphin rose est sain et qu’il vient de l’Amazone ».

Les légendes locales, datant de bien longtemps avant que Christophe Colomb n’ait « découvert » l’Amérique, ont pourtant toujours proclamé qu’il fallait respecter le dauphin rose et se montrer prudent à son égard, puisqu’il est supposé disposer de pouvoirs magiques et s’en servir pour se venger, le cas échéant.
Mais les pêcheurs et les autres habitants des villages côtoyant le fleuve ont faim. Ils feraient n’importe quoi pour se nourrir.

Le résultat ?
Ces massacres nous annoncent simplement la fin imminente de l’une des plus extraordinaires créatures aquatiques qui fut au monde : le dauphin rose.

Un article de Kristina Chew

Un dauphin rose qui vole dans les arbres

Le dauphin rose de l’Amazonie, également connu sous le nom de Boto ou d’Inia de Geoffroy, est le plus grand des tous les dauphins de rivière. Il peut  facilement atteindre la taille de 2,8 mètres et peser jusqu’à 150 kilos.
Véritable fossile vivant qui a su conserver l’aspect des premiers dauphins du Tertiaire, le Boto a quitté les flots salés de l’océan, il y a de cela plusieurs dizaines de milliers d’années, pour remonter peu à peu les fleuves et s’adapter à la vie en eau douce.

Mieux encore, on peut dire dans son cas qu’il s’agit vraiment d’un « dauphin de la forêt pluvieuse », car là où il habite, dans les eaux sombres de l’Amazone ou de l’Orénoque, la jungle est massivement inondée chaque saison pendant six mois. Elle se transforme alors en une étrange forêt aquatique où les poissons volent de branche en branche pour y manger les fruits et les baies, entre les feuilles de la canopée.
En cette jungle engloutie, vivent également la loutre géante, le caïman, le lamantin… et bien sûr le « féroce » piranha dont le boto fait son ordinaire, quoiqu’il lui préfère le poisson-chat ou l’une des cinquante espèces de poissons et autres crustacés qui figurent à son menu.
Le grand corps primitif de notre cétacé des fleuves, dont la coloration varie du gris sombre au rose le plus éclatant selon âge, son humeur ou la turpidité des eaux où il nage, s’est admirablement adapté à ce type d’habitat.

A l’instar des autres odontocètes, le boto repère ses proies grâce à l’écholocation. Sans cesse, son front bombé émet des salves de clics et se déforme ainsi que peut le faire celui du béluga, pour renforcer l’effet de loupe.
Même si ses yeux sont minuscules, ils sont pourtant bien fonctionnels et non pas aveugles comme ceux de son cousin du Gange.  Sa tête mobile montée sur un cou flexible, son aileron dorsal surbaissé et ses nageoires souples larges comme des ailes permettent enfin au dauphin rose de se faufiler le ventre en l’air et même parfois en marche arrière, dans l’entrelacs vaseux des troncs,  des racines et des feuilles immergées.
Au cours de brèves plongées qui n’excèdent pas les deux minutes, il y poursuit ses proies en mode de chasse individuel. Son rostre interminable orné de petites vibrisses –  un autre trait primitif – est d’ailleurs d’une puissance peu commune et peut broyer d’un seul coup les poissons cuirassés qui survivent encore dans ces régions du monde.

***EXCLUSIVE*** RIO NEGRO, BRAZIL - UNDATED: An extremely rare picture of the Amazon river dolphin, pink river dolphin or boto in the Amazon river in Rio Negro, Brazil. These never seen before pictures show how this playful pink dolphin created a splash by flipping onto its back and peeing out the water. The agile eight-foot-long creature somehow managed to line up its 25 stone body so as fire urine over its own shoulder. The extremely rare picture is of a pink river dolphin, also known as an Amazon river dolphin, in the Negros River in Brazil. This potentially endangered aquatic mammal lives in such remote parts of the Amazon basin that scientists cannot be sure how many survive. World class photographer, television presenter and conservationist, Mark Carwardine, 52, from Bristol travelled to deepest Brazil to investigate these charismatic creatures. "I have been a wildlife photographer for more than 25 years and have written many books about whales and dolphins," explained Mark. "But I have never seen this happen nor a photo of a dolphin urinating - it is a very unusual photo. "One theory is they urinate on their backs to avoid the attentions of the candiru fish, a spiny, parasitic fish. "It follows the flow of uric acid and lodges itself into the genitals of mammals to drink the blood." PHOTOGRAPH BY Mark Carwardine / Barcroft Media UK Office, London. T +44 845 370 2233 W www.barcroftmedia.com USA Office, New York City. T +1 212 564 8159 W www.barcroftusa.com Indian Office, Delhi. T +91 11 4101 1726 W www.barcroftindia.com Australasian & Pacific Rim Office, Melbourne. E info@barcroftpacific.com T +613 9510 3188 or +613 9510 0688 W www.barcroftpacific.com

Un drac de l’Amazone

On sait peu de choses sur le mode de vie de cet être fantomatique qui évolue avec lenteur et surgit tout doucement près du flanc des bateaux depuis les fonds obscurs, sans que nul ne la voit s’approcher.
Son souffle produit un bruit étrange et ses émissions de bulles viennent parfois caresser la main qui traîne dans le sillage.  Il lui arrive cependant aussi de sauter hors de l’eau dans la lumière du soir, pour exprimer sa joie de vivre.

Le dauphin rose s’intéresse à l’Animal Humain, qui constitue pourtant son seul et unique prédateur.
Il suit volontiers les pirogues qui traversent son territoire, il sauve, dit-on, les imprudents de la noyade et collabore même avec les pêcheurs. On dit aussi qu’il vole les pagaies des bateaux par jeu.
Toutes les légendes locales affirment de manière péremptoire que le boto se transforme en humain quand il veut et qu’il se promène le soir sur la plage, vêtu de beaux habits blancs et coiffé d’un chapeau. Son but est de séduire les jeunes indiennes et de les emmener à jamais dans son royaume enchanté sous les eaux noires, à la manière des Dracs mythiques des rivières occitanes.

Nombreux sont les témoins qui jurent l’avoir surpris sous ce déguisement magique.
Dès qu’il est découvert, le dauphin enlève son couvre-chef et replonge dans l’eau sous sa forme initiale. Nombreuses sont aussi les jeunes filles enceintes d’un amant inconnu, qui prétendent  avoir été séduites de force par ces visiteurs de la nuit.

L’image du boto est à cet égard ambiguë, voire dangereuse : on se garde bien de le tuer ou de le blesser de quelque manière, car la légende veut qu’il puisse lancer des sorts par l’évent comme des flèches ou se venger après sa mort.

Malheureusement, les nouveaux habitants de ces régions, qui ne respectent plus guère les traditions anciennes, ont tendance aujourd’hui à tuer l’animal pour lui prélever son sexe ou ses yeux, extrêmement réputés comme aphrodisiaques par les vendeurs de médecines chinoises.
Les incendies incessants qui ravagent toute l’Amazonie, les barrages, la pollution, les explosions provoquées par les prospecteurs industriels dans la région menacent par ailleurs gravement la survie des dauphins roses, quoique ceux-ci révèlent d’étonnantes capacités à survivre dans un monde de plus en plus difficile.

Photo WDC

Un cerveau performant

On aurait tort de croire en effet que du fait leur aspect presque préhistorique, les botos le sont aussi sur le plan intellectuel. Bien au contraire ! Ce sont des créatures de capacités cognitives très pointues et donc capables de s’adapter très vite face aux défis que leur impose la  pression croissante de notre espèce sur leur biotope d’origine.

Pour autant que nous le sachions, car ses cultures variées restent encore mystérieuses, le dauphin rose manifeste autant d’intelligence et de curiosité que le dauphin Tursiops, dont il partage d’ailleurs le même coefficient cérébral (rapport du poids du corps au  poids du cerveau).
Son encéphale extrêmement développé est de 40% supérieur en volume à celui de l’être humain. Il siffle et clique comme tous les autres odontocètes mais produit des sons atypiques qui font l’objet d’études aujourd’hui.
Longtemps réputé solitaire ou peu sociable et incarcéré seul à ce titre en delphinarium, le dauphin rose vit en fait au sein de groupes familiaux de taille variable (5 à 8 individus), apparemment placés sous la guidance d’un mâle dominant et non d’une matriarche, comme la plupart des autres cétacés.
Pendant la saison des inondations, le boto chasse seul, indépendamment de son groupe mais le reste du temps, les familles se regroupent en plus vastes tribus (de 35 jusqu’à plus de 100 dauphins parfois) qui pêchent alors en coopération dans des eaux profondes et dégagées.

C’est à cette occasion qu’on les aperçoit accompagnés d’une autre espèce de dauphins d’eau douce, les charmants petits Tucuxis (prononcer « toukoushi ») ou « Sotalia fluviatilis ».
De couleur grise, ceux-ci sont de taille beaucoup plus réduite et leur forme évoque un peu celle de Tursiops en miniature. Vifs et craintifs, rapides sur la balle, ne circulant qu’en bandes et familiers des profondeurs, ces petits lutins à nageoires vivent indifféremment dans l’eau de mer ou l’eau douce, où ils chassent en groupes bien coordonnés. On les aperçoit souvent aux côtés de leur grand frère boto, se déplaçant côte à côte en parfaite harmonie.
Les enfants de ces deux espèces jouent couramment ensemble durant les heures chaudes de l’après-midi, ainsi que le font les jeunes babouins et chimpanzés.

Vader und Baby, qui ne sont plus roses depuis longtemps...

Botos captifs au Zoo de Duisburg. L’un d’eux est mort aujourd’hui.


Dauphins d’Amazonie : les deux derniers captifs

Bientôt la fin des dauphins Tucuxi ?