Sept bonnes raisons de ne pas détenir des orques



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Sept bonnes raisons de ne pas détenir des orques

Sept bonnes raisons de ne pas détenir des orques en captivité : David Kirby nous en dresse la liste, en y ajoutant des anecdotes déchirantes sur la vie de Gudrun ou de Kotar. On pourrait encore y ajouter des milliers de bonnes raisons ou plutôt une seule, toute simple : nul n’a le droit d’enfermer sans procès des créatures pleinement intelligentes et libres. 

Sept bonnes raisons de ne pas détenir des orques

Adapté de David Kirby (2012)
« Mort à SeaWorld : Shamu et la face obscure de la captivité des orques »

Chaque année, des millions de gens payent le prix fort pour visiter SeaWorld ou d’autres entreprises où les orques sont maintenues captives sur des lieux de villégiatures.
Mais ils n’en perçoivent que l’aspect fastueux, brillant et joyeux : les salto arrière, les mignons baisers et les grands éclaboussements finaux, emblématiques de la mise en scène habituelle de tout spectacle d’orque.
Les hordes de touristes, crédules pour la plupart, peuvent être pardonnés d’avoir quitté les gradins avec l’impression que les orques en captivité s’amusent durant leurs performances, reçoivent des soins de « classe mondiale » et bénéficient d’un niveau de vie bien supérieur à tout ce qu’ils pourraient trouver dans «l’océan sombre et effrayant» (un terme souvent utilisé par les dirigeants de SeaWorld pour défendre la captivité des orques).

Mais ici, au contraire, pour votre information, nous allons mettre en en avant  sept bonnes raisons pour lesquelles la captivité des orques doit être désormais considérée comme un moyen obsolète et cruel de divertir les humains.

Kandu saigne à mort après une altercation avec Corky. Elle s’est rompue une artère majeure au SeaWorld de San Diego le 21 août 1989, en heurtant de toutes ses forces la paroi du bassin.

1. Mortalité accélérée

Les orques en captivité meurent beaucoup plus fréquemment que leurs homologues en liberté​​.
En 1995, Robert Small et Douglas De Master, deux scientifiques appointés du Gouvernement américain, ont analysé les données de survie annuelles concernant les orques nées en captivité par rapport à celles relatives aux orques sauvages pour la période comprise entre 1988 à 1992.

 Ce qu’ils ont découvert est profondément troublant.
«La survie de la population sauvage basée sur environ 250 adultes ou juvéniles est significativement plus élevé que nos estimations pour ce qui concerne les orques captives », ont écrit les chercheurs. Ceux-ci ont calculé un taux de mortalité annuel de 6,2% chez les orques en captivité alors que ce même taux était seulement de 2,4% chez les individus sauvages.

La preuve n’aurait pas pu être plus claire.
Le taux annuel de mortalité chez les orques en captivité était 2 fois et demie plus élevé (6,2 % contre 2,4%) que chez les mêmes cétacés libres.

La nourriture des orques en bassin
Chaque jour, à SeaWorld, les dresseurs préparent les doses de médicaments prescrits pour les cétacés et les enfourne dans le ventre du poisson.

2. Les secrets de l’armoire à pharmacie de Shamu

Le fait de nourrir orques et dauphins de poissons morts, congelés puis décongelés,  prive cette nourriture de l’eau et des nutriments qu’elle contient à l’origine, lesquels doivent donc être supplémentés par des moyens artificiels.
L’une des tâches principales avant le petit déjeuner consiste à bourrer les branchies des poissons avec des vitamines, des antiacides, des calmants et souvent des antibiotiques, car ils sont livrés sous forme de capsules et ne sont prescrits que lorsqu’un animal est malade ou agit de manière «lente».
D’autres fois, quand un cétacé est en mauvaise santé et déshydraté, ces soigneurs reçoivent pour instruction d’injecter de l’eau du robinet dans les harengs ou les éperlans décongelés.

Les cétacés, à l’instar de tous les mammifères, sont incapables de boire de l’eau salée mais s’abreuvent de l’eau douce qui se trouve dans leurs proies vivantes.
SeaWorld demande également à ses dresseurs de mentir quand on leur demandait pourquoi certains cétacés sont nourris avec de gros cubes de gélatine. L’étalon Tilikum consomme à lui seul 83 livres de ces blocs gélatineux.
« Lorsqu’on vous parle de cette gélatine, s’il vous plaît, ne dites pas qu’on la donne aux captifs pour leur fournir l’hydratation nécessaire », indique une directive fournie aux employés. « Affirmez plutôt qu’il s’agit là d’un certain mode d’enrichissement nutritif, sans goût, sans sucre, sans couleur ajoutée. Et dites qu’ils semblent aimer ça !», concluant de façon étonnante : «Faites en sorte de donner des informations exactes aux visiteurs !»

Il n’y a pas de moustiques en pleine mer…

3. Tués par les moustiques

Les orques en captivité meurent parfois de façon bizarre et exotique pour des raisons qui ne les affectent pas en liberté.
Prenez, par exemple, les maladies tropicales propagées par les piqûres de moustiques.
Durant les nuits chaudes et moites à Orlando, Floride, des dresseurs tels que John Jett regardaient avec consternation d’épais nuages ​​de moustiques installés sur le dos de Kanduke, un grand mâle qui passait des heures à flotter mollement à la surface. Des années plus tard, des activistes ont découvert un article dans une revue scientifique qui a révélé la véritable cause de sa mort.

Kanduke venait de trépasser subitement de façon inattendue. Les vétérinaires de SeaWorld ont été intrigués par son déclin rapide et ils ont envoyé des échantillons de tissus à l’Université de Yale pour évaluation. L’étude résultante a conclu que la mort de Kanduke avait été causée par l’Encéphalite de St. Louis (SLE), un virus pathogène aviaire transmis par les moustiques.
Aucun mammifère marin n’a jamais été atteint de cette maladie. L’article suggère un lien de causalité direct entre l’immobilisation de l’orque et son décès prématuré.

Quelques semaines plus tard, une autre étude s’est penchée sur la mort à 14 ans de Taku, une orque mâle décédée subitement à San Antonio en 2007. La cause en était cette fois le virus de l’Ouest du Nil. Fait encore plus alarmant, les six autres orques de San Antonio étaient également porteurs de ce virus, qui peut être transmis aux humains par le biais des moustiques.

Lire notre article sur ce site

Les dents vrillées…

4. Vidés de leurs vies, vidés de leurs dents

De nombreux orques captifs développent de graves problèmes dentaires.
Il s’agit la plupart du temps de dents cassés ou ébréchées, mais aussi des dents qui ont été arrachées ou qui sont tombées. Le plus troublant sont ces dents dont on a foré le centre afin d’en retirer la pulpe et qui se transforment en cylindre conique.

Les ex-dresseurs Jeff Venter et John Jett croient que le stress et l’ennui ne font qu’aggraver le problème.
Les portes en acier qui séparent les piscines du parc ont été fabriquées à partir de barres horizontales. Ces portes sont la première ligne de défense lorsque les cétacés adoptent un « comportement déviant » et deviennent agressives, ce qui implique la mise en place d’une séparation physique.
Une fois séparés, il n’est pas rare que deux orques mordent cette barrière. Ce mâchonnement brise l’émail et laisse la pulpe dentaire à nu.

Si la dent n’est pas traitée, la pulpe se décompose et laisse une vaste cavité qui se remplit de nourriture avariée. L’infection suit puis l’inflammation, affectant les systèmes immunitaire et cardiovasculaire de l’animal. John a participé quelquefois à ces «forages de dents».

De nombreuses orques sont dressées à se soumettre à cette terrible manipulation, comme à bien d’autres traitements, à l’aide de «renforcement positif».
D’abord, on les engage à poser leur menton sur le bord. Ensuite, les dresseurs leur montre une foreuse à grande vitesse Dremel en action, du genre de celles qu’on utilise pour forer des trous dans le mur à la maison, et les calment en leur frottant les nageoires ou en leur donnant un peu de poisson.
Puis ils effleurent les dents de l’animal avec le foret sans faire fonctionner l’appareil, toujours en les récompensant s’ils ne réagissent pas.
Ensuite, ils mettent la foreuse en marche à vitesse lente, de sorte que l’animal ne perçoit qu’une légère vibration et un bruit faible.
Nouvelles récompenses. Enfin, le vrai forage commence jusqu’à ce que le sang jaillisse du trou.
C’est ce que SeaWorld nomme des «soins dentaires de qualité supérieure »…

5. La tragédie de Gudrun

Il y a peu d’histoires aussi tristes que celle de la mort tragique de l’orque  islandaise Gudrun, enceinte d’un enfant.
John Jett et Jeff Venter avait commencé à parler de la grossesse de Gudrun lorsqu’elle se mit à manger moins durant les dernières semaines de la gestation.
Ils étaient également préoccupés par la santé du foetus. C’est que SeaWorld avait trouvé un moyen d’utiliser Gudrun pour générer de nouveaux revenus.

Comme elle était l’une des rares orques adultes dont la nageoire dorsale n’était pas repliée ou molle, elle était parfaite pour poser sur les photos payantes avec les touristes. La malheureuse enceinte devait donc restée échouée sur le ventre et tenir la pose durant plusieurs minutes chaque fois qu’une séance photo avait lieu. Son propre poids à l’air libre imposait chaque fois au foetus une pression énorme.

Lorsque Gudrun a commencé à entrer en travail, les vétérinaires du parc ne parvinrent pas à la faire pousser son bébé à naître. On supposa donc qu’il était mort. Mais comme on ne pouvait pas le laisser là, ils durent extraire à la main le corps de l’enfant sans anesthésie.

La douleur dut être inouïe. Une hémorragie sévère se déclencha aussitôt.
Gudrun dut subir ce calvaire immobile, en plein soleil, pendant que le personnel lui enduisait le dos avec de l’oxyde de zinc pour empêcher que sa peau ne se dessèche.

L’enfant de Gudrun, la malformée Nyar

Le quatrième jour, Gudrun a lentement nagé jusqu’à la porte derrière laquelle son premier enfant handicapé, Nyar, la regardait.
Celle-ci avait dû être séparée de sa mère peu après sa naissance car Gudrun attaquait sa propre fille au corps trop déformé.
A présent, Gudrun caressait doucement le rostre de Nyar à travers les barreaux, comme pour lui demander pardon et se rapprocher d’elle. Elle mourut quelques heures plus tard.
Nyar la suivit de peu en avril 1996.

Capture

6. La triste histoire de Kotar

Kotar fut la plus petite et plus jeune de toutes les orques jamais capturées au large de l’Islande. On l’arracha à sa famille à l’âge d’un an, en octobre 1978.
Il passa sept ans au SeaWorld de San Diego avant d’être déporté vers celui d’Orlando, où il fit des pirouettes forcées durant sept ans.
Hélas, en 1987, SeaWorld Floride fit l’acquisition de Kanduke, un grand mâle fort et agressif capturé dans les eaux du Pacifique.

L’épaulard mangeur de mammifères marins du Pacifique et la petite orque piscivore islandaise ne firent pas bon ménage.
Un jour, ils se battirent avec une violence extrême, puis s’échouèrent à plusieurs reprises sur les bords du basin en émettant des pleurs bruyants. Au plus fort de la bataille, Kotar mordit le pénis de Kanduke et le blessa gravement. Kanduke s’en sortit avec une cicatrice profonde de plusieurs centimètres.
Quant à Kotar, il fut banni de San Antonio.

Au Texas, il devint comme fou, mâchant et tirant sans cesse sur les barrières métalliques de son bassin.
Le 1er avril 1995, une porte sur laquelle Kotar s’escrimait lui tomba dessus et lui écrasa le crâne. Il saigna beaucoup puis mourut.

Il va de soi que la situation au Marineland d’Antibes est à peu de choses près identiques à celle de SeaWorld. Ici , masturbation de l’orque Kim aux alentours de 2011. 

7. La vie sexuelle des orques captives

Lorsque la capture de cétacés sauvages ne fut plus autorisée aux USA et que SeaWorld dut remplacer les orques mortes de sa collection, l’entreprise s’est lancée dans un programme de reproduction en bassin….
SeaWorld tabla sur l’insémination artificielle, afin de garder à flots ses rentables spectacles.

C’est à partir de là que le malaise de John Jett à l’égard de SeaWorld commença à s’aggraver sérieusement.
Son patron l’appela un jour dans son bureau pour l’informer qu’il avait une nouvelle tâche à accomplir. En tant que dresseur en chef de Tilikum, John était prié de commencer à enseigner à « Tilly », par petites touches d’apprentissage, à extraire son pénis de son fourreau pour le présenter aux soigneurs.

Lorsque l’orque mâle eut fini d’être dressé à faire cela correctement, John et son équipe devaient lui masturber le phallus, recueillir son sperme et le congeler pour une utilisation ultérieure, dans le cadre d’un programme d’insémination artificielle.
John a été profondément choqué et dégoûté. « Désolé », a-t-il dit. « Je ne vais pas amener Tilikum jusque là. Faites faire cela par quelqu’un d’autre ».
A cause de son insubordination, John fut banni du Shamu Show et muté au « Phoques et Otaries Stadium » !

Orque captive à SeaWorld

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