Dauphins des Iles Salomon dans l’enfer de Cancun

Copyright A. Mauricio Cortez-Aguilar

Cancun : dauphins des Iles Salomon au Mexique Copyright A. Mauricio Cortez-Aguilar

Dauphins des Iles Salomon dans l’enfer de Cancun

Les dauphins des Iles Salomon dans l’enfer de Cancun ?
Qui s’en souviendrait aujourd’hui, si l’une des victimes de cette rafle monstrueuse ne venait de rendre l’âme en mars 2019, dans la piscine trop bleue d’un hôtel de luxe au Mexique.

Ce qui s’est passé aux Iles Salomon en juillet 2003 est pourtant sans aucun équivalent connu en termes de captures.  Sous le regard bienveillant des autorités locales, des pêcheurs indigènes ont retiré de la mer près de 400 dauphins d’un seul coup avec une rare violence.

Ce rapt géant a été conçu et mené à bien par une poignée de vétérans mexicains et américains endurcis, ceci au bénéfice d’entreprises commerciales bien connues sur la place, parmi lesquels Parque Nizuc, devenu l’actuel Dolphinaris

 

30 Juillet 2003

Au mépris des toutes les réglementations existantes, plusieurs centaines de dauphins viennent d’être capturés illégalement dans les eaux des Iles Salomon par un groupe international de trafiquants d’animaux.
Cette exploitation éhontée des ressources naturelles d’une nation en proie au pire chaos politique est susceptible de procurer à ces trafiquants un bénéfice de plusieurs millions de dollars.

Pour chacun de ces 400 dauphins sauvagement capturés, les pêcheurs locaux ont touché la somme des $260 USA.
Chaque dauphin qui parviendra à survivre ensuite se verra dressé par la faim et la peur à exécuter des shows pour les delphinariums et les « petting-pools » (bassins où les touristes peuvent nager directement avec les animaux).
Puis le cétacé une fois « brisé » pourra être revendu pour la somme de 30.000 US Dollars aux delphinariums intéressés.

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Ces captures inhumaines ont eu lieu dans un climat de violence extrême : les dauphins ont été arrachés à la mer et jetés au fond d’une barque. Ensuite, la peau desséchée, le souffle court, ces malheureux ont été emmenés jusqu’à des enclos aquatiques minuscules situés à une heure de route de leur lieu de capture. Sept dauphins au moins sont morts durant ce premier trajet, des douzaines d’autres ont été blessés ou mis en état de choc.

Des fonctionnaires dépendant du gouvernement mexicain ont pourtant autorisés l’importation de 28 de ces dauphins capturés en violation manifeste des lois internationales et mexicaines, ainsi que des réglementations environnementales en vigueur au Mexique et aux Caraïbes.

Nombre d’associations de défense de la nature du monde entier ( à l’exception notoire du WWF), exigent aujourd’hui que ces dauphins soient ramenés chez eux sur le lieu de leur capture, et ceci aux frais de la société américano-mexicaine qui les a illégalement importés, à savoir : Parque Nizuc.

L’aéroport de îles Salomon a été fermé et mis sous surveillance de troupes armées lors du décollage clandestin de ces dauphins vers le Mexique. Les journalistes qui ont tenté de couvrir cet événement se sont vus gravement molestés.
D’autres transports de dauphins sont encore programmés pour les prochaines semaines. L’arrivée récente des troupes d’intervention australiennes aux Iles Salomon permet peut-être d’espérer que les centaines de dauphins encore détenus dans des enclos obscurs et minuscules pourront être immédiatement remis à la mer.

Signalons enfin que les dauphins capturés appartiennent à la sous-espèce Tursiops aduncus (ou Dauphin de l’Indo-Pacifique). Cette communauté régionale est dotée d’un bec un peu plus long, ainsi que de langages et de cultures propres, qui les différencient de Tursiops truncatus, le « Flipper » classique que l’on retrouve dans nos bassins et qui provient pour sa part essentiellement des Caraïbes.

Leur capture sauvage dément donc une fois de plus, s’il en était besoin, les affirmations fallacieuses  de l’Industrie.
Mélanger des dauphins d’origines différentes ne donnera in fine naissance qu’à des hybrides, sans parler des conflits violents qui peuvent survenir, comme chez nous, entre dauphins de cultures différentes enfermés dans une même prison.
Au vu de ces faits, nous exigeons que les dauphins des Iles Salomon soient rendus à leurs eaux natales au frais de la société Parque Nizuc et que les responsables de ces captures illégales soient traînés devant les tribunaux mexicains pour maltraitance aggravée à l’égard d’une espèce animale théoriquement protégée.

D’après un texte de Taffy Wiliams.
New York Whale and Dolphin Action League

Picture: KATE GERAGHTY

Dauphins aux Iles Salomon tombés du camion

Plusieurs escales avaient été prévues pour l’avion gros porteur qui les emporte dans la nuit loin de chez eux, dont l’une au Brésil et l’autre à Cancun, Mexique.
Un immense camp de regroupement,  façon « La Paz », y attend là-bas les survivants de ce voyage infernal.
Ils y sont encore maintenus ce soir, 26 juillet 2003, enfermés dans des boxes minuscules d’où ils crient si fort leur désespoir que leurs appels s’entendent jusqu’au rivage. Les premiers cadavres sont traînés sur la plage et l’on dit que les pertes ont été très sévères pendant le voyage même.
Un dauphin est mort dans l’avion 

C’est d’ici, de Cancun, avec la bénédiction des autorités locales que nos malheureux dauphins vont être re-expédiés vers divers parcs marins, « petting pools », centres de delphinothérapie infantile et autres prisons aquatiques à l’usage des touristes d’Europe ou d’Asie. Ils ne tarderont pas à y mourir au terme de quelques très brèves années de souffrance, si du moins ils survivent  à ce nouveau et terrifiant voyage.

Si la capture simultanée de toute une tribu de dauphins est en soi déjà choquante par les dégâts qu’elle suscite au niveau environnemental, il est plus scandaleux encore d’apprendre qu’à aucun niveau de pouvoir, ces captures n’ont pu être légalement arrêtées.
Les journalistes qui ont tenté de couvrir l’événement aux Iles Salomon ont été interpellés par la police et des organisations comme le WWF et la plupart des autres instances internationales qui prétendent défendre la faune sauvage s’illustrent aujourd’hui par un silence tombal.

Pourtant, l’exemple des Iles Salomon est particulièrement terrifiant en ce qu’il ouvre une nouvelle époque pour les delphinariums : celle du «sans foi ni loi», celle du «tout est permis », celle de l’exploitation massive du «bois d’ébène à nageoires » jusqu’à épuisement des stocks vivants disponiblesavec la complicité tacite de tous les gouvernements et de leurs organes de presse.

Il est à noter à cet égard que la France et la Belgique ont maintenu jusqu’ici un black-out total sur cette capture insensée au niveau de leur presse.  Aucun journal francophone européen n’a cru bon d’évoquer cette affaire qui discrédite l’image et donc les intérêts du lobby de la captivité, à l’exception notoire du quotidien belge « La Dernière Heure ».

Parque Nizuc, Cancun, Mexique : les enclos géants où sont confinés et « dressés » les dauphins des Iles Salomon avant leur revente dans le monde entier. Copyright Terra Com

Deux cent dauphins pour l’Industrie

13/08/03

Le ministre australien de l’Environnement David Kemp a annoncé dimanche dernier la décision du Mexique de ne plus importer de dauphins vivants capturés illégalement dans les îles Salomon, dans le Pacifique Sud.
Un parc d’attraction de Cancun a déjà reçu 28 dauphins vivants capturés aux Salomon et l’un d’entre eux est mort le mois dernier. Quelque 170 autres dauphins sont actuellement captifs dans un enclos marin situé à Honiara, la capitale des Salomon, dans l’attente du même sort. Les défenseurs des animaux soulignent que la capture d’un tel nombre de ces cétacés en même temps est un fait sans précédent.

Le ministre australien de l’Environnement a annoncé dimanche que le gouvernement mexicain lui avait donné l’assurance de ne plus autoriser de nouvelles importations de ces animaux vivants en provenance des Salomon et s’était engagé à garantir la sauvegarde des 27 survivants du parc de Cancun.

M. Kemp n’avait pas réussi le mois dernier à obtenir des autorités de Mexico qu’elles interviennent contre l’importation des dauphins, en application de la Convention internationale sur le commerce des espèces en danger (CITES).
(Dépêche AFP)

Pendant ce temps, 40 dauphins et un delphineau sont en train de mourir lentement de faim et de déshydratation dans un enclos primitif à Gavutu, aux Iles Salomon. Ces dauphins sont à bout de force.

A moins que les gouvernements de Nouvelle-Zélande et d’Australie ne prennent des mesures urgentes pour leur fournir immédiatement de la nourriture et des soins vétérinaires, la plupart d’entre eux mourront dans des conditions atroces.
Après des semaines de négociations intenses avec l’homme d’affaires canadien Christopher Porter, Directeur du «Solomon Islands Marine Mammal Education Centre » et responsable de ces captures, un groupe d’activistes locaux a pu inspecter les dauphins maintenus sur l’île de Gavutu.

Le rapport de ces témoins oculaires nous décrit les privations terribles et les souffrances infligées à ces dauphins sauvages brutalement capturés. La plupart des dauphins portent des blessures dues aux combats fratricides qu’ils se livrent pour obtenir leur nourriture ou au transports violents dont ils ont fait l’objet.
En outre, l’eau est si peu profonde et les courants si faibles dans ces enclos de fortune qu’ils flottent en surface, immobiles, dans leurs propres déjections.

On nous a raconté que les dauphins étaient alimentés à raison de 8 kilos de poissons pour chacun et chaque jour, ce qui nous semble impossible.  Il faudrait alors rassembler une quantité énorme de poissons à l’usage de ces 40 dauphins et personne ne semble actuellement capable de faire cela au niveau local de manière quotidienne.
Selon le témoignage de l’équipe sur place, les poissons que l’on donnait au dauphins étaient tout mous, spongieux et  à demi pourris.
Les gardiens de ce camp les leur apportent dans des seaux d’une saleté repoussante, tandis que les dauphins frénétiques se montent l’un sur l’autre pour arriver les premiers à la nourriture.

L’un de ces dauphins prisonniers se tient presque debout, le ventre gonflé, la queue posée sur le fond, sans bouger.
Un autre a été mis en isolement dans un petit réduit, sous prétexte qu’il était agressif. Ce dauphin flotte pourtant lui aussi totalement immobile. Nombreux sont les captifs qui éternuent, reniflent ou respirent de façon erratique et trop rapidement. Ils semblent tous extrêmement malheureux et malades.
Pour exiger que les dauphins soient nourris, soignés puis libérés, il convient aujourd’hui de s’adresser aux autorités australiennes et néo-zélandaises qui tiennent en main la situation aux Iles Salomon.

Captured dolphins wait in pens in the Solomon Islands.

Les enclos de Chris Porter

25/08/03

Chris Porter en gloire !

Pendant que les violences continuent à l’égard des journalistes qui tentent de s’informer sur la situation des dauphins encore détenus aux Iles Salomon (dont le nombre est estimé à 170 par les autorités australiennes), le trafiquant canadien Christopher Porter, responsable de cette opération monstrueuse, parade en compagnie des officiels de l’île qui l’aident désormais à gérer son business de mort.
Le Ministère de la Pêche et des Ressources Marines de l’île vient en effet de défendre l’exportation massive de dauphins vers le Mexique et la contention actuelle des dauphins résiduels sur le territoire de l’île en expliquant que de telles captures avaient été menées de façon humaine et selon les termes de la loi de 1988 qui permet l’exportation d’animaux aquatiques.
Les ministres Nelson Kile et le Secrétaire Permanent Albert Wata ont par ailleurs affirmé que ces captures contribueraient à l’éducation du public, aux progrès de la recherche et donc à une meilleure protection des dauphins locaux qui pourraient s’échouer !

A Gavutu, pendant ce temps-là, 35 dauphins (en ce compris un delphineau) restent confinés dans leurs enclos plein d’eau sale. Tous sont malades, affamés et endormis la plupart du temps.

A Honiara, 19 autres dauphins survivraient encore dans le même genre d’enclos et dans les mêmes conditions de santé. Ils étaient 20, il y a quelques jours encore…
Soit 54 dauphins en tout. S’il y en a encore 170 présents sur l’île, où donc sont passés les autres ?
Seraient-ils déjà aux mains des acheteurs thaïlandais et japonais qui rôdent ici et là, le carnet de chèques en main ?

Quant aux dauphins arrivés à Cancun et qui seraient encore au nombre de 54, ils continuent à vivre les uns sur les autres, Tursiops truncatus et Tursiops aduncus joyeusement mélangés.
S’ils apportent avec eux des maladies rares ou des virus du Pacifique, eh bien, ce sera tant pis pour les dauphins sauvages qui peuplent encore les côtes du Mexique, car personne ne s’est soucié de cet aspect sanitaire des choses, alors qu’en général, la moindre réhabilitation de dauphin captif est condamnée pour ce motif de contamination possible.
Les Tursiops venus des Iles Salomon souffrent également de la diète nouvelle qu’on leur impose, les poissons n’étant pas les mêmes de ce côté-ci du globe. Selon certains observateurs, tous se tiennent tournés vers le même point de l’horizon – vers leur île natale ? – flottant immobiles comme des radeaux. Le reste du temps, ils sont soumis à des séances de dressage intensif, sous le soleil et sans ombre….

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Cadavres de dauphins retrouvés près des enclos de Chris Porter, ici en 2007

26/8/03

Dauphins des îles Salomon au Mexique

La semaine dernière, le Mexique a annoncé officiellement qu’il interdirait désormais toute importation de nouveaux dauphins sauvages en provenance des îles Salomon, principalement car ces nouveaux dauphins, d’une espèce différente de celle habitant les eaux mexicaines, sont considérés comme des « animaux d’origine exotiques » selon la loi mexicaine, et qu’en l’occurrence ils ne peuvent en aucun cas être en contact avec des animaux sauvages autochtones sous risque de leur transmettre des maladies. Or c’est actuellement le cas, car ces dauphins importés sont captifs d’un enclos situé en pleine mer.

Le gouvernement mexicain a par ailleurs décidé hier – 25 août 2003 – la fermeture temporaire du parc marin Parque Nizuc suite au décès ce week-end d’un dauphin captif depuis 5 ans dans cet établissement. Les représentants du gouvernement ont déclaré que le parc resterait fermé tant que les dauphins importés des îles Salomon ne seraient pas complètement mis à l’écart et qu’ils n’auraient pas subi une série de tests médicaux. Selon de récents témoignages, les dauphins sont vraiment très mal en point. Après avoir subi le choc de la capture, celui de l’interminable transport en avion, ils doivent faire face à un autre choc, celui du changement radical de régime alimentaire. En effet, ces cétacés sont nourris avec des poissons qu’ils n’ont pas l’habitude de manger. A tel point que plusieurs d’entre eux refusent de se nourrir et doivent être gavés de force par intubation.

Une grande campagne de protestation a été lancée au Mexique intitulée « Sin orgullo y sin verguenza » ce qui signifie « Sans fierté et sans honte ». Vous pouvez écrire aux contacts ci-dessous afin de demander la réhabilitation et la libération des dauphins de Cancun. Dans vos mails, prenez soin de noter dans le sujet « Sin orgullo y sin verguenza ».


Plata, le dauphin survivant des îles Salomon

Les captures continuent aux Iles Salomon

Dauphins des Iles Salomon au Dolphin Bay de Dubaï 

Singapour, ses hôtels, ses casinos et ses dauphins captifs