Si les dauphins dominaient le monde…



Si les dauphins dominaient le monde… Ils le préserveraient !

Si les dauphins dominaient le monde…

Les dauphins disposent bien de tous les prérequis qui ont permis aux humains de dominer la planète, mais ils ne peuvent eux-mêmes y accéder : il leur manque des mains.
« Malheureusement, ils n’imiteront jamais nos grandes métropoles ni nos technologie« , déclare Susanne Shultz, biologiste évolutionniste à l’Université de Manchester, «Car leurs membres antérieurs n’ont pas évolué vers des pouces opposables ».

Suzanne Schulz est l’une des co-auteurs d’une nouvelle étude prouvant que le comportement social des dauphins est fondamentalement une version aquatique de notre société humaine.
On peut lire dans ce rapport qu’à l’instar d’autres cétacés :
«Les dauphins s’interpellent par leurs noms, ils disposent de dialectes linguistiques, ils élèvent leurs enfants en groupe et ils prennent soin de leurs aînés. De nombreux cétacés, tels que les marsouins, dauphins, orques ou baleines, s’organisent également en structures sociales hiérarchiques et font preuve d’une étonnante diversité de comportements culturels et prosociaux»

Publiée dans la revue Nature Ecology and Evolution, cette étude n’avait cependant pas pour but d’évaluer les dispositions physiques nécessaire aux dauphins pour dominer le monde.
Il s’agissait plutôt d’une étude neurologique destinée à comprendre comment les humains sont devenus si intelligents au fil de l’évolution.

Les chercheurs étudiaient ce qu’on appelle «l’hypothèse du cerveau social», une théorie vieille de 20 ans. Celle-ci affirme que les humains ont développé leur cerveau géant, du fait qu’ils vivaient au sein de groupes sociaux complexes.
Dans la dynamique sociale d’une tribu préhistorique, les membres les plus intelligents étaient sans doute les plus susceptibles d’avoir des relations sexuelles, de garder la tribu en sécurité et d’éviter généralement de se pulvériser le crâne. .
Alors que d’autres animaux vivent selon le «pecking order» – Pousse-toi de là que je m’y mette- les premiers humains vivaient dans un monde politique complexe faits d’alliances, de manipulations et de coopération. En conséquence, stipule cette théorie, l’espèce humaine a favorisé l’évolution rapide d’individus de plus en plus intelligents.
Tout au contraire, disons, des homards, où être un génie charismatique ne produit pas tout à fait le même rendement génétique.

Une espèce invasive qui a détruit le monde entier


En analysant la dynamique sociale des cétacés, les chercheurs ont voulu savoir si ceux-ci se trouvaient enfermés dans le même cycle de cerveaux toujours plus grands en raison d’une vie sociale toujours plus complexe.

Les chercheurs ont donc dressé un profil de cétacés, en leur attribuant un score de «répertoire social» fondé sur le degré de sophistication de leur organisation. Si une espèce de cétacé s’était déjà montrée capable de deviner l’état mental des autres, par exemple, son score en était rehaussé. Les baleines à fanons, en revanche, voyaient leur score s’abaisser, car elles s’exprimaient dans les langages plus simples que ceux des orques ou des dauphins.

Les scientifiques ont alors contrôlé d’autres facteurs possibles d’agrandissement du cerveau tels que la situation géographique ou la richesse du régime alimentaire chez certains animaux.
Leur conclusion était que plus la vie sociale d’une baleine devenait compliquée, plus elle devenait intelligente.
«Nos analyses démontrent que la meilleure explication de l’évolution du cerveau des cétacés s’explique par les exigences associées au maintien et à la coordination de groupes sociaux cohésifs», peut-on lire dans le rapport.

Pakicetus

Fait intéressant, les baleines n’étaient pas particulièrement intelligentes lorsque leurs ancêtres semblables à des chiens retournaient à la mer, il y a 50 millions d’années.
Ce n’est qu’après s’être transformés en mammifères aquatiques élégants et après s’être regroupés en tribus complexes que ces animaux ont pu se transformer en ces créatures super-intelligentes que nous connaissons aujourd’hui.

Toujours selon cette étude, ce n’est pas par hasard que de grands cerveaux, des «liens sociaux cohésifs» et un penchant prononcé pour les manœuvres politiques les compliquées, semblent tous se produire chez les mêmes espèces.
L’auteur principal Kieran Fox, un neurologue de l’Université de Stanford, a déclaré dans un communiqué que les scientifiques ont souvent conclu que les cerveaux de dauphins n’étaient pas assez sophistiqués pour gérer les « compétences cognitives et sociales supérieures » de la société humaine.
« Je pense que nos recherches prouvent que ce n’est clairement pas le cas », a-t-il déclaré.

D’après l’article : The only thing stopping dolphins from destroying us is a lack of hands

 


Commentaire

Si les dauphins dominaient le monde ?

La question est bien mal posée, car les dauphins ne désirent pas cela.
Les cétacés forment des peuples pacifiques. Même si certains d’entre eux sont de féroces carnivores, qui s’attaquent à d’autres cétacés, leurs sociétés matriarcales sont toujours stables et paisibles.
On n’a jamais vu des orques se faire la guerre. Si les jeunes mâles se battent, c’est toujours à la loyale, comme nos sportifs. Il n’y a jamais de mort à l’issue de ces luttes. Ils ne regroupent pas non plus des armées pour faire la guerre aux tribus voisines.
Que l’on puisse passer de technologies ou d’architecture ne vient pas à l’esprit de l’auteur de l’article. Pourtant, les dauphins n’en ont pas plus besoin que de faire du feu sous l’eau !

Leur intelligence se développe dans bien d’autres domaines.
Ce sont des êtres de son, qui se parlent en images et sculptent l’eau de leurs sonars. Ces habitants d’un univers aquatique qui nous est étranger, ont développé de subtiles cultures inaccessibles à nos sens et à notre entendement.  Combien d’Aborigènes nus et sans outils n’a-t-on pas abattu comme du gibier, avant de saisir la profonde beauté de leurs mythes ?
Leurs sentiments, aussi, atteignent des sommets que nous ne pourrons jamais connaître : la zone du cerveau dévolue à la vie sociale et aux émotions est en effet largement plus développées chez eux que chez les grands singes bagarreurs que nous sommes.

Si les dauphins dominaient le monde, et que les humains n’y étaient jamais apparus…
Eh bien, le monde ressemblerait sans doute à celui du Pléistocène : couvert de forêts et d’animaux sauvages, ses océans peuplés de cétacés et de poissons en abondance. Un monde immobile, certes, un monde sans histoire qui ne court pas vers le progrès, l’expansion, la guerre, le gain,  la destruction finale, mais simplement un monde en paix, pendant des millénaires.


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