Dauphins mignons nés sous IA : la nouvelle mode au Japon

Le public japonais, friand de choses « mignonnes » craque devant les petits dauphins nouveaux nés. Même si le premier enfant né de cette façon été tué par Lulu, sa mère, trois jours plus tard.

Dauphins mignons nés sous IA : la nouvelle mode au Japon

Les dauphins mignons nés sous IA, c’est la nouvelle mode au Japon.
L’insémination artificielle permet la reproduction en bassin sans avoir à déplacer un mâle mais surtout, elle flatte le goût des Japonais pour tout ce qui est mignon. Même si les mêmes delphinariums qui s’y livrent achète encore des dauphins à Taiji, ils peuvent ajourd’hui accueillir les touristes avec le sourire de ceux qui font un effort dans le bon sens. Au final, c’est tout de même le business qui s’en sort gagnant.  

Le delphinariums japonais se tournent vers la reproduction plutôt que vers les captures

Un article du Japan Today

Les delphinariums japonais commencent peu à peu à envisager de se livrer à l’élevage de dauphins en captivité, par le biais de l’insémination artificielle. Il s’agit pour eux de maintenir le nombre adéquat de bassins pour leur entreprise, tout en évitant les critiques internationales persistantes contre l’exhibition de dauphins capturés en mer.

Un petit dauphin mâle nageant avec sa mère est devenu une attraction majeure de l’aquarium public du port de Nagoya. L’enfant est né en mai dernier par insémination artificielle, et c’est la première naissance réussie de ce type rapportée au Japon en 14 ans.
La mère a été retirée des spectacles environ six mois avant l’accouchement et l’est encore aujourd’hui.

Lulu avec Heisi, son second enfant

« Montrer comment une nouvelle vie naît et grandit, c’est le but même de l’existence d’un aquarium », a déclaré le directeur de l’aquarium, Hiroshi Nitto.
Dans l’espoir d’apprendre de ce succès rare, d’autres aquariums du pays ont contacté ses responsables pour en apprendre davantage sur les techniques utilisées.

À l’heure actuelle, les aquariums comptent environ 200 grands dauphins et une grande partie d’entre eux sont capturés lors des chasses au rabattage très controversées au large de Taiji, à l’ouest du Japon. Selon l’Association japonaise des zoos et aquariums, le pourcentage de dauphins élevés en aquarium ne représente qu’environ 20% (pour plus ou moins 70% en Europe et aux USA).

L’insémination artificielle est très répandue en Europe, du fait des faibles coûts de production qu’elle entraîne.

En 2015, les aquariums ont été mis devant le choix de continuer à acheter des dauphins capturés à Taiji ou perdre l’accréditation de la JAZA. Lorsque l’Association mondiale des Zoos et Aquariums avait menacé sa branche japonaise d’expulsion si elle ne condamnait pas cette pratique, la JAZA a fini par interdire à ses membres d’acquérir des dauphins capturés lors des chasses au rabattage, ce qui en a amené certains à résilier leur adhésion.

Les membres restants de la corporation des zoos et delphinariums japonais n’avaient donc plus d’autre choix que d’élever des grands dauphins du Pacifique. La JAZA avait estimé que si les aquariums dans le pays se contentaient d’élever cette espèce, la population totale des delphinariums tomberait de 200 individus à 69 d’ici 2030.

Les petits aquariums aux ressources financières limitées se heurtent à un obstacle particulièrement difficile en ce qui concerne l’élevage. La construction d’un bassin de maternité destiné aux delphines enceintes pour leur permettre d’accoucher et d’élever leurs petits coûte souvent des centaines de millions de yen. Certains delphinariums ne détiennent d’ailleurs que des femelles, car elles sont plus dociles et faciles à dresser.
Seuls quelques rares aquariums gardent leurs dauphins par couples, mâles et femelles.

L’insémination artificielle pourrait être à cet égard une solution pour les aquariums.
Elle permet en effet d’augmenter le nombre de dauphins par simple transfert de sperme congelé, au lieu de déplacer un mâle vers le bassin concerné.
La technique a été introduite dans les delphinariums d’autres pays, tel le Marineland d’Antibes en France, mais le Japon reste relativement inexpérimenté en la matière. Il n’a réussi que deux opérations de ce type avant Nagoya, toutes deux au Kamogawa Sea World, dans la préfecture de Chiba, près de Tokyo. Ce delphinarium s’est également livré à des recherches sur l’insémination artificielle du béluga, apparemment avec succès.

En septembre dernier, l’aquarium de Kujukushima, Umi Kirara, dans la ville de Sasebo, au sud-ouest du Japon, est parvenu à faire naître un delphineau viable par ce moyen. Un second dauphin, conçu par insémination artificielle, devrait naître dans cet établissement d’ici la fin du mois.

Bien que ce petit delphinarium ne soit pas affilié à la JAZA, son directeur a déclaré qu’il avait opté pour l’insémination artificielle, compte tenu des critiques internationales formulées à l’encontre de la capture des dauphins sauvages.
« Si vous prenez en compte les coûts, il est plus facile et moins coûteux de les acheter à Taiji, mais la reproduction est la tendance du moment. Ca fait vendre !« , a déclaré M. Nitto, de Nagoya, ajoutant qu’il s’attend à ce que de plus en plus d’autres delphinariums s e tournent vers l’insémination artificielle.

A Discovery Cove, on va plus loin encore : on choisit le sexe de l’enfant à naître en fonction des besoins  !


Capturée à Taiji, Lulu tuera-t-elle son second delphineau ?

Les dauphins fous de Kujukushima