Derrière chaque delphinarium, il y a une banque



La plupart des delphinariums bénéficient du soutien financier d'institutions de renommée internationale, telles que les banques, les sociétés de capital-investissement, les groupes financiers et les investisseurs institutionnels. Ici Sea World San Antonio, Texas
La plupart des delphinariums bénéficient du soutien financier d’institutions de renommée internationale, telles que les banques, les sociétés de capital-investissement, les groupes financiers et les investisseurs institutionnels.

Derrière chaque delphinarium, il y a une banque

Derrière chaque delphinarium, il y a une banque, un holding, un fonds d’investisement, une multitude d’entreprises financières qui ramassent et engrangent d’énormes sommes d’argent grâce au travail forcé des dauphins esclaves.
Certaines de ces compagnies s’investissent entièrement dans la gestion des delphinariums, tandis que d’autres ne les présentent que comme une partie d’un portefeuille d’actions plus vaste.

Les dauphins captifs génèrent à eux seuls entre 1,1 et 5,5 milliards de dollars US par an, grâce aux seules entrées des visiteurs et compte non tenu des dépenses supplémentaires qu’ils feront une fois sur place.

Les marges bénéficiaires de cette industrie sont sans doute encore bien plus élevées.


Le rapport Behind the Smile s’est penché sur les profils d’entreprise de certains grands delphinariums
en Europe, au Mexique, en Asie, aux États-Unis et au Moyen-Orient, en analysant les informations publiées sur leurs sites Web, mais aussi des bases de données disponibles au public comme Bloomberg, D & B Hoovers, Forbes, Reuters, etc.
Enfin, des articles publiés par des agences internationales telles que CNN, MSNBC ou par les médias nationaux.

La majorité des delphinariums que nous avons étudiés s’intègrent à des conglomérats internationaux plus vastes. Très peu d’entre eux sont indépendants ou n’appartiennent qu’à une famille, comme c’était le cas dans les années 70.
En fait, certaines sociétés possèdent des dizaines de delphinariums et de parcs aquatiques à travers le monde, profitant de différents marchés en termes de visiteurs.
La plupart de ces grandes entreprises multi-niveaux sont le résultat de fusions et d’acquisitions de delphinariums plus petits ou d’autres genres des parcs aquatiques, de loisirs et d’attractions.

Le delphinarium de Bruges a été phagocyté par la compagnie Aspro Ocio, en même temps que celui de Harderwijk

Ces grands conglomérats, qui possèdent ou investissent dans des delphinariums, développent également d’autres activités. Ils possèdent des portefeuilles comprenant les relations gouvernementales, les soins de santé, les hôtels et les centres de villégiature, l’immobilier, les télécommunications, les institutions financières, les produits pharmaceutiques, les groupes de construction et des lignes de vente au détail et d’accessoires. Ils possèdent également d’autres sociétés spécialisées dans l’aventure, le sport, les parcs aquatiques et l’hôtellerie qui contribuent à financer la gestion des dauphins.

Un grand nombre de ces delphinariums bénéficient d’un soutien financier international considérable.
Si quelques rares sont des entreprises privées, financées par des fonds privés, la plupart des delphinariums bénéficient du soutien financier d’institutions de renommée internationale, telles que les banques, les sociétés de capital-investissement, les groupes financiers et les investisseurs institutionnels. Les sociétés d’investissement sont généralement motivées par la seule maximisation des bénéfices de leurs investissements.

Ainsi, un groupe financier qui a investi dans une grande société de delphinarium comportant plusieurs installations se vante sur son site Web d’investir uniquement dans des sociétés bien établies ayant des marges bénéficiaires élevées. D’autres sociétés financières affirment qu’elles se spécialisent dans la reconstitution d’actifs sous-performants. Pour de nombreuses sociétés d’investissement, la partie du portefeuille consacrée aux delphinariums est une marchandise, au même titre que tout autre aspect de leur portefeuille plus vaste.

Presque tous les delphinariums examinés indiquent le nom de leurs partenaires industriels sur leurs sites Web. Le soutien des gouvernements locaux, nationaux et internationaux, des compagnies aériennes mondiales, des sociétés pétrolières, des hôtels, des groupes de l’immobilier et de la construction, des lignes de vente au détail et d’accessoires, des entreprises hôtelières, des bureaux d’architecture et des entrepreneurs en construction contribue à la prospérité croissante des delphinariums.

Sea World et Coca Cola

Des sociétés de vente de boissons, des chefs célèbres et des restaurateurs, ainsi que de grands groupes de détaillants internationaux et les services de livraison en ligne, ont tous été promus publiquement sur de nombreux sites Web de delphinariums.
Les delphinariums examinés étaient généralement connectés à des agences de voyages, des voyagistes, des hôtels et des centres de villégiature ainsi qu’à des groupes de médias sociaux.
Beaucoup ont mentionné leurs alliances stratégiques avec des agences de grossistes internationales et avec des compagnies de croisières. Des groupes de certification et des liens avec des ONG ont également été notés et certains delphinariums ont mis l’accent sur leurs partenaires «verts» pour pouvoir bénéficier de ces associations.
En soutenant ces sites en tant que canaux de vente, en faisiant la promotion des activités avec les dauphins et en augmentant l’acceptabilité de ces pratiques aux yeux du public, les partenaires de l’industrie tirent le plus grand profit de la souffrance des dauphins.

La majorité des entreprises qui investissent dans les delphinariums ont pourtant conscience de leur responsabilité sociale. Cette responsabilité les poussent à se soucier de l’éradication de la faim, de l’alphabétisation, de la sensibilisation culturelle, des l’enrichissement des communautés là où elles ont des delphinariums ainsi que de se livrer à des opérations de sauvetages et de conservation de la faune sauvage.
Pour appuyer ces revendications de responsabilité sociale affichée par ces investisseurs, de nombreux delphinariums mettent également l’accent sur leur rôle auprès des enfants et le développement de leurs programmes éducatifs, qui proposent aux écoles privées et publiques de visiter leurs parcs pour en apprendre davantage sur les dauphins, gratuitement ou à prix réduit.
Le fossé est pourtant énorme entre ces encouragements à adopter un comportement responsable et respectueux de l’environnement au service de la conservation, et le fait de maintenir des mammifères marins extrêmement intelligents dans des bassins ou des enclos sinistre dans le seul but de divertir le public.

Au Boudewijn Seapark, le WWF apporte sa caution morale à l’exploitation de dauphins esclaves

La grande majorité des dauphins exibés en spectacle ne sont nullement menacés, mais les programmes de reproduction mis en avant par les delphinariums – tels que les fameux programmes EEP, réitérants dans les médias – sont souvent présentés comme des efforts en vue de la préservation de l’espèce.
Si les delphinariums élèvent aujourd’hui davantage de dauphins à des fins de strict divertissement, ils augmentent dans le mêrme temps leurs activités de nettoyage de l’océan, de sauvetage des animaux ou leurs efforts pour tenter de restaurer leur habitat marin.
Pour les delphinariums et leurs partenaires, il semble qu’une sévère dissonance cognitive d’entreprise soit néanmoins en jeu. Ils n’acceptent pas de reconnaître le décalage entre leur objectif commercial principal – faire de l’argent- et leurs activités caritatives de «conservation», malgré les contradictions évidentes.
Les clients qui sont là pour être divertis veulent également être sûrs que les activités avec les dauphins ne font aucun mal aux animaux. Avoir des excuses toutes faites sur les bénéfices de la conservation peut aider à atténuer les inquiétudes et la culpabilité de cautionner la captivité des dauphins.

Expansion et diversification
Un delphinarium, comme tout autre entreprise ou destination, est soumis à l’évolution des goûts et des tendances et doit adapter son modèle économique en conséquence, sinon il échouera. Une transition claire et gérée de manière responsable entre le divertissement de cétacés et d’autres offres est louable. L’expansion et la diversification des activités d’un parc ne réduisent toutefois pas les souffrances des cétacés en captivité, si leur exhibition n’est pas progressivement éliminée.

Trip Advisor a fait beaucoup de mal aux cétacés

La majorité des delphinariums croissent avec la demande touristique et sont soutenus par des investissements importants.
D’autres ont connu des succès médiocres ou bien ont fait l’objet d’un examen critique de la part du public, du fait de leurs activités avec les dauphins et les cétacés.
Face à l’évolution de l’attitude des consommateurs, la plupart des ces entreprises envisagent d’ajouter de nouvelles formes de divertissement, de créer de nouveaux parcs ou de s’étendre à l’étranger, afin de diversifier davantage leurs offres.
De même, dans les pays qui ont adopté une législation rendant impossible la poursuite des activités habituelles, on s’efforce de se « préparer pour l’avenir », grâce à la diversification.
Certains delphinariums confrontées à la réprobation publique ont par la suite fermé leurs portes. Leurs dauphins ont été déplacés ailleurs et les sites ont été acquis par de grandes sociétés ou des groupes financiers. Les installations ont été stimulées par de nouvelles attractions et des activités non animales et ont depuis généré du profit.

La poursuite de la croissance d’un secteur touristique fondé sur l’exploitation animale, avec son expansion actuelle sur tous les continents, nécessitera de nouveaux partenariats pour de nombreux delphinariums. Les gouvernements permettant l’entrée facile des visas et les parcs marins travaillant main dans la main avec des compagnies de croisière en pleine croissance l’industrie ont ainsi créé un tout nouveau marché de voyageurs.


Quelles tendances pour l’industrie ? 

Nos recherches sur les sociétés propriétaires de delphinariums situés en Europe, en Asie, dans les deux Amériques et au Moyen-Orient ont révélé que la majorité d’entre elles avaient ajouté d’autres attractions non animales à leur activité de delphinarium.
Cela pourrait être d’engager plus de clients pour des séjours plus longs ou parce que l’on se rend compte que le divertissement avec des animaux sauvages est de plus en plus inacceptable pour les voyageurs.

Les nouvelles attractions comprennent des parcs aquatiques, des restaurants appartenant à des célébrités, des discothèques, des spas, des salons, des toboggans aquatiques, des montagnes russes, d’autres manèges, des piscines à vagues, des bars et restaurants pour enfants et des théâtres IMAX.
Il est clair que les sites s’efforcent d’être plus que des delphinariums. Il convient également de noter que les entreprises qui font le plus de progrès en matière de divertissement sans exploitation animale sont reconnues pour leurs attractions novatrices, et remportent les récompenses et les éloges des voyageurs.
Alors que les dolphinariums se sont traditionnellement concentrés uniquement sur les expériences et les spectacles relatifs aux dauphins, de nombreuses entreprises font désormais appel à de nouveaux partenaires pour créer davantage d’expériences multiformes pour leurs invités. Ceci, à son tour, crée de nouvelles sources de revenus qui ne dépendent pas du divertissement avec des animaux sauvages…

Étude de cas du Seaquarium de Miami

Un examen plus approfondi des entreprises qui investissent dans des parcs à thème marins et leur apportent un soutien financier nous révèle l’énorme appétence économique cachée derrière la captivité des dauphins.
Miami Seaquarium (MSQ) en Floride, par exemple, appartient à la société californienne Palace Entertainment, qui a acheté MSQ à Wometco Enterprises en 2014. L’achat portait sur un montant non divulgué, mais une source proche de Wometco estimée à 30 millions USD 98.
Le Miami Seaquarium verse environ 2,7 millions USD de loyer chaque année au comté de Miami-Dade, mais accueille plus de 500 000 visiteurs dans son enceinte chaque année.

En l’absence d’informations publiques sur les revenus du parc, et à supposer que les 500.000 visiteurs annuels du parc ne paient rien d’autre que le billet d’entrée (47,99 USD), le revenu annuel de MSQ devrait déjà s’élever à quelque 24 millions USD. Avec les mulptiples séances de rencontres, photos, caresses, etc. à coût supplémentaire, les stands des concessionaires et les ventes de marchandises, le potentiel de revenus est bien sûr beaucoup plus grand.

Le propriétaire du Miami Seaquarium, le groupe Palace Entertainment, possède 22 parcs, situés pour la plupart aux États-Unis. Parmi ces parcs, MSQ et Sea Life Park à Hawaii proposent des programmes de nage et d’interactions avec les dauphins dont le prix peut grimper jusqu’à 450 USD.
Palace Entertainment se présente comme «l’endroit idéal pour s’amuser en famille». Ses parcs accueillent chaque année plus de 14 millions de visiteurs et il représente l’un des plus importants exploitants de parcs aquatiques, parcs d’attractions et centres de divertissement familial aux États-Unis. Palace Entertainment est lui-même une filiale de l’opérateur de parcs d’attractions basé à Madrid, Parques Reunidos.

En 2007, la société d’investissement londonienne Candover Investments/Arle Capital s’est emparé de Parques Reunidos pour la somme d’un milliard d’euros. En 2010, la société d’investissement âgée de 30 ans annonçait qu’elle liquidait ses actifs et restituerait de l’argent aux actionnaires et aux investisseurs.
Arle Capital, une société d’investissement privée issue de Candover Capital (propriétaire de Parques Reunidos), a envisagé de placer l’opérateur de parc de loisirs à la bourse de Madrid en 2014, pour une valeur estimée à environ 2,18 milliards USD.


Parques Reunidos exploite 62 parcs dans des pays d’Europe, d’Amérique, du Moyen-Orient et d’Océanie.

Leurs parcs se divisent en quatre segments clés : les parcs à thème, les parcs zoologiques, les parcs aquatiques et les parcs de la vie marine. Leur mission, leurs valeurs et leurs objectifs sont de «fournir des moments inoubliables de divertissement et de divertissement à tous nos invités, en offrant des expériences uniques, riches, innovantes, créatives et sûres… afin de générer une valeur accrue pour nos actionnaires et investisseurs».
Il n’y a ici aucune déclaration d’intention qui sonnerait faux à propos de la conservation des espèces ou de pédagogie. Il est clair que ce n’est pas la raison pour laquelle leurs parcs sont en activité.

Le chiffre d’affaires annuel de Parques Reunidos s’élevait à 583 millions d’euros en 2018.
En avril 2019, la société a été condamnée à une amende dérisoire de 800 euros pour avoir gardé des dauphins dans une «piscine à vagues » destinée aux humains en très mauvais état pendant plusieurs mois. Le bassin avait moins de 2 m de profondeur et n’était abrité par aucune ombre.
La disparité entre la valeur de l’entreprise et cette pénalité met encore une fois en évidence tout l’intérêt économique d e maintenir les dauphins dans des conditions inhumaines. Ces infimes amendes pour maltraitance sont facilement absorbées par les coûts « généraux ».

Extrait du rapport Behind the smile

SeaWorld développe son parc de roller-coasters mais des mammifères marins sont toujours enfermés dans ses bassins.
SeaWorld développe son parc de roller-coasters mais des mammifères marins sont toujours prisonniers de ses bassins.

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