Des bélugas bientôt en Wallonie ?



Bélugas récemment capturés dans l’Est extrême de la Russie.

Des bélugas bientôt en Wallonie ?

Le Monde du Froid en 2015

Depuis quelque temps, on entend dire que Pairi Daiza pourrait accueillir des bélugas dans son Monde du Froid, qui prendra progressivement place dès 2015 au bord du lac de Brugelette.
« Eric Domb est parti en exploration dans les zones les plus reculées de l’immense Russie. Son but : amasser des idées qui nourriront son prochain grand projet, le Monde du froid, qui prendra progressivement place, dès 2015, au bord du lac de Brugelette.
Quelques rennes y paissent déjà depuis quelques mois mais, comme pour les autres mondes de Pairi Daiza, celui-ci rassemblera la faune, la flore, des constructions authentiques et des minéraux magnifiques rapportés d’expédition. Récit de celle qu’Eric Domb vient de mener aux extrêmes frontières de la Russie pendant trois semaines. D’autres suivront : en Alaska et –qui sait ?- en Arctique ou en Antarctique…

Eric Domb s’est entouré de ses amis Steffen Patzwahl, Thomas Braun et Jacques Vangelder pour une expédition de trois semaines l’emmenant de Moscou au lac Baïkal (centre), à Vladivostock (au bord de la mer du Japon à l’extrême est) et enfin au Kamchatka, une péninsule située au nord du Japon et qui s’avance dans l’océan Pacifique, face à l’Alaska. Une péninsule volcanique authentique, aussi grande que la France mais qui ne compte que 400.000 habitants. Le groupe a franchi les fuseaux horaires en avion, en train, en minibus, dans le célèbre transsibérien et même en hydroglisseur sur le lac Onega ». (Presse)

Le problème, c’est que c’est aussi à Vladivostok que l’orque Narnia a été maintenue dans un premier temps avec d’autres orques. C’est également là qu’on stocke les bélugas, en attente de rejoindre les Etats-Unis, la Chine ou le marché intérieur.  Les permis de capture sont délivrés à une société russe appelé White Sphere qui conçoit, construit et exploite des delphinariums et autres attractions marines.

White Sphere gère Aquatoria, un parc marin en Ukraine, des aquariums à Sotchi, en Russie et en Egypte. La société affirme que figure parmi ses partenaires l’Association internationale des Parcs d’attractions.
Un autre de leurs partenaires est ProSlide Inc., une société canadienne qui construit des bassins pour SeaWorld Parks & Entertainment Inc. et Walt Disney Co.

Le trafiquant de dauphins et Pairi Daiza

M.Domb est certainement au courant.
Sans doute n’a-t-il pas eu le temps de rencontrer les courageux défenseurs des orques de Russian Orca.
En revanche, il est troublant de découvrir qu’en 2012, le parc Pairi Daiza se trouve dans la liste des « projets » d’un dresseur de dauphins, Johann Markus, gérant de société. Celle-ci est spécialisée en exportations de mammifères marins et en conseils de dressage.
Johann Markus fut en effet head-trainer à l’Oceanografic de Valences, à Loro Parque et au Zoomarine.

Au même moment, Pairi Daiza annonce son projet de Monde Polaire.
On refuse évidemment l’idée que le parc ait pu commander quelques bélugas en plus de ses ours blancs, de ses phoques d’eau douce, de ses morses ou de ses rennes. Mais s’il le faisait, ce serait à coup sûr le sommet de la gloire pour le parc wallon.
L’entreprise a déjà mis au tapis son adversaire flamand d’Anvers avec ses pandas puis avec la naissance de plusieurs éléphanteaux viables quand Planckendael pleurait Baby Q.

Le delphinarium de Bruges est quant à lui complètement obsolète. Il se dégrade à petit feu. Le public y est ici essentiellement flamand et donc limité. En revanche, avec le cadre magnifique qu’offre le parc Pairi Daiza et un spectacle de cétacés, la Wallonie pourrait drainer des touristes de l’Europe entière, voire même du Japon ou de la Chine.
Et M.Domb pourra déclarer à la presse que ses morses, ses ours polaires, ses bélugas ont été sauvés d’un delphinarium russe tout pourri.  Et qu’aucun animal captif n’a jamais été aussi bien-traité.

phoque-Baikal
Le phoque d’eau douce du Lac Baïkal

Impossible ?
– Aucune loi n’interdit d’importer des animaux d’un autre zoo, indonésien, birman ou thaïlandais, même si personne ne veut vraiment savoir comment ils y sont arrivés. Les phoques d’eau douce du lac Baïkal que Pairi Daiza envisage d’acquérir ne sont sûrement pas nés en captivité.

La logique d’expansion du parc l’a mené des oiseaux aux otaries, des otaries aux éléphants, aux grands fauves (dont deux tigres blancs) et aux petits singes. Régulièrement, il lui faut investir dans une attraction neuve. Les actionnaires sont exigeants. On constate le même phénomène dans la plupart des zoos : chaque année, il faut offrir au public une « nouveauté ».

« 1,4 million de visiteurs pour la dernière saison. Vos objectifs cette année ?
« Je n’en sais rien. Nous sommes de drôles d’animaux à Pairi Daiza, nous gérons différemment notre entreprise à notre manière, loin d’une démarche financière classique. Nous formulant bien sûr des hypothèses quand au nombre de visiteurs. Mais notre raisonnement est plutôt qu’il nous faut un nombre minimum de visiteurs à l’an, soit environ un million pour que l’aventure continue. Pour beaucoup d’entreprises, l’investissement est un mal nécessaire. A Pairi Daiza, nous avons besoin de nous réinventer chaque année ».
Le Soir Economie

Bien sûr, on ne pourra jamais croire qu’un parc aussi soucieux du bien-être animal se décide jamais à détenir des cétacés captifs.
Mr Domb lui-même nous l’avait assuré. Nous serions néanmoins soulagés si Pairi Daiza pouvait nous confirmer le fait. Car il y a déjà des mammifères marins à Pairi Daiza. Des otaries.  Après les otaries, les morses. Après les morses, les ours blancs. Et après les ours blancs ? Jusqu’où faudra-t-il se « réinventer » ?

Il n’y a pas de limite aux ambitions de certains parcs

Des ours polaires en 2019

Pairi Daiza vient d’introduire une demande de permis pour recréer le territoire des ours polaires
Dans la foulée de celle qui lui a été accordée pour son projet d’extension Wilderness, le parc vient d’introduire une nouvelle demande de permis de construire en vue de reproduire un autre monde thématique qui lui tient à cœur : la Terre du Froid.
L’enquête publique relative à ce nouveau projet qui mettra à l’honneur la faune des régions les plus froides du globe se clôturera le 29 août prochain.
« À ce jour, aucune réclamation ne nous est parvenue. Contrairement au projet Wilderness, il ne devrait pas y en avoir ou très peu dans la mesure où il s’agit d’une extension intra-muros des activités du parc« , indique-t-on du côté des services d’urbanisme de la commune de Brugelette.
Concernant le projet en lui-même, il a déjà commencé à prendre forme avec l’ouverture de l’Izba, restaurant d’inspiration russe, à laquelle est venue s’ajouter la construction d’un dépôt pour le train à vapeur touristique et d’un hangar abritant un ancien hydravion. De loin la plus importante et attractive, la seconde phase des travaux pour laquelle le parc sollicite actuellement les autorisations nécessaires verra la création de trois biotopes couvrant une superficie totale de près de 7000 m2.

À commencer par une zone arctique jouxtant une toundra où les visiteurs pourront admirer des morses et surtout des ours polaires. « Les territoires qui seront mis à disposition des ours blancs dépasseront de loin les normes légales belges pour atteindre les standards internationaux les plus exigeants en matière de bien-être », détaille Hubert Van Slembrouck. « Notre souhait est d’ailleurs de voir ces animaux exceptionnels – un mâle et une femelle – s’y reproduire. Les installations envisagées sont adaptées à de possibles gestations et à l’arrivée de petits oursons », ajoute le responsable de la communication du parc.
Dans le même périmètre sera reconstituée une forêt sibérienne (taïga) qui accueillera des tigres blancs originaires de ces contrées ainsi qu’un espace antarctique évoqué par une grotte de glace où des manchots royaux s’offriront au regard du public.
Un petit hôtel d’une cinquantaine de chambres réparties en cinq unités verra également le jour, de même qu’un restaurant, un sauna à usage des résidents et un ice-bar avec vue sur les manchots.

 

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