Des chiots toujours en vente chez Animal Express



Photo Dauphins Libres

Des chiots toujours en vente chez Animal Express

Malgré de nouvelles lois et quelques enquêtes, des chiots sont toujours en vente chez Animal Express, récemment déplacé dans la banlieue nord de Bruxelles. Car c’est toujours légal, non seulement dans ce magasin, mais partout en Belgique, en France et dans la plupart des pays d’Europe.

Quand vous vous approchez de leurs enclos vitrés, ces bébés tout perdus se précipitent pour vous lécher les mains. Certains d’entre eux semblent extrêmement jeunes, visiblement à peine sevrés. Quant aux autres, qui grandissent en attendant d’être achetés, on se demande bien ce qu’ils vont devenir.  

Tous ne peuvent pas être vendus avant d’être adultes, ce n’est pas crédible, il y en a beaucoup trop.
Que fait-on d’eux quand ils deviennent sont trop grands ? Que fait-on de ces invendus ? Et d’où viennent-ils vraiment, ces chihuahuas, Border Collies, Jack Russells, Cavalier King Charles, golden retrievers, pitbulls, et autres yorkshires juvéniles, ou bien ces tristes chats sans poil si vulnérables au froid, au soleil et aux blessures des les autres chats. Où sont leurs mères ?

La RTBF consacrait récemment un bref reportage au problème des chiots à vendre.
« Fin décembre 2018, Cresilia Biancucci achète un spitz nain dans une animalerie de la région de Charleroi. Le prix : 1400€. Le chiot meurt dix jours plus tard. «Ma vétérinaire a découvert que le vendeur a menti sur son âge. Le chien n’avait pas quatre mois comme annoncé, mais deux mois et demi ». Plus le chien est jeune, plus il est «vendable».
Il y a des centaines d’histoires comme celles-ci qui fleurissent sur les réseaux sociaux. « Il y a deux ans, j’ai acheté un boxer dans un élevage. Il est mort au mois d’août dernier », confie Maude Verstraete. « Son passeport était belge, mais le vendeur m’a révélé qu’il provenait de Slovaquie ».
Dans de nombreux cas, les passeport des animaux sont trafiqués. Le but : cacher l’âge ou la provenance des animaux, issus d’usines à chiots belges ou de pays de l’Est. Ils y sont produits à la chaîne dans des conditions inférieures aux normes. Ils peuvent ensuite générer de graves maladies. «On peut également ajouter des problèmes de sociabilisation. Il y a également des problèmes de traçabilité et de consanguinité. Ces animaux sont généralement transportés dans des conditions désastreuses », analyse Sébastien De Jong, directeur de l’ASBL Sans Collier » (…) ».

Photos @DolFLOrca /@Dauphins_libres 2019

Légalement, Animal Express – aussi nommé DogCatandCo – n’a pourtant rien à se reprocher.
Ses animaux sont vermifugés, vaccinés, identifiés par puce électronique et accompagnés de tous les documents juridiques nécessaires. Tous ses chiots et chatons sont, dit-il,  issus de son propre élevage ou d’élevages étrangers agréées. Mieux encore, Animal Express dispose d’un agrément délivré par le Vlaamse Overheid Departement Leefmilieu, Natuur en Énergie.
Donc, tout va bien – disons, un peu mieux qu’avant – de ce côté.
Mais pas de l’autre…

 A Bruxelles, pour le seul mois de juillet 2018, on a recensé 500 animaux abandonnés. Les structures d’accueil existantes doivent encore euthanasier certains arrivants.  Chaque année, ce sont près de 60.000 chiens et chats qui sont recueillis par des refuges en Belgique, soit en moyenne 165 animaux par jour.
En 2015, environ 20.000 chiens avaient été importés en Belgique. La majorité provenaient de pays d’Europe de l’Est. Avec 12.358 animaux, la Slovaquie étaient en tête des fournisseurs, suivie par la Tchéquie, l’Espagne et la Roumanie. En Tchéquie, on peut acheter un chiot pour environ 150 euros chez un fermier local. Le grossiste le revendra 300 euros à un importateur belge. Finalement, le consommateur belge achètera son petit chien plus de 800 euros.

Mais on continue à les vendre à n’importe qui dans des super-marchés !
Animal Express, qui dispose de points de vente dans tout le pays, n’est certainement pas la seule animalerie de Bruxelles, loin s’en faut. Et c’est là que se trouve le noeud du problème !
Est-il normal d’inonder le marché avec des chiots venus d’on ne sait quel élevage, pendant que dans le même temps, on en euthanasie d’autres ? Est-il normal d’exiger  telle ou telle race, parce qu’elle est à la mode, comme on se choisit une bagnole ou une paire de chaussures ? Il s’agit d’être vivants, sensibles et conscients et non d’objets.

La Californie vient de donner sa réponse à cette question éthique : à compter du 1er janvier, les animaleries ne peuvent plus vendre que des chiens, des chats et des lapins abandonnés dans un refuge. En effet, plus de 250 millions de dollars (environ 214 millions d’euros) seraient dépensés chaque année pour accueillir mais aussi pour euthanasier les animaux abandonnés. Mais l’objectif est avant tout de « réduire considérablement le trafic d’animaux issus de fermes d’élevage dans les animaleries californiennes ».

Photos @DolFLOrca /@Dauphins_libres 2019

Bien sûr, des efforts ont été faits : on est loin – du moins on l’espère ! – du spectacle de désolation que dénonçait l’association One Voice dès 1999.
« Des centaines de chiens et de chats, mais aussi d’autres animaux, de ferme ou exotiques croupissent, derrière des vitrines, dans des box étroits. Tous sont en perdition. Certains tentent désespérément d’accrocher le regard d’un acheteur. La plupart d’entre eux sont profondément affligés. Malades ou ne tardant pas à le devenir, ils se retirent petit à petit de l’existence. Le sommeil est leur ultime refuge. Comme une insulte de plus à la vie, cette animalerie offre «les promotions de la semaine» et «les bonnes affaires». C’est vrai que devant la loi, les animaux sont des meubles. Pourquoi ne pas en profiter (…)

Tout à coup notre enquêteur sort. Son intuition et sa ténacité sont récompensées.
Il surprend l’arrivée des camions tchèques et hongrois. Il filme. Les bébés, exténués par de longues heures de transport, sont déchargés comme des marchandises, attrapés par une patte ou par la tête. (…) Le trafic des chiots et des chatons prolifère comme une maladie. Ce commerce illicite est devenu une véritable industrie qui exploite au maximum de très jeunes animaux. Ils savent que les bébés sont préférés aux adultes.
Les trafiquants comptent sur l’ignorance du public et les achats souvent compulsifs en animalerie. Plus les animaux sont petits, plus ils sont craquants ! »

Il fut un temps où l’on vendait des mangoustes africaines chez Animal Express

Aujourd’hui, les chiens et les chats sont mieux logés, dans des espaces plus grands qu’en 1997.
On ne trouve plus de mangoustes africaines tournant follement en rond dans un aquarium. Mais il y a toujours ces chiots guère en forme qui dorment d’un lourd sommeil dans un coin de l’enclos et que l’on fera sans doute discrètement disparaître quand leur état de santé s’aggravera. Il y a toujours des camions qui débarquent des caisses entières d’animaux vivants à l’abri des regards. Et la loi ?

Ah ! La loi ! Voilà bien des années que les associations de défense animale dénoncent ce trafic.
En Belgique, dans le cadre de l’application de la loi du 11 mai 2007, la vente de chats et de chiens en animalerie est interdite depuis le 1er janvier 2009. Toutefois, les animaleries peuvent continuer  vendre des chiens et des chats en tant qu’éleveur et en se conformant à de nouvelles règles.

 

Photos @DolFLOrca /@Dauphins_libres 2019

Si les choses ont un peu changé en Wallonie tout récemment – avec un permis de détention accordé à tous mais rétractable en cas de maltraitance – il n’en est rien dans la capitale.
Et manifestement, le Gouvernement Bruxellois a d’autres soucis que de s’en prendre de front à un secteur économique qui marche le tonnerre ! Un magasin vendant des reptiles, tarentules et autres caméléons a même été subventionné par lui !
« La région bruxelloise -via son pôle de financement- est partenaire du projet sous la forme d’un prêt à hauteur de 60.000 mille euros. Soutenir la vente de reptiles à des particuliers? Serge Vilain, patron de finance.brussels n’y voit pas d’inconvénient: « Dès le moment où on respecte tous ces critères, il n’y a pas de raison de refuser un commerce qui est légal. On s’implante dans un quartier très populaire, le quartier nord, un quartier très souvent déserté des activités économiques, c’est intéressant pour nous ».

Et pour les reptiles ? Est-ce intéressant ?
Mais nous ouvrons là un autre dossier…

Varan géant laissé dans un refuge

Une mangouste à Bruxelles


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