Deux bélugas canadiens bientôt déportés en Espagne 

Les bélugas du Marineland du Canada s’entassent dans des piscines surpeuplées

Deux bélugas canadiens bientôt déportés en Espagne

Deux bélugas canadiens détenus au Marineland de l’Ontario seront bientôt déportés en Espagne.
Cinq autres partiront des mêmes bassins vers les États-Unis, alors qu’une nouvelle loi fédérale menace d’interdire bientôt les exportations de mammifère marin.

L’agence Pêches et Océans Canada a annoncé qu’elle venait d’autoriser le Marineland de l’Ontario de déplacer deux bélugas depuis ses installations de Niagara Falls vers celles de l’Oceanografic à Valence, en Espagne.
L’Aquarium de Vancouver affirme qu’il est le propriétaire légal des deux mammifères marins pris en charge par le Marineland et qu’il exploite désormais le parc espagnol où ils seront transférés.

« Ces deux bélugas nés en captivité recevront des soins exceptionnels à l’Oceanografic, où ils rejoindront un petit groupe social de baleines blanches déjà pris en charge », a déclaré le Vancouver Aquarium, ajoutant que cet accord ne coûterait rien au delphinarium espagnol.
Les deux nouveaux venus canadiens devront donc composer avec les détenus du lieu depuis des décennies, Kairo, Yulka et Kylu. un vieux couple de bélugas russes et leur jeune enfant.

Le Marineland Canada a également demandé le transfert de cinq autres de ses nombreux bélugas vers les États-Unis, mais ni l’Agence des Pêcheries ni le Marineland ne divulgueront leur destination aux États-Unis si les permis étaient approuvés.
« Notre comité sur le bien-être des mammifères marins, qui comprend des experts indépendants accrédités, a récemment recommandé à Marineland Canada de reloger certains de nos bélugas pour accueillir les nouveaux-nés de 2019 et de 2020« , a déclaré Marineland dans un communiqué.
« Des déménagements aux États-Unis sont en cours pour veiller à ce que nos bélugas reçoivent les meilleurs soins possibles ».
On peut supposer bon droit que les destinataires sont le Georgia Aquarium, le Shedd Aquarium et Sea World, désespérément la recherche de sang neuf pour leur vieux cheptel décimé.

Souhaitons que les choses se passent mieux pour ces bélugas déportés que pour Nanuq.
Alors âgé de 31 ou 32 ans, Nanuq avait été prêté par le Vancouver Aquarium pour relancer la reproduction au SeaWorld d’Orlando. Il se retrouva avec trois autres bélugas et mourut d’une fracture de la mâchoire suite au violent bizutage dont il fit l’objet.

Ces mesures interviennent alors qu’un nouveau projet de loi interdisant la captivité des cétacés est sur le point d’être voté : sa troisième lecture à la Chambre des communes doit être débattue la semaine prochaine.
« Notre gouvernement est d’accord pour mettre fin à la capture de cétacés dans le seul but de les exhiber au public », a déclaré Jocelyn Lubczuk, porte-parole du Ministère de la Pêche, Jonathan Wilkinson.

Le projet de loi interdit les importations et les exportations de mammifères marins, à l’exception toutefois de raisons liées à la recherche scientifique ou « s’il en va de l’intérêt » de l’animal, limitant ainsi le commerce des mammifères marins.
Cela modifiera également le Code pénal, en créant de nouvelles infractions de cruauté envers les animaux liées à la captivité des cétacés. La loi interdira également la reproduction en bassin.
Le projet de loi comprend une clause de droits acquis pour les animaux déjà présents dans des installations au Canada et permet la recherche légitime, ainsi que le sauvetage des animaux en détresse.

Le Marineland du Canada et l’Aquarium de Vancouver ont évidemment assuré que le projet de loi anti-captivité n’avait rien à voir avec leur décision de déplacer les bélugas.
« La décision de les déplacer a été prise dans leur meilleur intérêt, pas à cause de la politique », a déclaré l’Aquarium de Vancouver.

En 2017, le Conseil des parcs et loisirs de Vancouver a adopté un amendement à un règlement interdisant aux cétacés d’être amenés ou conservés dans les parcs de la ville après la mort de deux bélugas détenus à l’aquarium. L’aquarium, situé dans le parc Stanley, a annoncé l’année dernière son intention de supprimer progressivement ce type d’attractions, une promesse facile à tenir puis qu’il ne lui reste qu’une survivante, la delphine Helen.

« Nous ne pensons pas que l’adoption du projet de loi aura une incidence sur la capacité du Marineland Canada de faire ce qui est juste pour nos bélugas dans les années à venir » a déclaré de son côté Marineland, toujours arrogant.
Marineland, qui compte plus de 50 bélugas, a d’ores et déjà contesté l’interdiction de se livrer à la reproduction.
Dans une lettre au ministre des Pêches, le parc d’attractions a déclaré qu’il serait obligé de contrevenir au Code criminel quand le projet de loi entrerait en vigueur, car plusieurs de ses bélugas femelles sont enceintes et qu’elles devraient accoucher cet été après l’entrée en vigueur du projet de loi.

«Il n’existe pas de médicament de contrôle des naissances facile ou totalement efficace pour le béluga», osait écrire le Marineland en mars. « Afin de contrôler la reproduction par le projet de loi S-203, les groupes de familles sociales existants doivent être séparés. »
Ce qui est évidemment faux, les delphinariums jouant sur la reproduction de leurs détenus comme des musiciens sur leur flûte, grâce à une multitude de techniques contraceptives. Mais le mensonge est le fondement même de l’industrie de la captivité et la naissance en captivité leur dernier espoir de poursuivre leurs activités esclavagistes.


 

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