Fredi et les globicéphales du SeaWorld d’Orlando



Fredi , la femelle globicéphale d’Orlando, est morte

Fredi et les globicéphales du SeaWorld d’Orlando

La mort de Fredi et celle, sans doute très prochaine, des autres globicéphales du SeaWorld d’Orlando, nous met devant un dilemme éthique :  faut-il vraiment sauver les globicéphales qui s’échouent ?
On sait que cette espèce a pour coutume de se suicider en groupe, pour accompagner l’un de ses mourants le plus cher. Leur société même se fonde sur une solidarité absolue entre les membres d’un même clan, qui se poursuit au-delà de la mort. C’est un choix culturel  loin d’être partagé par tous les cétacés, mais c’est le leur et nous devons le respecter.

Dès lors, fallait-il vraiment sauver Fredi ?
Pour lui donner quel genre de « nouvelle vie » ? Une piscine minuscule et vide, des étrangers pour co-détenus et jusqu’en 2017, des shows débiles et bruyants à heures fixes ?

Fredi est décédée

Le SeaWorld Orlando vient d’annoncer que la femelle globicéphale NOAA 301, connue sous le nom de Fredi, est décédée ce samedi des suites d’une longue maladie.
Le lendemain, une porte-parole a déclaré à la presse que Fredi manquait d’appétit et qu’elle suivait un traitement antimicrobien agressif.

Fredi faisait partie d’un échouage massif de 23 globicéphales survenu en 2011 près de Cudjoe Key en Floride.
13 de ces grands cétacés étaient déjà morts à l’arrivée des secours. 8 autres globicéphales, y compris Fredi, ont d’abord été soignés sur place après l’incident. Deux d’entre eux ont remis dans l’océan.
Fredi, elle, n’a pas pu être relâchée en raison de son jeune âge. Elle a donc été transférée au SeaWorld d’Orlando.

«Le globicéphale NOAA 301 avait des problèmes de santé persistants depuis son sauvetage», écrit SeaWorld sur son blog. «Grâce à un examen physique approfondi , les vétérinaires ont découvert que 301 souffrait d’une infection. Malgré nos meilleurs soins, sa santé et sa qualité de vie ont continué à se détériorer brutalement« .

« Fredi ne répondait plus au traitement », ajoute SeaWorld dans sa langue de bois coutumière.
« Elle avait passé les huit dernières années à SeaWorld avec un groupe d’autres globicéphales sauvés des eaux, elle a reçu des soins de calibre mondial et a donc bénéficié d’une deuxième chance qu’elle n’aurait pas eue autrement. Fredi a également fourni à l’équipe de secours des connaissances précieuses sur la manière de réagir pour les animaux échoués.
Elle a inspiré des millions d’invités et son équipe de soins, et elle nous manquera énormément« .

SeaWorld ne croit pas que l’infection de Fredi était contagieuse. Mais il surveille le reste du « pod », c’est à dire les malheureux qui entouraient Fredi, les deux femelles Piper et Ava et le jeune mâle Ace. Seules Piper et Ava se sont échouées ensemble.
SeaWorld rappelle enfin que l’équipe de SeaWorld avait passé deux mois dans les Keys pour participer aux efforts de sauvetage en 2011 aux côtés d’autres organisations de secours.

Fredi the Pilot Whale

Many of you have been asking about Fredi, the beloved matriarch of our pilot whale pod. We are happy to say she’s shown some signs of improvement over the past few days, but she still has a long way to go and continues to receive 24/7 care from our Animal Care and Veterinarian teams. Check out the story of how Fredi came to join the SeaWorld family and form her own pod! #ParkToPlanet

Posted by SeaWorld on Friday, February 16, 2018


Fredi est le deuxième cétacé qui meurt cette année au SeaWorld d’Orlando.
Kayla, une orque âgée de 30 ans, est décédée en janvier pour une cause inconnue.

SeaWorld fait l’objet d’une surveillance accrue de la part des défenseurs des animaux ces dernières années, en partie à cause de la diffusion du documentaire «Blackfish» en 2013. Les taux de fréquentation de SeaWorld sont pourtant repartis à la hausse depuis 2018, rebondissant après des années de baisse des ventes de billets.
En 2018, SeaWorld a payé 5 millions de dollars d’amende pour régler une transaction S.E.C. La plainte alléguait que l’entreprise de divertissement avait induit ses actionnaires en erreur quant à l’impact réel de « Blackfish » sur son résultat net.

Faut-il sauver les globicéphales qui s’échouent ?

SeaWorld peut nous raconter tout ce qu’il veut sur les étranges microbes responsables de la mort de Fredi, mais les globicéphales sont aussi des êtres de pensée et de culture.  
Échouée avec les 23 membres de son groupe en 2011, Fredi s’est retrouvé complètement seule.

A vrai dire, sa vie aurait du s’achever à ce moment-là, car pour des êtres vivant dans une communauté aussi puissamment liés que celle des globicéphales, la vie n’a pas de sens hors du clan.
Fredi avait sans doute choisi de mourir à tout le moins d’accompagner sa mère.
Et cela reste un choix, comme nous le prouve de nombreux échouages. Souvent, les globicéphales qu’on a sauvé reviennent et se jettent une seconde fois sur la plage. Mais il en est aussi qui décident de survivre et qui reprennent le large, question de caractère sans doute, ou de conviction. On suppose qu’ils rejoignent d’autres communautés, car les globicéphales sont des gens accueillants et paisibles.

Mourir sous le soleil sur le sable brûlant est certes une mort horrible.
Comme le souligne Lori Marino dans un bel article :
« Bien que les membres de notre propre espèce peuvent parfois prendre, comme les dauphins, la décision de mourir ensemble, il existe peu de sociétés humaines qui partageraient la tendance au suicide collectif des cétacés.
Les autopsies menées sur les corps des delphinidés morts en groupe révèlent souvent qu’un seul membre du groupe était malade, et tous les autres en bonne santé.
En août 2015, en la Nouvelle-Écosse, 14 globicéphales se sont échoués, dont un seul membre est en mauvaise santé. L’explication donnée à cette situation est que les baleines pilotes auraient mal évalué les marées et se seraient laissé piégées. Sommes-nous vraiment en mesure de croire que cette espèce, équipé de ce qui est probablement le système sensoriel le plus sophistiqué de la planète, puisse se tromper aussi grossièrement ? »

Mais SeaWorld ne lit pas les écrits du Dr Lori Marino.
Pour l’entreprise, ce jeune cétacé sauvage livré gratuitement par la mer était surtout une aubaine commerciale.
Alors, oui, l’entreprise soigne, euthanasie, évacue et parfois même remet à l’eau des adultes sans les garder. C’est excellent pour son image de marque.
Mais il se réserve aussi une petite part du gâteau….

Avril 2017

Fin de shows pour les globis !

Les quatre globicéphales de SeaWorld Orlando ont une nouvelle « maison » dans le stade Shamu, où les clients pourront bientôt les voir.
SeaWorld a déplacé ses baleines pilotes vendredi depuis le stade Dolphin, où elles avaient participé au spectacle Blue Horizons pendant des années mais qui a récemment pris fin. Le Shamu Stadium leur offrira davantage d’espace, a déclaré la porte-parole de SeaWorld, Aimée Jeansonne-Becka.

Trois de ces globis – Ava, Ace et Piper – faisaient partie d’un échouage massif dans le sud de la Floride en 2012.
Fredi a été « sauvé » après avoir s’être échoué dans les Keys de Floride en 2011. La NOAA a jugé les baleines non réhabilitables. Elles ont beaucoup grossi depuis leur arrivée à Sea World.

Les globicéphales seront désormais séparés des orques et ne participeront plus à leurs nouveaux shows pédagogiques (et pour cause, globis et orques nageant rarement côte à côte !).
Une fois que les baleines pilotes seront acclimatées à leur nouvel environnement, les visiteurs devraient pouvoir les regarder à partir de la zone d’observation sous-marine.
Un « ambassadeur de l’éducation » (naguère appelé « dresseur ») racontera leur histoire. Il n’y a pas de plans immédiats pour les faire participer à de nouveaux shows.

Les shows ont été remplacés par de sinistres « Dine with Shamu » pédagogiques.

Un globicéphale s’échoue au SeaWorld d’Orlando

 

Globicéphales en captivité : l’histoire d’Argo

Suicide et échouage : le choix de la mort chez les dauphins


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