Globicéphales en captivité : l’histoire d’Argo

Globicéphales en captivité : l’histoire d’Argo

Les globicéphales supportent mal la captivité : l’histoire d’Argo et de ses compagnons nous le prouve.
Après Bubbles et Sully, c’est au tour de Shadow de quitter la scène en septembre 2018.
Tous les globicéphales du SeaWorld de San Diego meurent un à un dans l’indifférence générale.

Il ne reste plus aujourd’hui qu’une seule « baleine pilote » à San Diego, la dernière arrivée  : le malheureux Argo, dont voici l’histoire.

 

« Ce lundi 19 mars 2012, SeaWorld San Diego a souhaité la bienvenue à un jeune globicéphale mâle âgé de 10 ans. Pesant plus de 540 kilos et mesurant quelque trois mètres cinquante, Argo est arrivé à l’aéroport californien à 5 heures du matin, dans un avion de transport FedEx. Dès 7h 30, le cétacé se trouvait déjà dans un bassin de Sea World », selon les déclarations du porte-parole de cette entreprise, David Koontz.

Toujours selon le porte-parole du parc marin, Argo fut découvert échoué sur une plage, non loin de la ville de Kamogawa, Japon, en janvier 2004. Les garde-côte japonais avaient alors tenté de remettre le globicéphale en mer mais celui-ci n’avait de cesse que de se ré-échouer.
Face à une telle obstination, l’animal fut amené au Sea World de Kamogawa, lequel, malgré son nom, n’appartient pas à la chaîne de delphinariums américaine. L’animal y fut soigné durant plusieurs années et déclaré inapte à retrouver jamais la vie sauvage. C’est pourquoi le parc marin japonais a demandé à son homologue de San Diego de bien vouloir prendre soin d’Argo sur le long terme, de sorte qu’il puisse être en contact avec d’autres globicéphales.

David Koontz a encore précisé :
« Argo va avoir l’occasion de vivre avec des animaux de son espèce, ce qui est extrêmement bénéfique pour lui puisque les « baleines pilotes » vivent en groupes ».

L’arrivée d’Argo

Argo découvre son nouveau « logis »

Les dresseurs espèrent présenter Argo aux autres globicéphales dans les prochains jours, mais ils doivent d’abord être sûr que l’animal est prêt. Les globicéphales actuellement présents au Sea World San Diego sont les femelles Bubbles, 49 ans et Shadow,32 ans, ainsi que le mâle Sully, dont l’âge est estimé entre 3 et 5 ans ».

Globicéphale esclave à Sea World San Diego

Sea World San Diego : le show des globicéphales

Voilà ce que dit la bonne presse, car c’est une belle histoire qu’on aimerait pouvoir croire.
Or donc, un globicéphale se serait opportunément échoué devant les portes même du sinistre SeaWorld de Kamogawa, Japon.
N’écoutant que leur bon coeur, les gentils gardes-côtes firent tout leur possible pour le remettre en mer et lui rendre la liberté mais, hélas, hélas, ce cher Argo – puisque c’est le nom que l’on donna à ce cétacé – s’obstinait à revenir s’échouer sans fin.
On emmena donc le pauvre animal dans le bassin du Sea World local, bien connu pour les soins jaloux qu’il prodigue à ses pensionnaires. Sans doute notre ami Argo manifestait-il déjà les premiers signes d’une agonie annoncée du fait de sa solitude qui durait de plus de huit ans, mais l’histoire veut que le Kamogawa Sea World finit par demander alors à son grand cousin américain de bien vouloir le prendre en charge.

Cette touchante attention enrichit donc aujourd’hui le parc d’attractions californien d’un nouvel esclave de dix ans, promis à une vie courte, sinistre et confinée.
Et sans doute conflictuelle, puisque le petit mâle Sully va devoir s’accommoder de la présence d’un nouvel adulte de poids, qui ne lui laissera que peu de chances de s’approcher des femelles et le rossera d’importance, dans l’ambiance tendue qui règne en bassin.

Les globicépahles sautent-ils de cette manière en liberté ?

 

Quant aux aimables mensonges que nous distillent M. Koontz, il ne faut pas être bien malin pour les percer à jour.
Argo a très certainement été capturé lors d’une pêche (sanglante ?) et son transfert aux USA n’est autre qu’une commande en bonne et due forme, avant qu’effectivement, il ne crève de solitude au Japon.
Trop jeune pour se reproduire, le petit Sully ne fait pas l’affaire. On manque manifestement d’un bon reproducteur aux gènes tout neufs, issu de l’océan. Sea World néglige aussi de rappeler que de nombreux globicéphales ont déjà goûté au bonheur d’être accueilli dans ses bassins de Californie. Plus de 20 d’entre eux y ont trouvé la mort.

Et l’un des tout premiers, une femelle capturée en 1964 y noya même son propre enfant sous l’oeil indifférent du vétérinaire de l’époque qui déclara froidement : « Il n’est pas rare que les cétacés captifs tuent leur progéniture en bassin ». 
On peut comprendre…

En 2012, 4 globicéphales étaient détenus au Sea World de San Diego :
Bubbles III, femelle capturée le 6 septembre 1966 ,
– Shadow
,  femelle capturée le 10 décembre 1982,
– Sully, mâle « sauvé » le 16 juillet 2009,
– Argo, mâle « sauvé » en 2004 au Sea World San Diego.

En septembre 2018, il ne reste qu’Argo…

9 Lives, also known as Shadow or "Niner", has died at SeaWorld San Diego. The female pilot whale passed away…

Posted by Ceta Base on Friday, September 14, 2018

En 2012, il y avait aussi :
Fredi, femelle sauvée le 06 mai 2011 et soufrant d’une scoliose (Sea World Orlando)

300, encore une femelle échouée expéditivement jugée non-réhabilitable sauvée le 6 mai 2011 et expédiée pour exécuter des numéros de cirque au Sea World d’Orlando.

Alice, femelle capturée en 2008 et Jaime, capturé en 2009 dans les eaux sanglantes de Taiji et détenus jusqu’à la mort au Huangzhou Polar Ocean World (Chine).

« No name », une autre victime des chasses au rabattage japonaise, enfermée au  GuanZhou Ocean World (Chine)

Yuki, capturée elle aussi dans une mer sanglante et désormais détenue seule au Marine World Uminonakamichi (Japon).
On admirera la grandeur des bassins et leur proximité, sans doute très palsiante pour les cétacés, avec l’océan libre !

– Un autre individu sans nom, capturé, et détenu seul également dans les geôles cauchemardesques du Taiji Museum Whale (Japon)

Notez que curieusement, la solitude de ces globicéphales ne semble pas poser de problème de conscience aux Japonais.
Sans doute ces exemplaires n’intéresseaient-ils pas Sea World USA… 

Gonta et Shizuka, enfin, deux rescapées de Taiji, au Hakkejima Sea Paradise (Japon), qui ne ressemble guère au paradis.

 


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