Haruka, le malheureux dauphin aux quatre nageoires

 

Haruka, le malheureux dauphin aux quatre nageoires

Haruka, le malheureux dauphin aux quatre nageoires

Haruka le dauphin aux quatre nageoires a été capturé à Taiji le 25 octobre 2006, parmi un groupe de 118 dauphins.
Le 11 avril 2006, le Musée de la Baleine à Taiji annonçait la découverte « majeure » d’un dauphin Tursiops âgé de 13 à 18 ans.
On lui avait donné le surnom de « Haruka » et prévu de l’accueillir à des fins de recherche et de reproduction. On pensait que ses membres supplémentaires prouvaient l’existence des membres postérieurs dans l’évolution des cétacés.

En 2009, Haruka est placé dans le même bassin que la femelle Sakura pour la reproduction.
Mais Haruka ne devint jamais père.
Le 4 avril 2013, Harula mourait suite à la « présence de sang dans les urines, d’une perte d’appétit et d’une fluctuation de sa température corporelle ». Ses restes ont été préservés pour étude.

Haruka fut bien le seul dauphin japonais qui eut jamais l’honneur de la presse francophone.
Il avait deux nageoires pectorales en trop et ça, c’était « insolite » ! Lisons ce qu’on en disait en novembre 2006 :
« Des chercheurs japonais ont capturé un grand dauphin à quatre nageoires, une curiosité anatomique qui pourrait être une résurgence des pattes arrières des ancêtres des mammifères marins. En plus de la paire de nageoires avant, le dauphin pêché fin octobre au large de Wakayama possède une petite paire de petites nageoires arrière, situées près de la queue, inhabituelle chez les grands dauphins (Tursiops truncatus).


Selon le directeur du Musée des Cétacés de Taiji, qui a présenté le dauphin à la presse, des anomalies ont parfois été observées chez les dauphins mais c’est la première fois que l’on peut voir une paire de nageoires symétriques à l’arrière.
L’étude des fossiles a montré que les dauphins et les baleines ont un ancêtre commun avec l’hippopotame qui marchait sur terre il y a 50 millions d’années. Ce mammifère a pris goût à la vie aquatique il y a quelque 35 millions d’années et a progressivement perdu ses pattes arrière. Cependant, encore aujourd’hui, des membres se forment puis se rétractent au cours du développement embryonnaire des dauphins.
Le dauphin aux quatre nageoires est hébergé au musée de Taiji pour être étudié. Des tests ADN seront menés pour trouver la mutation qui a permis cette étonnante résurgence ».

Admirons la rhétorique de ce communiqué de presse, reproduit à l’identique dans TOUS les médias de l’époque, en ce compris par des revues scientifiques telle que Sciences et Avenir.

Ce dauphin a été capturé par des chercheurs ?
Pas vraiment.
C’est au cours d’une pêche au rabattage particulièrement sanglante que ce malheureux a été arraché aux siens. En 2006, en effet, un total de 1.624 cétacés furent capturés à Wakayama (Taiji). 1.499 furent tués pour la boucherie et 118 furent épargnés pour l’industrie de la captivité.

Ce dauphin a été hébergé au musée de Taiji ?
Le terme « hébergé » convient assez mal à l’accueil que l’on réserve aux mammifères marins du Musée de la Baleine à Taiji.
C’est là qu’on trouve les plus petits bassins du monde, c’est là que des dressages brutaux sont imposés aux détenus, avant qu’on ne les revende à d’autres delphinariums dans le monde entier.

Nul doute que notre Haruka ait avant tout été un objet de spectacles et de profits, bien plus que d’études scientifiques, qui semblent d’ailleurs n’avoir jamais été publiées.
Mais même ainsi, même sous l’aiguillon de l’appât du gain, les gestionnaires du Taiji Whale Museum n’ont pourtant pas été capables de le maintenir en vie plus de 7 ans.
Après avoir tenté de survivre au désespoir et au confinement, après avoir été contraint d’exécuter des tours stupides et nourri, juste assez peu que pour l’obliger à obéir, de poissons morts infects bourrés de tranquillisants, Haruka a lâché prise et s’est éteint en avril 2013.

Quoiqu’il en soit, et bien plus sans doute que d’obscures révélations sur la résurgence de pattes chez le dauphin, la mort de ce malheureux nous enseigne deux choses :
Il apparaît tout à fait normal à la plupart des gens qu’une personne non-humaine soit arrachée à sa famille et à son milieu de vie aux seules fins de « servir la science ».
La reproduction du même communiqué dans tous les médias est inquiétante.
Soit les journalistes de la grande presse francophone sont des paresseux et des incapables, incapables de mener une enquête au-delà des dépêches d’agence qu’ils reçoivent, soit ce sont des pleutres assujettis à une consigne stricte : Surtout ne pas dire de mal du Japon, notre si cher allié économique et stratégique en Asie !
Dans les deux cas de figure, c’est une honte pour la profession.

Rappelons à cet égard qu’AUCUN article de presse ou reportage filmé n’a JAMAIS été publié en français à propos des tueries sauvages et des captures commises à Taiji durant la saison 2012-2013.
Vous avez bien lu : aucun.
Et vous pourrez chercher longtemps : aucun média n’annoncera non plus l’annonce de la mort du dauphin Haruka. Car cela nuirait cette fois à l’image de nos delphinariums nationaux, tous membres de l’IMATA et quelque peu ensanglantés par les excès de leurs collègues nippons.

La mère se noie, l’enfant regarde

Repose en paix, petit Haruka.
Bien d’autres dauphins de ton espèce mourront, hélas, avant que les gouvernements ne se décident à mettre fin aux massacres immondes commis par le Japon sur les gens de ton espèce. Et bien du temps passera sans doute avant que la presse n’ait enfin le courage de dire la vérité, tant sur ces boucheries annuelles que sur l’Industrie de la Captivité qui les financent.


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