Hussein l’éléphant mâle: un déménagement funèbre

Le quartier des mâles : Hussein n’y viendra jamais.

Un déménagement quelque peu funèbre

Le Zoo d’Anvers annonçait à qui voulait l’entendre que ses chers éléphants captifs allaient bientôt disposer d’un enclos comme personne n’en avait jamais vu !
Il était temps. L’enclos minuscule, sans eau ni sable, entouré d’épaisses clôtures électrifiées et flanqué d’un temple égyptien vétuste où les captifs se trouvaient enchaînés sur la paille une bonne partie de l’année, se situait en effet largement en dessous des normes acceptables.
Un rapport de la Fondation Born Free avait d’ailleurs dénoncé la situation déplorable de nombre d’animaux captifs dans l’enceinte du même zoo, tandis que le comportement apathique, voire stéréotypique, des pachydermes entassés dans ce mouchoir de poche commençait à susciter le malaise, même au sein du public le plus mal informé.

Anvers 2011. Photo YG

De vastes travaux d’aménagement furent donc entrepris à Planckendael, qui furent inaugurés en ce début juillet, à grands renforts de pages Facebook, de club des amis de Kaai Mook et autres gesticulations médiatiques.
Mais il s’agissait aussi de donner à cette opération son doux vernis scientifique : on insista donc sur le fait très contestable – que les zoos avaient pour vocation de préserver les espèces en voie de disparition et que celui d’Anvers allait se lancer dans un vaste projet de reproduction in situ de l’éléphant d’Asie.

A cet effet, Hussein, un mâle capturé en Inde dans le Nagarhole National Park, devait rejoindre les cinq femelles dans leur nouveau paradis de Planckendael et même les y précéder, un espace lui ayant d’ores et déjà été spécialement réservé à l’écart de ces dames.
Pas de chance ! L’éléphant reproducteur en provenance du parc animalier Hagenbeck de Hambourg, mourut juste avant son départ.

Adieu Hussein. Tu aurais du rester en Inde…

Le malheureux, frappé par une détresse respiratoire aigue au moment de monter dans le camion, s’est effondré à l’âge de  40 ans.
C’est que le transport traumatise tous les animaux captifs, dauphins, éléphants et grands singes en tête…  En moyenne, rappelons-le, l’espérance de vie d’un éléphant varie entre 50 et 70 ans.
Lors des 25 années qu’il avait passé à Hambourg- nous n’entrerons pas dans le détail de ses premières années de bagne ni de sa capture dans une réserve protégée ! – Hussein avait tout de même réussi l’exploit d’engendrer pas moins de quatorze éléphanteaux dont 10 sont encore en vie.

La Société royale de Zoologie d’Anvers a déclaré qu’elle considérait son décès comme un «important revers pour le programme d’élevage dans les parcs animaliers d’éléphants asiatiques».
Un fâcheux contretemps, en effet.

Kanvar

Exit donc Hussein.
Chang l’a déjà remplacé puis ce sera le tour de Kanvar, l’un des prochains « amoureux  » de Kai-Mook, quand Chang sera devenu trop vieux pour se reproduire. C’est ainsi que les zoos traitent les éléphants : comme des bestiaux. Sans tenir aucun compte de leurs relations personnelles. Les mâles n’y sont que des machines à sperme.

Alex, le père de Ka-Mook n’a fait qu’un bref passage au zoo d’Anvers, dans des conditions de sécurité extrême. Photo YG


Chang : l’éléphant étalon de Planckendael