Islande-Italie : le grand voyage d’une petite famille d’orques



Les 4 orques islandaises arrivent à Gènes, en Italie.
Les 4 orques islandaises arrivent à Gènes, en Italie.

Islande-Italie :
Le grand voyage d’une petite famille d’orques

De l’Islande à l’Italie, le grand voyage d’une petite famille d’orques n’avait jamais été observé jusqu’ici.
Repérées près de la péninsule de Snæfellsnes, en Islande, entre 2014 et 2017, les quatre cétacés sont arrivées à Gênes, en Italie au terme d’un étonnant périple. C’est la première fois que des orques islandaises migrent en Italie et c’est aussi la première fois, de mémoire d’homme, que des orques parcourent l’une des plus longues routes migratoires jamais enregistrées au monde avec plus de 5.200 km.
Mais pourquoi ? Et de quoi est mort le bébé de SN114 ?

SN113, SN114, SN115 et SN116

Les orques, quatre en tout, le mâle, la femelle, un bébé et un juvénile, ont été repérés pour la première fois par un pêcheur qui les a immortalisés dans une vidéo. Bien que des observations d’orques aient pu être faites de la Sardaigne à la Sicile en passant par l’île de Capraia, il n’est jamais arrivé qu’elle pénètrent dans un port italien !
Au terme d’un voyage estimé à 22 jours, qui les a mené début novembre au large des côtes de Carthagène, en Espagne, après avoir traversé le  détroit de Gibraltar. les majestueux cétacés ont choisi le port de Voltri pour leur première escale.

L’hypothèse étaient d’abord que les orques étaient venues pour chasser du poisson.
«C’est un événement très exceptionnel » explique Sabina Airoldi, directrice scientifique de l’Institut Tethys, principal centre de recherche sur les cétacés en Italie. « En Méditerranée, les observations de ces grands cétacés sont extrêmement rares et même s’il existe un groupe de 30 à 40 individus souvent aperçus, la plupart viennent de l’Atlantique en passant par Gibraltar.
Les orques qui nous arrivent sont loin d’être des « baleines tueuses », car elles appartiennent à un écotype qui mange du poisson et non des mammifères marins. Sans doute ont-elles trouvé à Gênes une abondance de mulets et de dorades, attestée par les pêcheurs locaux ».

Pendant trois jours, les orques n’ont pas quitté Voltri.
D’abord, les gardes côtiers et portuaires se sont approchés d’elles pour les photographier  et essayer de faire en sorte qu’elles ne soient pas  dérangées. Les ont suivi le lendemain matin toute une armada de bateaux pnematiques chargés de chercheurs, de whale-watchers, de journalistes et de vétérinaires.


Au fil des heures, cependant, l’inquiétude s’installe.

Comme l’ont observé certains chercheurs de Tethys, les orques semblent continuer à nager d’avant en arrière dans un très petit espace marin d’un peu plus de 100 mètres. « Il s’agit d’un comportement anormal qui pourrait indiquer que quelque chose ne va pas », explique l’association, précisant que d’autres analyses seraient nécessaires pour comprendre ce qui se passe. « Normalement, si les quatre orques présentes à Gênes étaient venues pour chasser, elles ne resteraient pas bloquée sur un si petit territoire. Il se pourrait que l’un des membres du groupe soit malade, mais c’est difficile à dire : avec le vent fort et les vagues, on ne peut pas trop s’approcher et c’est difficile de comprendre l’état de santé des animaux dans ces circonstances ».

Au sein du petit groupe qui ne semblait pas vouloir quitter le port de Voltri, le bébé semblait particulièrement en mauvaise forme.
« Alors que nous avons vu les orques émerger plusieurs fois avec leur grande nageoire noire, nous avons peu vu la sienne ces dernières heures. Nos plongeurs ont pu receullir quelques données à partir desquelles nous allons essayer de comprendre ce qui ne va pas ».

Le bébé de SN14 était mort et c’est pourquoi les orques restaient sur place, pour permettre à la mère de faire son travail deuil.
Ce bébé était le second qu’elle perdait depuis 2016. 

SN114 et son premier enfant, né en 2016 en Islande

Les bébés de SN114

« Nous avons revu les images que nous avons prises d’un « veau » dans le groupe en juillet 2017, et nous pouvons confirmer qu’il ne s’agit PAS du même que celui dont SN114 poussait le cadavre.
Comme il est difficile de comparer les nageoires et les selles avec des veaux plus jeunes (la nageoire peut changer de forme d’une année à l’autre et la selle est toujours très, très sombre), nous avons principalement comparé les patchs oculaires (marques blanches au-dessus des yeux sur la tête), car ils sont tout aussi reconnaissables dans leur forme.
Grâce à de bonnes images de Menkab: il respiro del mare / Artescienza / l’Université de Gênes, en particulier de Samuele Würtz, nous avons pu confirmer que les veaux sont différents et qu’effectivement le SN114 a dû perdre deux enfants à très court intervalle.
Si le  premier est né, comme nous le supposons, né en 2016, cela lui laissait une période de 3 ans jusqu’à la naissance du suivant, ce qui est possible.
La coloration des deux veaux était également très différente (la coloration orange des taches blanches est présente principalement la première année après la naissance, en Islande jusqu’à deux ans). Le veau porté par SN114 avait encore une très forte coloration, ce qui indique qu’il était très jeune.
Il s’agit également d’un taux de mortalité de veaux très élevé, auquel nous ne sommes pas habitués ici dans l’ouest de l’Islande (du moins pas d’après ce que nous pouvons observer). Ce sont là des nouvelles très tristes! »

Orca Guardians Iceland 19 décembre

Une petite famille d'orques dans un port italien ! Du jamais vu !
Une petite famille d’orques dans un port italien ! Du jamais vu !

Les quatre épaulards, nommées SN113, SN114, SN115 et SN116, ont été identifiés pour la première fois en juin 2014 par des chercheurs de l’organisation Orca Guardians Iceland. Ceux-ci n’avait commencé à dresser le catalogue des orques de Snæfellsnes qu’en janvier de la même année. Le groupe est revenu l’année suivante et six observations successives ont été enregistrées. Nouveau retour en 2016.
« Dans l’ouest de l’Islande, il est connu pas que la composition des groupes d’orques reste stable au fil des ans et que les mêmes groupes sont vus dans la même région à peu près au même moment de l’année », explique Orca Guardians Iceland.
En 2017, le petit clan s’est à nouveau sur les côtes islandaises accompagné d’un nouveau-né.

Et ce n’est que deux ans plus tard que nous les retrouvons dans le port de Gênes, en Italie.
La santé des orques, qui semblent avoir perdu du poids depuis leur première observation dans le port de Gênes, suscite des inquiétudes. Le veau vu en 2017 est décédé en arrivant à Gênes et sa mère a poussé devant elle son corps sans vie pendant 5 jours.

Le 20 décembre 2019, la petite famille d’orques islandaises quitte les lieux.
On l’aperçoit près de Portofino, en Italie.
Au lieu de continuer vers le sud-ouest le long de la côte depuis Vado Ligure, les orques ont inversé leur direction et ont déjà parcouru 65 km à l’est. Il est probable qu’elle sse nourrissent en chemin, compte tenu de la distance parcourue.

(A suivre) 

Sempre video dei Vigili del Fuoco di Milano, direzione Lombardia. Giungono segnalazioni, così sembra, anche da Porto Venere, verso cui le orche avrebbero proseguito oggi #orcheagenova #orcheaVoltri #orca #Orcinusorca #Tethys

Posted by Tethys Research Institute on Friday, December 20, 2019

 

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