La corrida en France

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Corrida à Fréjus

 La Corrida en France

Dans la Rome antique, c’étaient les combats à mort des gladiateurs et autres jeux du cirque qui enthousiasmaient les foules. Aujourd’hui, faute de grives humaines, on se rabat sur les merles taurins, mais le business est le même et sans doute le plaisir pour ces milliers de psychopathes avides de voir le sang couler.

Les chasses au cirque à Rome

La première chasse au cirque (venatio) remonte aux jeux organisés en 186 ACN.
C’étaient de véritables chasses aux fauves : tigres, panthères, lions affamés sortaient des caves pour être mis à mort par le bestiarius après un « jeu » qui peut nous faire penser aux corridas.

Ou bien, excités les uns contre les autres, ces animaux s’entretuaient à qui mieux mieux.
Le bestiaire combattait sans armure, vêtu seulement d’une tunique courte, les jambes nues parfois couvertes de bandages. C’est par centaines et même par milliers que les bêtes sauvages étaient massacrées au cours de ces manifestations : 5.000 lors de l’inauguration de l’amphithéâtre de Titus, 11.000 à l’occasion des victoires de Trajan en Dacie !

«A Rome, les exécutions publiques faisaient également partie des jeux du cirque.
Les condamnés étaient jetés « ad bestias » ou mis à mort de façon atroce. Parmi les mises en scène les plus appréciées qui accompagnaient les exécutions, figuraient des spectacles qui finissaient par le meurtre ou le massacre et la mort du protagoniste.

Ainsi, la reproduction, au réel, de la scène de Mucius Scaevola en présence de Porsenna : un héroïque Mucius, impassible, se laissait brûler le bras sous les yeux admiratifs des spectateurs remplis de sympathie. En réalité, il ne pouvait faire autrement sous peine d’être brûlé vif dans une cape de poix.
D’autres finissaient sur la croix après maintes atrocités. C’est ainsi aussi que les premiers chrétiens furent amenés dans l’arène pour y « combattre » des fauves. Cet abominable engouement des Romains pour les jeux du cirque nous fait horreur. Ces spectacles de violence et de sang déchaînaient les pires instincts et la foule, excitée par sa soif de crimes autant que par son esprit de compétition, donc de volonté d’écraser l’autre, devenait incontrôlable ».

(Extrait de Rome, cité des jeux )

« La corrida est un spectacle magnifique » pour Ségolène Royal

« Nous voyons la souffrance dans le détail explicite des piques des fers qui pénètrent la chair :
Blessures profondes, dont on à peine à imaginer la profondeur tant que l’on n’a pas vu ressortir la lame ensanglantée, qui cherche immédiatement, dans le geste du picador, à atteindre les muscles du cou, pour empêcher le taureau d’être un adversaire durablement redoutable, en continuant à garder la tête relevée.
Les hommes à cheval ou à pied fourragent dans la chair vivante. Les banderilles sont plantées. Le poignard fouille le crâne plusieurs fois. Et le fauve prétendu, la bête décrite jusqu’à plus soif comme l’allégorie même du danger, subissant cela, apparaît épuisée, très vite et se déplace peu et presque lentement.

Une image : le taureau ne veut plus, non pas lutter, ce qui, normalement, implique un minimum de chance pour chacun, mais avoir encore à se déplacer pour souffrir. Il tombe. Mais il faut du spectacle, de la chose – choséité du sang – à montrer : alors les hommes le tirent par la queue pour le forcer à se relever pour souffrir encore, bel aveu, s’il en était besoin, de l’état de faiblesse dans lequel il est alors : belle preuve involontaire de la stupidité de l’annonce de sa sauvagerie conservée, qui nous ramène, en un flash-back mental, aux premières images du film où les taureaux attendent paisiblement dans leur corral.

Une autre image, qui déploie alors son double questionnement : pourquoi cette agonie, qui sont ces gens assis sur les gradins qui y assistent, qui en nourrissent leur esprit, en exacerbent peut-être un champ émotionnel par ailleurs vide ?
Le taureau souffle du sang, il bave des caillots et ses genoux fléchissent lentement : alors la foule, en rythme, frappe dans ses mains, à chaque centimètre qui rapproche l’animal du sol. L’accompagnement est régulier, il y a comme quelque chose où il faut inscrire sa participation, son acte de spectateur, une joie monotone mais sans faille de pitié.

Cette minute est effrayante : l’agonie s’y déroule dans la douleur et cette douleur récupérée, assimilée presque de manière incantatoire par ces gens, est vécue comme voulue, désirée (au sens de la concupiscence et non du souhait), en somme hissée au rang de «valeur». Décivilisant le spectateur, la mort du taureau lui octroie ce que la société lui interdit de plus en plus en direct, par le biais d’une réflexion éthique et d’une législation renforcée : la contemplation de la mort d’un autre animal que lui-même ( rappelons au passage qu’il n’y a guère qu’un peu plus d’un demi-siècle que fut décidé que les exécutions des condamnés à mort d’alors se dérouleraient à l’écart du regard du peuple et ceci pour des raisons morales).

En ce sens, on trouve, clairement explicitée, une lecture lucide du phénomène de fascination du spectateur de la corrida chez l’une des précieuses cautions intellectuelles dont se réclament certains aficionados, Hemingway : «Tuer d’une façon qui procure plaisir esthétique et fierté a toujours été une des plus grandes jouissances de toute une partie de la race humaine.».

Nous aimerions que les mairies de Fréjus, Lunel, Mont de Marsan et autres villes françaises mal inspirées nous expliquent en quoi les corridas qu’elles organisent aujourd’hui sur leur territoire diffèrent des jeux cruels de l’Antiquité, en quoi elles diffèrent des exécutions de condamnés sur la place publique, qui remportèrent de tous temps un vibrant succès de foule.

Nous aimerions qu’elles nous expliquent – et avec elles, ces journalistes assoiffés de sang d’une presse complaisante – comment un être humain normalement constitué, aimant ses enfants et sa famille et doté d’un minimum de sens moral, peut prendre plaisir au spectacle immonde de tortionnaires vêtus d’or et assassinant, avec un sadisme rare acclamé par une foule d’abrutis avinés, de malheureux animaux captifs au fond d’une arène close et surchauffée, sans le moindre espace de fuite ?

Quelles sensations étranges et malsaines peut-on donc tirer du spectacle de ce sang qui jaillit, de ces chevaux qu’on éventre, de ces bons et braves bovidés pourtant dotés comme nous de sensibilité, d’émotions, d’intelligence que l’on exécute des heures durant ?

Les gens qui se pourlèchent de telles souffrances sanguinaires ne sont-ils pas des gens psychiquement malades, qui devraient d’urgence se faire examiner par un psychiatre ? Car on le sait : entre le fait de torturer un animal et celui de faire du mal à un humain, il n’y a qu’une marge très faible.

L’absence totale de compassion envers la souffrance de l’Autre, qu’il soit humain ou non-humain, constitue la marque de fabrique même des autistes et des tueurs en série.

En un mot, les Aficionados qui ne « voient » pas la souffrance du taureau, qui n’arrivent pas à se mettre à sa place ou à ressentir les signaux de souffrance intense et de désespoir qu’il nous envoie, ne sont-ils pas des individus dangereux pour notre société ?

Marc Dutroux ne voyait pas non plus la souffrance des enfants qu’il torturait…


Archives

21 septembre 2012

La corrida jugée conforme à la constitution française

Le Conseil constitutionnel vient de juger compatible avec la loi française que des sadiques impuissants satisfassent en toute impunité leurs désirs sanglants  sur des « objets » symboliques, à savoir les taureaux.
Une République malade tient forcément à s’acquérir les faveurs d’une poignée de citoyens malades.
Tuons les loups, assassinons les ours, torturons les bovidés, autorisons la chasse en toute saison et la pêche intensive. Pervers et tueurs font de bons électeurs.
Par ailleurs, comme le disait au Figaro le Ministre Manuel Valls à propos de la corrida :
« C’est quelque chose que j’aime, ça fait partie de la culture de ma famille. C’est une culture qu’il faut aussi préserver », ajoutant « Dans un pays en crise, avec des Français qui doutent de leur identité, tout ne peut pas se ressembler, on a besoin de ces racines, ne les arrachons pas. »

Bien.
Revenons donc aux VRAIES racines, pas celles importées par ces petits travailleurs au noir espagnols tout fauchés, mais aux saines traditions franco-françaises garanties Gaule Profonde !
Le supplice de la roue, le bûcher, l’écartèlement sont à ce titre autrement mieux classés au palmarès de l’authenticité historique que les « courses de taureau ».
En outre, mieux que la corrida, ce furent aussi de magnifiques spectacles, qui drainaient des foules immenses et faisaient tourner le petit commerce. « Au Moyen-âge, ces tortures publiques avaient valeur de divertissement et devaient satisfaire l’assemblée avide de sensations fortes. La qualité du spectacle résidait dans la résistance du supplicié à une peine longue et douloureuse ».
Alors M. Valls, soyez cohérent !
S’il faut que les français cessent de douter de leur identité, s’il faut qu’ils retrouvent leurs vraies racines, soyez logique : supprimez la corrida et réinstaurez la guillotine !
Lire : sadisme sur des animaux

« Nous venons d’apprendre que le Ministère français de la Culture avait inscrit la corrida au «patrimoine immatériel de la France».
La France devient donc aujourd’hui la honte du monde civilisé, le premier pays, à reconnaître la corrida comme faisant partie d’un «patrimoine immatériel».
C’est la première étape pour que la France propose à l’Unesco de faire la même chose au niveau mondial. Tout cela est très grave. Cela va permettre à la corrida de recevoir d’importantes subventions de la part de l’Etat, ce qui n’était pas le cas pour l’instant, les communes, les départements et les régions versant déjà des millions d’euros de subventions pour ce spectacle barbare (….). »

Rappelons innocemment que la Belgique a réussi à faire inscrire au même titre ses très sympathiques « Gilles de Binche »
A-t-on songé à y faire figurer la tenderie  ou les combats de coq ?
Heureusement, non. Nous autres Belges, sommes un peuple civilisé. Ici, c’est un peu comme si on rétablissait l’exécution publique par guillotine comme « patrimoine culturel » du peuple français ! ou la chaise électrique comme patrimoine culturel Américain.


Mexique : la vengeance du taureau