La Hongrie ouvre son « premier » delphinarium à Budapest

Les requins, c’est chouette mais à part tourner en rond, ils ne font pas grand chose et les gens s’ennuient vite. Tandis que les dauphins…

La Hongrie ouvre son « premier » delphinarium à Budapest

« La Hongrie ouvre son premier delphinarium à Budapest » titre fièrement la presse d’Etat qui n’a pas assez de mots pour s’enchanter d’une telle nouvelle en ce premier décembre printanier.
« Le zoo marin d’Europe centrale, le Tropicarium, a été créé en 2000. Il attire aujourd’hui quelque 460.000 visiteurs par an.
Rien d’étonnant qu’il soit la quatrième institution la plus visitée en Hongrie. Le zoo propose une présentation des espèces de poissons hongrois, ansi que des animaux issus de la forêt tropicale humide et des habitants des profondeurs des mers. Vaste de près de 3000 mètres carrés, le Tropicarium offre à ses visiteurs un aperçu du magnifique monde marin et tropical ».

Le jour de son inauguration, près d’un million de personnes ont parcouru ce zoo unique en son genre et leur nombre ne cesse d’augmenter depuis. Fait intéressant, 35 à 40% des visiteurs ne parlent pas le hongrois.
Mais le succès d’un zoo réside dans l’amélioration constante de ses exhibitions et dans l’organisation de programmes passionnants  pour enfants et adultes. Les visiteurs arrivant au Tropicarum découvrent ces magnifiques animaux dans huit salles différentes. Le principal spectacle du zoo est l’aquarium de requins avec sept espèces de requins.

Et ce n’est pas assez pour un zoo moderne !
Thomas Farkasdi, le directeur du Tropicarium, vient donc d’annoncer qu’il avait de nouveaux projets pour améliorer encore l’un des meilleurs zoos hongrois.
Tropicarium est aujourd’hui en contact avec le plus grand delphinarium d’Europe (Antibes ? Valences ?) ainsi qu’avec le parc marin SeaWorld à Orlando. Thomas Farkasdi a pour objectif de créer pour la première fois Budapest l’unique delphinarium de Hongrie !

Selon lui, le succès du projet est assuré car le secteur du divertissement en Hongrie a sérieusement besoin d’un nouveau spectacle.
Et si quelques personnes s’opposent à ce projet, le directeur estime qu’elles ne prennent pas en compte le fait que tous les dauphins des delphinariums sont nés en captivité. (Ce qui est évidemment faux. Ils constituent plus ou moins 70% de la population)  
Par conséquent, il n’est pas avantageux de les remettre dans l’océan car ils n’ont pas  les compétences nécessaires pour y survivre hanter et ils mourraient dans un court laps de temps.
Il est interdit d’importer un dauphin sauvage en Europe. Mais quelques 272 animaux vivent actuellement dans des delphinariums européens et le delphinarium hongrois aimerait élever leurs enfants.

Noël au Tropicarium

L’objectif du Tropicarium est d’établir le plus beau et le plus moderne delphinarium d’Europe à Budapest. Le réalisateur estime que ce nouveau spectacle serait l’attraction touristique la plus célèbre de la Hongrie, donnant l’occasion de voir de rares spectacles de dauphins dans notre pays. Il a également souligné que seul le Tropicarium disposait des connaissances nécessaires pour garder correctement ces animaux marins en captivité, pour établir des contacts avec d’autres établissements à l’étranger et donc pour établir le premier delphinarium de Hongrie.

Adapté de l’article du Daily News Hungary

L’entrée du Tropicarium

Le « premier » delphinarium hongrois ?

Ce que ce journaliste oublie de dire, c’est qu’il ne s’agit pas là du premier delphinarium hongrois. 
Il y en eut un autre, que tout le monde préfère oublier.

En 1992, cinq anciens dauphins militaires de l’ex-Union Soviétique ont été amenés en Hongrie pour y être exhibés dans une piscine publique sur l’île Margit à Budapest. Cette piscine avait été construite par M. Jankowitsch, un homme d’affaires désireux d’exploiter ce nouveau créneau commercial.

Le 26 juillet 1992, les animaux ont été transportés par hélicoptère de la Yougoslavie à la frontière hongroise, sans le moindre papier CITES. Les dauphins ont ensuite été chargés dans des camions et transportés jusqu’à la piscine de Budapest. Un dauphin a été renvoyé dès son arrivée, officiellement pour cause de «maladie». En fait, il était déjà mort.
Il semble que ces dauphins provenaient du « Ziznj Mora« , le Centre ukrainien pour l’Education et la Science qui stockaient d’anciens dauphins militaires. Ils faisaient désormais partie d’un spectacle à Belgrade en Yougoslavie, qui possédait alors 14 dauphins.

Sur l’île Margit, la piscine des dauphins est encore visible

Très vite, un second dauphin est mort, malgré la supervision de M. Bliznyuk, le scientifique chargé de prendre soin des dauphins. Il n’avait pas survécu plus d’une semaine à Budapest.
Il ne restait donc que 3 dauphins, Igma, Bouble et Nana, gravement malades. Elles étaient devenues si apathiques qu’une seule d’entre elle, Igma, était encore capable d’exécuter un show basique deux fois par jour. Le spectacle consistait simplement à sauter à travers des cerceaux et à lancer un ballon de basket.

Bouble et Nana étaient atrocement maigres.

Leurs côtes étaient apparentes, le creux à l’arrière de la tête profond et leurs yeux fermés en permanence. Elles portaient des taches blanches sur leur peau, sans doute une infection fongique de type Candida.
Pendant trois semaines, les animaux ont été maintenus dans une piscine de 25 x 15 x 5 mètres, assorties de deux petits bassins d’isolement, pleine d’eau douce pratiquement sans chlore. Le système de filtration était inadéquat et l’eau était trouble et putride, chargée d’algues noires.
Les spectateurs, choqués, contactèrent des militants du bien-être animal. Ceux-ci ont fait appel à des vétérinaires indépendants pour examiner les cétacés.

La presse joua un rôle majeur en dénonçant largement les horribles conditions de détention des dauphins.
Les journaux ont également révélé que pour des raisons d’économie, ces dauphins de la Mer Noire étaient plongés dans un bassin d’eau douce, ce qui entraîne des troubles graves chez ces animaux marins.
Les trois dauphins survivants ont été confisqués peu de temps après ces révélations. En dépit des souffrances qu’ils avaient enduré, ils furent renvoyés  en Ukraine en octobre 1992.
L’Autorité nationale hongroise pour la conservation de la nature au sein du ministère de l’Environnement a déclaré par la suite qu’elle n’autoriserait plus les futurs spectacles de dauphins.

Cette tragédie fut le point de départ d’une longue campagne pour obtenir une interdiction sur le commerce des grands dauphins de la Mer Noire, un but qui a finalement été atteint en 2002.
Depuis lors, il n’était plus question d’ouvrir un delphinarium en Hongrie.

Vladimir Poutin et Viktor Orban – si fier !

Mais aujourd’hui, les choses ont bien changé.
La presse indépendante s’est tue. Vladimir Poutine est devenu le meilleur ami de Victor Orban, qui tient sa presse en laisse d’une poigne ferme. Et justement, Poutine a beaucoup  de dauphins à vendre. Des orques et des bélugas, même, pour qui peut se les offrir !
Sans doute est-ce pour cela que le directeur du Tropicarium s’évertue à nous faire croire que ses dauphins seront des jeunes nés captifs dans cette Europe dont la Hongrie aime à se servir mais qu’elle déteste si cordialement !

Russia’s President Vladimir Putin reaches to touch a dolphin on September 1, 2013 during his visit in oceanarium on Russky (Russian) island near the eastern city of Vladivostok.  AFP PHOTO/RIA-NOVOSTI/POOL/ALEXEI NIKOLSKY


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