La petite pharmacie du Marineland d’Antibes

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Ce dauphin du Marineland semble atteint d’une sorte de mycose, de type Candida albicans ou bien encore la maladie de Lobo. Photo K/A 2012

La petite pharmacie du Marineland d’Antibes

La petite pharmacie du Marineland d’Antibes sert d’abord à soigner les dauphins et les orques des innombrables maladies nosocomiales que leur confinement dans une fosse d’eau malsaine rend fréquentes.
Les morsures en râteau infligés par d’autres détenus, les mycoses, les toxémies fulgurantes, les pneumonies, les très rares bacilles pyocyaniques dont mourut l’orque Sharkane à Antibes, les torsions de l’intestins, les cancers de la prostate ne représentent qu’une infime partie de ces maux étranges qui ne frappent que les captifs.

Il y a les blessures de l’âme, aussi. Comment faire pour qu’un dauphin, né pour le grand large, ne devienne pas fou au fond d’une piscine ? Comment faire pour lui rendre sa bonne humeur ou calmer ses angoisses ? Là, encore, les remèdes des gentils soigneurs et des vétérinaires sont variés.

Et puis ça se reproduit, les dauphins ! Mais pas toujours au bon moment ni au rythme que l’on voudrait. Dans ce domaine, malheureusement, autant l’insémination artificielle des orques immatures a fait des bonds de géant, autant les moyens contraceptifs sont restés dans l’enfance. Après tout, les cétacés sont là pour faire des gosses et renouveler le cheptel des cirques aquatiques !

Les images qui suivent nous ont été transmises par R.M, un ex-soigneur de l’établissement antibois. Elles ont été prises aux alentours de 2012.
On peut imaginer qu’après les inondations d’octobre 2015, les orques restées dans une eau crasseuse chargée d’hydrocarbures ont du recevoir de nombreux autres soins.  Y compris psychiatriques.
Rappelons enfin que ces produits se retrouvent dans tous les delphinariums du monde, et non pas seulement dans les prisons aquatiques françaises. Les souffrances des captifs sont partout les mêmes.

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Le tableau d’instructions dans le local des dresseurs indique les produits suivants 

Serenin : un calmant aux vertus antidépressives.

Speciafoldine : Ce médicament contient de l’acide folique (vitamine B9), indispensable au métabolisme. La carence en acide folique est responsable de certaines formes d’anémies. Cette vitamine a également montré un intérêt, lorsqu’elle est prise avant et pendant le début de la grossesse, dans la prévention d’une anomalie grave du développement du système nerveux de l’embryon. Il est utilisé dans le traitement des carences en acide folique, avant et au cours de la grossesse pour prévenir une malformation rare (spina bifida) de l’enfant à naître chez les femmes prédisposées à ce risque.

Itraconazole : utilisé pour traiter les maladies fongiques qui attaquent l’évent puis les poumons avant de se répandre dans tout le corps. Chez les humains, on s’en sert aussi pour traiter les champigons sous les ongles des pieds.  Les infections fongiques sont fréquentes en bassin. Elles ont tué Terry et Skippy à Bruges.

Benerva : contient de la thiamine. Celle-ci est une vitamine du groupe B, appelée vitamine B1.
Le manque de vitamine B1 est provoqué par une diminution de l’apport alimentaire comme lors de certains régimes ou de mauvaise absorption au niveau de l’intestin. Il s’agit ici de compenser la perte de vitamines dans les poissons surgelés.
Dégradée par les bactéries, la thiamine peut tuer le dauphin lorsqu’elle est servie dans des poissons peu frais ou stockés dans de mauvaises conditions d’hygiène.

Amoxicilline – Indiquée pour le traitement oral des infections bactériennes suivantes :
– Infections respiratoire hautes, y compris infections de la sphère ORL : otite moyenne aiguë, sinusite aiguë et angine à streptocoques béta-hémolytiques du Groupe A.
– Infections respiratoires basses : exacerbation aiguë de bronchite chronique, pneumonie communautaire.
– Infections des voies urinaires basses : cystite.
– Prévention de l’endocardite.
– Eradication d’Helicobacter pylori : en association appropriée avec un autre anti-bactérien et un anti-ulcèreux adéquat chez des patients adultes atteints également d’ulcère gastro-duodénal à H. pylori.

Supradyne : Ce médicament est indiqué chez l’adulte pour prévenir ou traiter des troubles en rapport avec un régime alimentaire carencé ou déséquilibré. (Toujours le poisson surgelé…)

A ces drogues , il faut ajouter 

Le F10

Le F10 est le traitement que Joséphine a pris 3 fois par jour, tous les jours, pendant 2 ans.
Il s’agit d’un désinfectant clinique pour les tables d’opérations, mais ce produit a été administré par aérosol dans l’évent de la delphine, afin de «soigner ses poumons».
Il semble qu’elle en soit morte en 2011.

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Le Regumate

 La seringue sur le plateau contient du Régumate, un contraceptif utilisé pour les cochons. 
« Ce produit est si puissant qu’il risque même de rendre stérile une dresseuse humaine » explique  John Hargrove.
« Ce sont donc toujours des soigneurs masculins qui se chargent de l’utiliser. Nous mettions des gants, nous injections le Regumate dans le poisson et nous l’apportions à l’animal sur un plat spécial. Après quoi, tout devait être nettoyé à l’eau de Javel ».
Paradoxalement, le Regumate est également utilisé pour stimuler l’ovulation des orques et des dauphins avant une insémination artificielle. Mais ce n’est pas le seul médicament utilisé dans ce but.

Ce ne sont pas seulement les orques femelles qui sont soumises à cette invasion forcée. Une telle utilisation d’hormones artificielles pour aider à induire une grossesse, selon le document, a également été réalisée avec les dauphins à flancs blancs et les dauphins à gorge blanche de SeaWorld. Rappelons que Moana, le premier fils de Wikie, est né en France grâce à cette technique.

Il y a quelques années, Sea World a commandé une étude utilisant des méthodes invasives sur ses orques femelles afin de pouvoir manipuler leurs cycles de reproduction. L’objectif était d’augmenter le nombre de bébés en réduisant le temps entre les grossesses grâce à l’insémination artificielle et aux médicaments. Ces recherches ont été mises en pratique et ont permis de produire un nombre considérable de bébés, avec les profits attendus pour ce genre de naissances si mignonnes et rentables.

Sea World a fait de ses orques et de ses dauphins des usines à bébés en utilisant massivement de l’Altrenogest.
Cet analogue de la progestérone synthétique est couramment utilisé chez les chevaux et les porcs domestiques pour stimuler la production de jeunes.

Les preuves de ces interventions médicamenteuses invasive sur les orques femelles sont contenues dans un article scientifique présenté par Sea World comme un exemple de sa « contribution à la science des orques » !
Edité dans la revue scientifique Biology of Reproduction le 1er août 2004, l’article s’intitule : « Physiologie de la reproduction et mise au point d’une technologie d’insémination artificielle chez les épaulards (Orcinus orca) » .
« Ce projet, commence l’article, a été financé par Sea World Corporation et constitue une contribution technique de Sea World N° 2004-01-T. L’auteur principal est basé à Sea World San Antonio au Texas ».
Trois orques femelles des bassins de Sea World ont été utilisées dans cette étude, amenant à ce que les auteurs qualifient de « premières conceptions réussies, donnant lieu à une progéniture vivante, utilisant l’insémination artificielle chez toutes les espèces de cétacés ». 

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 Le tableau indique aussi le moment où les dauphins doivent prendre leurs médicaments

On voit par exemple que la delphine Lotty reçoit systématiquement du Valium 15 minutes avant les shows, à 17h45.
Soit au moins 10Mg tous les jours, puisqu’elle en reçoit aussi le matin.

Pas moins de six médicaments différents pour Lotty.
Lotty est la doyenne du bassin depuis la mort de Joséphine.
Capturée en Floride en 1983, elle a transité par le terrible Flamingo Park au Royaume Uni, avant de remonter vers le delphinarium de Kölmarden puis de s’échouer au Marineland d’Antibes en 2005. On peut comprendre qu’au terme de toutes ces épreuves et de ces séparations, elle ait grand besoin de calmants…

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Le Valium ou Benzodizepam produit des troubles de la mémoire et une dépendance forte lors d’un usage prolongé. 
Il détend les muscles et calme le patient.
Son usage a été formellement attesté au delphinarium de Nuremberg ainsi qu’à SeaWorld, car il rend orques et dauphins plus dociles et apaise les bagarres constantes qui éclatent entre détenus.

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Antibes : Les médicaments sont insérés dans le poisson dégelé

Ces deux derniers clichés avait été envoyé à Dauphins Libres via un autre contact intra-muros au début des années 2000.

 


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