La pseudorque suicidaire du Churaumi Aquarium

La pseudorque suicidaire du Churaumi Aquarium

La pseudorque suicidaire du Churaumi Aquarium

La pseudorque suicidaire du Churaumi Aquarium

Qui ne souvient de la pseudorque suicidaire du Churaumi Aquarium ?
En juillet 2010, la tentative de suicide de Kuru, une fausse orque captive au Churaumi Aquarium d’Okinawa, dans le sud-ouest du Japon, a pu être filmée par un touriste américain.

En plein spectacle, on voit  le grand cétacé noir collé à la vitre, face à son dresseur qui la contrôle de l’extérieur.
Tout à coup, Kuru tente un premier bond qui la suspend dans le vide sur le bord du bassin. Le dresseur s’éloigne en courant et lui fait signe de se calmer.
Alors, Kuru s’y reprend une deuxième fois, et cette fois, c’est la bonne : elle dépasse le rebord de verre et bascule de l’autre côté pour s’écraser lourdement sur le sol. Un cri d’horreur s’élève de la foule.

Tandis qu’une voix au micro tente d’apaiser le public, le personnel du delphinarium s’empresse autour du corps immobile de Kuru. Il la déplace sur une bâche et la soulève avec une grue pour la remettre à l’eau au plus vite.
Pendant ce temps, les dauphins du bassin ainsi que que l’autre pseudorque se pressent contre la vitre du bassin pour assister à ce terrible spectacle.

Ric O’Barry avait déclaré à l’époque qu’il ne voyait là que le spectacle d’un cétacé malade de stress.
« Le cadre de vie de cette fausse orque est si peu naturel qu’elle a bondi pour en sortir, en désespoir de cause. Elle voulait mettre fin à ses souffrances. A votre avis, pourquoi quelqu’un se jette-t-il du haut d’un immeuble ? »

Pas du tout, lui répondit Hideshi Teruya, qui gère le département des dauphins au Churaumi Aquarium.
« Elle jouait et puis elle a sauté hors du bassin par accident, c’est tout » assurait-il. Ajoutant que la pseudorque n’avait subi que de légères égratignures et des meurtrissures sur la tête et aux nageoires, mais que pour le reste, elle allait très bien.
Une fois qu’elle eut retrouvé ses amis dans le bassin, Kuru avait même fait montre d’un bon appétit quand on lui a servi son maquereau et son calmar préférés.
Certes, Hideshi Teruya a bien voulu reconnaître que des dauphins sautaient parfois hors du bassin et il a donc placé des tapis tout autour pour éviter qu’ils ne se blessent. Il a nié avec vigueur l’idée que la captivité pût être cruelle, insistant sur le fait que ses bassins n’étaient pas surpeuplés et respectaient les normes propres à l’aquarium.

Kuru, ce qui veut dire « noir » en dialecte d’Okinawa, avait été capturée aux alentours de 2004 dans les eaux locales.
Nous ignorons si elle vit encore aujourd’hui.
Un bébé pseudorque est né récemment, dont la mère ne porte pas le nom « Kuru » mais celui de Tigh.
Les delphinariums japonais ne communiquent que très rarement la liste de leurs détenus.
Et moins encore quand ils disparaissent…

La pseudorque Tigh et son bébé né en 2017

La pseudorque Tigh et son bébé né en 2017

Les dauphins sont des poissons

En revanche, nous pouvons avoir un aperçu direct sur quelques uns des cétacés vivants du Churaumi Aquarium.
Leurs photos illustrent l’Encyclopédie des poissons, publiée sur le site officiel.
On le sait, pour les Japonais, les cétacés sont toujours des poissons, ce qui permet de les pêcher comme tels.

En juin 2013, deux dauphins de cette espèce avait d’ailleurs été exhibés parmi les poissons dans le grand aquarium principal, la « mer de Kuroshio ». « C’est le moment pour l’aquarium d’Okinawa Churaumi de placer un dauphin dans ce bassin, Cela nous fournira un aperçu précieux du système écologique ». 

Ces deux dauphins tachetés, un mâle et une femelle, avaient été amenés récemment du Taiji Whale Museum à Wakayama. Un troisième dauphin devait les rejoindre un peu plus tard dès qu’il serait « prêt ».
« Les dauphins sont déjà les vedettes du spectacle à Ocean Expo, mais n’avions jamais eu l’occasion de les faire côtoyer des requins-baleines et d’autres poissons dans le bassin principal, qui fait la renommée de l’aquarium » s’enthousiasmait le sous-chef de l’équipe de pêche, Yoshiyuki Nakazato. « Nous voulons reproduire les systèmes écologiques naturels, tout en recherchant comment les poissons et les mammifères marins cohabitent ensemble. »

Sur la vidéo ci-dessous, on voit bien un poisson de l’espèce « dauphin Sténo », coincé entre une pseudorque et un grand dauphin pour quémander sa nourriture dans une feeding-pool, mais aucune des tachetés.

Fuji le dauphin à prothèse 

N’allez pas croire cependant que l’Okinawa Churaumi Aquarium n’aime pas ses dauphins !
Le 5 novembre 2014, il rendait même un vibrant hommage à sa bien aimée Fuji !
« Selon le personnel de l’aquarium Churaumi, Fuji, le premier dauphin au monde à recevoir une nageoire caudale prothétique, est décédé d’une maladie du foie à un âge estimé d’environ 45 ans.
Début octobre, les responsables de l’aquarium ont constaté une diminution de l’appétit de la delphine et une instabilité dans ses habitudes. Elle est morte le 1er novembre.
Fuji est arrivé à l’aquarium en 1976, après avoir été capturé à Ito, sur la côte est du Japon.
En 2002, une maladie inconnue a provoqué la pourriture de 75% de sa nageoire caudale. Sans la nageoire, un dauphin ne peut pas se déplacer, mais grâce à une nageoire caudale prothétique en caoutchouc conçue par les responsables de l’aquarium et fabriquée par Bridgestone Tire Companyu pour un coût de 95 000 $, Fuji a été à nouveau capable de nager et de plonger, et même de réapprendre à sauter. Fuji a donné naissance à trois enfants au Churaumi Aquarium, le dernier en 1995. L’aquarium prévoit de créer une exposition spéciale dédiée à sa mémoire »

Comme son homologue Winter qui a rendu célèbre le Clearwater Aquarium, Fiji ne portait l’appareil que vingt minutes par jour environ. Pas assez longtemps que pour être utile mais suffisamment que pour fournir à l’aquarium et au Japon tout entier, une image médiatique positive.
« Quelle hypocrisie ! » s’indignait alors Paul Watson, « c’est bien le même pays qui massacre et capture quelque 23. 000 dauphins chaque année dans le sud du Japon. Les meurtres ont lieu maintenant à Taiji et à Futo. Les dauphins sont harcelés, mutilés, poignardés, torturés, noyés, lapidés et cruellement frappés à coups de pied sur le sable brûlant par des pêcheurs japonais. Cela se passet avec le soutien total du gouvernement japonais et la complicité des médias et du peuple japonais ».

La mort d’un grand requin blanc

Mais le Churaumi Aquarium ne se soucie pas seulement du bien-être des cétacés.
Le 8 janvier 2016, un grand requin blanc est mort dans ses bassins trois jours jours à peine après sa capture .
Le jeune requin, long de 3,5 mètres, aurait pris accidentellement dans les filets d’un pêcheur au sud-ouest du Japon. La cause du décès a fait d’une autopsie mais chacun sait que maintenir un grand requin blanc en captivité est un exploit extrêmement difficile, car il doit nager constamment pour pour obtenir de l’oxygène et maintenir sa température corporelle.
Un chercheur attaché en aquarium, M. Keiichi Sato, a cependant déclaré que l’aquarium respectait les lois japonaises et internationales en agissant ainsi et que ses efforts contribuaient à l’éducation et à la science.

Sus aux baleines ! 

Même les baleines font l’objet de ses recherches scientifiques !
« Afin de mieux comprendre les cétacés dans les îles du Sud-Ouest, nous avons commencé à collecter des spécimens et à étudier les baleines qui ont été accidentellement capturées ou échouées.
Des études sont menées sur l’écologie de leur reproduction, ainsi que sur leur identification individuelle. Des recherches sur leur migration sont également menées afin de mieux comprendre l’état de leurs populations, en particulier celle des baleines à bosse qui migrent dans les eaux d’Okinawa mais aussi celle des dauphins de l’Indo-Pacifique qu’on trouve près d’Amami dans les Îles Oshima« .
Voilà certainement des recherches qui intéresseront les entreprises baleinières…


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