L’attaque du béluga au Marineland du Canada

L’attaque du béluga au Marineland du Canada

L’attaque du béluga au Marineland du Canada survenue en 2013 est sans doute exceptionnelle. Mais elle révèle l’état de détresse extrême des quelque 44 baleines blanches encore détenues dans les sombres piscines de ce sinistre établissement qui, année après année, et malgré la mort bienvenue de son fondateur John Holer, défie les foudres de la justice avec l’aimable complicité des autorités canadiennes.  


Le 8 août 2013, une dresseuse a été blessée au Marineland Ontario, Canada, lors d’un show avec deux bélugas.
La jeune femme a été transportée à l’hôpital après l’incident.
L’incident a été filmé et posté sur Youtube par un certain Tom Blake. La vidéo, qui dure 1 minute 45, nous montre que quelque chose ne tourne pas rond entre la dresseuse et le béluga avec lequel elle travaille.
Ensuite, au lieu de surgir à la verticale hors de l’eau et de remonter sur le bord du bassin comme son collègue vient de le faire, on voit la dresseuse s’extirper péniblement hors du bassin, pendant que le béluga reste collé près d’elle.

L’autre dresseur s’approche et la réconforte.
La femme semble blessée. Puis un troisième individu arrive et se penche sur la victime. Pendant ce temps, les autres bélugas restent très calmes et vont chercher leur bout de poisson.
« Un rapport qui nous est parvenu aujourd’hui confirme qu’une dresseuse a été blessé à Marineland. Une ambulance a été appelée au Niagara Falls Abusement Park en début de soirée » écrivait alors un blog anti-Marineland, aujourd’hui censuré, ajoutant : « Marineland n’a pas fait de commentaires à propos de l’accident. Pas un mot n’est dit sur l’identité du béluga impliqué dans cette affaire ».

Phil Demers, un ancien dresseur toujours poursuivi pour diffamations par le Marineland (en 2019 !), nous explique dit qu’il n’est pas évident de comprendre comment l’incident a pu se dérouler.
« J’ai deux explications : soit, la faute revient à l’inexpérience de la dresseuse. Elle a pu se cogner le genou contre la paroi, et cela fait très mal, je peux vous l’assurer ! L’autre scénario, ce serait que le béluga ait mordu réellement et se soit accroché à la jambe de la dresseuse. Je n’ai jamais vu ni connu un béluga faisant cela, mais ces cétacés ont des dents, ce n’est donc pas impossible. La raison pour laquelle je penche pour cette version est que cela apparaît dans la vidéo ».

A un moment donné, le béluga tient la cuisse ou le genou de Sydney dans sa gueule.
On peut aussi voir clairement que le second soigneur tente aussitôt d’attirer l’attention de sa collègue inexpérimentée avant le moment probable de l’impact contre le mur.
En outre, ajoute Demers, « le dresseur semble remarquer que quelque chose se passe. Il rappelle la baleine blanche sur le devant de la scène de manière plutôt frénétique. Cela me laisse penser que la femme a pu être mordue, mais je n’en suis pas certain. Ce que je sais, c’est qu’une ambulance a été appelée. Un témoin m’a appris que Sidney hurlait de douleur et que la blessure se situait au niveau du genou ».

Les bélugas sont de gentils cétacés avec une figure mystérieuse et ne sont pas spécialement connus pour être agressifs. Au contraire, ce sont les favoris des parcs marins à cause de leur beauté presque extraterrestre, et de leur docilité à l’égard des adultes et des enfants. « Durant les quelque trois années de recherches sur les cétacés en captivité menées dans le cadre de mon livre Death at Seaworld », déclare David Kirby, « je n’ai encore jamais entendu parler d’agression d’un béluga sur un humain ».

 

Phil Demers affirme pour sa part qu’il a subi et qu’il a même été témoin de nombreuses blessures infligés par des bélugas.
« Ce sont de grands animaux et il peuvent se débattre avec une force terrible, lorsqu’ils se trouvent dans une situation stressante ».
Il a été personnellement témoin de blessures telles que des fractures aux genoux, aux chevilles ou aux orteils. « Une dent a traversé ma lèvre quand un béluga m’a envoyé un coup de nageoire en plein visage comme un crochet du droit » dit-il. « J’ai également vu des bélugas mordre les mains des dresseurs pendant les procédures médicales forcées. Cela fait mal ! »

Si l’incident filmé est bien une agression, elle s’expliquerait par l’espace minuscule dans lequel les bélugas doivent vivre.
«Depuis toutes ces années que je travaille avec les bélugas, c’est la première fois que je vois que l’on confine 2 baleines blanche en solitaires, dans une petite piscine adjacente aux dauphins», poursuit Demers.
«Peut-être cela crée-t-il un stress supplémentaire pour ces 2 individus qui cohabitaient jusqu’alors avec un grand nombre de leurs semblables. Le fait de devoir exécuter cinq shows par jour a certainement contribué à rendre ces animaux nerveux, qui ne participent aux shows que depuis deux saisons ».

Quelle que soit la cause de l’accident, une chose est claire à Marineland: le spectacle ne s’arrête pas, même pour une blessure grave.
« C’est une triste chose que de voir le spectacle se poursuivre, malgré la blessure du dresseur », dit Jeffrey Ventre, un ancien employé du Seaworld Orlando. « Cela nous rappelle qu’il s’agit là d’un pur divertissement et nullement d’une séance de sensibilisation ».
Jeffrey a travaillé avec des bélugas durant trois ans et demi.
« Un jour, j’ai vu un béluga attraper la main et l’avant bras du dresseur puis le relâcher après une minute »

Jeffrey Ventre ajoute : « Pendant mon séjour à SeaWorld, nous étions sans cesse encouragés à garder le sourire tout en restant attentifs aux actes d’agressions possibles. Quand je vois cette vidéo, cela me rend triste. Je me dis que les dresseurs sont presque tout autant exploités que les animaux dont ils s’occupent. Finalement, on en arrive à ce que même les gentils bélugas, placés dans un environnement si peu naturel, finissent eux aussi par devenir agressifs ».

Alex Dorer, responsable du groupe anti-captivité Fins et fluke a récemment visité Marineland et participé à une manifestation. Il estime lui aussi que le stress de la captivité peut amener un béluga docile à des actes violents.
«Ces deux bélugas résident dans un petit bassin d’isolement à droite. Cela ne me surprend pas vraiment que l’un d’eux ait mordu son dresseur. Cet animal est sans doute extrêmement dépressif, et sans doute épuisé de vivre dans une piscine minuscule avec un autre énorme béluga. Ici, ils ne disposent pas d’assez d’espace à parcourir, ils ne peuvent pas aller où ils le voudraient, comme dans la nature ».

De manière générale, les êtres humains et les cétacés ne sont pas censés entrer en contact physique les uns avec les autres. Quand cela arrive, de mauvaises choses peuvent se passer et des gens sont envoyés dans des hôpitaux. Est-ce la captivité qui responsable des blessures de la jeune Sydney ?
A l’opinion publique d’en juger…

Traduit d’après l’article de David Kirby,
également supprimé
sous la menace de poursuites judiciaires.
On ne rigole pas avec cette prison aquatique !

 


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