Hvladimir, le béluga déserteur russe, refuse de quitter la Norvège

Joergen Ree Wiig tente d’atteindre le harnais attaché à un béluga avant que les pêcheurs norvégiens ne puissent l’enlever. (Joergen Ree Wiig / Direction norvégienne de l’unité de surveillance en mer des pêches / AP)

Hvladimir, le béluga déserteur russe, refuse de quitter la Norvège

Le béluga déserteur, baptisé Hvladimir, refuse de quitter la Norvège où il a cherché asile, après sa désertion supposée et mondialement médiatisée d’une unité militaire russe.
La meilleure solution pour lui serait qu’il soit déplacé en Islande dans le sanctuaire marin de Sea Life, en compagnie de Little White et Little Gray (toujours pas arrivées sur place).

Jorgen Ree Wiig, responsable de la Direction norvégienne de la pêche, a déclaré au Washington Post que le béluga «était la première chose que je vois par la fenêtre de mon navire quand je pars pour une surveillance matinale ». S’exprimant depuis la ville de Hammerfest, il a ajouté que le cétacé n’avait parcouru que 25 milles marins tout au long de la semaine dernière et semblait beaucoup apprécier la proximité avec les humains, ce qu’il a qualifié « d’étrange » de la part d’un béluga.
Contrairement au comportement normal des individus sauvages, le béluga laisse volontiers les résidents lui caresser le museau depuis plusieurs jours.

La semaine dernière, des pêcheurs norvégiens avaient aperçu la baleine blanche au comportement anomal, qui harcelait constamment leurs bateaux. Les pêcheurs ont ensuite repéré le harnais militaire qu’elle portait autour de la poitrine et du dos.
Il y était écrit : «Equipement Saint-Pétersbourg». Le harnais a été confié depuis à l’agence spéciale de sécurité de la police de Norvège.
Aucun détail sur le statut de cet équipement n’a jusqu’ici été révélé.

Le harnais était équipé pour recevoir une caméra Go-Pro. (Joergen Ree Wiig/Norwegian Direcorate of Fisheries Sea Surveillance Unit/AP)

Il semble que le harnais ait pu porter des armes ou des caméras, ce qui provoque de nouvelles spéculations sur le programme d’opérations spéciales avec des mammifères marins que la marine russe poursuivrait depuis des années. Bien que le ministère russe de la Défense ait nié l’existence d’un tel programme, ce même ministère a publié en 2016 une publicité sollicitant trois grands dauphins et une femelle, pour un total de 24 000 $.

Dans cette partie de l’Europe, personne ne serait surpris si la dernière découverte norvégienne se révèle être la conséquence d’une expérience militaire qui a mal tourné.
Forts de leur expérience dans la gestion des mammifères marins formés de manière militaire par rapport à leurs homologues américains, les responsables norvégiens se demandaient quoi faire avec le béluga.

Jorgen Ree Wiig a expliqué que l’une des options consistait à transporter l’animal – qui n’a pas encore reçu de nom – dans un sanctuaire en Islande, situé à environ 1 250 km de Hammerfest.
Cette proposition, a-t-il dit, pourrait augmenter les chances de «survie de la baleine blanche».

D’après un article du Washington Post

Béluga déserteur en Turquie 

Ce n’est pas le premier cas d’un béluga dressé par les Russes qui choisit la liberté.
Au milieu des années 90, Pierre Béland, chercheur en biologie marine à l’Institut national d’écotoxicologie du Saint-Laurent à Montréal,  avait été appelé par des représentants du gouvernement russe.
« Est-il normal qu’un béluga se trouve en Mer Noire » lui demandèrent-ils. « J’ai répondu : Non, pas du tout « , raconte le chercheur canadien. « Ces animaux vivent dans l’Arctique et ne se trouvent généralement pas dans des eaux plus chaudes ».

Pierre Béland s’est alors rendu en  Turquie, où il a pu voir le béluga de ses propres yeux, nageant au large de la côte nord du pays.
« Il était complètement apprivoisé. Il arrivait et on pouvait lui donner du poisson ou lui caresser la tête », se souvient-il. Il remarqua aussi  quelque chose de curieux: les dents de la baleine avaient été limées jusqu’à l’os.
« Il s’est avéré que le béluga venait d’une installation navale en Crimée », a déclaré Béland. « Nous supposons qu’ils avaient limé les dents pour qu’il puisse prendre un gros objet dans sa gueule, comme une mine magnétique à placer contre la coque d’un navire étranger à des fins militaires. »

Béland a appris plus tard qu’une tempête avait ouvert la clôture en filets de cette base navale, permettant ainsi au béluga de s’échapper. Mais les Russes l’ont retrouvé. Ils ont mis un navire à l’ancre dans les eaux internationales et quelqu’un, vraisemblablement le dresseur appointé du béluga, a pu rappeler la baleine blanche. Un an plus tard, le même béluga se refaisait la belle dans les mêmes eaux turques. A cette époque, il avait déjà un fan-club dans toute la Turquie ! Encore une fois, les Russes sont revenus et ont repris leur béluga militaire.
« Et on l’a plus jamais revue » termine Pierre Béland.

 


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