Le Jour du Dauphin Japonais 2011

Le Jour du Dauphin Japonais en 2011

Le 1er septembre prochain entre 13h30 et 16h00, à l’initiative de Ric O’Barry et dans le cadre de la Journée Mondiale du Dauphin Japonais, une importante manifestation se tiendra devant l’Ambassade du Japon afin d’informer le grand public des massacres de dauphins se déroulant dans la baie de Taiji entre septembre et mars. Cette action est organisée par Dauphins Libres. 

Chaque année, en effet, le long des côtes japonaises, une centaine de pêcheurs mettent à mort, de façon totalement barbare et indigne d’une nation civilisée, jusqu’à 23.000 petits cétacés, dont certains figurent sur la liste rouge des espèces en danger de l’’IUCN.

Ces dauphins sont poursuivis depuis le large et rabattus vers la côte à l’aide d’un mur de son créé par les pêcheurs frappant sur des tiges de métal plongées dans l’’eau. Terrifiés, assourdis, les cétacés sont regroupés dans les eaux peu profondes d’une petite baie que l’’on referme derrière eux.

Massacre de dauphins à Taiji

Massacre de dauphins à Taiji

LE MASSACRE

Au terme d’une nuit de terreur et d’appels désespérés, la boucherie commence.
Dans une mer rouge de sang et à labri des regards, les dauphins sont percés par des lances, des crochets, des couteaux. Ils sont égorgés, noyés lentement sous les filets et meurent au bout de longues minutes, voire davantage, au terme de souffrances inouïes.

Il nous est pénible ici de vous montrer une telle vidéo : mais regardez bien l’une des méthodes de mises à mort que les pêcheurs ont mis au point.
 « Les dauphins vivants sont maintenus dans l’eau puis poignardés à l’arrière de la tête avec une tige métallique. La plaie est ensuite refermée avec un bâton en bois pour éviter que le sang ne se répande et que l’eau ne se colore en rouge. Le but principal de cette méthode est de donner l’impression que les dauphins sont tués sans effusion de sang, et donc selon les normes humaines ».  
Ce n’est qu’au bout de 7 longues minutes d’une agonie atroce que le malheureux finit enfin par expirer.
7 minutes de suffocation dans un mer que le sang de ses semblables rougit déjà…
Quel être humain digne de ce nom pourrait commettre un tel crime ?

La chair de ces dauphins martyrisés sera pour sa part vendue aux supermarchés, aux restaurants, aux cantines scolaires ou à la boutique de souvenirs des delphinariums nippons, au prix nettement moins excitant de 600 dollars US pour un dauphin mort.

La viande de dauphin est pourtant hautement toxique et dangereuse à consommer, du fait que ce mammifère marin, placé au sommet de la chaîne alimentaire, accumule dans son corps une quantité importante de mercure et d’autres polluants, ainsi que des substances radioactives depuis le récent Tsunami.

Depuis des décennies, Ric O’Barry est le plus farouche opposant aux massacres de Taiji

LES CAPTURES

Au même moment, des dresseurs professionnels venus du Japon, mais aussi de Chine, de Singapour, d’Égypte, de Dubaï, des Emirats Arabes, des Philippines, de Thaïlande, du Vietnam, de Turquie, de l’Ukraine, de la République Dominicaine, du Mexique, ou de Corée du Sud et du Nord, sélectionnent alors les plus beaux spécimens, généralement les sub-adultes à la peau claire sans aucun défaut.

Les dresseurs délégués par leur delphinarium – et dont certains portent parfois fièrement le logo – les mesurent, les tâtent, les inspectent sous tous les angles.  Pour le prix qu’on paie, la marchandise se doit d’être de qualité !

Les bébés non encore sevrés arrachés à leur mère qui les appellent avec des cris déchirants, les trop vieux, les trop jeunes, les dauphins portant trop de cicatrices ou blessés, tous ceux qui ne conviennent pas aux acheteurs des delphinariums, sont laissés aux bons soins des tueurs ou rejetés à la mer.

On le voit, dresseurs et pêcheurs collaborent étroitement, dès le début  de la chasse. Les images filmées nous les montrent présents à chaque moment de la chasse. Les chiffres indiquent par ailleurs que les captures pour les delphinariums augmentent d’année en année ainsi que le prix de vente de l’esclave à la pièce.

Ces dauphins sont ensuite acheminés vers des enclos de dressage sommaire, jouxtant le sinistre Taiji Whale Museum.  On appelle cette phase la « désensibilisation » ou le « débourrage ».

Le dauphin apprend à obéir… ou bien il meurt de faim et d’épuisement, comme la petite Misty, dont le désespoir déchirant fit l’objet d’une campagne internationale en 2010.

Ceux qui survivent à ce traitement de choc seront expédiés au prix de 150 000 $US par tête, voire plus, selon l’espèce, vers la quarantaine de delphinariums japonais et vers d’autres cirques aquatiques internationaux.
Les dernières statistiques disponibles concernant les dauphins exportés par le Japon à partir de Taiji mais aussi d’autres baies, couvrent les années 2009-2011.
Elles révèlent que l
a Chine reste l’importateur principal avec ses 17 dauphins achetés en 3 ans (2009,  2010, 2011).
La République de Corée en a importé 17 et les Philippines 4 durant la même période.
La Thailande a importé 11 dauphins, l’Arabie Saoudite, 4.
L’Ukraine en a acquis 16, l’Egypte 4, la République de Géorgie 7, la Tunisie 5.

Ces chiffres n’incluent pas les 9 dauphins importés en janvier 2012 par la Chine et le Vietnam.

copyright LINCOLN O'BARRY

Ces dauphins flottent dans la piscine crasseuse pleine d’excréments d’un homme d’affaires, M.Wagby Saad, dans la ville de Hurghada, Egypte,dans l’attente d’être transférés vers un delphinarium. Photo LINCOLN O’BARRY

 

Dauphins exportés pour les delphinariums

Contrairement à ce que l’on entend dire trop souvent, ces massacres ne font pas partie du patrimoine culturel de ce pays.
Si la chasse à la baleine est bien attestée au Japon depuis près de 400 ans, elle avait complètement cessé à Taiji en 1878 suite à une tempête qui avait détruit la flotte locale.
Afin d’alimenter le marché de la viande de baleine en produits de substitution, une première chasse au rabattage eut lieu à Iki en 1979.
Des centaines de dauphins furent égorgés sur une plage spongieuse de sang.

L’année suivante, un autre massacre eut lieu, comprenant cette fois des pseudorques parmi les victimes.
La scène fut filmée par des caméras indiscrètes et enfin, l’information circula et fit scandale au niveau international.

Tout s’arrête jusque en 1987, date à laquelle le Marine World Africa (USA) passe à son tour commande de dauphins et de pseudorques.
Les prix offerts sont plus élevés et aussitôt, une nouvelle chasse est menée. Quatre-vingt dauphins sont hissés vers la plage. Quinze sont mis de côté pour le delphinarium américain, tandis qu’à quelque mètres, les autres agonisent sous le soleil en se vidant de leur sang, parfois écorchés vifs….

Depuis 87, la machine s’emballe à nouveau, sous l’impulsion des delphinariums.
De nouveaux massacres ont eu lieu à Ito, puis à Iki en 1993, à Futo en 1996, à Taiji en 1999 et ce ne sont là que les lieux connus. Les pêcheurs ont appris à se montrer discrets.

Les chasses au rabattage n’ont donc commencé à Taiji qu’en 1999 (les dates varient selon les sources) et il semble qu’il soit aujourd’hui l’un des derniers ports de mer où cette activité s’exerce.
Une première opération de captures et de massacres y avait été menée pour alimenter le Taiji Whale Museum en globicéphales captifs.
Actuellement, 8,5% seulement de la population de la ville sont employés par les pêcheries et à peine plus de 100 personnes dépendent de ces chasses pour leur subsistance ou pour les profits annexes qu’ils peuvent en tirer.
Les documents historiques et les données démographiques ne supportent donc pas l’affirmation selon laquelle Taiji serait une «ville baleinière» qui ne pourrait survivre sans chasse à la baleine ou aux petits cétacés ! (source Elsa Nature Conservancy/Japon)

Le peuple japonais et sa culture n’a rien à voir là-dedans.
Les responsables de ces tueries se réduisent à une poignée de pêcheurs sadiques et à un groupe très réduit d’hommes d’affaires qui jettent le discrédit sur leur pays tout entier.
Deux organisations locales se battent d’ailleurs avec vigueur pour mettre fin à ces horreurs, à savoir l’IKAN et Elsa Nature Conservancy.
Signalons aussi que tout récemment, l’île de Toshima a déclaré «citoyens d’honneur » tous les dauphins qui vivent heureux le long de ses côtes.

Dauphins au Taiji Whale Museum, juste après les premiers massacres...

A peine arrachés à la mer de sang, ces deux dauphins vont affronter le cauchemar de l’esclavage et de la peur constante.

Le soutien de l’industrie de la captivité internationale 

L’un des premiers responsables est Ted Hammond.
Vétérinaire et consultant américain pour les parcs d’attractions installé en Asie, il est le membre fondateur de l’
Association for Aquatic Animal Medicine.
Il a servi à de nombreuses reprises d’intermédiaire dans les ventes de dauphins de Taiji à de nombreux delphinariums dans le monde, en ce compris ceux de la Turquie, du Mexique, la République dominicaine et jusqu’à une date récente, SeaWorld au États-unis et deux établissements au Canada. Rien n’indique qu’il ait cessé à ce jour ses lucratives activités d’intermédiaire commercial.
Sans doute est-il associé avec M.
Hiromitsu Nambu, qui gère directement les exportations à partir de Taiji et n’hésite pas à déclarer :  « Les dauphins de Taiji sont populaires dans le monde entier, parce qu’ils sont malins et selon moi, qu’ils sont très mignons ! »

Par ailleurs, l’aide internationale qui a été versée au Japon pour lui venir en aide après le terrible tsunami qui a frappé ses côtes récemment, a été largement utilisée pour réparer les delphinariums endommagés et pour réarmer la flotte baleinière.
Mieux encore l’IMATA comme la WAZA ont lancé un appel à la solidarité pour aider les delphinariums japonais endommagés à se réapprovisionner en esclaves frais !  L’IMATA, comme la WAZA, sont deux associations internationales dont sont membres la plupart des delphinariums, y compris le Boudewijn SeaPark de Bruges.
Elle se sont contentés de publier une notule sur leur site web condamnant mollement la chasse au rabattage.

Mais pas question d’exclure la JAZA, leur si précieux partenaire japonais !
Ce texte avait d’ailleurs été rédigé initialement par un groupe de scientifiques parmi lesquels le Dr Lori Marino (voir ci-dessous). A aucun moment, la guilde des dresseurs n’a cru bon d’intervenir réellement pour empêcher ce massacre, bien au contraire,ainsi que nous le prouve cette vidéo.

A aucun moment, le Boudewijn Sea Park de Bruges, le Marineland d’Antibes, le Parc Astérix ou tout autre prison pour cétacés européenne ne se sont jamais donné la peine d’informer leurs visiteurs sur l’existence de ces massacres. Ce serait jeter l’opprobre sur une profession qui n’en a vraiment plus besoin, tant ses mains sont déjà rouges du sang des milliers de dauphins qu’elle a tué dans ses geôles depuis les années 50.

Une petite pause entre deux massacres…

Comment des êtres aussi intelligents, altruistes, conscients d’eux-mêmes, artistes dans l’âme, dotés de culture et
de langage peuvent-ils être pêchés, massacrés, mangés ou transformés en esclaves promis à une fin rapide ?


Interview du Dr Lori Marino

« Les responsables de WAZA ont donc pour tâche de contrôler l’industrie de la captivité et leurs collègues.
La WAZA (World Association for Zoos and Aquariums) a fait très peu dans ce domaine.
En réalité, le Taiji Whale Museum, qui se fournit en dauphins lors des pêches sanglantes annuelles à Taiji,Japon, est un membre parfaitement en règle de l’Association japonaise des Zoos et Aquariums (JAZA) et la JAZA est elle-même membre de la WAZA. Donc, la WAZA pourrait intervenir pour mettre fin à cette situation.

Une autre chose très importante à garder en mémoire aussi, c’est que la WAZA vous dira qu’elle fait de son mieux pour arrêter ces chasses au rabattage. En réalité, ce que cela signifie, c’est que si vous allez sur le site officiel de l’association, vous trouverez non sans peine, perdu parmi les pages, un lien qui vous mènera vers une pétition intitulée «Agissez pour les dauphins !»

Et de fait, ma collègue Diana Reiss et moi-même furent les auteurs d’origine de cette pétition contre les pêches sanglantes à Taiji. Nous en sommes les auteurs, nous avons récolté la plupart des signatures qui apparaissent à l’écran, etc. La seule chose que la WAZA a pris la peine de faire, c’est de reprendre ce lien sur leur site web. Ils parlent aussi du fait qu’ils ont envoyé une lettre au gouvernement japonais. La lettre est en ligne sur leur site, vous pouvez cliquer dessus , et vous verrez qu’elle se résume en tout et pour tout à six lignes de texte. Et il ne semble pas que ce site web ait été mis à jour depuis des années. C’est donc cela que l’Association des Zoos et Aquariums appelle «faire quelque chose » ?

Ceux-ci n'auront pas la chance de mourir à petit feu dans un bassin minuscule...

Pourquoi les défendre ? Nos cochons ne sont-ils pas exécutés de façon aussi cruelle en Occident ?

Sans doute, et c’est un argument souvent utilisé par les défenseurs de ce type de chasse. Même si la souffrance imposée aux animaux d’élevage durant toute leur vie et lors de leur exécution est un scandale en soi – mais néanmoins tempéré par des méthodes d’étourdissement plus ou moins efficaces, sauf dans le cas de la boucherie Kasher ou Hallal –  le massacre des dauphins et des baleines est mené avec une cruauté toute particulière.

En outre, il s’agit là d’animaux sauvages, nullement modifiés par des milliers d’années de domestication comme le sont ceux de nos abattoirs. Certaines de ces espèces sont en voie d’extinction. Mais plus encore, chaque groupe, chaque famille de cétacés massacrée constitue une société unique,  dotée d’une culture unique, composé d’individus portant un nom et parlant un langage.

Doté d’un cerveau plus complexe que le nôtre, le dauphin est un mammifère marin extraordinaire, qui a maintes fois sauvé des vies humaines. Amis des hommes durant l’Antiquité, ces créatures fascinantes vivent au sein d’un monde sonore, font preuve d’un comportement social harmonieux et complexe, mais aussi d’une grande sensibilité et d’altruisme. Leur intelligence est unique dans le monde animal, équivalente à celle de l’homme ou de l’éléphant. Ils disposent également d’un conscience de soi. C’est pourquoi les scientifiques demandent aujourd’hui que des droits légaux lui soient accordés.

Le Professeur Thomas White, auteur du livre « In Defense of Dolphins : The New Moral Frontier » a déclaré à leur propos : « La complexité intellectuelle, sociale et affective des cétacés atteint un niveau tel qu’il est impossible de ne pas les considérer comme d’authentiques « personnes », au sens juridique du terme. Chaque individu est différent d’un autre et chacun vit dans un contexte culturel et social qui lui est propre. A ce titre, dauphins, marsouins et baleines doivent être considérés désormais comme «non utilisables» par les humains. Il est, de ce fait, éthiquement indéfendable de tuer, blesser ou de garder ces êtres en captivité pour satisfaire nos besoins, qu’ils soient économiques ou alimentaires ».

Il faut donc exiger du gouvernement nippon qu’il mette fin à de telles horreurs mais aussi engager fermement tous les delphinariums à condamner ces massacres qu’ils encouragent par leur seule existence.

Cette tuerie sanglante des dauphins japonais constitue dès lors non seulement un véritable crime, mais aussi un «mensonge d’’état».
Le peuple japonais est en effet tenu dans l’ignorance de la barbarie de ces prétendues «pêches traditionnelles», désormais essentiellement justifiées par la demande des parcs marins.  Rappelons que l’admirable film The Cove de Ric O’Barry a été interdit de diffusion sur les grands écrans nippons !

La manifestation en faveur des dauphins japonais se tiendra entre 13H 30 à 16 h devant l’Ambassade du Japon à Bruxelles, Square de Meeûs 5-6, 1000 BRUXELLES.
Pour y accéder, descendre à la station de métro Trône, ligne 2-6 (Gare du Midi-Simonis) et marcher vers la Gare du Luxembourg.  L’Ambassade se trouve à mi-chemin.

Merci d’apporter quelques fleurs en hommage aux dauphins qui seront en train de mourir au moment où nous nous réunirons. Des tracts et des panneaux vous seront distribués. Mais vous pouvez amener les vôtres aussi, bien entendu, avec un slogan « soft » du genre :
« Peuple japonais, ayez pitié de vos dauphins ! »
« Le Japon serait un beau pays si on n’y massacrait pas les dauphins ! ».
« 23.0000 dauphins innocents vont mourir sous la hache. Les Japonais le savent-ils ? ».


Dauphins de haute mer juste capturés. Leur survie ne sera pas longue.

Elsa Conservancy

photo : http://www.dolphin-way.com/2012/04/diplomacy-and-tactlessness-among-wild-dolphins/


Taiji, le Grand Marché aux Dauphins Esclaves !