Turquie : le martyr des dauphins de Kas



Ada, Doga, West et Ada 1.
Ada, Doga, West et Ada 1, quatre dauphins Tursiops capturés non loin de là, montrent tous les signes d’un stress aigu et de l’épuisement physique. Ils sont séparés de la mer par un simple grillage, qu’ils tentent de forcer sans cesse à coups de rostre.

Turquie : le martyr des dauphins de Kas

En Turquie, le martyr des dauphins de Kas a fait quelques remous. Dénoncée par des touristes anglais, la situation dramatique de ces quatre dauphins a été prise en main par de courageux activistes turcs. Leur souffrance n’a pourtant rien d’exceptionnelle dans un pays désormais aussi peu soucieux des droits de l’homme que de ceux des animaux.

Elle risque même d’être pire encore en 2018, à l’heure où Recep Tayyip Erdoğan fait régner la terreur auprès des intellectuels turcs, des libre-penseurs, des ONG et des Kurdes. On peut craindre que sous un régime aussi cruellement rétrograde et brutal, les opposants aux delphinariums si lucratifs pour la Turquie n’aient intérêt à se montrer discrets. Et nos touristes à cesser de fréquenter ces lieux de mort et de désespoir.

En 2012, la combativité des activistes turcs fit pourtant merveille pour sauver de la mort les deux derniers dauphins du delphinarium de Kas.
Mais ils sont loin, hélas, d’être venus à bout des quelque dix delphinariums actuels qui enferment un nombre inconnu de dauphins venus d’on ne sait d’où et morts on ne sait quand sur tout le territoire de la Turquie.

Aucune information ne filtre en effet sur les détenus actuels de l’Adaland Dolphin Park, de l’Aqua Club Dolphin, du Dolphinland, de l’Antalya Dolphin Park, du Bodrum Dolphin Park, du Kas Kemer Dolphinarium, de l’Istanbul Dolphinarium, de l’Onmega Dolphin Therapy Center, du Sealanya Dolphinpark ou du Troy Aqua & Dolphinarium.
Mai la Russie est proche, les dauphins japonais ne sont pas chers et de temps à autre, quelques captures en mer Egée ou en Mer Noire viennent renforcer les rangs de ces mouroirs à ciel ouvert qui font honte à la Turquie.

Le « delphinarium » de Kas

Le martyr des dauphins de Kas

8 mars 2012

Les images nous montrent les conditions atroces dans lesquelles les dauphins sont détenus, non loin d’une station balnéaire très populaire auprès des vacanciers britanniques.
Confinés au Kas Dolphin Park, Turquie, depuis décembre 2011, leur bassin est minuscule, plus petit qu’un court de tennis.
Ils y avaient été amenés depuis le delphinarium de Bodrum-Güvercinlik, guère mieux aménagé pour accueillir des cétacés.

Un résident de Kas a déclaré:
«Nous sommes très inquiets pour leur santé. Les dommages causés aux dauphins par les grillages auxquels ils se heurtent pour s’échapper du bassin sont importants, causant des plaies ouvertes. Ces malheureux présentent en outre tous les signes d’une grave névrose. Nous voulions qu’un vétérinaire vienne inspecter les dauphins, mais les propriétaires nous ont refusé l’accès aux installations ».

Le propriétaire du Kas Dolphin Park ne dispose même pas de licence qui permette aux touristes de nager avec ces créatures intelligentes et sensibles, prétendant que les dauphins ne sont là qu’à titre temporaire.
Les militants locaux ont traîné la direction de ce delphinarium devant les tribunaux, mais le combat est difficile, car il existe au moins 10 exploitations touristiques du même genre en Turquie.

La responsabilité du maintien de ces structures aberrantes revient au premier chef aux touristes eux-mêmes, qui acceptent de payer pour nager avec des animaux malades, blessés, sinistrés, à moitié morts et qui plus est, arrachés à leur famille et à leurs amis nageant encore à quelques mètres d’eux…
Pire encore, certains de ces touristes imbéciles, certaines agences de voyage, se passent l’adresse pour y faire soigner leur enfant autiste ! Car cette prison infecte se pose en centre de delphinothérapie, ce qui en dit long sur une pratique aussi mensongère que criminelle.

Une pétition en ligne exigeant la fermeture immédiate de ces installations a été lancée par les activistes turcs et internationaux.


Ce dauphin de Kas porte des marques sur la tête qui indiquent qu’il a tenté de s’échapper de la cage exiguë et rouillée où lui et ses compagnons tournent sans fin, à quelques mètres de la liberté.

Le delphinarium de Kas ferme ses portes !

25 avril 2013

Les deux derniers dauphins captifs du parc aquatique de Kas ont été transféré au Delphinarium Moonlight à Kemer, suite aux protestations d’activistes locaux et internationaux. Quant au delphinarium, il va progressivement être démantelé.
Sous l’impulsion du célèbre écrivain turc Buket Uzuner, plus 20.000 signatures ont été recueillies sur le site Change.org afin de réclamer la fin de ce scandaleux parc marin. La pétition a été remise à la municipalité et au gouverneur du district de Kas par les associations Freedom for Dolphins Platform et WWF-Turkey, qui ont soutenu cette campagne.

Le dauphin ramasse de la vase noire au fond pour se distraire. La mer dont il vient est devant lui

Détenus à Kas depuis décembre 2011, 4 dauphins Tursiops capturés en mer, baptisés Ada, Ada 1, Doga et Westy, montraient tous les signes d’un stress aigu et d’un extrême épuisement physique. Ils n’étaient séparés de la mer que par un simple grillage, qu’ils tentaient de forcer sans cesse à coups de rostre. Leur bassin crasseux était minuscule, plus petit qu’un court de tennis. On les y avait amenés dans un camion à légumes depuis le delphinarium de Bodrum-Güvercinlik.

De vives protestations avaient été alors émises en Turquie et dans le monde.
A 2 reprises, le delphinarium avait été mis sous scellés, car il ne disposait d’aucune licence d’exploitation.
Le 18 juin 2012, 2 des 4 cétacés martyrs furent déplacés durant la nuit, toujours à bord d’un camion à légumes, pour être ramenés au Dolphin Park de Bodrum, un peu mieux aménagé mais plombé de touristes nuit et jour.

Aujourd’hui, les 2 derniers prisonniers de Kas sont détenus à Kemer, sous surveillance vétérinaire.
Kemer est une station balnéaire de la région d’Antalya, agrémenté d’un large choix de boutiques, de bars et de restaurants.
Le Moonlight Dolphinarium présente à ses visiteurs 3 spectacles par jour, qui mettait en scène jusqu’il y a peu 2 dauphins et 2 otaries. Les dauphins sont supposés « aider les enfants affectés de troubles mentaux ou comportementaux” mais l’on peut également nager avec eux.

Les dauphins de Kas ont finalement été déplacés. Mais en Turquie, tous les delphinariums se valent.

Au lieu d’être à deux, les dauphins de Kemer se retrouvent donc à quatre à faire des shows plusieurs fois par jour et à « soigner » des autistes dans un bassin écrasé de soleil particulièrement minuscule.
Peut-être seront-ils un peu mieux soignés, mais rien ne le garantit.

Belma Tosun, membre de la KASAD (Kas Underwater Association) a déclaré que les responsables du parc à dauphins de Kas avaient encore tenté d’obtenir de la municipalité d’obtenir un permis d’exploitation.
Celui-ci leur a été refusé.
« Les gérants du parc ont déposé une plainte contre cette décision. Mais le fait que les dauphins aient été envoyé à un autre endroit avant même que la plainte n’aboutisse indique qu’il n’y a plus d’espoir pour ce delphinarium. Nous avons tout lieu de nous en réjouir et nous espérons que ce qui vient de se passer ici servira d’exemple à d’autres villes turques qui possèdent des delphinariums. Nous sommes prêts à soutenir les ONG locales de ces régions»

Derya Özkan, président de la Freedom for Dolphins Platform, qui avait lancé l’alerte il y a 2 ans, a déclaré que la campagne de pétitions avait été extrêmement utile.
«A partir de maintenant, nous allons nous occuper des autres delphinariums turcs, jusqu’à ce que tous les dauphins en captivité soient remis en mer et que des dispositions légales soient prises pour empêcher l’ouverture de nouveaux parcs marins de ce type en Turquie».

Un bel exemple de pugnacité, qui fait honneur à la Turquie !
Mais qui rend également espoir quant à l’efficacité des pétitions en ligne…
Rappelons en effet que Tom et Misha, 2 prisonniers du delphinarium d’Hisaronu en Turquie, avaient déjà été l’objet d’une campagne similaire, répercutée au niveau internationale.
Au terme d’une longue réhabilitation, ils furent enfin relâchés en 2012. Misha s’en est allé vers Chypres, où la captivité est interdite. Tom est resté dans ses eaux d’origine, aux alentours de Kusadesi, non loin du lieu de sa capture.
Tous deux sont en bonne santés, selon Born Free qui reste cependant fort discret sur leur suivi.

 


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