Planète Sauvage et sa Cité Marine qui n’aurait jamais du exister



Planète Sauvage et sa Cité Marine qui n’aurait jamais du exister

Planète Sauvage est un parc d’attractions dont la Cité Marine n’aurait jamais du exister.
Situé sur la côte atlantique française, à Port-Saint-Père, près de Nantes, dans le département de Loire-Atlantique, le parc a été fondé en 1992 par Monique et Dany Laurent et connu jusqu’en 1998 sous le nom de Safari Africai. Il a été exploité par la Compagnie des Alpes pendant dix ans, entre 2005 et 2015. Il est depuis cette date la propriété de la multinationale Looping Group, dont le principal actionnaire est un fonds d’investissement du Groupe Bruxelles Lambert. Son directeur est Philippe Vignaud.

Planète Sauvage couvre une superficie d’environ 80 hectares, dans lesquels vivent environ 900 animaux de 150 espèces, et se compose d’une partie safari visitable en voiture et d’une partie piétonne qui comprend notamment l’un des trois delphinariums de France métropolitaine, où sont présentés des grands dauphins. Depuis 2008 sa fréquentation annuelle est comprise entre 200 000 et 322 000 visiteurs. Bien qu’il ne soit pas membre de l’Association européenne des zoos et aquariums, le parc collabore avec des chercheurs et finance des associations de conservation de la nature.

Planète Sauvage a été au cœur de plusieurs controverses depuis son ouverture, concernant un temporaire zoo humain en 1994, un projet de delphinarium ajourné en 1998, les conditions de captivité de ses dauphins, dont trois sont décédés, depuis 2007, ainsi que le transfert indirect de macaques à un laboratoire de recherche pratiquant la vivisection en 2014.

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Le zoo humain

En 1994, le parc, qui s’appelait encore Le Safari Africain, a inauguré un village africain avec 25 hommes, femmes et enfants ivoiriens qui devaient, par contrat, être torses nus quand la température le permettrait. Ces personnes volontaires étaient sous convention avec le ministère du tourisme ivoirien, et n’avaient ni visa de travail, ni salaire, seule une indemnité avait été versée au village d’origine.
Sponsorisé par la biscuiterie Saint-Michel, pour faire la promotion de sa marque de gâteaux Bamboula, le village de la Côte d’Ivoire reconstitué a pris la dénomination de village de Bamboula. Une forte indignation a mis fin à ce projet rappelant les zoos humains des expositions coloniales dans lesquelles on exposait à côté d’animaux des indigènes venus des colonies. Depuis, les cases du village africain servent à l’exposition des reptiles et des oiseaux.

Le delphinarium

En 1998, la direction du parc décide de construire un delphinarium et débute alors les travaux de réalisation des bassins avant même d’avoir reçu l’autorisation d’importer des dauphins. En effet, l’établissement d’un delphinarium est soumis à conditions par la loi française, notamment à l’obligation de présenter un programme scientifique et pédagogique associé au projet.
Le parc a revendiqué la caution scientifique du centre de recherche sur les mammifères marins de La Rochelle, sans la lui demander, et alors que les scientifiques de ce centre y étaient opposés. Cette façon de procéder a été interprétée comme une volonté de passer en force par le ministère de l’Environnement, qui a refusé l’autorisation d’importation des dauphins devant l’absence de finalité scientifique du projet et l’insuffisance de l’accompagnement pédagogique.

Ces bassins n’ont donc accueillis que des otaries jusqu’en 2007, date à laquelle le parc, récemment racheté par la Compagnie des Alpes, a obtenu une réponse favorable après avoir formulé une nouvelle demande. Ce projet a été accepté par le préfet Bernard Boucault, alors que la Whale and Dolphin Conservation Society, une association dédiée à la conservation des cétacés, et le chercheur David Lusseau (Université d’Aberdeen) avaient exprimés au ministère leur opposition arguant que les activités de recherches prévues par le parc se fondaient sur des bases scientifiques défectueuses et des références dépassées, qu’elles n’étaient pas pertinentes et que les installations et l’enrichissement prévu ne satisfaisaient pas aux besoins biologiques de l’espèce comme l’exige la réglementation européenne.
D’autres scientifiques comme le Pr. Onur Güntürkün (Rhur Universität Bochum), le Pr. Martine Hausberger (Ethos) ou le Pr. Stan Kucjaz (University of Southern Mississippi), apportent alors un scandaleux soutien à ce projet mortifère.
Les associations One Voice et SOS Grand Bleu déposent alors un recours devant le tribunal administratif de Nantes.

Les dauphins arrivent à la cité marine fin 2008 et sont présentés au public en mars 2009.
En novembre 2009, le tribunal administratif de Nantes annule l’arrêté préfectoral de 2007 pour vice de forme, à la suite du recours déposé par les associations. Le delphinarium est alors fermé au public le 1er décembre. Le parc fait appel et reçoit l’autorisation après une nouvelle enquête publique locale, le delphinarium ouvre à nouveau le 10 juillet 2010.

En septembre 2011, Théa, un des grands dauphins, meurt à l’âge de 19 ans. En octobre 2012, un autre dauphin, Mininos, meurt à l’âge de 8 ans. Les rapports d’autopsie et les causes des décès n’ont jamais été rendus publics par le parc. Pour les associations qui s’étaient mobilisées contre ce projet de delphinarium, ces décès sont prématurés en regard de l’espérance de vie en milieu sauvage, et sont la conséquence de l’inadéquation des conditions de captivité de ces animaux avec les besoins physiologiques de l’espèce.
En juin 2015, dans le cadre du mouvement international Empty the tanks, une manifestation contre la captivité des cétacés rassemblant environ 150 personnes est organisée devant l’entrée du parc.

En août, un delphineau de 12 jours décède d’une hémorragie interne après avoir reçu un coup durant un affrontement entre sa mère et une autre femelle récemment ajoutée au groupe social artificiel. Le responsable scientifique du parc, Martin Böye, affirme alors que ce genre d’incident pourrait aussi se produire en milieu naturel, mais il est contredit par des biologistes marins spécialistes des grands dauphins qui argumentent qu’en milieu naturel les groupes sociaux ne sont pas imposés aux dauphins de manière artificielle et que le milieu est ouvert laissant aux individus la possibilité de prendre leurs distances lors de conflits, ce qui est impossible en captivité.

En juin 2016, l’association One Voice porte plainte pour maltraitance après la publication d’un rapport du Dr Ingrid Visser sur le cas de Galéo, un des grands dauphins du parc.

Les macaques de l’Institut Max-Planck

Le 16 décembre 2014, Planète Sauvage a été mis en cause par le quotidien en ligne Reporterre révélant que des macaques rhésus nés dans le zoo auraient été revendus en Allemagne à l’Institut Max-Planck pour la cybernétique biologique, un institut de recherche pratiquant la vivisection. L’enquête de Reporterre fait suite à la diffusion, en septembre, par la chaîne allemande Stern TV d’un film tourné en caméra cachée au sein du laboratoire de recherche neurologique allemand Max-Planck de Tübingen, effectué pendant sept mois, entre 2013 et 2014, par des militants de l’union britannique pour l’abolition de la vivisection et de l’association allemande SOKO Tierschutz. L’investigation, relayée par l’ONG One Voice, montre que certains de ces singes sont nés en France dans un zoo à Port-Saint-Père en Loire-Atlantique, avant d’avoir été transférés dans un élevage proche.
Neuf singes dont deux nés à Planète Sauvage et sept nés à Savane Nature, auraient servi à des expérimentations, après avoir transité par le centre de quarantaine pour primates de la société Bioprim à Baziège, près de Toulouse.

Le 18 décembre 2014, le parc a publié un message sur sa page Facebook reprenant les informations données aux journalistes de Reporterre au cours de leur enquête, et dans lequel il affirme ne pas être au courant d’un tel transfert de macaques vers l’Allemagne et évoque seulement le transfert d’un groupe d’individus vers des installations de la société Savane Nature sur la propriété privée du fondateur et ancien directeur du parc, Dany Laurent. Ce groupe de macaques y aurait été prêté ou donné pour y être élevé, entre 2009 et 2013. La veuve de Dany Laurent affirme ne pas savoir ce que sont devenus les singes.

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Les dauphins de Planète Sauvage en 2016

Lucille, F, née à SeaWorld le 16 avril 1989, transférée à Harderwijk le 9 juin 1997 puis à Planète Sauvage le 7 avril 2015. Fille de Ralph et de Louise (morts).

Péos, M, né le 23 Juin 1999 au Parc Astérix. Transféré le 1 octobre 2007 au Dolfinarium de Harderwijk. Retour le 17 avril 2008 au Parc Astérix. Transféré à Planète Sauvage en décembre 2008. Fils d’Amaya (morte) et de Pichi.

Amtan,  F, née le 13 mai 2001 au Dolfinarium de Harderwijk. Transférée en octobre 2008 à Planète Sauvage. Fille de Molly et de Moby Dick.

Océan, M, né le 13 août 2003 au Boudewijn Sea Park. Amené à Planète sauvage en avril 2014. Fils de Roxanne et de Tex (mort).

Parel, F, née le 8 Juin 2008 au Dolfinarium de Harderwijk. Transferée le 29 mars 2012 à Planète Sauvage. Fille de Roxy et de Prince.

Galéo, M, né le 10 août 2009 au Parc Astérix. Amené à Planète Sauvage en janvier 2015. Fils de Baily et Guama.

Amani (B1601), M, né le 29 août 2016 à Planète Sauvage. Fils de Amtan, père inconnu.

Nouma (B1602), M, né le 14 septembre  2016 à Planète Sauvage. Fils de Parel, père inconnu.
8 dauphins occupent donc désormais les bassins, ce qui est beaucoup trop pour de telles installations.

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Nouma et Parel

Le delphinarium, ouvert en 2009, compte déjà cinq morts : Samy (?),  Théa (19 ans), Minimos (8 ans), la petite Little, tuée lors d’une bagarre entre sa mère Parel et Lucile et enfin Aïcko, né le 14 août 2010 au Parc Astérix et que le parc a laissé mourir malgré nos appels à l’aide.
Comme prévu dans l’article de 2012, la « société » mise en place dans le bassin dysfonctionne gravement, avec ses têtes de turc constamment rossés  (Aïcko, Galéo) et ses femelles hyper-stressées (Lucille, Parel, Amtan).
Cessol, Kite et Spat, 3 dauphins mâles, ont du être retirés et transférés ailleurs, pour tenter de rééquilibrer les forces en présence, mais en vain.   Il reste toujours un dominant brutal et seul maître des lieux, Péos, des caïds comme on n’en trouve jamais dans une société de dauphins libres.

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Planète Sauvage en 2015

Les bassins de Planète Sauvage

Des escaliers permettent d’accéder aux gradins de «La Cité Marine», composée de 4 bassins (1 grand bassin, 2 petits, plus 1 bassin de maternité)  accessibles par une galerie sous-marine de 100 m de long.
L’habitat des dauphins se réduit donc à 4 piscines interconnectées (P1, P2, P3 et P4) couvrant 2000 m2 en surface et contenant 8 millions de litres d’eau artificiellement salée traitée à l’ozone. 5 passages permettent aux dauphins de circuler d’un bassin à l’autre, selon qu’on les ferme ou non avec des filets ou des portes métalliques.
Le bassin de maternité mesure précisément 20 m de diamètre et 4.85 m de profondeur maximale. On trouvera les plans du bassin en page 5 de cette étude.

Pour adapter la cité marine, jusque alors « habitée » par des otaries, il fallut faire quelques travaux, notamment d’agrandissement des portes entre les bassins, soit un investissement de 2,7 millions d’euros.

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Delphinarium de Port Saint-Père : l’histoire d’un combat

Le Grand Capital a gagné !

Le préfet autorise l’ouverture d’un troisième delphinarium en France

Les dauphins attirent visiteurs et profits !

Un message de Richard O’Barry

Un message de la Whales and Dolphins Conservation Society

L’étude de David Lusseau : parc inutile et mensonger ! 

 

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Planète Sauvage en 2009. C)_Nozzhy_com-Picasaweb

Le 4 mai 2007

Le préfet de Loire-Atlantique autorise l’ouverture d’un troisième delphinarium en France

L’arrêté préfectoral, signé le 30 avril 2007 par le Préfet de Loire-Atlantique, est en cours de publication. Cette décision fait suite à la demande du zoo Planète Sauvage de détenir des dauphins dans ses bassins.

Les associations luttent contre ce projet depuis le 19 juin 2006, date de l’ouverture de l’enquête publique à Port Saint Père (44) : soutiens scientifiques, information de la population, contacts avec les politiques, des actions se sont déroulées sans discontinuité.

Cette décision était hélas prévisible, étant donné le silence de la préfecture dans cette affaire et les énormes difficultés rencontrées pour obtenir le résultat de l’enquête publique à la fin de l’été 2006.

One Voice, SOS Grand Bleu et la Fondation Ligue Française des Droits de l’Animal vont immédiatement intenter un recours auprès du tribunal administratif.

Jean-Pierre Sidois, directeur de SOS Grand Bleu déclare : « Dans ce dossier, depuis le début nous avons le soutien inconditionnel de la totalité des associations nationales et internationales de protections des animaux et de la nature. Forts de ces appuis, nous irons jusqu’au bout »
Muriel Arnal, présidente de One Voice déclare : « Cette décision va à l’encontre du mouvement européen et mondial en faveur du respect de la nature et des animaux qui la peuplent. Des pays vivant exclusivement du tourisme comme le Mexique, Haïti, ou le Costa Rica ont pris la courageuse décision de mettre fin à la captivité des dauphins, sans parler des nombreux pays qui ont interdit les delphinariums sur leur territoire. Mais la France se distingue encore une fois par ce choix. Notre campagne en faveur des mammifères marins continue. Nous mettons beaucoup d’espoir dans la prise de conscience du public concernant les souffrances infligées par le dressage et la captivité à ces êtres hautement évolués que sont les dauphins. »

Lire les détails sur l’excellent site « Les zoos dans le Monde » qui, bien que pro captivité, n’en condamne pas moins cette initiative et en explique les rouages politiques.

La Compagnie des Alpes (Groupe Grévin)  envisage d’ouvrir les bassins de la Cité Marine à Port Saint-Père près de Nantes au nom de la recherche sur la communication des dauphins.

Cet argument est fallacieux et trompeur.

Le seul moyen de comprendre les sons des dauphins, c’’est de les étudier en mer, auprès d’individus libres et consentants, dans un contexte social normal et naturel.

Le vrai problème n’est pas là : il est dans le fait que le Parc Asterix et celui de Harderwijck, tous deux propriété du Groupe Grévin sont aujourd’hui pleins de delphineaux élevés en batterie et que des bassins aussi vastes que ceux de Port Saint Père, laissé à de banales otaries, constituent un terrible manque à gagner pour la Compagnie, quand on voit le succès  obscène croissant de ces cirques aquatiques.

 

Un dauphin au Parc Asterix. A demi-fou dans cet espace surpeuplé , le malheureux s’échoue sans cesse. Car même si’ls sont nés en bassin, les dauphins ne supportent pas la captivité.

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Novembre 2006

Les dauphins attirent visiteurs et profits !

C’est parti ! Il devrait y avoir bientôt quatre dauphins à Port Saint Père !
Désormais, la Compagnie des Alpes ne fait plus mystère de ses véritables intentions :

 » (Grâce à ces quatre dauphins venus de Harderwijck), le parc espère améliorer son chiffre d’affaires de 445 000 euros grâce à la hausse de tarif et de 950 000 euros avec les nouveaux visiteurs. Soit 1,395 million d’euros sur un an ou environ 350 000 euros par dauphin.
De quoi compenser les investissements exigés par la nouvelle attraction. La société a investi 2 millions d’euros pour
aménager un bassin existant qui n’accueille pour l’instant que des otaries.
Un analyste financier parisien a même calculé un retour sur capitaux employés de 9,6 % légèrement supérieur à la moyenne du secteur de 9,1 %. »

Voilà qui est clair et dit sans détour dans les bonnes pages économiques du quotidien français « Le Figaro ».

Une bonne nouvelle, cependant, qui nous vient de One Voice :  l’autorisation préfectorale n’a pas encore été accordée par les autorités compétentes. Le combat continue donc plus que jamais pour empêcher cette aberration que constituerait un troisième delphinarium en France.


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Les bassins de Port Saint Père

L’histoire d’un combat  

En avril 1999, la Ministre de l’Environnement, Mme Dominique Voynet,  refusait l’introduction à Port Saint Père de quatre dauphins venus de l’Aqualand de San Eugenio aux Canaries, au motif que les justifications scientifiques avancées dans le dossier n’étaient  pas sérieuses.

Jean Pierre Raffin, son Conseiller technique à l’époque, estimait pour sa part que l’accompagnement pédagogique proposé était insuffisant. Il est aujourd »hui membre du Centre de Recherche International sur le Développement Durable (CREIDD). Là aussi, ce serait bien que ce monsieur se souvienne de sa folle jeunesse et intervienne une nouvelle fois pour interdire l’ouverture d’un 3ième delphinarium français.

Enfin, Olivier Van Canneyt, à l’époque Expert scientifique au Centre de Recherches sur les Mammifères marins de la Rochelle, considérait qu’il y avait assez de delphinariums en France et que cette volonté du parc d’ouvrir ses bassins à des dauphins issus des pires prisons d’Europe – et sans doute de Cuba – reposait surtout sur une histoire de gros sous. Bien vu !
Cette personne est aujourd’hui Coordinateur RNE (Réseau National d’observation des Échouages).
Olivier, s’il te plaît ! Réveille-toi ! Aide-nous !

Rappelons aussi, juste pour le fun, que le Safari Africain de Port Saint Père (rebaptisé « Planète Sauvage ») avait créé peu de temps auparavant un faux village africain Sénoufo, (les décors ont été conservés !) peuplés de 26 danseurs et artisans ivoiriens qui travaillaient 7 jours sur 7 pour un salaire de misère, dormaient dans un dortoir et se voyaient privés de leur passeport par la direction du parc.
Bref, un «zoo humain» dans la grande tradition du genre.
Choquant ? Les « zoos cétacéens » ne le sont pas moins !

Notons enfin que la Belgique, jamais en retard d’une idée nouvelle, vient de mettre sur pied une Commission spéciale pour l’amélioration des conditions de détention des dauphins, fondée sur le rapport de Mme Toni Frohoff, Docteur en Biologie.  Ce rapport est particulièrement éclairant quant à la vie atroce qu’on impose aux dauphins captifs, nés en bassin ou capturés en mer.

 

L'ouverture d'un nouvelle prison pour dauphins en France s'explique de façon très simple : a l'instar des cochons ou des poulets industriels, on produit trop de delphineaux nés captifs et on ne sait plus où les mettre. Photo Djem 2006.
Ils seront déportés depuis le parc Astérix et Harderwijk Photo Djem 2006.

Non à un nouveau delphinarium en France
Lettre ouverte de la Whale and Dolphin Conservation Society

12 Septembre 2006

Monsieur le Ministre,  

Je vous écris au nom de la «Whale and Dolphin Conservation Society » pour vous exprimer nos inquiétudes quant à la proposition d’installer un delphinarium au sein de la «Cité marine» du Parc zoologique «Planète Sauvage» situé à Port Saint Père, et ceci dans le but d’y accueillir 12 Grands Dauphins (Tursiops truncatus). 

La WDCS est une association internationale à but non lucratif disposant de bureaux tant au Royaume Uni qu’aux USA, en Allemagne, en Australie et en Argentine. Elle représente la plus grande organisation de ce genre dans le monde entier. Fondée en 1987, elle compte aujourd’hui plus de 80.000 membres et sympathisants. La WDCS se consacre à la conservation et au bien-être des baleines, orques, dauphins et marsouins (collectivement connus sous le nom de cétacés) et se trouve au premier rang du combat pour assurer un avenir à ces créatures marines étonnantes.

Nous avons financé des recherches à propos des dauphins en captivité durant toute la décennie précédente et en cette matière, nous constituons dès lors une ressource d’informations fiable et respectée au niveau international.

 Les documents présentés pour l’enquête publique par Planète Sauvage et destinés à illustrer ses plans visant à incorporer un delphinarium au sein du parc zoologique « Planète sauvage » nous semblent inachevés et fragmentaires, en particulier en ce qui concerne la manière dont les animaux détenus seront traités.

Non seulement le « dossier Scientifique » est confus, mais il y manque également nombre d’informations sur la nature des recherches qui devraient être menées à propos de la communication chez les dauphins (recherches qui ont déjà été effectuées ailleurs
dans le monde), mais aussi à propos de l’intérêt de ces recherches pour la sauvegarde des dauphins sauvages.

 Dossier “principal”

Ce document présente l’objectif principal du projet : exposer des dauphins en spectacle lors de shows. Puis il continue en décrivant un programme à plusieurs facettes destiné à éduquer le public sur l’environnement marin. Nous estimons que ce programme pourrait largement suffire à Planète Sauvage, sous forme d’une exposition de sensibilisation autonome, sans qu’il soit besoin d’y adjoindre des dauphins captifs. Nous encourageons vivement les autorités à envisager cette solution comme une  alternative à la détention de dauphins captifs au sein d’un zoo.

Ce document présente également quelques résultats d’un audit mené à propos des équipements de Planète Sauvage. Cette enquête indique clairement que des  rénovations importantes et coûteuses sont nécessaires pour amener les bassins au niveau des normes minimales exigées pour garder des dauphins captifs.  

Nous invitons les autorités à étudier davantage les intentions de « Planète Sauvage » en ce qui concerne ce travail de rénovation, indispensable à la sécurité et au bien-être des dauphins proposés pour l’importation.

 Dossier organisation

La directive européenne relative aux Zoos exige des Etats membres qu’ils assurent aux animaux maintenus dans ces établissements des conditions de vie qui répondent aux exigences biologiques et à la conservation de leurs différentes espèces. Parmi ces conditions, il leur faut fournir un enrichissement environnemental spécifique au sein des enclos.

 Nous estimons que «l’enrichissement » proposé par «Planète Sauvage», qui consisterait à associer dans le même bassin des dauphins et des phoques et à leur fournir des jouets et des sessions d’interaction avec les entraîneurs et les chercheurs du zoo, ne correspond en rien aux exigences de la Directive européenne et ne satisfait pas les besoins biologiques des Grands Dauphins captifs.

 
Dossier
“scientifique”

Comme ce dossier l’affirme, les dauphins sont en effet des animaux intelligents dont les modes de communication ont fasciné les chercheurs depuis de nombreuses années. Ce texte n’évoque pas, cependant, un ensemble d’études importantes qui ont été menées récemment tant par le Dr Louis Herman que par David Lusseau. Cette simple mention aurait suffi à prouver que «Planète Sauvage» s’était à tout le moins informé des études antérieures sur la communication de dauphin. Ceci aurait également permis de démontrer qu’il n’était pas besoin de reconduire les mêmes expériences en France.
En outre, grâce au développement de technologies nouvelles, il est devenu beaucoup plus facile – et beaucoup plus intéressant-  d’étudier la communication des dauphins au sein de leur milieu de vie normal.
Dans une étude menée sur les grands dauphins d’Ecosse, Janik a pu constater que des « signatures sifflées» ont été reprises et répétées par des dauphins du même clan, qui se trouvaient hors de tout contact visuel. Cette observation suggère que les dauphins s’interpellent par leur nom de manière individuelle, en utilisant des compositions sonores préalablement apprises. Le monde scientifique s’accorde à reconnaître que les Grands Dauphins disposent d’un répertoire de sifflements, qui évolue et s’enrichit au cours du développement de ces animaux.

A l’inverse, les conditions de vie en bassin, où nombre d’études ont été mené&es, peuvent affecter la communication entre les des animaux en créant un environnement acoustique inadéquat ou en ne permettant pas aux dauphins d’entrer en contact avec des individus du même groupe qu’eux, sur base d’un langage commun.2

Planète Sauvage propose un projet de recherche qui se fonde sur les techniques et les connaissances développées par l’Unité Mixte de Recherche (UMR) de Rennes dans le cadre d’une étude sur le lien entre la communication vocale chez l’étourneau et de sa vie sociale.

La WDCS estime que l’étude proposée contient nombre d’erreurs qui semblent impossible à rectifier, notamment parce qu’elle met en parallèle les Grands Dauphins et les étourneaux, mais aussi parce qu’elle assimile la communication chez dauphins captifs à celle des dauphins libres.

Nous constatons également que ce projet ne se réfère à aucune recherche actuellement menée à propos de la communication chez les dauphins ou de leurs structures sociales.

Nous croyons donc que l’ouverture d’un delphinarium au sein du parc «Planète Sauvage» ne peut aucunement se justifier par l’inclusion d’un tel projet de recherche sur la  communication chez le dauphin. Nos réserves sont reflétées par  le rapport joint en annexe du chercheur le plus renommé en matière de communication chez le dauphin, à savoir David Lusseau, et sur lequel j’attire votre attention toute particulière.

Une directive de l’Union Européenne des Zoos stipule que tous les zoos d’Europe  doivent « participer à des recherches qui bénéficient directement à la conservation des espèces ».

Dans son étude sur les justifications scientifiques visant à maintenir des cétacés en captivité, le Dr. Sue Mayer a passé en revue l’ensemble des recherches qui avaient été menées sur des animaux captifs. Ses conclusions remettent en cause la pertinence de ces études par rapport aux bénéfices que peuvent en tirer les espèces concernées en milieu naturel sauvage.3

Son rapport conclut notamment « que les conditions de contrainte physique imposées par la captivité, ainsi que le comportement des animaux étudié dans un contexte artificiel, le nombre restreint d’animaux dressés et l’origine génétique changeante de la population des cétacés captifs ont de quoi faire douter de la valeur  scientifique des études portant sur des animaux captifs, en tant que modèles de leurs homologues sauvages.

La sophistication croissante des études menées en milieu libre et la pertinence accrue des données recueillies dans ces conditions jettent en effet un doute sérieux sur la pertinence des recherches menées en milieu captif »

Le projet de Planète Sauvage livre quelques détails extraits de l’étude de l’UMR sur le rôle social des chants d’étourneaux. Il apparaît ainsi que ces oiseaux partagent et imitent les chants (sifflements  et gazouillis) de leurs semblables au sein de groupes dont la structure sociale était sous contrôle.

L’idée de Planète Sauvage est qu’une telle approche est donc appropriée pour les dauphins, qui ne présenteraient pas de structures claires en termes de dominance mais s’associent par paire ou par trio d’individus ayant choisi de passer leur temps ensemble.

Cependant, dans son rapport de recherches sur les cétacés captifs, Mayer conclut que : « l’organisation sociale des animaux en captivité est déterminée par des hiérarchies de dominance. En revanche, la situation en milieu naturel est plus dynamique et les comportements agressifs sont beaucoup moins présents. Le confinement suscite également des comportements stéréotypés tels que le fait de faire sans cesse le tour du bassin dans le même sens ».

Les études sur le comportement des animaux sauvages ont été utilisées afin d’améliorer les conditions de vie des animaux captifs, nous informant notamment sur le nombre et le sexe des individus au sein d’un groupe normal.

A l’inverse, les recherches sur le comportement des animaux en captivité ne semblent pas pouvoir nous aider à améliorer la conservation des cétacés sauvages, du fait de leur caractère par trop artificiel ».

En outre, nous considérons que l’utilisation de protocoles de recherche destinés à l’étude des étourneaux ne peut s’appliquer valablement aux dauphins. Le niveau des échanges sociaux est très différent entre ces deux groupes d’animaux et la communication chez les dauphins est nettement plus sophistiquée que chez les oiseaux.

La composition des groupes d’animaux captifs est imposée par les conditions de captivité. C’est spécialement vrai pour les grands mammifères carnivores, hautement mobiles, tels que des dauphins. La petite taille des groupes maintenus ainsi que celle de leurs bassins piscine impliquent, par exemple, que la création de sous-groupes est sévèrement limitée. En captivité, l’organisation sociale des Grands Dauphins s’articule autour de la dominance des mâles. En milieu naturel, la situation est beaucoup plus dynamique.

Planète Sauvage propose également d’orienter ses recherches sur l’intégration de deux groupes de dauphins captifs distincts, à savoir ceux qui viennent du Parc Asterix et ceux qui étaient préalablement détenus à Harderwijk en Hollande.

Cependant, cette étude est basée sur l’examen d’interactions sociales survenant dans un milieu complètement artificiel et entre des individus qui, en milieu naturel, n’auraient jamais l’occasion de se rencontrer.

Pour cette raison, compte tenu de l’impact de la vie en captivité sur les rapport sociaux et la communication, nous croyons que les recherches proposées manquent sérieusement de pertinence et ne devraient pas être utilisées à la seule de  justifier la construction d’un delphinarium au sein du parc de «Planète Sauvage».

Comme indiqué plus haut, les Grands Dauphins produisent en effet des sifflements et d’autres sons pour communiquer, qui servent apparemment à maintenir les rapports sociaux. Les études déjà menées ont prouvé que ces mammifères marins disposent d’un répertoire individuel des sifflements qui leur sont propres et qu’ils peuvent imiter les sifflements d’autres individus. L’apprentissage des vocalisations est également un fait établi chez le dauphin.

Cependant, la vie en captivité affecte les sons produits par les cétacés, sans doute à cause de la simplification radicale de leurs activités quotidiennes, de leur environnement appauvri et des regroupements artificiels d’individus contraints de rester ensemble dans un espace confiné.

Comme Sue Mayer le note: « Les différences entre les sons produits par des animaux vivant en liberté et par ceux maintenus en captivité, les effets de la captivité et particulièrement de l’isolement social, mettent en question l’utilité et la pertinence des études sur les productions sonores des cétacés captifs ».

En outre, ainsi que le «dossier scientifique» le précise, les recherches menées  dans le cadre d’un delphinarium s’avèrent souvent incompatibles avec la prestation des shows, les soins et les manipulations humaines quotidiennes qui constituent la vie des dauphins captifs.

On peut donc se demander comme l’étude proposée par Planète Sauvage à Port Saint Père parviendrait, mieux que dans un autre delphinarium, à combiner des recherches pertinentes avec l’exhibition des dauphins au public.

La proposition de Planète Sauvage ne prend pas en compte le haut niveau de sophistication atteint par les dauphins dans le cadre de leurs communications interindividuelles. Il est particulièrement important de noter que les recherches récemment menées en milieu naturel  nous ont permis de progresser dans notre compréhension des modes de communication chez ces mammifères marins. Ce genre d’études aurait été impossible à réaliser en milieu captif.

Nous remettons sérieusement en cause la nécessité du projet de recherche proposé par Planète Sauvage, car nous pensons qu’il ne contribuera en rien à la conservation des dauphins dans leur environnement normal, ni à une meilleure connaissance de la communication chez les cétacés. Cette recherche est périmée et inutile. La WDCS estime qu’elle n’a été proposée que dans le seul but de justifier la mise en place d’un show de dauphins captifs dans l’enceinte de Planète Sauvage.

Dauphins en captivité
Le confinement des dauphins et d’autres cétacés peut changer leur comportement de façon à ce point radicale que ces animaux ne sont plus représentatifs de leur propre espèce. Les dauphins sont des créatures vivantes habituées à se déplacer  sur des dizaines de kilomètres chaque jour. En captivité, ils sont contraints à  une relative oisiveté au sein d’un environnement artificiel où leur comportement est contrôlé par les humains et totalement dépendant d’eux.

Ces animaux sont obligés d’interagir avec des espèces ou es individus qu’ils auraient évités en milieu naturel. Ces interactions peuvent susciter un stress intense, voire des agressions mutuelles. De tels conflits peuvent également se produire entre le dauphin captif et son visiteur ou son dresseur humain. Les exhibitions de dauphins captifs ne pourront jamais montrer réellement au public toute la complexité de la vie des cétacés libres ni l’environnement marin pour lequel leurs corps ont été conçus.

Ces arguments ont été soutenus par le Comité pour la Protection animale du Sénat Australien, qui, dans son rapport de 1985, constate l’évidence : les cétacés en captivité souffrent du stress, d’anomalies comportementales, de mortalités élevées, d’une longévité diminuée et des problèmes de reproduction.

L’emprisonnement en captivité peut sérieusement compromettre le bien-être et la survie de tous les types de cétacé.
Une étude a été entreprise par l’International Marine Mammal Association en 1997 afin de comparer les taux de survie des dauphins  captifs par rapport à celui des cétacés libres.
Cette étude a indiqué que le taux annuel de survie et d’espérance de vie calculée des Grands Dauphins et des orques libres étaient sensiblement plus hauts que celui constaté chez les captifs.

Bien que des Grands Dauphins aient été maintenus en captivité depuis plusieurs décennies en Europe, les conditions de vie au sein des delphinariums européens restent gravement insatisfaisantes, tant en termes de santé que de bien-être pour ces animaux. La population des dauphins captifs, quoiqu’en en dise, est bien loin d’être «autosuffisante».  Rappelons enfin qu’il y a déjà deux établissements commerciaux en France qui détiennent des dauphins et des orques : le Parc Asterix à Paris, propriété du Groupe Grévin et le Marineland d’Antibes.

Ces deux établissements font déjà face à la critique du fait de leurs installations inadéquates et obsolètes, nécessitant d’incessantes réparations et provoquant un nombre élevé de décès  parmi les cétacés captifs laissés à leurs soins.
Nous ne croyons pas que Planète Sauvage ait le potentiel de fournir un enrichissement environnemental sain et varié à l’usage du bien-être des dauphins. Nous mettons sérieusement en question ses projets de recherches et nous ne pensons pas que ceux-ci puissent, de quelque manière, justifier l’enfermement de cétacés en France.

Nous invitons donc vivement les autorités compétentes de ne pas permettre la construction d’un autre delphinarium sur le territoire français.

Bien à vous,

Cathy Williamson  Captivity Programme Manager,
WDCS

Pédagogie

Déclaration de David Lusseau

Voir une étude de David Lusseau

Il n’existe aujourd’hui aucune raison valable pour ouvrir un nouveau delphinarium à la seule fin d’y poursuivre des recherches scientifiques.
Un grand nombre d’établissements de ce type s’y livrent déjà en France, en Europe, et dans le reste du monde et les recherches envisagées par Planète Sauvage ne garantissent en rien que l’on puisse y obtenir des informations supplémentaires. Et ceci d’’autant plus que le programme de recherche proposé ne fournira aucune approche nouvelle à propos de la communication chez les dauphins ou à propos de leur comportement social.

Tout le travail proposé pourrait être mené à bien au sein d’autres delphinariums en utilisant les animaux captifs déjà présents ou être reproduit  en milieu naturel comme l’’a prouvé récemment le remarquable programme de recherche mené dans la Baie de Sarasota, Floride (Janik et al. 2006).

En outre, du fait que les établissements de contention ne sont capables de détenir qu’un nombre restreint d’individus, aucune expérience visant à comprendre les rapports entre l’organisation sociale et la communication ne peut forcément mener à aucun résultat significatif.

L’argument relatif à la «cohésion sociale» évoqué par le programme de recherche de Planète Sauvage est invalide car il se fonde sur l’hypothèse que les individus captifs auront la volonté de constituer un groupe cohérent, ce qu’’aucune recherche publiée n’’atteste jusqu’ici.

Enfin, il convient de rappeler que certains comportements gestuels , c’’est à dire non vocalisés, qu’utilisent les dauphins pour se communiquer entre eux leur intentions et leurs motivations ne peuvent pas être employés de manière significative par des individus maintenus dans un environnement confiné. (Lusseau 2006a, b).

Ainsi le projet proposé par Planète Sauvage ne mènera à aucune découverte significative à propos de la communication non-verbale, contrairement à ce que le Parc prétend.

Le programme de recherche proposé se fonde sur des bases scientifiques défectueuses, des références périmées et ne suggère en rien des arguments convaincants justifiant l’utilisation d’animaux captifs. Dès lors, il ne présente aucune raison évidente de créer un nouveau delphinarium.

Compte tenu de l’impact négatif que provoque la capture d’animaux vivants,  non seulement pour les individus concernés, mais aussi pour les populations auxquelles ils appartiennent (Lusseau et Newman 2004 ; Williams et Lusseau 2006), et sachant les difficultés que suscite la définition de l’’origine exacte des dauphins captifs nouvellement importés (nés captifs ou capturés en mer), le programme de recherche proposé doit être considéré non seulement comme défectueux mais aussi comme potentiellement dangereux pour la viabilité des populations de dauphins libres.

References

Janik V.M., Sayigh L.S. and Wells R.S. 2006. Signature whistle shape conveys identity information to bottlenose dolphins. Proceedings of the National Academy of Sciences-USA 103(21): 8293-8297.

 Lusseau D. 2006a. Why do dolphins jump? Interpreting the behavioural repertoire of bottlenose dolphins in Doubtful Sound, New Zealand. Behavioural Processes in press (doi:10.1016/j.beproc.2006.06.006)

Lusseau D. 2006b. Evidence for social role in a dolphin social network. Evolutionary Ecology in press (doi:10.1007/s10682-006-9105-0)

Lusseau D. and Newman M.E.J. 2004. Identifying the role that animals play in their social networks. Proceedings of the Royal Society of London B 271 S6: S477-S481.

Williams R. and Lusseau D. 2006. Killer whale social networks can be vulnerable to targeted removals. Biology Letters in press (doi:10.1098/rsbl.2006.0510)

 

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