Le premier dauphin japonais né de l’insémination artificielle

L’équipe gagnante du Kamogaya SeaWorld

Le premier dauphin japonais né de l’insémination artificielle

Le premier dauphin captif japonais à avoir été conçu artificiellement en 2004 grâce à l’injection du sperme congelé du mâle Regulus dans l’utérus de la femelle Noran (deux Tursiops prisonniers capturés en mer) s’est éteint mardi dernier au SeaWorld de Kamogawa (Japon).

Ce bébé cétacé, qui avait tout de même déjà atteint la taille de 2,3 mètre de long, avait été baptisé Will au moment de sa naissance en septembre 2005.
Depuis quelque temps, il avait cessé de se nourrir et avait du être amené d’urgence dans une piscine séparée, en même temps que sa mère pour y recevoir un traitement médical. Will est mort aux alentours de 1 heure 30 du matin. L’autopsie a révélé que la cause de la mort était une malformation de l’intestin.

« Jusquà présent tout allait bien », a déclaré un responsable du parc d’attractions, « et nous ne voyons pour notre part aucun rapport entre le mode de reproduction qui a permis la naissance de ce dauphin et sa mort. Tout cela est vraiment très regrettable ».

 Regrettable ? C’est le moins qu’on puisse dire !

Rappelons que ce parc japonais est surtout réputé pour ses séances de nage avec les dauphins captifs (200 yen par personne).  Si vous voulez être photographié pendant qu’une orque vous éclabousse, il vous en coûtera 250 yen mais ce sera 300 yen si la même orque vous fait un bisou sur la photo ! Laquelle orque, rappelons-le, a été fraîchement capturée au large du Japon dans des conditions atroces.

Avait-on vraiment besoin de «fabriquer» ce pauvre Will, ce petit avorton malingre et artificiel ?
Les dauphins Tursiops se reproduisent fort bien en mer, merci, et en plus, ils s’amusent en le faisant, ils entrent en relations sociales, ils vivent pleinement leur vie de dauphin qui est précisément très orientée «sexe», un peu comme celle des singes bonobos ! L’injection de sperme glacé dans le vagin, administrée par un homme en blanc armé d’une seringue, n’est peut-être pas la meilleure manière de vivre une vie amoureuse selon la culture dauphin.

L’amour chez les dauphins

C’est au mois de juillet 2002 que le célèbre parc de loisirs japonais a commencé ses expériences.
Trois femelles Tursiops avaient été inséminées artificiellement.
Deux d’entre elles ont développé un début de grossesse, à savoir Surimu, âgée de 36 ans et considérée comme le plus vieux dauphin captif du Japon ( !) et la petite Meru, âgée de 17 ans. L’histoire ne dit pas ce que leurs enfants sont devenus.
Mais les gérants du parc ont gardé le moral :
« A l’avenir, cette technique pourra être appliquée aux espèces de cétacés menaces d’extinction »  déclarait l’un d’eux à l’époque, en se référant aux expériences menées tant à Hong Kong qu’aux USA, par des établissements dépendants de la même maison mère, Sea World.

Cette technique, disons-le franchement, permettra surtout de se livrer à toutes les manipulations génétiques que l’on veut – tel que choisir le sexe de l’enfant à naître – mais surtout déconomiser les coûteux déplacements des mâles reproducteurs de bassin en bassin. Un pas plus loin, c’est là tout le vieux fantasme du « dauphin domestique formaté pour les shows » qui se réalise.

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