Le vrai visage de l’Industrie de la Captivité

Gorille sous le volcan à Pairi Daiza

Le vrai visage de l’Industrie de la Captivité

Le vrai visage de l’industrie de la captivité se dévoile quand elle monte en puissance. Elle traîne alors en justice ses contradicteurs, elle tient la presse sous son joug et entend imposer à tous sa seule vision du monde.
On est prié de croire à ses mythes et répéter après elle que les zoos sauvent la nature sauvage en exhibant des enclos pandas, éléphants, rhinocéros ou gorilles, dont certains sont prélevés dans leur habitat d’origine, et en sensibilisant le grand public aux périls qui les menacent.  Car derrière ces jardins riants d’une biodiversité sous cloche, la machine doit faire du profit.

Dans le texte qui suit, cosigné par la Dre Lori Marino, au-delà de la logique commerciale de ces entreprises qui se déploient d’autant plus que le monde se meurt, c’est aussi une terrible souffrance qui est décrite, celle de ceux qui sont « dedans » face à ceux qui sont « dehors », comme des papillons épinglés dans une boîte.

L’industrie de la captivité

The Captivity Industry
Un article de Lori Marino, Gay Bradshaw et Randy Malamud.

Chaque année, des millions de personnes visitent les zoos, les parcs marins et les aquariums. En apparence, ces lieux offrent à chacun l’occasion de se connecter par le regard avec les animaux et d’apprécier leur beauté et leur comportement. Tout le monde est attiré, en effet, par la majesté et le mystère de ces êtres qui vivent si différemment de nous, mais néanmoins nous semblent si semblables.

Mais il se passe dans ces lieux plus de choses qu’il n’y paraît. Que sommes-nous sensés apprendre au zoo à propos des autres animaux ? En quoi le fait de s’y trouver n’est-il pas ressenti de la même manière par les animaux et par les visiteurs? Et que pouvons-nous découvrir sur nous-mêmes en examinant plus attentivement le fonctionnement de ces institutions ?

La plupart des visiteurs du zoo ne réfléchissent pas ce que peut signifier pour les animaux exhibés devant eux, le fait d’être retirés de leurs habitats d’origine.
Et lorsqu’ils y pensent, ils en viennent souvent à la conclusion que la captivité est un mal nécessaire. Les zoos et les aquariums sont à leurs yeux indispensables, car il est important que les gens puissent regarder des animaux sauvages et parce que cette expérience humaine aide réellement ces derniers. Dès lors, le prix que nous payons pour cela – ou plus exactement, le prix que paient les animaux – se trouve justifié.

Mais cette rationalisation élude une question fondamentale: pourquoi les zoos existent-ils ? Comment ont-ils commencé? Pourquoi les zoos perdurent-ils avec ténacité dans la culture occidentale, du fat de leurs origines historiques ?

Un passé sordide

L’exhibition d’animaux captifs remonte à l’Antiquité.
Mais les zoos tels que nous les connaissons, avec des visiteurs, ont vu le jour au début du XIXème siècle pour exposer les trophées vivants de la conquête impériale. Les grandes puissances européennes engagées dans le commerce, colonisait la planète, capturait les animaux presque comme un passe-temps et commença bientôt à les exhiber dans des zoos publics, afin de faire participer le grand public aux butins et produits de l’impérialisme.
Un éléphant majestueux enfermé derrière les barreaux, un tigre hargneux qui tourne en rond, menaçant, dans sa cage, une autruche exotique, un python sinueux et un koala timide symbolisent toutes les conquêtes de l’Empire britannique (ou hollandais ou français ou autre), qui s’étendait alors sur la planète.

Au fil du temps et de l’expansion des empires coloniaux, la mode des zoos européens a été adoptée avec enthousiasme par d’autres cultures.
En 1860, le premier zoo des États-Unis, le Central Park Zoo, s’est ouvert au public à New York.
Le premier parc marin aux États-Unis était le Marine Studios. Ce delphinarium (aquarium pour dauphins) a ouvert ses portes en 1938 à St. Augustine, en Floride, et porte le nom aujourd’hui de de Marineland Florida.

D’autres formes de confinement des animaux, telles que des ménageries foraines, sont apparus en Europe dès le début du XVIIIe siècle. C’étaient les précurseurs de nos cirques modernes, qui exhibait non seulement des animaux, mais aussi des monstres humains. Il n’était pas rare que les zoos et que les grandes expositions universelles montrent au public des collections ethnographiques intégrant des êtres humains dans des cages avec d’autres animaux.
Les «spécimens» les plus populaires de variété humaine comprenaient les Aïnou japonais, les Kwakiutl amérindiens, des Igorot philippins, et d’autres cultures «primitives».

Les zoos ne présentent plus aujourd’hui de membres de notre propre espèce en cage, mais les autres animaux, eux, y sont toujours.
Nous les capturons encore, nous les «acclimatons» et nous en faisons des objets visuels pour flatter nos caprices.
Par définition, le confinement subordonne ses captifs au spectateur, qui dispose d’un pouvoir complet sur eux.
Idéalement, le fait d’interagir avec d’autres animaux devrait améliorer notre compréhension de l’interconnexion des formes de vie qui se partagent la planète, mais la conception même des zoos empêche toute idée de ce genre.
Nous sommes dehors. Ils sont dedans

Un statut précaire 

Il y a peu de protection juridique réelle pour les animaux enfermés dans les zoos, les cirques, les delphinariums et les aquariums.
Ces établissements sont certes régis par les règlements généraux de protection animale et sont régulièrement inspectés pour vérifier qu’ils s’y conforment. Mais les sanctions en cas d’infraction sont légères et les agences chargées de telles inspections sont extrêmement
pauvres en personnel, au regard du nombre d’établissements à contrôler.

L’Association Mondiale des Zoos et Aquariums (WAZA) est une organisation professionnelle «parapluie» dont les membres comprennent des zoos et des aquariums de premier plan.
Elle décerne son accréditation sur base d’une inspection. Mais comme beaucoup d’organisations professionnelles, elle n’émet que des recommandations inapplicables quant au traitement des animaux.
Plus grave encore, la WAZA étant constituée par des professionnels de la communauté des zoos et des aquariums, elle a tout intérêt à maintenir et à encourager l’existence de telles institutions. Cette situation met intrinsèquement en conflit cette organisation avec les intérêts réels des animaux.

Une okapi au Zoo d'Anvers. Photo Dauphins Libres

Une okapi au Zoo d’Anvers. Photo Dauphins Libres

Il existe également des réglementations limitant la capture et le transport des animaux sauvages. La Convention sur le commerce International des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) est le fruit d’un accord international entre les pays membres. Son objectif est d’assurer que le commerce international de spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas leur survie. Mais la CITES repose sur l’adhésion volontaire et il s’agit essentiellement d’un gentleman’s agreement entre les pays membres à insérer dans leurs propres lois nationales souvent très différentes.

Des sanctions sont prévues contre les nations qui violeraient l’accord, mais elles sont très rares.
En outre, toutes ces lois, traités et directives ne prennent jamais en compte l’hypothèse que les zoos et les parcs marins pourraient être intrinsèquement préjudiciables aux animaux. Aucune réglementation ne laisse entendre que la pertinence de la captivité elle-même devrait être mise en question. Les animaux sont donc très seuls face aux impératifs des organisations de contrôle ayant un intérêt financier dans le maintien de leur captivité.

Camion publicitaire au Monde Sauvage d'Aywaille. Photo Dauphins Libres

Camion publicitaire au Monde Sauvage d’Aywaille. Photo Dauphins Libres

Le mythe de la sensibilisation

À l’époque moderne, la raison d’être coloniale des zoos a pris le pas sur d’autres modes de pensée jugés d’abord politiquement incorrects mais qui ont amené le grand public à prendre conscience de la nature et des questions environnementales.
Les zoos se sont adaptés à ce changement de cap politique en se faisant passer pour d’importants acteurs de la préservation des espèces et de l’éducation du public, en se présentant comme les arches de Noé des temps modernes.
Ce nouveau message imprègne chaque aspect de l’expérience des zoos et des parcs marins, en ce compris l’exhibition de nouvelles espèces animales, le type d’articles vendus dans les boutiques de cadeaux, le langage utilisé dans les messages publicitaires, les scientifiques et les soigneurs, et même la manière dont les activités des visiteurs sont décrites.
Par exemple, sur son site Web, le zoo du Bronx – qui s’appelle désormais la Wildlife Conservation Society– qualifie certaines de ses exhibitions de «salles de classe vivantes».
Même l’apparence physique des zoos a été conçue pour remplacer l’ancienne atmosphère de ménagerie de cirque par des «éléments naturels», tels que des arbres, des rochers et de l’eau.

On peut se demander si tous ces changements dans le discours des zoos et des aquariums implique un réel changement dans leurs motivations ?
Quelle est la réalité derrière tout ce battage publicitaire? Y a-t-il une preuve que les visites au zoo et au delphinarium présente le moindre caractère éducatif ou ait quelque impact sur la conservation?
Ces entreprises le proclament haut et fort dans leurs brochures et sur leurs sites Web, mais les preuves font défaut.

La sensibilisation des enfants à la vie des chimpanzés

Nous dehors, eux dedans : la sensibilisation des enfants aux menaces qui pèsent sur nos frères chimpanzés et à leur riches cultures. Zoo d'Anvers en 2017.Lire le dossier : https://www.dauphinlibre.be/le-vrai-visage-de-lindustrie-de-la-captivite/

Posted by Dauphins libres et dauphins captifs on Saturday, June 15, 2019


Nous avons ainsi analysé une étude majeure menée par des membres de l’AZA et financée par le National Science Foundation. 
L’étude a été ensuite été largement promue par l’industrie des zoos comme la démonstration définitive que ses installations produisaient des effets à long terme sur l’attitude des visiteurs à l’égard des animaux.
Un communiqué de presse la qualifie même de « recherche pionnière » et affirme que “le fait de visiter des zoos accrédités a un impact mesurable sur les attitudes de conservation et de compréhension chez les viseurs adultes ».
Ce communiqué cite le rapport de Cynthia Vernon, vice-présidente programmes de conservation pour l’aquarium de Monterey Bay :
« L’étude démontre que les zoos et les aquariums améliorent la compréhension du public à propos de la conservation de la faune sauvage et de ses habitats. Il valide l’idée que nous exerçons une influence très forte sur nos visiteurs. « 
Le président et chef de la direction d’AZA, Jim Maddy, déclare pour sa part que «pour la première fois, nous disposons enfin de données fiables validant le rôle positif des zoos et des aquariums qui changent les sentiments des visiteurs quant à la conservation. « 

Est-ce à dire que cette étude est le Saint Graal que les zoos attendaient pour valider leur message d’éducation et de conservation et justifier ainsi le maintien des animaux en captivité  ?
Notre analyse de la méthodologie de l’étude de l’AZA révèle en fait que le étude manque de rigueur scientifique et qu’elle est extrêmement imparfaite. Ses conclusions sont injustifiées.
Par exemple, il faut dès l’abord souligner une faiblesse conceptuelle majeure qui mine l’étude depuis le début.
L’objectif déclaré des auteurs est en effet de déterminer si les expériences des zoos et des aquariums ont une incidence sur les connaissances des visiteurs.

Pourtant, la recherche ne se livre à aucune mesure directe de la connaissance elle-même. Sans mesures directes des changements réels à ce niveau, l’étude peut tout au plus évaluer ce que les persponnes interrogées pensent savoir ou comprendre et non pas, comme annoncé en début d’enquête, ce qu’ils savent réellement.
De plus, comme Bob Mullan et Garry Marvin le rappellent dans une recherche sur les visiteurs de la « maison des reptiles » au Zoo National de Washington, le temps moyen enregistré par les personnes visitant l’ensemble du bâtiment est de 9,7 minutes, avec seulement 26 secondes en moyenne devant chaque vitrine. Il est difficile de voir comment un apprentissage significatif peut se produire dans des périodes aussi courtes.

Eux dedans, nous dehors : les hominiens au Zoo d'Anvers

Eux dedans, nous dehors : les hominiens au Zoo d'Anvers. lire le dossier : https://www.dauphinlibre.be/le-vrai-visage-de-lindustrie-de-la-captivite/

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Plus troublant encore est le fait que les croyances et les pratiques des zoos ont commencé à se propager vers d’autres entreprises d’autres sites, comme les delphinariums, qui favorisent désormais l’interaction

directe entre visiteurs et dauphins. Beaucoup de gens cherchent ce type de rencontres, qui leur permettent de «mettre la main» sur les animaux.

Ce besoin d’une expérience plus «consumériste», plus tactile, a conduit à la croissance de l’industrie de la nage avec les dauphinsCes programmes interactifs sont également liés au très lucratif business de la delphinothérapie, où un client paie pour nager ou interagir avec un dauphin captif tout en s’engageant dans un processus de guérison. Le patient est amené à croire que le dauphin est l’agent thérapeutique clé du processus.

Deux études de Lori Marino et de Scott Lilienfeld sur la validité scientifique de ces programmes de Dolphin Assisted Therapy ( DAT ) ont démonté que ceux-ci se fondent sur des méthodes très imparfaites et qu’il n’existe aucune preuve que cette « médecine douce » soit capable de traiter quelque trouble que ce soit.

Visiteurs et gorille au zoo d'Anvers. Eux dehors, lui dedans... Photo Dauphins Libres

Visiteurs et gorille au zoo d’Anvers. Eux dehors, lui dedans… Photo Dauphins Libres

Le mythe de la conservation

En affirmant que la captivité est nécessaire pour sauver la faune sauvage, un sérieux problème éthique est posé.
La souffrance prolongée du confinement infligée à certains membres d’une espèce menacée serait compensée par les efforts déployés pour sauver leurs homologues dans la nature. Pourtant, l’observation scientifique nous apprend que le stress et les traumatismes de la captivité compromettent la santé mentale et la santé physique des individus et que d’innombrables tentatives de réintroduire des animaux dans un milieu naturel déjà dégradé ont échouées.

Il y a un réel danger à croire au message des zoos et des aquariums.
Si nous prétendons que nous pouvons en apprendre davantage sur les animaux en les regardant languir dans des constructions en acier et en ciment créées par l’homme, alors nous affirmons que les habitats naturels ne sont pas nécessaires.
Et si le contexte naturel des animaux est implicitement présenté comme sans importance, alors les zoos sont en train de contredire la mission qu’ils prétendent défendre, à savoir que la conservation de l’environnement est une préoccupation urgente.

En fait, les zoos apaisent surtout l’inquiétude grandissante du public face à l’effondrement de la biodiversité, au lieu de nous obliger à affronter de manière active le danger d’extinction qui menace tous les animaux.
Les zoos créent un sentiment de sécurité illusoire quant à la la survie et au bien-être des animaux. Un zoo rempli de cages vides pourrait être une façon plus réaliste de transmettre le message d’une destruction imminente des espèces.

Panthère longibande au Jardin des Plantes à Paris. Photo Black to The Sea pour Dauphins Libres

En donnant à la captivité une apparence bienveillante, les zoos et les aquariums cachent le fait que l’emprisonnement forcé est brutal et cruel.
En plus de causer de graves problèmes physiques du fait des mauvaises conditions environnementales qui ne répondent en rien aux besoins éthologiques des animaux, la captivité impose un stress psychologique intense. Béton dur, mouvement limité, bruit, exposition presque constante au regard des visiteurs, absence de vie sociale ou familiale adéquate, menaces ou violences réelles de la part des gardiens minent le bien-être des animaux.
Pour ces raisons, nombre d’entre eux affichent des comportements indiquant un traumatisme psychologique et une grande détresse : automutilation, troubles de l’alimentation, infanticide, hyper-agression, dépression et bien d’autres encore.

Même dans les zoos où l’on s’efforce de fournir des aliments adaptés, des contacts sociaux, un « cadre naturel » et des enrichissements environnementaux, les animaux continuent à souffrir de terribles privations, car il est aussi impossible de simuler la richesse d’une vie naturelle pour d’autres animaux que pour des êtres humains en captivité.

Le Sanctuaire est le remède

Pour venir en aide aux animaux en nombre croissant qui restent dans les limbes de la vie captive, incapable de retourner dans leurs habitats d’origine, de plus en plus de sanctuaires ont été établis.
La différence entre un sanctuaire authentique et un zoo (ou un delphinarium) est énorme. Contrairement à ceux-ci, les sanctuaires sont des endroits créés uniquement dans le but d’accueillir les animaux blessés ou déplacés, des lieux où la culture du divertissement n’entre pas en concurrence avec le bien-être animal. Les sanctuaires ne cherchent pas à acquérir des nouveaux animaux sauvages, ils ne les font pas se reproduire en cage. Ils n’existent que pour fournir un refuge et des soins aux personnes non-humaines qui ont souffert entre nos mains.

De nombreux animaux qu’on trouve dans un sanctuaire viennent des zoos.
Plusieurs raisons expliquent pourquoi les zoos les y abandonnent, notamment lorsqu’un animal devient malade ou âgé, ou lorsqu’il est considéré dangereux ou difficile à manier.

Maggie, une jeune éléphante d’Afrique, en constitue un bon exemple.
Elle a vécu au zoo d’Anaska à Anchorage en Alaska jusqu’en 2007. Après avoir perdu la compagnie d’un autre éléphant, la santé de Maggie a décliné rapidement.
Le personnel du zoo, les vétérinaires, les scientifiques et les défenseurs des animaux ont compris que la survie de Maggie était menacée après avoir vécu de longue années dans des conditions inhospitalières (y compris, bien entendu, la différence drastique entre son climat africain natal et le climat extrême de l’Alaska glacial).
Après de nombreux débats et plus d’une alerte à propos de sa santé, effondrement de l’éléphant, Maggie a été libérée et vit maintenant au refuge de Performing AnimalWelfare Society en Californie, où elle a rapidement retrouvé force et bien-être. Elle vit là-bas avec d’autres éléphants et reçoit divers aliments nutritifs, de bons soins médicaux et un traitement pour ses problèmes de santé. Elle aime marcher sur les hectares et les hectares de son immense habitat verdoyant, plus proche de son Afrique natale que de son enclos à Anchorage.

Maggie en 2004, avant son transfert dans un sanctuaire arboré en Californie (AP Photo/Anchorage Daily News, Bob Hallinen)

Maggie en 2004, avant son transfert dans un sanctuaire arboré en Californie (AP Photo/Anchorage Daily News, Bob Hallinen)

Ceci nous amène à une autre différence entre les zoos et les sanctuaires.
Les sanctuaires reflètent la perspective de l’animal et non celle du visiteur humain- ou de son portefeuille.
Les zoos sont créés spécialement en vue d’objectifs humains. Les sanctuaires sont spécialement conçus du point de vue de l’animal.

Il existe ainsi des sanctuaires conçus pour les besoins des chimpanzés, dont beaucoup sont en convalescence, pour avoir servi des années dans un laboratoire en tant que sujets d’expérimentation biomédicale. D’autres ont enduré une vie difficile dans l’industrie du divertissement.
Les sanctuaires sont également conçus pour soutenir et rétablir la dignité et la conscience de soi de chaque résident. Un sanctuaire fournit le terrain, la flore, l’eau, les compagnons, la bonne atmosphère et la nourriture qui convient. Il offre des lieux passionnants à explorer et répond aux autres besoins particulier qu’un résident peut avoir.

Un sanctuaire recrée ainsi chez l’ancien captif la compétence, le sens de la maîtrise des choses, le sentiment de pouvoir prendre soi-même des décisions et de faire des choix significatifs. Il offre également une parfaite sécurité.
Le sanctuaire peut devenir le refuge d’un animal pour la durée d’un simple séjour ou pour sa vie entière. C’est un endroit où l’on se fait ds amis et on l’on noue des relations sur le long terme.

Etre un humain nous donne-t-il tous les droits ? 

Du fait de l’héritage colonial fait de conquêtes et de possessions, les zoos modernes ont fait payer aux animaux un prix terrible. Ils nous a donné l’occasion de voir n’importe quel animal n’importe quand, où et comment nous le voulons, créant ainsi une culture de l’esclavage et de l’oppression à l’égard des non-humains. Si nous vivons, par exemple, à Atlanta, Cleveland ou San Diego, loin des savanes africaines et des jungles de l’Inde, nous avons pourtant le droit de voir des éléphants et des tigres.

Nous devons nous poser la question : est-ce que le fait d’être un humain nous donne des droits  sur tous les autres créatures de la Terre, c’est-à-dire sur tout l’éventail de la «mégafaune charismatique» exposée dans les zoos et les delphinariums : girafes, tigres, rhinocéros, chimpanzés, orques et dauphins ?
Avons-nous vraiment besoin d’une tel assortiment de vedettes animales en captivité pour comprendre à quel point il est important de les sauver, eux et leurs habitats naturels?
Ne devrions-nous pas plutôt développer une relation de soutien mutuel avec nos proches parents biologiques et apprendre à en prendre soin, sans avoir à les toucher ou à les enfermer derrière des murs et des barreaux ?


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