Le Zoo d’Anvers ne renonce pas aux spectacles d’otaries



Otaries d’Anvers en 2012

Le Zoo d’Anvers ne renonce pas aux spectacles d’otaries

Le Zoo d’Anvers ne renonce pas aux spectacles d’otaries. Pourtant, le ministre Ben Weyts, en charge du Bien-animal, a pris récemment diverses mesures pour durcir les règles de gestion des zoos, toujours encadrées par un décret royal de 1998.

Ainsi, le contact physique entre les visiteurs et les animaux est désormais sévèrement limité. Les volières de passage – où l’on se promène parmi les oiseaux- peuvent être conservées, mais seulement si un membre du personnel est présent en permanence pour superviser.

Lors des présentations au public, les animaux ne peuvent plus être forcés de faire des tours artificiels. 
Ils ne doivent exhiber que des comportements. Chaque zoo flamand doit mettre en place un comité d’éthique ainsi qu’un organisme chargé de surveiller en permanence le bien-être des animaux. Les zoos flamands ont un an pour mettre en œuvre les ajustements demandés.

 Voilà qui n’inquiète guère le zoo d’Anvers pas plus d’ailleurs que le Boudewijn Seapark, supposé être un zoo plutôt qu’un cirque. 
A vrai dire, les spectacles d’otaries sont une tradition bien ancrée dans les zoos, dont les familles avec enfants ne pourraient se passer.  Certains établissements parlent de « nourrissage et dressage aux soins », d’autres parlent encore de spectacles – pédagogiques, bien sûr,  mais tous exploitent ce « dauphin du pauvre » qu’est le lion de mer.
Faute de cétacés, on montrera des pinnipèdes !

Le bassin des otaries au Zoo d’Anvers

Chassez le naturel, il revient au galop
En 1998, sous la pression combinée d’associations belges et d’organisations internationales, le Zoo d’Anvers s’était enfin résolu à fermer son delphinarium, où moururent 29 dauphins et où croupissaient encore depuis 18 ans deux malheureux survivants, Iris et son fils Ivo.
Ceux-ci furent ensuite transférés à Duisburg, où Iris s’éteignit lamentablement en mars 2003.
Rappelons-en les caractéristiques – toujours inchangées – telles que nous les décrivions dès 1998

Conçu dans l’esprit tout en « courbes et béton » des années soixante-dix par l’architecte René GROSSEMANS, le Delphinarium d’Anvers comprend 5 sections :

Le Grand hall
La première est constituée par les locaux accessibles au public, où sont « montré les animaux ». Ces lieux comprennent le grand hall, avec son grand bassin, ainsi que l’entresol où dix grandes vitres d’un mètre sur deux, directement encastrés dans les parois de la piscine, permettent d’observer les dauphins sous l’eau. Le grand hall comprend des gradins où huit cents personnes peuvent prendre place.
Les dauphins nagent dans un bassin en forme de rein de 28 mètres de longueur, 7 mètres de largeur, 3 mètres de profondeur et d’une capacité de 600m3 d’eau artificiellement salée. Tous les bassins ont été construit en béton armé, imperméable à l’action de l’eau.
Néanmoins, pour « éliminer toute apparence d’un basin de natation » mais surtout le développement de micro-algues ou de bactéries dans les fissures du béton nu, son revêtement a été réalisé en résine artificielle (epoxy) d’une jolie couleur blanche, qui renforce par ailleurs l’étanchéité de l’ensemble. 

Les bassins d’entraînement
A l’arrière, loin des regards du public, existe un second local contenant deux bassins d’entraînement de taille nettement réduite, qui servent également de bassin de repos. Ces deux bassins ont en connexion mutuelle grâce à un petit chenal, qui donne également accès au grand bassin. Ce chenal ou sas relie également le grand bassin du hall aux véritables demeures des dauphins. Le chenal proprement dit mesure 1,50 m de profondeur et 1,30 m de largeur.
En direction du grand bassin, situé dans le hall, la profondeur atteint progressivement 2,80 m. A cet endroit, une porte tournante ferme l’entrée du chenal. Cette fermeture comme toutes les autres est réalisée en tubulures métalliques inoxydables.
Plus loin dans le chenal, sont encore prévus trois emplacements pouvant être fermés au moyen d’une trappe. Il est possible de subdiviser ces bassins d’entraînement en de plus petits compartiments, au moyen de filets tendus sur des cadres en PVC. C’est la raison pour laquelle le plus grand des deux bassins a été pourvu de trois issues vers le chenal.
Ces dernières peuvent être subdivisées en section pour séparer les animaux.
Cette salle avec bassin d’entraînement ou de repos comprend deux bassins servant à isoler ou à entraîner ces mammifères aquatiques.
Le plus petit des bassins est cylindrique (diamètre : 5m/profondeur : 3m/capacité : 60m3). Le plus grand est large de 5m, profond de 3m et contient 150m3 d’eau. Ses deux extrémités sont semi-circulaires et sa plus grande longueur est de 11m.

Isolement et quarantaine
Eu égard aux maladies fréquentes – mais peut-être en tant que moyen de rétorsion pour juguler l’indiscipline – un « local d’isolement et de quarantaine » a également été prévu. Cette section possède son propre bassin et se trouve isolé de toutes les autres sections.
« Notre fournisseur, M. James Tiebor » explique benoîtement la brochure ZOO, « attira notre attention sur la nécessité de pouvoir isoler complètement les animaux éventuellement malades ou nouveaux venus. C’est pourquoi il fut construit une section de quarantaine, dont l’alimentation en eau et le système de chauffage sont indépendants de l’installation principale ».
Ses dimensions sont les suivantes :
5 mètres de diamètre, 3 mètres de profondeur, 60 mètres- cube de volume d’eau.
Totalement isolé du reste des dauphins, fermé à clef par la double porte de ce compartiment, doté de sa propre entrée à l’arrière, ce bassin est un vrai cachot. C’est sans doute là que l’un après l’autre, tant de captifs en bout de course sont morts au terme d’une interminable agonie, tandis que la foule, joyeuse et ignorante, applaudissait à tout rompre d’autres clowns tristes encore vivants….

 

L’Aquaforum en 2003

A l’époque, les organisations belges et internationales avaient instamment demandé au Zoo qu’il suspende à jamais toute exhibition publique de mammifères marins.
Le Prince Laurent de Belgique avait notamment plaidé pour qu’un espace multimédia consacré aux cétacés soit construit en lieu et place de ces installations, où plus de 29 dauphins avaient trouvé la mort depuis 1968.
Le geste aurait eu une valeur symbolique : en renonçant à ces pratiques, le Zoo d’Anvers aurait ainsi montré publiquement que ces numéros de cirque n’avaient pas leur place dans un jardin zoologique moderne, en principe dévolu à la protection des espèces gravement menacées.
Il semble que d’autres considérations aient prévalus dans l’esprit des responsables du Zoo.

Dès le  7 avril 2000, l’ancien et sinistre delphinarium s’est transformé en Aquaforum non moins sinistre !
Un show « détonnant » a été mis sur pied durant lequel huit otaries dressées, venues de Californie, y font sauter des ballons au bout de leur museau ou bien encore, tentent maladroitement d’imiter le comportement de l’être humain pour le plus grand plaisir des petits et le plus grand profit du Zoo.

En juillet 2003, les otaries étaient au nombre de huit.  Il s’agissait de 2 mâles dont l’un se nomme Mister Banjo, venu d’Allemagne (ou de Hollande ?) et l’autre Mister Kees, surplus du Zoo de San Diego, castré pour éviter les bagarres.
Les femelles portent les noms de Miss Lilly et Miss Spanky, Miss Trixy , Miss Youki, Miss Zilver et Miss Arielle, ces cinq dernières étant en principe les filles de Miss Lilly et de Mister Banjo.
Lilly, la femelle « dominante » sans doute capturée, aurait engendré 11 bébés otaries, dont bon nombre ont été expédiés au Zoo de la Flèche en France, au parc Nausicaa et au Dolfinarium de Hardewijck.

Une fois encore, la présentation des animaux traduit un anthropomorphisme infantile destiné à faire vendre le produit aux familles avec enfants. Car ici comme du temps des dauphins, la logique est toujours la même : il s’agit de faire croire que la Nature, et les animaux en particulier, n’ont rien de plus urgent que de nous amuser !
Ecoutons le Zoo nous les décrire en 2003 :

« Nos huit otaries sont bien évidemment les acteurs principaux de cette attraction et bien qu’ils se ressemblent tous ils ont chacun leur propre caractère. Spanky, par exemple, refuse toute coopération une fois son ventre rempli. Et que pensez-vous de Trixy, notre chef de bande? Avez-vous déjà fait connaissance avec Kees, notre Monsieur Macho qui prend un plaisir fou à éclabousser ses entraîneuses ?
Quelques anecdotes ? Trixy est un grand spécialiste de l’évasion. Véritable taquin, il oblige constamment ses entraîneurs à trouver de nouvelles astuces !
Les deux amoureux Banjo et Lilly ont mis quelque temps à s’adapter aux vitres sous l’eau. Trop épris l’un de l’autre, ils n’y ont pas trop fait attention. Vous imaginez le reste… Heureusement sans trop de mal pour nos amis. Venez-vous rendre compte par vous-même des superbes moments à passer en compagnie de nos otaries. Ne manquez pas de leur rendre visite à l’Aquaforum. Elles vous y attendent ! »

Traduit en langage adulte : les otaries ne font leur show que sous la contrainte de la faim, comme les dauphins. Elles essaient de s’enfuir et lorsqu’ils font l’amour derrière ces vitres glauques au sous-sol, c’est très gênant pour les enfants. Donc, on les calme avec des médicaments avant les spectacles.
Les otaries domestiquées qu’on nous montre en bassin sont de la race des ces éléphants ou de ces ours des dessins animés à la Walt Disney, bref de ces animaux de conte qui fument la pipe ou portent des lunettes, vivent des histoires humaines et parlent notre langage. C’est ainsi que les tout petits voient les animaux et c’est ainsi que certains Zoos – pas tous ! – se croient encore obligés de les leur montrer.

Les otaries sont pourtant une espèce sociale très intelligente et dotées de cultures propres.   Ce qu’on leur fait faire durant les shows – bisou sur la joue, jets de ballons et rock and roll – n’a que peu à voir avec leurs compétences naturelles (chasse, communication, nage en grande profondeur ) et n’apprend certainement rien de précis aux enfants à propos de la vie réelle de ces sympathiques mammifères marins…

Par ailleurs, si Kees essaye de s’enfuir sans cesse, comme le note plaisamment le texte du zoo cité ci-dessus, c’est sans doute qu’à l’instar de la très grande majorité des animaux captifs, ce genre de vie ne lui plaît guère et qu’il préférerait être libre. Mais il n’a pas le choix, bien sûr.

Faut-il rappeler aussi que les bassins sombres, réniformes et totalement nus du Zoo d’Anvers, qui ont vu mourir tant de dauphins captifs, ne sont pas mieux adaptés aux besoins des otaries, même si la plupart d’entre elles sont nées captives et que l’espace a été sommairement ré-aménagé ?  Aujourd’hui encore, celles-ci nagent en rond, sans fin, dans ce décor vide, les yeux fermés pour se protéger de la morsure du chlore.

L’Aquaforum en 2008

En 2008, un nouveau show d’otaries, plus proche du cirque encore que le précédent, permet aujourd’hui à nos chères têtes blondes d’apprendre que les otaries sautent à travers des cerceaux au premier de coup de sifflet ou exécutent sur ordre des actions qu’elles ne feraient jamais en milieu naturel.

« Après d’intensifs entraînements, les otaries sont prêtes à vous raconter leur histoire. Elles vous confient leur version de la création de la vie: L’EAU! Le début de toutes vies.
Le spectacle est fantastique avec des grands comme Dimitri Leue et Pieter Embrechts qui lui ont donné forme. Une musique unique a été composée pour l’occasion. L´éclairage et le son sont professionnels et le décor a été totalement réaménagé. Tous les moindres détails ont été pris en compte et on en a profité pour délivrer un message au sein du spectacle. 2008: l’année de l’eau. Car l’eau c’est la vie! »
Mais pas quand elle est chlorée et qu’elle brûle les yeux des otaries…

29 avril 2018

Un spectacle d’otaries perturbé par des défenseurs des animaux

Un spectacle d’otaries a été perturbé dimanche après-midi par des défenseurs des droits des animaux.
La police est arrivée sur les lieux et a procédé à 3 arrestations administratives.
Sur la vidéo, un dresseur est en train de s’occuper d’une otarie, trois activistes surgissent avec des panneaux « Stop shows with animals ».

Le public est furieux. Un homme se lève de la scène et s’approche de l’un des militants, qu’il pousse dans l’eau sous les applaudissements de la foule. Au micro, un annonceur demande aux activistes de partir. « Vous ne savez pas de quoi vous parlez. Allez-vous en ! «  crie-t-il plusieurs fois. Pendant ce temps, l’animateur disparaît également de la scène.
Les activistes – avec un accent néerlandais – déclarent que les spectacles avec animaux doivent être arrêtés. Peu de temps après, la lumière s’éteint dans la pièce.
La police locale d’Anvers confirme qu’une intervention a eu lieu dimanche après-midi, et que trois personnes ont été arrêtées pour trouble à l’ordre public. Le zoo d’Anvers a maintenant décidé d’annuler le spectacle avec des otaries pendant trois jours.

Une action du Vegan Strike Group !

9 juillet 2018

Mort de Banjo l’otarie du Zoo d’Anvers

« Cher Banjo, avec tes 30 ans de vie, tu n’étais pas seulement le plus vieux lion de mer d’Europe, tu étais aussi l’un des plus doux.
Tu es arrivé dans notre zoo depuis les Pays-Bas en 1997. Tu avais ton caractère, surtout quand tu n’avais pas reçu ton plat préféré. En tant que père, tu t’es occupé de quatre fantastiques jeunes otaries. Malheureusement, tu as succombé aujourd’hui à ton âge avancé. Tout comme aux cinq autres otaries de l’Aquaforum, tu nous manqueras énormément.

Repose en paix, Banjo! »

Dresseur pour un jour ou comment apprendre la domination sur l’animal aux enfants. Le programme a été lancé en 2019.

2019

Le Zoo d’Anvers ne renonce pas aux spectacles d’otaries

« L’année prochaine, nous entamerons la rénovation de l’Aquaforum », déclarait Ilse Segers en mai 2018.
« Nous ne vous dirons pas encore à quoi ressemblera le nouveau bassin. Bien sûr, il y aura plus de confort pour les animaux et les visiteurs. Et nous rendrons nos exhibitions encore plus éducatives. À notre rythme, et non parce que les activistes le demandent. »

Mais qu’en est-il des poissons morts comme nourriture? 
« Si vous voulez aborder le comportement naturel d’une otarie aussi étroitement que possible, le choix d’une proie morte ou vivante peut être en effet un sujet de discussion. Mais comment allez-vous organiser cela ? Et où tracer la limite ? Pensez-vous, par exemple, qu’il faudrait nourrir les lions avec des chèvres vivantes ? » 

Comment savoir si une otarie aime faire les tours qu’elle fait ? Comparez cela aux chiens: au bout d’un moment, vous savez ce qu’ils aiment faire et ce qu’ils détestent. Un lion de mer n’aime pas trop qu’on examine ses dents. Grâce au dressage, vous pouvez le faire sans être obligé de l’anesthésier.
Non, il n’y a aucune raison éthique d’annuler les spectacles pour toujours ».

Vraiment ?

Les otaries du zoo d’Anvers en 2017. Banjo est décédé depuis lors. Il s’agit d’un vieux groupe. On attend sans doute que les autres otaries meurent avant de lancer les travaux de nouveaux bassins

 


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