Les bélugas de SeaWorld jouent à la chaise musicale

Des bélugas comme Oliver et Grayson permettent à la communauté scientifique de mieux comprendre cette espèce et son comportement. Ils donneront à nos clients l'occasion de s'informer sur eux et finalement de protéger les baleines blanches et leur habitat naturel.

« Des bélugas comme Oliver et Grayson permettent à la communauté scientifique de mieux comprendre cette espèce et son comportement. Ils donneront à nos clients l’occasion de s’informer sur eux et finalement de protéger les baleines blanches et leur habitat naturel ».

Les bélugas de SeaWorld jouent à la chaise musicale

Les bélugas de SeaWorld jouent à la chaise musicale avec ceux du Shedd Aquarium, du Georgia Aquarium et du Mystic Aquarium.
Afin de « promouvoir la diversité génétique et la dynamique sociale des bélugas dans le cadre de soins professionnels et maintenir l’espèce au travers de programmes de reproduction responsables« , six baleines blanches ont été déplacées comme des pions vers cinq delphinariums différents.

Le 9 février 2019,
– Grayson a été transféré du Shedd Aquarium au SeaWorld Orlando
Né en 2007 au SeaWorld San Antonio, ce jeune mâle a été déjà été replacé au Georgia Aquarium le 21 novembre 2010, avant de partir au Shedd Aquarium le 7 février 2016.

Oliver a été déplacé du SeaWorld San Antonio au SeaWorld Orlando
Oliver est né en 2007 à San Antonio. C’est son premier voyage.

Naluark a été transféré du SeaWorld Orlando au SeaWorld San Antonio.
Naluark est un vieux de la vieille. Capturé dans la baie d’Hudson vers 1988, il a quitté le Manitoba pour rejoindre le John G. Shedd Aquarium en 1992. De là, il visite les riantes piscines du Mystic Aquarium jusqu’en 2001 avant de repartir vers le John G. Shedd Aquarium en 2003, puis à nouveau au Mystic Aquarium en 2008 où il reste un an à peine. On le réexpédie au Shedd Aquarium en 2009, il revisite le Mystic Aquarium en 2011 et se repose un peu au SeaWorld Orlando de 2016 à 2019.

– Imaq a été transféré du SeaWorld San Antonio à l’Aquarium de Géorgie.
Capturé en 1987 dans la baie d’Hudson Bay, Imaq a été acheté par le Vancouver Aquarium en 1990. Il a ensuite été déplacé en avril 2011 dans les bassins du SeaWorld de San Antonio.

– Whisper a été transféré du SeaWorld Orlando au Georgia Aquarium.
Whisper est née de parents sauvages au SeaWorld San Antonio en 1999
A 11 ans, on l’enlève à sa mère Crissy pour l’envoyer à Orlando. Son père Luke meurt en 2000 d’une «maladie neurologique».
Whisper a déjà donné naissance à trois bébés, tous morts. Pendant six ans et jusqu’en 2016, Whisper a du être isolée à l’arrière du parc, tellement elle se faisait attaquer par ses co-détenus.

Le 10 février 2019, 
– Natasha a été transférée du SeaWorld San Antonio au Mystic Aquarium.
Capturée dans les années 80 dans la baie d’hudson, Natacha a quitté le Manitoba pour le New York Aquarium en 1984, avant d’être envoyée au Mystic Aquarium en 2002, puis retour au New York Aquarium en 2004. Pas le temps de souffler ! En 2005, elle part au Georgia Aquarium ou elle demeure trois ans. On la remet sur sa civière en 2009 pour la transporter au SeaWorld de San Antonio d’où elle vient de repartir aujourd’hui.

Mais pourquoi tous ces déménagements ?

Écoutons le point de vue du Georgia Aquarium
L’aquarium de Géorgie vient d’accueillir deux nouveaux bélugas qui vont s’installer dans leur nouveau «pod» aux côtés des résidents, Qinu, Nunavik et Mapple.
« C’est le samedi 9 février que le béluga mâle Imaq et la femelle Whisper sont arrivés au Georgia Aquarium en provenance de SeaWorld Orlando et de SeaWorld San Antonio.
Imaq a 31 ans. Il servira de modèle à Nunavik, un jeune mâle de 9 ans. Whisper a 19 ans et elle est de couleur gris-marbre. On le sait très bavarde, tout comme les autres femelles, Maple et Qinu.
Les nouveaux-venus seront présentés aux autres baleines blanches durant leur première semaine au Georgia Aquarium. Ils seront surveillés attentivement pendant que le nouveau groupe déterminera sa structure sociale.
Les formateurs qui les soignent chaque jour les intègrent déjà aux sessions de dressage, d’enrichissement et de prévention 
».

Au Mystic Aquarium, les bélugas ont des maladies de peau.

Au Mystic Aquarium, les bélugas ont des maladies de peau.

On croit rêver.
Après tant de naissances ratées et de morts précoces, le Georgia Aquarium s’acharne encore !
Dans une fuite en avant suicidaire et désespérée, il tente de sauver ce qui peut l’être avec ses partenaires propriétaires de bélugas. SeaWorld tient le même discours délirant, vierge de toute mémoire du passé.
« Il reste moins de 30 bélugas dans des installations reconnues en Amérique du Nord. Il est donc crucial que les delphinariums soutiennent ensemble cette population, qui offre tant de possibilités de recherche et continue de connecter des millions de personnes avec ces animaux incroyables.
Des bélugas comme Oliver et Grayson permettent à la communauté scientifique de mieux comprendre cette espèce et son comportement. Ils donneront à nos clients l’occasion de s’informer sur eux et finalement de protéger les baleines blanches et leur habitat naturel. Ces échanges entre aquariums contribuent à promouvoir la diversité génétique dans les programmes de reproduction de ces bélugas ».

Tout le monde sait pourtant – et les faits les plus bruts sont là pour le prouver – que les bélugas survivent très mal en captivité et qu’ils s’y reproduisent encore moins bien. Il leur arrive aussi de se taper dessus ou d’agresser leur dresseur, des comportements qu’on imaginerait difficilement en mer.

On est bien loin de la mer, ici, et les glaciers sont en béton peint.
Ces bélugas ne sont que de simples pions pour les entreprises qui les exploitent et les déplacent sur l’échiquier de leur survie économique. Il faut des bélugas, du moins tant que le public en demande.
Alors on les déménage, sans cesse, d’un coin à l’autre des États-Unis, en infligeant à ces mammifères marins des voyages épuisants par route et par air, avant de leur imposer l’épreuve de s’intégrer une fois encore dans un nouveau « pod », comme le dit sans rire le Georgia Aquarium

Car ce n’est pas un pod, bien entendu, ce sont des bélugas acculturés, des orphelins toujours en voyage, dont les parents sont issus de tribus différentes.
Comment peut-on comparer cela aux vastes et solidaires familles élargies des bélugas sauvages, qui réunissent parfois des centaines de personnes, où tout le monde se connaît depuis l’enfance, où tout le monde porte un nom et partagent un langage si complexe qu’aucun humain n’est encore parvenu le décoder.

Changer de bassin est une expérience extrêmement traumatisante pour les cétacés.
Beaucoup sont morts avant, pendant ou après ces voyages en camion et dans les soutes d’un avion bruyant. On le sait depuis bien longtemps et de nos jours, les delphinariums s’efforcent en principe de limiter les déplacements de leurs détenus. La reproduction artificielle a même été présentée comme un remède aux transferts incessants de « reproducteurs ».

Pour les bélugas, pas de pitié !
Il faut de nouveaux bébés pour attendrir les foules même si la plupart meurent quinze jours plus tard. Il faut d’urgence de nouvelles baleines blanches, quand le Georgia Aquarium en a déjà perdu 7 et qu’au Canada, le Vancouver Aquarium a jeté le gant, après avoir perdu toutes ses orques et tous ses bélugas.

Mais le Georgia Aquarium s’accroche. Et avec lui, le Shedd Aquarium, le Mystic Aquarium et bien sûr SeaWorld. Tous sont en grande détresse, car les stocks d’esclaves s’amenuisent.
Ce n’est pas faute pourtant d’avoir tenter de les renouveler de façon responsable.

Ces quatre sociétés-là s’étaient mises ensemble pour commanditer la capture de 18 bélugas sauvages en Russie !
Et à qui avaient-ils passé la commande ? Eh bien, aux mêmes sociétés russes qui aujourd’hui encore, détiennent de 11 orques et 67 bélugas destinés à la Chine dans une baie près de Vladivostok.
Au terme d’une bataille acharnée, ce permis honteux leur avait été refusé par la justice américaine.
Et c’est pourquoi se déroule aujourd’hui ce monstrueux jeu de chaises musicales avec des bélugas.

Les 18 bélugas russes n'étaient plus que 14 à la fin du combat juridique avec le Georgia Aquarium. Ils ont fini en Chine et au Japon.

Les 18 bélugas russes n’étaient plus que 14 à la fin du combat juridique avec le Georgia Aquarium. Ils ont fini en Chine et au Japon.


Quand les bélugas donnent naissance en prison

Vancouver : c’est la toxine du désespoir qui a tué les bélugas

Les bélugas valorisent la culture et les liens familiaux

Mort de Maris : les bélugas captifs s’éteignent aux USA

Qila ou l’échec de l’élevage en bassin