Les bonobos de Planckendael dans leurs nouveaux enclos

Les nouveaux enclos bonobos de Planckendael

Les nouveaux enclos des bonobos de Planckendael

Les bonobos de Planckendael dans leurs nouveaux enclos

Avec un mois de retard, les bonobos de Planckendael ont rejoint leurs nouveaux enclos. Voilà un an et demi qu’ils attendaient, entassés tous ensemble dans un bâtiment en brique rouge, discrètement situé en lisière du parc, sans que nul puisse les apercevoir. 

Les bonobos de Planckendael vivaient depuis les années 70 dans une sorte de grande salle de bains, aux murs de carrelage blanc, conçus dans la plus pure tradition hygiéniste des années 30. Et même s’ils avaient accès à leur ilôt boisé les jours de beau temps, les tensions devaient être terribles en hiver dans ce huis clos aux allures cliniques.

La salle de bains des bonobos, avant les travaux (Ici en 2012 – Photo Dauphins Libres )

Aujourd’hui leur espace intérieur s’est singulièrement modifié.
« Les bonobos du ZOO Planckendael ont reçu un nouvel enclos : Expédition Bonobo. Disons plutôt un nouveau paradis. Cinq fois plus grand que le précédent. Plus d’espace donc pour des rencontres étonnantes avec ces grands singes du ZOO Planckendael.
Vous les verrez jouer, s’épucer, grimper, se disputer puis se réconcilier. Et tout cela, de très près. Les treize bonobos peuvent vivre ici comme dans la nature. Soit rester en groupe, soit s’isoler dans un coin tranquille. Un sentier passionnant
Les visiteurs se glissent dans la peau du scientifique aventurier et étudient les bonobos dans leur habitat »…

Sur les lieux même, le spectacle est un peu différent, surtout un samedi lorsque des embouteillages de pousettes bloquent le couloir d’entrée. Le parcours « Expédition Bonobo » n’a pas l’air d’intéresser grand monde, ni les explications à l’ancienne affichées sur des petits panneaux.
En revanche, la foule se bouscule pour s’approcher des larges fenêtres qui s’ouvrent sur les enclos et au-delà desquelles on aperçoit deux jeunes singes en train de faire les fous.

Le concept d’immersion, devenu la norme dans les grands zoos, permet désormais au public de se coller littéralement aux vitres. De petites guérites vitrées sont même prévues à l’intérieur des enclos, où les bonobos surpris verront surgir la tête des visiteurs. Le but est de pénétrer au plus profond de l’intimité de ces hominiens, nos frères.
« Ne les regardez pas dans les yeux ! » avertit pourtant un panneau à l’entrée.
Mais comment faire autrement, quand on se trouve à quelques centimètres de bonobos qui nous regardent ?

Côté grands singes, c’est sûr, on gagne au change.
Les bonobos disposent maintenant de plusieurs espaces intérieurs, dont certains ne sont pas visibles.
«Nous avons appris qu’il est très important que les bonobos puissent se démarquer de leurs pairs. Il est très naturel que les singes se divisent en petits groupes», explique Matthias Papies, conservateur des mammifères à Planckendael.
« Les singes sont également encouragés à utiliser des outils. Ils peuvent ramasser avec des bâtons dans les termitères ou les souches. Nous plaçons des tubes avec, par exemple, du yogourt ou de la moutarde et d’autres saveurs étranges afin de maintenir leur intéret. Nous savons aussi qu’ils peuvent transformer un bâton en brosse pour ramasser des matières liquides».

Leur transfert a eu lieu un dimanche.
« Les animaux dangereux sont généralement endormis. Douze des treize grands singes sont entrés de leur plein gré dans l’ unité de transport avec nous, après que les gardiens y aient travaillé pendant quatre mois. Un exemple pour le monde du zoo.
Pour l’instant, les animaux explorent encore les espaces intérieurs, ils ne sont pas encore autorisés sur leur île ».

Les nouveaux enclos des bonobos de Planckedael comprennent 4 locaux réliés par des couliors, qui permettent aux détenus de s'isoler des humains ou des leurs

Les nouveaux enclos des bonobos de Planckedael comprennent 4 locaux réliés par des couloirs, qui permettent aux détenus de s’isoler des humains ou des leurs.

 

Les bonobos disposent maintenant de plusieurs espaces intérieurs, dont certains ne sont pas visibles. On aperçoit des cages au sous-sol...

On aperçoit ici des cages au sous-sol…

Homo paniscus ou Pan paniscus ?

Cela fait toujours un peu bizarre d’entendre le terme « animaux » quand on parle de nos si proches cousins les grands singes. Avec eux, on se retrouve à cheval sur la limite imagniaire qui sépare les humains des non-humains.
Selon des scientifiques de l’Université de Washington, le patrimoine génétique de l’homme serait très similaire à celui du bonobo. Une récente étude réalisée sur le système musculaire des bonobos publié dans la revue Scientific Reports a en effet révélé que ce singe se rapprochait davantage de nous que les chimpanzés.

Plus largement, les méthodes phylogénétiques ont permis d’établir que Pan paniscus, le bonobo, et Pan troglodytes, le chimpanzé, sont les primates les plus proches de l’homme.
Entre deux humains, les génotypes sont semblables à 99,9 %, tandis que la ressemblance entre l’humain et le bonobo serait de 98,7 %.
L’homme aurait divergé il y a 4,5 millions d’années du tronc commun, tandis que l’embranchement bonobo-chimpanzé ne remonterait qu’à un million d’années, une spéciation tardive essentiellement causée par une séparation géographique.
L’homme est également plus proche des deux espèces de chimpanzé qu’il ne l’est des autres primates, comme le gorille dont la divergence remonte à environ 8 millions d’années.

A cause de cette proximité extrême entre nos espèces, certains auteurs proposent à raison de classer chimpanzés et bonobos dans le genre Homo, sous les noms respectifs d’Homo troglodytes et Homo paniscus. Ce qui les placerait directement aux côtés d’Homo habilis, Homo erectus ou Homo ergaster.

Nous ne sommes donc pas très loin ici des zoos humains, jugés si scandaleux, alors que la vision d’un chimpanzé ou d’un bonobo en cage ne suscite pas la moindre indignation…

L’espace dévolu aux bonobos est désormais de 400 mètres 2, divisé en 9 sections

 


Bonobos malades : panique à Planckendael !

Grands singes au Zoo d’Anvers : enfin à l’air libre !