Les dauphins de SeaWorld ne sont pas des planches de surf

Si "Blue Horizon" a cédé la place à des shows moins spectaculaires en 2017, les dauphins continuent à être chevauchés de touts les manières. ©dreamstime.com/Paul Brewster

Si « Blue Horizon » a cédé la place à des shows moins spectaculaires en 2017, les dauphins continuent à être chevauchés de touts les manières. ©dreamstime.com/Paul Brewster

Les dauphins de SeaWorld ne sont pas des planches de surf !

Les dauphins de SeaWorld ne sont pas des planches de surf ! Voilà le message que PETA a voulu faire passer auprès des responsables du parc d’attractions lors d’une récente conférence de presse.
Si le documentaire « Blackfish » a su mettre le focus sur les  orques captives et susciter un immense mouvement d’opinion réclamant la fin de leurs spectacles et de leur reproduction dans les geôles de SeaWorld, on oublie trop souvent que les dauphins, eux, n’en ont guère bénéficié.

Le 5 juin dernier, lors d’une conférence de presse tenue non loin du SeaWorld de San Diego, l’association PETA a donc voulu rappeler que les dauphins étaient toujours là, à se reproduire comme des lapins et à faire des spectacles idiots, dignes d’une arène de cirque, dont certains les faisaient particulièrement souffrir.
En échange de bouts de poissons morts, les dauphins sont forcés de se produire deux fois par jour devant la foule, au son d’une musique tonitruante susceptible de provoquer chez eux un stress chronique.

La pratique consistant à faire se dresser les dauphins hors de l’eau et à leur faire porter tout le poids d’un dresseur sur le rostre ou le dos est particulièrement préoccupante, a déclaré la docteure Heather Rally, vétérinaire de la PETA Foundation.
Nombre d’entre eux présentent en effet des plaies ouvertes sur cette partie du  corps ainsi que des cicatrices, qui témoignent de lésions antérieures.
Même s’il est courant que les dauphins blessent leur rostre sur le béton nu des bassins, SeaWorld les oblige encore et toujours à exécuter ces numéros de cirque humiliants qui n’ont aucun sens pour eux ni la moindre valeur pédagogique pour le public assis sur les gradins.

Les dauphins de SeaWorld transformés en planches de surf

Les dauphins de SeaWorld transformés en planches de surf

Ces cascades spectaculaires sollicitent la mâchoire inférieure très sensible de ces mammifères marins, au point d’endommager leurs muscles et leurs articulations.
Remplie de tissu adipeux qui permet normalement aux cétacés de percevoir les vibrations sonores sous-marines à travers l’os de la mâchoire, la mâchoire est une structure sensible indispensable à l’audition et à l’écholocation des dauphins.
En infligeant un traumatisme régulier au rostre, ce genre de prestations fait souffrir les dauphins et peut finalement les rendre à moité sourds.

« Nous demandons à SeaWorld de cesser au moins de monter sur le rostre des dauphins et de ne plus les utiliser comme des planches de surf pour ces ridicules spectacles de cirque », a martelé Heather Rally . « Nous leur demandons de retirer ces animaux dans des sanctuaires marins où ils pourront avoir enfin la possibilité de s’épanouir normalement. »
Soumettre les dauphins « à un tel comportement non naturel » pourrait également exacerber l’agressivité entre les dauphins, a-t-elle précisé.

Les morsures en râteau témoignent de l'agressivité exacerbée des cétacés captifs. interivdici©dreamstime.com/Paul Brewster

Les morsures en râteau témoignent de l’agressivité exacerbée des cétacés captifs. interivdici©dreamstime.com/Paul Brewster

Lors d’une conférence de presse tenue simultanément, les représentants de SeaWorld Entertainment Inc ont défendu de leur côté le traitement réservé aux dauphins et ont nié que les spectacles puissent leur causer le moindre tort.
« Ils sont traités comme des rois », a déclaré Hendrik Nollens, vice-président de SeaWorld pour la santé et le bien-être des animaux, insistant sur le fait que « si les comportements en question causaient de l’inconfort aux animaux, ils ne reviendraient pas et ils ne le feraient plus.
« Ils sont plus rapides que nous, ils sont plus forts que nous. Ce sont eux qui commandent. Ils choisissent. Ils décident d’accepter l’interaction ou non ».
Dont acte, mais on s’étonne tout de même qu’ils acceptent toujours

SeaWorld avait déjà été confronté à une violente réaction du public et à une chute de ses revenus après la diffusion du documentaire Blackfish en 2013, qui dépeignait la captivité des orques comme cruelle et contre-nature.
Le film, que SeaWorld a toujours estimé inexact et trompeur, revenait également sur les circonstances de la dresseuse Dawn Brancheau en 2010, entraînée sous l’eau et démembrée par l’orque Tilikum en Floride.
Les dresseurs de SeaWorld n’avaient plus été autorisés à retourner dans l’eau avec des orques lors des représentations qui ont suivi ce drame, et encore moins à se servir d’elles comme de planches de surf. En mars 2016, SeaWorld a annoncé qu’il mettrait fin à la reproduction de ses orques en captivité, mais que les individus déjà captifs resteraient dans leurs bassins tant qu’ils vivraient.

« Bien qu’il n’y ait pas eu de film « Blackfish« pour les dauphins, il est essentiel que ce rapport ait le même impact que mon documentaire sur les orques », a déclaré la réalisatrice Gabriela Cowperthwaite, lors de la conférence de presse de PETA.
Il reste environ 140 dauphins et 20 orques dans les installations de SeaWorld.

Le rapport de PETA a été co-écrit par Toni Frohoff, biologiste du comportement des mammifères marins, qui s’est basée sur des « observations approfondies » menées dans les trois parcs de SeaWorld – celui de San Diego en Californie, d’Orlando en Floride et de San Antonio au Texas.

Toni Frohoff s’était également livrée à une analyse de la situation dramatique des dauphins du Boudewijn Seapark à Bruges. Son rapport a cependant été considéré comme nul et non avenu par la commission parlementaire mandaté par le gouvernement fédéral belge. Cette commission lui avait préféré le rapport bâclé d’un doctorant spécialisé en rat de laboratoire qui assurait que les 11 dauphins alors présents dans les bassins minuscules du parc marin flamand se portaient à merveille.
Et si les dauphins de Bruges ne portent plus leur dresseur sur le dos depuis deux ou trois ans, puisque leurs shows sont devenus, comme ceux des orques à SeaWorld, « naturels et pédagogiques », ils ne continuent pas moins de sauter au coup de sifflet en échange de bouts de poissons morts….

SeaWorld sert de modèle à la plupart des delphinariums dans le monde. Ici au Boudewin Seapark de Bruges. Photo ©Dauphins_Libres

SeaWorld sert de modèle à la plupart des delphinariums dans le monde. Ici au Boudewin Seapark de Bruges. Photo ©Dauphins_Libres

 

Lire le rapport complet sur la page SeaWorld of Hurt


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