Les delphinariums turcs refusent de disparaître !



Planté au bord d’une autoroute, accessible par bateau, le delphinarium turc est devenu un moteur du tourisme local, grâce notamment aux nombreux visiteurs britanniques

Les delphinariums turcs refusent de disparaître !

Les delphinariums turcs refusent de disparaître et leurs propriétaires l’ont fait savoir lors d’une conférence de presse, à l’heure où le Parlement se prépare à discuter d’une interdiction possible des cirques et delphinariums en Turquie.
Leurs arguments sont simples : « Vous allez tuer le tourisme et la delphinothérapie ! »


Un récent projet de loi présenté devant le parlement envisage d’interdire à terme les cirques avec animaux et les delphinariums en Turquie

Les delphinariums turcs, qui suscitent régulièrement colère et indignation chez les défenseurs de la cause animale, tant à l’intérieur du pays qu’au niveau international, disposeront de deux ans pour organiser la réhabilitation de leurs animaux, sur proposition d’un comité parlementaire.
Le comité recommande également d’interdire l’ouverture de nouveaux delphinariums dans le pays, qui abrite actuellement 10 de ces parcs marins. Ces directives s’intègrent à un projet de loi plus large sur les droits des animaux, qui interdira également les zoos si le Parlement l’approuve.

En réponse, Cenk Gökalp, président d’une association de propriétaires de delphinariums, a tenu jeudi une conférence de presse dans la capitale Ankara, la capitale, entourés par des représentants de sociétés de tourisme et par les membres d’une association dédiée aux enfants autistes.
« Nos dauphins ne se trouvent pas dans un pire état que ceux des delphinariums d’Europe ou du monde entier », a déclaré M. Gökalp au sujet du bien-être des dauphins captifs en Turquie.
« Les delphinariums contribuent au tourisme, à l’économie, à la santé et à la vie sociale. Ils ne doivent pas être catégorisés comme des zoos ou comme des cirques », a-t-il déclaré. Gökalp a ajouter que leurs « installations » avaient beaucoup investi dans le bien-être des animaux.
Tolga Gökçe, responsable de la Fondation turque pour le soutien aux personnes autistes, a pris à son tour la parole pour assurer que la delphinothérapie avait contribué à améliorer la santé de bien des enfants.

Ce projet de loi est une mauvaise nouvelle pour les delphinariums mais sonne comme une victoire pour les défenseurs des animaux. Les activistes ont unanimement salué la proposition de loi, présentée près de dix ans après que la plate-forme Freedom For Dolphins ait lancé sa première campagne pour exiger la fermeture des parcs marins en Turquie.
Avec deux victoires à son compteur : le fermeture de l’abominable prison aquatique de Kas et la libération de Tom et Misha. Le delphinarium de Bodrum est au centre de leur combat actuel.

Le rapport de la commission parlementaire se fonde sur une enquête menée par ses membres et fait écho aux accusations des défenseurs des animaux selon lesquelles la torture routinière que les dauphins subisse dans les delphinariums leur inflige des dommages physiques et psychologiques important.
Le rapport souligne par ailleurs qu’il n’existe aucune preuve scientifique sur l’efficacité réelle du traitement de l’autisme par des dauphins captifs.

D’autres zones d’ombre dans les delphinariums turcs

La Commission d’enquête parlementaire sur les droits des animaux, a donc rendu un rapport proposant d’interdire les cirques avec animaux et les delphinariums dans toute la Turquie.
Le rapport recommande également la fermeture dans un délai de deux ans. des cirques pour animaux et des delphinariums touristiques encore en exercice
«Pour l’instant, il ne s’agit que d’un rapport de recommandation. Ce n’est pas un document juridiquement contraignant », déclare Öykü Yağcı, porte-parole de la plate-forme Freedom for Dolphins, –  Yunuslara Özgürlük   – qui a présenté le rapport à la commission parlementaire en mai dernier. « Mais bien sûr, nous allons donc continuer à progresser dans le processus jusqu’à ce qu’un règlement législatif soit établi »

Öykü Yağcı, la militante légendaire de Yunuslara Özgürlük
Öykü Yağcı, la militante légendaire de Yunuslara Özgürlük

En Turquie, il existe 10 delphinariums et parcs aquatiques où des mammifères marins, tels que les dauphins, les bélugas, les morses et les otaries, sont maintenus en captivité et obligés de divertir les visiteurs. Ils se situent à Istanbul et dans diverses stations balnéaires de la mer Égée et de la Méditerranée, notamment à Kuşadası, Bodrum, Marmaris, Belek et Alanya, depuis 2005 environ.
Les projets d’ouverture de nouveaux cirques pour animaux à Istanbul et dans la province égéenne d’Izmir ont récemment été annulés en raison du tollé général lancé par des groupes de défense des animaux.
Un procès en annulation de la licence d’un delphinarium à Bodrum est actuellement à l’ordre du jour de la cour d’appel.

L’Association des delphinariums, une organisation professionnelle qui regroupe les exploitants de parcs marins et cirques avec animaux, a également été invitée à la commission parlementaire.
«Les animaux que nous détenons peuvent vivre jusqu’à 40 ou 45 ans dans nos parcs aquatiques, alors qu’en milieu naturel, leur moyenne d’âge soit de de 17 à 20 ans», a déclaré à la commission Titisme Parmak, vice-président de l’association du cirque animalier, confondant allégrement espérance de vie (65 ans chez les dauphins libres) et moyenne d’âge (15 à 20 ans en delphinarium).
« Il n’est pas possible qu’un animal malheureux et persécuté puisse vivre aussi longtemps. De plus, il n’est pas correct de considérer ces lieux comme des centres de loisirs. Nos visiteurs peuvent également y assister à des spectacles pédagogiques qui reproduisent le comportement naturel de ces animaux », a-t-il ajouté, soulignant que quelque 900.000 visiteurs nationaux et étrangers fréquentent les cirques animaliers en Turquie chaque année.

M.Parmak a enfin rappelé que les aquaparks sont également utilisés dans le cadre de thérapies pour les personnes porteuses de handicap – un argument auquel Öykü Yağcı s’oppose fermement par ces mots :
« Les dauphins sont couramment utilisés pour traiter l’autisme ou les patients atteints du syndrome de Down. De nombreux experts issus de diverses ONG de confiance nous ont expliqué qu’il n’existait aucune découverte scientifique susceptible de confirmer l’efficacité de ces thérapies ».


Il y a d’autres zones d’ombre dans les bassins des parcs marins turcs.

Öykü Yağcı affirme que les cétacés proviennent du Japon et de la Russie, où la chasse aux mammifères marins est légale. Dans le cahier des charges, les animaux sont faussement inscrits comme des «coryphènes», qui ne sont même pas des mammifères marins mais un genre de poisson. Ou bien qu’ils auraient été introduits pour des raisons scientifiques, etc.
La plate-forme Freedom for Dolphins a ainsi découvert l’importation d’une trentaine de mammifères marins du Japon par l’intermédiaire des Émirats arabes unis en consultant simplement les documents de la CITES, dont la Turquie est signataire depuis 1996.

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