Les derniers bélugas russes livrés à la Corée du Nord

Le dernier "lâcher" de bélugas a eu lieu fin octobre dans la région de Sakhaline. Aucun suivi n'a été donné, aucune balise satellite n'a été posée...

Le dernier « lâcher » de bélugas a eu lieu fin octobre dans la région de Sakhaline. Aucun suivi n’a été donné, aucune balise satellite n’a été posée…

Les derniers bélugas russes livrés à la Corée du Nord

Les derniers bélugas russes encore détenus à la Prison des Baleines seront-ils livrés sans défense aux braconniers de la Corée du Nord ? La décision a en tous cas été prise, sur une nouvelle injonction présidentielle, de libérer les 50 derniers détenus dans les eaux côtières du kraï de Primorsky (Mer du Japon), à un bon millier de kilomètres de leur eaux natales.

Le plus grand danger auquel ils devront faire face viendra des bateaux de pêche venus de la Corée du Nord qui utilisent des filets dérivants illégaux. Le Service fédéral de sécurité (FSB) russe devra impérativement dégager cette zone de ces braconniers. L’opération devra se dérouler pour le 1er novembre au plus tard.

Vyacheslav Bizikov, le directeur adjoint de VNIRO, a déclaré que le gouvernement russe lui avait confié une mission bien difficile.
Pour l’accomplir, VNIRO ne dispose que de deux navires de recherche – le Zodiaque et le Kaganovsky – qui peuvent prendre à leur bord 14 et 36 bélugas, respectivement. La libération de tous les cétacés devrait être réalisée par deux navires simultanément, mais cette fois-ci, ce ne sera pas dans la mer d’Okhotsk, où les bélugas avaient été capturés et où ils ont vécu leurs deux premières années.

En raison des conditions météorologiques prétendûment difficiles dues aux tempêtes d’automne – ce que certains contestent – et de la nécessité d’assurer la sécurité des personnes et des animaux sur une mer démontée, VNIRO et sa branche du Pacifique  TINRO ont donc fait le choix de relâcher les dernières baleines blanches au sud du Kraï de Primorsky, dans la baie d’Uspeniya, non loin de la réserve d’état de Lazovsky.

D’ autres options auraient été discutées, cependant, les participants à la réunion préparatoire à cette libération ont conclu qu’avec les délais imposés et le manque de financement, c’était la seule option acceptable.
De la baie de Srednyaya à la baie d’Uspeniya, il n’y a pas plus de 100 km du transport maritime. Les experts de TINRO ont reconnu que la mer du Japon n’était pas l’habitat naturel de ces bélugas, mais que les eaux étaient poissonneuses dans la région et et que les animaux libérés auront assez d’opportunités pour se nourrir.

Les scientifiques qui ont participé à la réunion, mais aussi Jean-Michel Cousteau, ont exprimé leur très vives préoccupations à propos de cet ultime transfert.
Selon Olga Shpak, l’une des principaux experts en cétacés en Russie, il y a fort peu de chances que les jeunes bélugas libérés puissent passer de la partie sud de la région de Primorsky jusqu’au golfe de Sakhaline et y retrouver la population indigène de bélugas sauvages avant le début de leur migration automnale vers le Nord.
Quant à retrouver leur famille d’origine, c’est évidement à peu près impossible dans de telles conditions.

Le chargement des derniers bélugas : la prison des baleines sera bientôt vide

Le chargement des derniers bélugas : la prison des baleines sera bientôt vide

En outre, les spécialistes soulignent aussi le fait que dans cette partie de la mer du Japon où la libération est prévue, des centaines de navires nord-coréens braconnent des poissons et des fruits de mer dans les eaux territoriales de la Russie. Les services frontaliers du FSB seront-ils capables d’empêcher les pêcheurs nord-coréens illégaux de capturer une nouvelle fois ces malheureux bélugas en bas-âge ? On peut sérieusement en douter !

Il y a quelques jours, des rumeurs évoquait la vente des 50 derniers bélugas à leurs commanditaires chinois. Manifestement, un coup de poing présidentiel a du résonner sur une table, auquel l’agence VNIRO est priée d’obéir.
Mais comme depuis le début de ces opérations de libération hautement fantaisistes, pour ne pas dire complètement foutraques, on sent que VNIRO traîne une fois de plus les pieds et n’obtempère qu’à contre-cœur.

Le manque de financement évoqué par l’agence est particulièrement choquant, sachant que ces gens se sont grassement enrichis pendant des années en capturant des centaines de bélugas et des dizaines d’orques et en les revendant à la Chine à des prix défiant toute concurrence. Il est affligeant que la Russie donne ainsi au monde extérieur l’image d’un état voyou, incapable de contrôler les escrocs qui prospèrent en son sein.

Qu’arriverait-il si certains de ces malheureux enfants à peine sevrés étaient capturés par la Corée du Nord ?
Eh bien, s’ils ne se noient pas dans leurs filets, ils iront au delphinarium ! Car oui, cela existe aussi là-bas, même si nous ignorons tout des cétacés qui s’y trouvent enfermés…
Apparemment, ils n’ontpas encore de baleines blances dans leurs spectacles !

Les deux navires de VNIRO – le «Zodiac» (avec 4 conteneurs pour 14 bélugas) et le «Professeur Kaganovsky» (avec 9…

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Après avoir bloqué des 4 fers en prétendant que les derniers bélugas n'étaient pas destinés à être libérés mais bien à…

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7 novembre 2019

Les 50 derniers bélugas ont commencé à être embarqués à bord des deux navires de recherches !

Sources :

Free Russian Whales

VNIRO

Agence TASS


Prison des baleines : 50 bélugas réservés pour la Chine

14 bélugas de la Prison des Baleines vont retrouver la liberté

L’Or noir et blanc de l’Extrême Orient russe