Les rhinocéros blancs de Pairi Daiza

Les rhinocéros blancs du Sud à Pari Daiza. Photo crédit Myriam D.

Les rhinocéros blancs de Pairi Daiza

Les rhinocéros blancs de Pairi Daiza ont suscité une récente controverse entre l’association Wolf Eyes et le parc hennuyer, qui a conduit ce dernier à traduire en justice le responsable de l’ASBL, Jean-Michel Stasse.
Que reproche-t-on exactement à M. Stasse ? D’avoir laissé entendre que les rhinocéros de Pari Daiza provenaient d’une réserve du nom de Rhinoland, à l’usage des chasseurs de trophées, alors qu’il s’agissait de Buffaloland, une réserve également, mais destinée cette fois aux seuls chasseurs d’images.
« Il y a quelques semaines, l’Aqualien, président de l’ASBL Wolf Eyes, active dans la lutte anti-zoo, publiait sur son profil Facebook une information relative à Éric Domb.
Selon lui, le patron de Pairi Daiza serait ami avec le chasseur et homme d’affaires Philippe Vastapane.
Selon Jean-Michel Stasse, ce dernier serait propriétaire d’une ferme de chasse en Afrique du Sud, dont seraient issus les rhinocéros du parc animalier de Brugelette.
Ce que Eric Domb réfute. Selon son avocat, les rhinocéros ne proviennent pas d’une ferme de chasse, mais d’une ferme d’élevage.
Toutes deux sont propriétés de la famille Vastapane, mais ne poursuivent pas le même but ».

Situées dans la même province d’Afrique du Sud, le Limpopo, ces deux réserves sont en effet distinctes.
Mais elles appartiennent, non à une « famille », mais bel et bien à un seul et même homme dont le nom apparaît d’ailleurs sur le site web de Rhinoland et de Buffaloland : M.Philippe Vastapane.

Or, comme le rappelle un abonné du site Les Zoos dans le Monde, ces réserves de chasse et de conservation ne sont pas totalement imperméables les unes aux autres.
« Comme plusieurs d’entre nous ici, j’avais vu il y a quelques temps ce reportage sur les fermes d’élevage de rhinos blancs en Afrique du Sud. Force y était de se rendre compte que ce n’était pas vraiment de l’élevage mais plutôt de la gestion de cheptel de parcs et de réserves privées très étendues.  Ces prétendues fermes avaient des enclos qui servaient surtout à sociabiliser les jeunes rhinos entre eux et avec les humains avant d’être envoyés dans des zoos du monde entiers.
Sinon, elles servaient à échanger des animaux entre propriétaires de réserves, de lieu de vente d’enchères pour des reproducteurs ou pour des trophées de chasse (presque toujours de vieux mâles).
La plupart des propriétaires de réserves sud-africaines organisent hélas des safaris de chasse aux trophées, de rhinos ou d’autres animaux type «big fives» car ça génère de très importantes rentrées d’argent. Donc, je pense que la plupart des zoos qui ont eu à importer des rhinos blancs se sont forcément mis en contact avec des « éleveurs-chasseurs » à double casquette ».

Et de fait, rares sont les grandes réserves privées en Afrique du Sud qui ne se financent pas avec la chasse aux trophées.  Une pratique dont elles auraient tort d’avoir honte, d’ailleurs, puisque vivement encouragée par l’IUCN, que l’on sait également proche des zoos : « Une chasse aux trophées bien gérée peut générer des incitations indispensables et des revenus pour le gouvernement, le privé et les propriétaires fonciers communautaires à maintenir et restaurer la faune comme utilisation des terres et de procéder à des actions de conservation actions (y compris des interventions d’anti-braconnage). Cette chasse peut fournir beaucoup de revenus, d’emplois et d’autres importants avantages  économiques et sociaux pour les populations autochtones et les communautés locales communautés dans des endroits où ces avantages sont souvent rares.
Dans de nombreux pays du monde, ce sont les communautés autochtones elles-mêmes qui ont choisi d’utiliser la chasse au trophée comme une stratégie pour la conservation de leur faune et pour améliorer leurs moyens de subsistance de façon durable ».

La chasse aux trophées en Afrique est spécialement pratiquée dans des Game reserves spécialement créées pour la chasse au gros gibier, nous explique un rapport de la Protection Suisse des Animaux.
Celles-ci constituent vraiment, par leur nombre, leur taille, et leur nature relativement intacte, la « colonne vertébrale » des biotopes préservés, riches en espèces du continent. La plus grande Game reserve (Selous en Tanzanie) est, avec ses 50.000 km2, d’une surface supérieure à celle de la Suisse!

Ces réserves sont des zones de protection de la faune sauvage dont, en règle générale, une surface relativement restreinte peut être utilisée pour des safaris photos alors que la majeure partie n’est pas accessible du tout, ou alors seulement aux touristes cynégétiques. Ces zones sont subdivisées en concessions de chasse, qui donnent aux touristes chasseurs payants la possibilité de tirer des animaux trophées dans des quotas de tir fixés.
La zone de protection doit réaliser des bénéfices pour pouvoir conserver la justification de son existence face à l’Etat et à la pression croissante du peuple. Dans la Game reserve de Selous, neuf dixièmes du bénéfice réalisé proviennent du tourisme cynégétique et le dixième restant de safaris

Pourtant même en Afrique, les opinions sont partagées : alors que la Tanzanie, l’Afrique du Sud ou la Namibie se vendent en tant que destinations de chasse de premier ordre, d’autres pays ont interdit la chasse cynégétique (par ex. le Kenya l’a fait totalement dans les années septante déjà, le Botswana l’a fait au moins sur les terres étatiques et communales, et la Zambie l’a interdite en ce qui concerne le lynx) !

Les raisons en étaient notamment que : 
– Le rôle économique du tourisme cynégétique a d’abord été présenté d’une façon largement surfaite. Il n’y a que peu d’argent qui flue dans les caisses de l’Etat ou même dans celles des collectivités locales. Ce sont les organisateurs de voyage étrangers qui en tirent le profit.
– Le tourisme écologique avec safaris photos se développe de plus en plus.
– Le tourisme cynégétique n’a même pas entraîné un semblant de développement de la population locale.
Même l’argument massue des places de travail ne convainc pas : la chasse doit créer 15.000 emplois à temps partiel dans les huit principaux pays africains où elle se pratique – pour une population globale de 140 millions de personnes. Elle contribue de façon dérisoire aux finances étatiques, à hauteur de 0,006 pour cent.

Le tourisme photographique crée par contre des recettes par milliards et une multitude d’emplois.
Ce n’est pas pour rien que des pays comme le Kenya et le Botswana se sont respectivement prononcés entièrement ou partiellement contre la chasse et pour le tourisme photographique: le Kenya gagne annuellement 1 milliard d’USD avec le tourisme photo – avec la chasse aux trophées, il encaisserait 30 millions d’USD. Et dans l’Okavango Delta au Botswana, le tourisme photographique crée 39 fois plus d’emplois que la chasse.

Des rhinocéros blancs venus d’Afrique du Sud

Il est également indéniable qu’en  2012, trois rhinocéros, 2 femelles et 1 mâle, ont été retirés d’une réserve de rhinocéros blancs en Afrique du Sud pour être transférés à Pairi Daiza.
Notons à ce propos que jamais Wolf Eyes n’a cité la provenance de ces animaux, contrairement à ce que l’avocat de Pairi Daiza prétend.
Selon l’European Studbook White Rhinos 2017, il s’agissait de :
Madiba, capturée en 2011 et livrée à Cambron-Casteau le 2 juillet 2012,
Éléonore, également capturée en 2011 et livrée le 15 août 2012.

Le troisième rhinocéros expédié hors d’Afrique est Pamir, capturé avec les deux femelles.
C’est aussi le père du premier rhinocéros blanc né à Pairi Daizi, baptisé Sethemba Vasta, comme nous l’indique l’agence Belga en mars 2016 :
« Eléonore, la mère et le père rhinocéros, « Pamir », sont arrivés à Pairi Daiza en 2012. Le mâle a été transféré l’hiver dernier au zoo tchèque de Dvur-Kralové dans le cadre d’un programme d’échange et de reproduction.
Avec la naissance de Sethemba Vasta, Pairi Daiza compte à présent quatre rhinocéros blancs »
.
Bantu, un mâle venu du zoo d’Augsburg l’a remplacé en 2016.

Un an plus tard, Bantu s’est vu lui-même remplacé par Joby
« Bantu, notre mâle adulte, est retourné à Augsburg (Allemagne). Il a laissé sa place à Joby, que nous vous présentons ici, occupé à lier connaissance avec nos autres rhinos, Madiba, Ellie et son bébé Sethemba ». 

Sethemba Vasta et sa maman Eléonore

M.Vastapane et la chasse aux trophées

La presse de l’époque nous précise que « Sethemba » signifie « espoir » en zoulou.
Mais que veut dire « Vasta » ?
L’explication de ce deuxième prénom nous est donné dans un article de la revue l’Eventail, publié sous le titre «Aventure sud-africaine».
M. Vastapane y explique qu’il a livré trois rhinocéros à son ami Eric Domb et que ce dernier lui a rendu hommage en nommant Vasta son rhinocéros premier né.

L’Eventail 2018

Que M. Vastapane et le fondateur de Pari Daiza continuent à entretenir des relations cordiales est difficilement contestable, si l’on en croit cet article de l’Echo daté de 2018 :
« Foule des grands jours mercredi soir à Pairi Daiza où les maîtres des lieux, Eric Domb et Marc Coucke, avaient réuni le ban et l’arrière-ban à l’occasion d’une récolte de fonds pour la Fondation Pairi Daiza dont l’un des buts vise à protéger et conserver les espèces menacées. Et quoi de mieux qu’une vente aux enchères pour lever des fonds? Encore plus si c’est avec Marc Coucke et Constantin Chariot (directeur général de la Patinoire Royale) aux manettes. Il faut dire que Domb et compagnie avaient mis les petits plats dans les grands pour régaler plus de 500 invités. (….)

Parmi les lots mis aux enchères, un séjour en Afrique du Sud dans le lodge de Philippe Vastapane, le fils d’Aldo, un séjour en Chine pour aller à la rencontre des bébés pandas, la possibilité d’assister à la remise de l’Ara de Spix dans la forêt équatoriale, des repas en soirée dans le parc Pairi Daiza fermé (deux tablées de 30, parties à 25.000 euros tout de même), et bien d’autres lots ».

Parmi les lots mis aux enchères, un séjour en Afrique du Sud

Parmi les lots mis aux enchères, un séjour en Afrique du Sud

La famille Vastapane est très appréciée par le monde de l’entreprise.
Aldo, le père de Philippe, a fait fortune en Afrique du Sud aux pires heures de l’apartheid.
« Sa carrière est marquée du sceau de la prudence, de la discrétion et, le plus souvent, du succès.
Des recettes qu’il tient de son père, ouvrier italien arrivé en Belgique sans le sou. Il me donnait 20 francs et disait « J’ai eu beaucoup de difficultés à les gagner. N’oublie pas cela. »
L’heureux patriarche fit briller la première étoile de la galaxie Vastapane en important en Belgique le Martini. Le jeune Aldo ne tardera pas à porter la coupe à ses lèvres. Après que les canons se furent tus, il crée les Etablissements Vastapane, gestionnaire de différentes marques de vins et spiritueux. Il a 22 ans.

Dès 1958, il ouvre son premier magasin de produits hors taxes, à Bruxelles-National. Il obtient d’autres concessions à Athènes, Kinshasa, Marseille, Atlanta et Johannesburg. Il se lance aussi dans l’automobile. Il présidera aux destinées de Simca Belgique, avant de revendre cette activité d’importation à la maison mère française. Il place également de nombreuses billes dans l’immobilier, notamment bruxellois. Avec ses partenaires Blaton et De Pauw et avec le soutien de Paul Van den Boeynants, il participera au projet Manhattan, à la gare du Nord (Bruxelles). Il conserve également un garage Mercedes à Kinshasa.

Au gré de la vente de nombreuses entreprises, il s’est offert deux « farm houses », des domaines de chasse et d’élevage en Afrique du Sud, où il reçoit ses amis. Il possède aussi une belle propriété au Roeulx et garde des intérêts dans des projets de développement agricoles et forestiers en Roumanie et en Belgique« .

Son fils, Philippe Vastapane, s’est beaucoup investi par la suite dans le développement de ces deux « farm houses » en Afrique du Sud, devenues aujourd’hui Rhinoland et Buffaloland.
M. Vastapane ne se cache d’ailleurs pas d’être un grand chasseur de trophées lui-même, comme il l’explique dans une conférence donnée au très select Cercle de Lorraine.
«La chasse est quelque chose que j’ai en moi. Très vite, je l’ai combiné avec le voyage, une autre de mes passions. Quand je pars, j’ai besoin d’un but. La finalité n’est pas de revenir forcément avec un trophée. J’aime tout ce qui tourne autour de la chasse: le contact avec la faune et la flore, l’attente, l’atmosphère, la convivialité…»

Plus dérangeant, il regrette une décision du gouvernement wallon concernant un sport jugé trop cruel :
«Puis j’ai commencé à chasser (à l’arc) en Afrique du Sud et dans d’autres pays qui permettent le tir à l’arc car en Belgique, ce n’est malheureusement pas autorisé. Peut-être avec le temps arriverons-nous à changer le point de vue des autorités compétentes? Il est difficile d’exprimer avec des mots les sensations procurées par cette chasse silencieuse. Le silence représente pour moi un hommage sans égal de l’homme au sanctuaire que peut être la nature. Jamais je n’avais ressenti cela avant!».

De la ferme jusqu’au zoo

Le fait d’importer des rhinocéros blancs du Sud depuis l’Afrique du Sud n’a en soi rien d’exceptionnel.
Le zoo de Beauval et celui de la Boissière – parmi tant autres – n’ont pas agi autrement.
Cette démarche est d’ailleurs justifiée par l’association Save the Rhinos, l’équivalent pour le rhinocéros de Polar Bear International pour l’ours polaire, c’est à dire proche des zoos :

«Bien que nous puissions penser que tous les rhinocéros d’Afrique sont «sauvages», ce n’est pas le cas.
Il existe toute une gamme d’endroits où ils vivent, allant de zones non clôturées, telles que la région de Kunene en Namibie – où certains disent que la population de rhinocéros est véritablement sauvage – à d’autres où il y a beaucoup de place pour se déplacer mais où les animaux sont clôturés et gérés de manière extensive ».

Il existe également des fermes de rhinocéros ou des établissements d’élevage en captivité en Afrique, où les animaux sont gardés dans des enclos et sont gérés de manière beaucoup plus intensive, en termes de sélection des partenaires, alimentation complémentaire, etc.
Les zoos peuvent acheter des rhinocéros vivants appartenant à des États de l’aire de répartition des rhinocéros africains et asiatiques dans le cadre des règles de la CITES. Les importations de rhinocéros sont généralement liées à la diversification de la base génétique de la population des zoos ou à la résolution des déséquilibres démographiques ».

Ces rhinocéros blancs du Sud élevés dans des espaces clôturés connaissent des destins divers.
Certains d’entre eux, on l’a vu, sont sélectionnés pour les zoos. Aussi les habitue-t-on à vivre en groupe – le rhinocéros étant naturellement solitaire – et à recevoir leur nourriture de la main de l’homme. On les expédie ensuite à grands frais vers tel ou tel zoo qui en fait la demande, mais où le climat est souvent bien différent de celui du l’Afrique du Sud.

D’autres fourniront de la corne, comme à la ferme de John Hume, qui en organisa même la vente aux enchères, au risque de booster dangereusement le prix de la kératine sur le marché de la pharmacopée chinoise.

D’autres encore, comme c’est le cas aujourd’hui d’une femelle rhinocéros blanc du Sud au Zoo de San Diego, seront inséminés avec des ovules de rhinocéros blancs du Nord obtenus à partir de cellules souches, une espèce presque disparue puisque le dernier mâle est mort et que les deux dernières femelles sont stériles.

D’autres enfin, le plus souvent des mâles âgés, seront amenés d’une réserve dédiée à la conservation à une autre, voisine, dédiée à la chasse.
C’est là que les chasseurs de trophées les abattront pour le plaisir, et sans doute assez facilement, à la manière des faisans d’élevage.

Trier ses poubelles pour sauver le monde

Mais n’est-il pas paradoxal d’enlever des rhinocéros à leur pays natal pour leur imposer le climat et les cages de nos zoos européens ? Pas du tout, nous répond encore Save The Rhinos, que du contraire ! Car il s’agit ici de sensibiliser le public à l’effondrement de la biodiversité et de conserver intact au sein des zoos le génome de l’espèce.

Poussons ce raisonnement jusqu’au bout.
En sortant du zoo, le visiteur sensibilisé est supposé agir pour la planète, en triant se déchets, en refusant les sacs en plastiques, en achetant des ampoules LED ou en choisissant de rouler à vélo, ce qui à terme, est jugé suffisant pour arrêter le dérèglement climatique en cours et donc, pour sauver les rhinocéros.
On s’étonne tout de même que ce soit au simple citoyen de porter ainsi la lourde responsabilité de freiner la sixième extinction, alors qu’il serait sans doute plus efficace d’armer davantage les gardes des parcs nationaux, de stopper la production de palmiers à huile ou d’intimer à la Chine de cesser son commerce de cornes de rhinocéros ou d’ossements de tigres et de lions.

La forme et l’esprit

Et si finalement, les choses ne s’arrangent pas et que l’Afrique du Sud devient un désert de feu, eh bien, il y aura toujours des rhinocéros apprivoisés dans les enclos des zoos. 
C’est pourquoi il est si important de sauver le «patrimoine génétique »  d’une espèce menacée.
C’est-à-dire, de conserver, ou même de recréer (si l’on en juge par les recherches sur la résurrection du mammouth ou du thylacine), la forme, l’anatomie et les diverses caractéristiques physiologiques d’un animal donné. Mais pas son esprit.
On fabrique du rhinocéros (ou de l’orang-outan, de l’éléphant, du gorille…) tout à fait authentique, destiné à être exhibé au public et de lui permettre de voir de près à quoi ils ressemblent « en vrai » et comment ils bougent, d’un coin à l’autre de leur enclos.
Des répliques parfaites de l’animal sauvage, donc, mais sans son contenu mental d’origine. Les cultures non-humaines, si diverses et si émouvantes, disparaîtront avec l’habitat qui les ont fait naître,sans même que les zoos les mentionne sur les petits panneaux qu’on trouve près des enclos. Quant à ces nouveaux animaux semi-domestiques désormais adaptés à vivre dans des espaces restreints en présence de l’homme, ils se reproduiront avec plus ou moins de succès sous les hourras d’une presse qui aime les entreprises qui marchent.

On fêtera même à l’occasion, sous les applaudissements redoublés des médias, le retour de certains d’entre eux à la vie sauvage. Ou du moins à la réserve privée, qui accueillent aussi les visiteurs dans ses lodges à des prix conséquents.
C’est le cas du rhinocéros noir, trop chassé en son temps, dont le retour est prévu en Afrique. Mais ces exemplaires-là auront été élevé loin des hommes, dans des conditions propres à une réhabilitation réussie et non pas au milieu d’une foule de poussettes, au son d’une musique ethnique entêtante diffusé dans les allées fleuries du parc…

On le voit, le fait de traîner en justice l’asbl Wolf Eyes à propos de ces fermes d’élevage met surtout en lumière les relations peu connues du public entre le monde des zoos, celui des entreprises et celui de la chasse aux trophées, à l’heure où cette dernière pratique fait l’objet d’un jugement de plus en plus sévères dans l’opinion publique.

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