Planète Sauvage : lettre au Président de la République

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Planète Sauvage a fini par avoir ses dauphins. Sans cela, c’était la banqueroute !

Monsieur le Président de la République

Les amis des cétacés viennent d’’apprendre avec regret que la France détenait désormais cinq nouveaux dauphins captifs dans un bassin à Port Saint Père, près de Nantes.

Ceci pour des raisons purement financières puisque de l’’aveu même de la Compagnie des Alpes, propriétaire du parc Planète Sauvage, «la présence de dauphins améliorera le chiffre d’affaires de 445 000 euros grâce à la hausse de tarif et de 950 000 euros avec les nouveaux visiteurs. Soit 1,395 million d’euros sur un an ou environ 350 000 euros par dauphin. De quoi compenser les
investissements exigés par la nouvelle attraction. La société a investi
2 millions d’euros pour aménager un bassin existant. Un analyste
financier parisien a même calculé un retour sur capitaux employés de
9,6 % légèrement supérieur à la moyenne du secteur de 9,1 %. ».

L’’information nous est également revenue que Sharkan, détenue  au Marineland d’Antibes, est morte à 27 ans, au lieu de 90 ans en  mer libre, d’’une infection bactérienne (Pseudomonas aeruginosa), fréquente chez les personnes immunodéprimées et qui constitue un germe extrêmement pathogène, tant  pour l’animal humain que pour les autres animaux.  Il faut savoir que cette maman orque,  capturée avec la plus extrême violence en 1989, a également du voir partir à  jamais la plupart de ses enfants, alors qu’en milieu naturel, le clan familial reste soudé la vie entière.
Rappelons par ailleurs que les  shows d’orques présentés à Antibes n’ont plus rien de pédagogique, mais ne sont que pur théâtre, avec lasers, pirates, acteurs et mises en scène dignes du Moulin Rouge !

Ces faits, associés aux nombreux décès qui surviennent en Europe chez les cétacés nés captifs (le plus souvent au moment de l’’adolescence, c’est-à-dire vers dix ans)  nous prouvent une fois de plus que le maintien de delphinariums en France est  non seulement inutile en termes d’éducation – l’enfant, cœoeur de cible de ce marché, est conforté dans l’idée que le dauphin, pourtant contraint par la faim
et l’ennui à jouer au ballon ou à sauter dans des cerceaux, n’est qu’une sorte de «bon chien» toujours souriant – mais également en termes de préservation de l’espèce puisque aucun cétacé né captif n’’est  jamais remis en mer, contrairement aux recommandations de la CITES.

L’Europe est encore aujourd’’hui considérée comme un référent en termes de culture, d’humanisme et de démocratie.  A l’heure de l’effet de serre et de la destruction massive de la biodiversité, il est donc grand temps que la France donne l’exemple en matière de protection animale et qu’elle fasse clairement comprendre au reste du monde – Chine, Japon, USA, Caraïbes, Amérique centrale et
du Sud et autres pays à vocation touristique – que les delphinariums ne sont ni des institutions scientifiques – les vraies recherches se font en mer, comme celles menées par Denise Herzing aux Bahamas – ni des « arches pour espèces en voie de disparition », mais simplement
des établissements de loisirs cruels et inutiles qu’il importe de faire
disparaître au plus vite.

D’’avance, je vous en remercie, sachant à quel point les idéaux de Modernité, de Justice et d’’Audace Novatrice vous animent.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’’expression de mes sentiments les plus respectueux.

Yvon Godefroid.
Bruxelles

 Lettre ouverte au Président de la République Française


 

 Pour en savoir plus :

Planète sauvage

Le Marineland d’Antibes

KimII meurt à… 25 ans !

Inouk et Valentin vont en Espagne

Le Parc Asterix à Paris

The Global Trade in Live Cetaceans: Implications for Conservation

Pourquoi les delphinariums doivent disparaître