L’insémination artificielle des éléphants au zoo



L'insémination artificielle permet de maintenir en vie les populations captives avec du sperme d'éléphant sauvage
L’insémination artificielle permet de maintenir en vie les populations captives avec du sperme d’éléphant sauvage

L’insémination artificielle des éléphants au zoo

L’insémination artificielle des éléphants au zoo est une pratique courante, qui permet de renouveler le pool génétique des populations captives avec du sperme d’éléphants sauvages.
Elle permet d’éviter aussi le déplacement de zoo à zoo des « bulls », ces mâles en musth aux tempes noircies de coulées frontaline et qui sont alors si dangereux à manipuler.
Et elle remplace évidemment les captures régulières d’exemplaires frais pour remplacer les morts, ce qui était la norme autrefois chez nous mais que la Chine pratique toujours.
Enfin, grâce à des méthodes pour le moins intrusives, un zoo peut produire des naissances à volonté et se poser en « conservateur d’une espèce menacée », tout en engrangeant bien sûr les bénéfices liés à la présentation au public d’un éléphanteau trop mignon !

Les efforts déployés depuis plusieurs décennies pour élever des éléphants au zoo échouent pourtant à maintenir une population captive auto-suffisante. Les recherches scientifiques nous apprennent que la plupart des éléphants supportent très mal la captivité et y meurent plus jeunes qu’en milieu naturel. Les naissances, très espacées, sont rares et souvent fragiles. Outre les retards de croissance typique chez les éléphanteaux nés captifs, ceux-ci sont les victimes privilégiés de l’herpès.

Enfin, le risque de consanguinité a fait que les zoos se sont tournés, comme les delphinariums, vers l’insémination artificielle.
« Une façon de garder le pool génétique de ces populations à un niveau suffisamment diversifié est d’importer continuellement de nouveaux animaux dans la nature pour remplacer les animaux anciens et décédés, ce qui est en pratique depuis de nombreuses années mais a été considérablement réduit depuis la Convention CITES en 1976 » explique un chercheur en cryogénisation du sperme.
« Une autre option consiste à créer une banque de ressources génomiques (GRB) pour les trois espèces d’éléphants, dans laquelle les gamètes d’individus génétiquement précieux sont stockés et utilisés pour introduire du matériel génétique issu de populations sauvages.

La création de telles banques peut permettre de maintenir une diversité génétique élevée au sein de populations relativement petites. Plusieurs pas importants dans cette direction ont déjà eu lieu ces dernières années. Celles-ci comprennent le développement d’une technique de collecte de sperme d’éléphant et la réussite d’une insémination artificielle réussie chez les éléphants d’Asie et de savane africaine.
En l’absence de techniques permettant de collecter in vivo les gamètes ou les embryons d’éléphants femelles, ces spermatozoïdes cryopréservés peuvent constituer le principal mode de mobilisation du matériel génétique entre populations ».

Masturbation et électro-éjaculation

La vulve de l’éléphante n’est pas située juste sous la queue, comme chez la plupart des mammifères, mais sur la surface ventrale et loin entre les jambes, ce qui signifie que le vagin est très long (70 à 90 cm).
Pour que l’accouplement réussisse, le pénis du mâle doit donc être long et flexible. Naturellement courbé en S (la pointe dirigée vers le haut), le sexe d’un éléphant peut atteindre jusqu’à 1,5 m de long et avoir une circonférence de 16 cm. Son ouverture urétérale externe en forme de Y est contrôlé par un gros muscle releveur du pénis.

Il est curieux de noter que non seulement la stimulation manuelle ne fonctionne pas sur les éléphants, mais qu’elle est aussi physiquement dangereuse. Apparemment, il existe des parties du pénis de l’éléphant qui, lorsqu’elles sont touchées, font pivoter l’organe avec suffisamment de force que pour renverser un vétérinaire imprudent.
Pour collecter le sperme d’un éléphant captif, il faut enfoncer le bras dans le rectum de l’animal et stimuler vigoureusement sa prostate. Le résultat final est l’éjaculation …

Mais comment extraire le sperme d’un éléphant sauvage ?
Une sonde est insérée à environ trois ou quatre centimètres dans le bas de l’intestin, près des centres nerveux des gonades.
Celui-ci est ensuite stimulé par une charge de 5 à 15 volts qui provoque une contraction de l’ensemble du système reproducteur, et conduit à l’expulsion du sperme.

Il s’agit d’une méthode médicale mise en place pour les hommes paraplégiques, utilisée depuis 25 ou 30 ans.
Le Dr Hildebrandt, de l’institut de recherches du zoo de Berlin effectue couramment cette procédure sur les éléphants sauvages.
Tous les deux ans, il s’envole pour l’Afrique du Sud à la recherche de mâles en âge de se reproduire. Une fois qu’un candidat est identifié, Hildebrandt le tire depuis son hélicoptère avec un fusil à fléchette. L’éléphant vacille sur ses pattes, paniqué, puis s’écroule.
L’équipe au sol s’approche.
Malheureusement pour elle, l’anesthésique puissant de la fléchette a déclenché aussi une contraction musculaire qui fait que le pénis de l’éléphant se rétracte dans sa cavité.

Le problème est que, pour extraire le sperme de manière hygiénique, il faut dérouler le pénis et le nettoyer.
Une fois que le sperme a été recueilli dans des éprouvettes, celles-ci sont aussitôt congelées, puis décongelées et analysées pour détecter d’éventuelles maladies.

L’insémination de l’éléphante

Premièrement, l’éléphante est «entraînée» à rester immobile et à accepter que toutes sortes de dispositifs lui soient enfoncés dans le corps. Ensuite, les personnes qui la manipulent la calment et l’immobilisent, souvent avec des chaînes enroulées autour de ses jambes. Ils retirent manuellement les matières fécales de son rectum et le rince avec de l’eau.

Ils utilisent ensuite une pompe à air électrique et un tube à air ou un cathéter à ballonnet afin d’accéder à son vagin et à son col de l’utérus. Après cela, les éleveurs insèrent un endoscope et le poussent jusqu’à l’arrière du vagin ou dans le col de l’utérus, suivi d’un cathéter d’insémination qu’ils tentent de faire passer jusqu’à l’utérus, en tâtonnant. Le personnel surveille simultanément la procédure avec une échographie trans-rectale.

La vulve de l’éléphant n’est pas située juste sous la queue, comme chez la plupart des mammifères, mais sous le ventre, ce qui signifie que le vagin est très long (70 à 90 cm). Et ces voies circulent verticalement à travers leur bassin, puis se courbent horizontalement, ce qui rend difficile l’accès au col utérin pour l’insémination.
C’est pourquoi le pénis du mâle est très long et flexible. Naturellement courbé en S (la pointe dirigée vers le haut), il peut atteindre 1 m de long (selon certaines sources jusqu’à 1,5 m) et avoir une circonférence de 16 cm. Il a une ouverture urétérale externe en forme de Y et est contrôlé par un gros muscle du pénis releveur.

Le clitoris, grand, de 40 cm, est également contrôlé par un muscle leveur du clitoris.
« Les éléphants ont trois ouvertures sur leur col, mais deux sont sans issue. Vous devez en quelque sorte entrer et chercher pour trouver la bonne ouverture, puis lâcher le sperme», explique Don RedFox, dresseur d’éléphants, admettant que la procédure est «inconfortable» pour les éléphants.

Les zoos répètent généralement le processus d’insémination plusieurs fois au cours du cycle de reproduction de l’éléphante, qui dure quatre mois – souvent des années avant sa conception.
Si elle conçoit, elles la soumettent à de nombreuses autres échographies et autres procédures invasives au cours de sa grossesse, qui dure environ 22 mois. Les éléphants sont souvent enchaînés lors de l’accouchement et ne sont pas assistés par des membres féminins de la famille, comme ils le feraient dans la nature.

Il est également courant que les éléphants femelles soient inséminées artificiellement à un âge beaucoup plus jeune que celui auquel elles se reproduiraient. Les éléphants d’Asie sauvage n’ont généralement pas leurs premiers veaux avant l’âge de 14 à 20 ans. Dans le but d’augmenter le nombre d’éléphants en captivité qu’elle utilise à des fins lucratives, le « Centre pour la Conservation de l’éléphant » de Ringling Bros a inséminé l’éléphante Shirley et l’a obligée à donner naissance au bébé Riccardo à l’âge de 8 ans. Elle l’a ensuite obligée à porter le bébé Mable à 11 ans et le bébé Piper à 17 ans.
Ani, la petite éléphante de Pari Daiza avait 7 ans quand on l’a mise enceinte.

L’un des vétérinaires de Ringling Bros fait également la promotion d’une procédure expérimentale appelée « insémination chirurgicale ».  Cela consiste à se tailler un chemin à travers le corps de l’éléphant et dans son appareil reproducteur, à insérer un tube dans le col de l’utérus et à injecter le sperme directement dans l’utérus. Radical et efficace !

Plein de petits éléphanteaux !

« En 2009, le Zoo Parc de Beauval a été à l’initiative d’une collecte de semence d’éléphants sauvages en Afrique du Sud. 
Le sperme d’une dizaine de mâles a été prélevé afin d’être stocké à Beauval et redistribué à des parcs zoologiques européens, où la population d’éléphants vieillit et la fécondité baisse. Cette banque de sperme représente une véritable chance pour la reproduction de l’espèce car elle permet d’envisager des inséminations artificielles tout en assurant une mixité génétique.

A l’issue d’une insémination artificielle et au terme de 23 mois de gestation, un éléphanteau a vu le jour à Beauval au soir du 20 juillet 2012 : une première en France ! Cet événement procure une grande joie à toute l’équipe du Zoo Parc et dessine un bel espoir pour la conservation d’une espèce emblématique : l’éléphant d’Afrique ».

Pendant ce temps, en Autriche, on s’enthousiasmait également
: « Le premier éléphant jamais inséminé artificiellement par du sperme congelé attend un bébé au  Schönbrunn Zoo de Vienne. Cette semence a été prélevée sur un éléphant vivant en liberté en Afrique du Sud en novembre 2011. Tonga, 26 ans, est arrivé  à sa 9ième mois de grossesse. Cette technologie révolutionnaire offre un nouvel espoir de conserver l’espèce au sein des zoos ».

Et les autres zoos, en France et en Belgique, qui possèdent des éléphants ? Procèdent-ils tous ainsi ?
Qui peut le dire ?

 


Le calvaire de Baby Q, l’éléphantelle de Planckendael


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