L’orque Kalia chasse l’oiseau à l’appât

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L’orque Kalia chasse l’oiseau à l’appât

Une orque nommée Kalia semble avoir un talent particulier pour manipuler les causes et les effets.
Comme on le voit dans cette vidéo, filmé par CetusCetus à SeaWorld San Diego, Kalia vient d’attraper un poisson.
Mais plutôt que de l’avaler aussitôt, l’orque nage vers une rangée de petits échassiers qui traîner au bord de sa piscine.
Kalia laisse tomber le poisson dans les eaux peu profondes puis attend.

Pendant un moment, il y a un problème. Le poisson est tellement tentant ! Mais les oiseaux en savent assez pour se méfier de l’énorme jeu de mâchoires flottantes qui s’ouvre à quelques centimètres d’elles.  A raison, car dès que l’un d’eux se risque à se saisir de la friandise trop tentante, Kalia lui saute dessus et l’enfourne dans sa gueule. Puis elle nage avec sa prise vers d’autres orques. Ensemble, ils jouent avec le corps, le mâchonnent, s’en amusent en tournant dans le bassin.

 

Bien que cette vidéo ait deux ans, elle resurgit de nouveau en ligne.
Mais est-ce que cette tactique pour attraper un oiseau est fréquente chez les orques libres ?
En partie, répond Brad Hanson, biologiste à la National Oceanic and Atmospheric Administration’s Northwest Fisheries Science Center à Seattle.
«Je sais que des cétacés captifs peuvent appâter des oiseaux et les capturer. En mer, ils font des choses semblables avec les animaux qu’ils capturent, mais sans les consommer, ce qui est assez rare ».

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L’orque joue avec l’otarie sans la manger

Brad Hanson étudie l’écologie prédatrice des Orques Résidentes du Sud, trois groupes d’orques en voie de disparition qui vivent la majeure partie de l’année au large de la côte de l’État de Washington, ainsi celle de orques transients qui passent dans la région.
« Dans le Pacifique Nord-Ouest, on a vu des transients tuant les oiseaux de mer, explique  Hanson, « et le comportement équivalent chez les Résidentes du Sud, avec une différence intéressante. Parfois, ils tuent des mammifères marins, mais ils ne les mangent pas. Ils se contentent de pousser le corps ensemble, ici et là et de le lancer.

La motivation de ces chasses ne semble pas être la faim.
Même lorsque le saumon, qui est la nourriture principale de ces orques, se fait rare depuis plusieurs années, ces orques ne mangent pas les marsouins qu’ils tuent de cette manière.
« Certaines personnes vont classer cela comme un jeu, » ajoute Hanson. « Mais je ne suis pas un comportementaliste et je ne sais pas quel est le terme correct ».

Ken Balcomb, du Centre de recherches sur les cétacés dans les îles San Juan de Washington, hésite moins à ramener ce comportement à un divertissement.
« Nous voyons des orques transient jouer avec les oiseaux », dit–il. «Vous savez, les orques sont « les rois des animaux marins », alors pour elles, tout le reste est un jouet. Et les oiseaux peuvent être des jouets particulièrement amusants parce qu’ils sont très interactifs ».

Toutefois, le fait d’appâter les oiseaux avec du poisson a frappé Ken Balcomb.
«C’est de toute évidence une adaptation à la vie captive, qui n’est possible que dans ce contexte ».

 

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Tuer pour jouer : les cruelles cultures des orques nomades