L’orque Kasatka est morte pourrie vivante

L’orque Kasatka est morte pourrie vivante

15 août 2017

Kasatka est morte cette nuit.
Elle a été euthanasiée par Sea World pour abréger ses souffrances. Aucune photo de son corps n’a été montrée.
Trop horrible sans doute…

Une dernière image de la malheureuse. Aucune photo de son corps mort n’a été montrée

 

Juillet 2017

L’orque Kasatka est en train de mourir pourrie vivante

L’orque Kasatka est en train de mourir de la même infection fongique qui a tué tant d’autres cétacés avant elle.
SeaWorld nous prépare tout doucement au pire mais surtout, il se prépare à nous ressortir une fois de plus tous ses mensonges habituels à propos de ces décès si prévisibles et si cruels, entièrement dus à la captivité.  

Dès le mois d’août 2016, SeaWorld a commencé à nous faire savoir que Kasatka, la matriarche du SeaWorld de San Diego, souffrait d’une infection respiratoire bactérienne. Le parc annonçait que les problèmes de santé chroniques de l’orque avaient finalement pris le dessus. Kasatka, disait SeaWorld, affrontait de plus en plus difficilement à la maladie, du fait d’un système immunitaire affaibli.
Les images récemment publiées par le Dolphin Project semblent confirmer que la matriarche est bien en train de mourir.

Kastaka s’apprête à avaler son poisson gorgé de Regumate. Photo Elizabeth/Dolphin Project


Ces photographies sont extrêmement alarmantes.

Elles ont été prises par un visiteur du parc qui se présente sous le nom d’Elizabeth, lorsque Kasatka et d’autres orques venaient d’être alignées au bord du bassin pour recevoir leurs médicaments.
Elizabeth explique :

« Lorsque Kasatka a levé la tête hors de l’eau, sa mâchoire inférieure avait l’air complètement détruite.
Elle paraissait extrêmement léthargique et elle n’a pas nagé autour de la piscine comme elle l’aurait fait normalement.
Quand un dresseur lui a demandé de reproduire un « comportement naturel » pour le public, elle a fait une tentative pathétique de « spy-hopping » mais elle semblait à peine capable de sortir la tête hors de l’eau. Une fois que les entraîneurs en ont eu terminé, ils ont renvoyé le groupe d’orques et toutes sont tous parties, sauf Kasatka qui s’est déplacée à quelques mètres seulement du mur. Elle est restée à flotter là, au même endroit, jusqu’à ce que je sorte ».

 

L’infection fongique est bien visible sur sa mâchoire mais nous ne voyons pas tout son corps.


Les photos de Kasatka montrent que l’orque souffre de bien plus que d’une infection respiratoire chronique.

Elle lutte aussi contre une infection qui n’a pas répondu au traitement.
L’ancien dresseur John Hargrove estime que ce ne sont pas des blessures normales que l’on voit sur la peau de Kasatka mais bien des lésions dues à une infection fongique massive, extrêmement douloureuse :

« Les orques captives sont régulièrement traitées pour des infections fongiques persistantes. La gravité de cette infection fongique démontre que les capacités du système immunitaire de Kasatka ont été gravement diminuées. Le besoin constant de garder les orques en vie oblige SeaWorld à les gaver massivement d’antibiotiques, ce qui détruit tout leur système immunitaire.
Malheureusement, quand je regarde cette photo, tout ce que je vois, c’est une baleine malade.
Lorsqu’une nécropsie est effectuée sur un animal avec un tel niveau d’infection fongique, on découvre que les lésions internes sont encore bien pires qu’elles ne l’étaient à l’extérieur. C’est aussi une façon incroyablement douloureuse de mourir ».

 

La nageoire de Kasatka est dévorée par les champignons

D’autres lésions paraissent plus sévères encore.

 

John Hargrove et Kasatka en 2002. John a quitté SeaWorld notamment à cause des grossesses imposées à Kasatka


John Hargrove suppose que le médicament qu’on lui donne est du Regu-Mate.

Pour les orques encore en âge e se reproduire, on l’utilise pour contrôler les naissances, mais chez les cétacés ménopausés, cette drogue est utilisée comme un médicament pour traiter le cancer, les kystes ovariens, l’endométriose, les polypes endométriaux et le syndrome des ovaires polykystiques.

Le Regumate est également utilisé par le Marineland d’Antibes, quoiqu’il en dise du caractère sacré de la reproduction !

 

L’attaque de Kasatka contre son dresseur Ken Peters en 1999 a été filmée. 
Elle a joué un rôle important dans la décision du juge fédéral Ken Welsch, de statuer que les dresseurs devaient être désormais protégés lorsqu’ils travaillaient près des des orques.
Kasatka est l’une des 4 dernières orques capturées à l’état sauvage qui vivent encore dans les parcs Seaworld aux États-Unis. Après son décès, il n’y aura plus que Ulysses et Corky à San Diego et Katina à Orlando.
Sa perte ne manquera pas d’affecter toute la hiérarchie des orques restants à SeaWorld San Diego.

 


Samantha Berg, également une ancienne dresseuse de Sea World, écrit ces mots déchirants à propos de Kasatka :
«C’est la VIE de Kasatka – et non sa mort – qui est la véritable tragédie.
Kasatka a été arrachée à sa vraie famille en Islande en 1978. Elle a passé les 39 dernières années de sa vie en prison.
Son crime ? Elle est née orque ! Une espèce si intelligente, si belle et si intrigante pour les humains que SeaWorld savait qu’il pouvait l’exhiber et faire payer les gens pour la voir tourner en rond dans un bassin

Le corps de Kasatka n’a pas seulement été ravagé par la maladie. On l’a forcée à effectuer des tours par la  privation de nourriture chaque jour de sa vie pendant les 39 dernières années. Elle a également été forcée d’avoir des enfants sans le décider. Takara en 1991, Nakai en 2001, Kalia en 2004 et Makani en 2013. Tous lui ont été retirés pour être envoyés vers d’autres prisons. Compte tenu de ce que nous savons sur les liens entre une maman orque et son enfant, il s’agit là d’un crime encore plus grand que la privation de nourriture, d’une violence émotionnelle extrême.

Kasatka n’est plus un individu : c’est juste un actif financier d’une valeur de plusieurs millions de dollars pour une société qui ne s’en occupe que dans la mesure où elle peut continuer à générer des revenus. Ses propriétaires ne se soucient nullement de la façon dont elle se sent ni si elle se souvient de son autre vie plus heureuse dans l’océan.

 

Narnia juste après sa capture : un nouveau cauchemar recommence…


Malheureusement, les captures d’orques sauvages n’ont pas pris fin – les Russes continuent à en kidnapper pour les vendre aux delphinariums géants des Chinois.
Morgan, qui n’est plus qu’une épave « sauvée » aux Pays-Bas, restera en prison à Loro Parque même si elle aurait pu être une excellente candidate à la libération.

Après sa mort, SeaWorld dira que la vie de Kasatka, en effectuant des tours de cirque pour obtenir sa nourriture, l’a aidé à offrir une expérience éducative pour un nombre incalculable d’écoliers qui traversent ses tourniquets chaque année – et cela aussi, c’est un mensonge.
Regarder des cétacés obéir aux coups de sifflet est une façon de distraire les gens des dangers très réels auxquels font face notre planète et nos océans en ce moment.
L’emprisonnement de Kasatka a-t-il aidé les dresseurs à parler de l’acidification des océans, de la pollution au plastique, des effluents des pisciculteurs ou des barrages qui bloquent les saumons et affament les orques de Colombie Britannique ?
Est-ce que sa mort va réveiller la conscience des gens pour essayer de résoudre ces problèmes ?
Probablement pas.
Mais au moins dans la mort, les décennies de souffrance de Kasatka s’achèveront enfin. Mon cœur se brise pour elle, non pas parce qu’elle est en train de mourir mais parce qu’elle méritait mieux.

RIP Kasatka.

 

 


L’affaire Kasatka et les orques tueuses du Marineland d’Antibes

Mourir au delphinarium

Exclusive: Is SeaWorld’s Orca Kasatka Losing Her Battle with Chronic Illness?