Louez un dauphin russe, mais n’utilisez pas son image !



 

Ces photos litigieuses n’auraient pas été prises en Russie mais au Canada

Louez un dauphin russe, mais n’utilisez pas son image !

Vous pouvez louer un dauphin russe en esclavage, mais n’utilisez pas son image sans payer le copyright et les dommages subis.
C’est en substance le sens profond du courrier qui nous est parvenu par la poste hier matin.

Cette fois, le plaignant est Rick Carlson, directeur de Design Pics Inc. sise à Edmonton, dans l’Alberta. 
L’agence des chasseurs de primes est Image Law sise à Hambourg.
La somme réclamée pour usage illégal de photos est de 370, 20 euros
Les images concernées, réalisées par un photographe canadien, illustrent une page du site de la compagnie Nemo, qui indique le prix de chaque mammifère marin disponible en location.  

« Ouvrez un delphinarium dans votre propre ville ! Ou si vous disposez déjà des locaux, louez un dauphin et son dresseur pour 15.000 dollars par mois ! » c’est ce que propose la compagnie russo-ukrainienne Nemo basée à Kiev et Odessa à tous les maires soucieux de relancer le tourisme dans leur localité. L’offre est alléchante car Nemo décline aussi tous les bénéfices que génèrent ce genre d’installation.
On sait que la Thaïlande a déjà répondu à l’appel de Nemo ainsi que l’Égypte, et probablement le Maroc avec son nouveau delphinarium d’Agadir. Selon les activistes présents, certains des dauphins en leasing présents dans ces établissements proviendraient de Taiji.

Les images prises sur le site de Nemo nous révèlent donc une méthode fort particulière de contribuer à la conservation de l’espèce. Il était de notre devoir de les faire connaître. Leur publication répondait en effet pleinement à la mission de « lanceur d’alertes » à laquelle Dauphins Libres se consacre depuis deux décennies.
Une telle mission implique parfois qu’il faille se servir sans autorisation d’images prises dans d’autres média dans le seul but de dénoncer la situation de dauphins captifs manifestement maltraités, puisque loués et transportés ici et là en civière sur simple demande, à des seuls fins lucratives.

Il serait d’ailleurs intéressant de savoir d’où viennent ces dauphins, ces bélugas, ces otaries et ces phoques présents sur la photo ? Où se trouvent-ils actuellement ? Quel est leur état de santé ? 

A en juger par la plainte émise depuis l’Alberta, ces mammifères marins ont pu tout aussi bien être photographiés dans l’enceinte du Marineland du Canada, où ils sont traités de manière cruelle. C’est là que se morfond l’orque solitaire Kiska et que s’entassent une quarante de bélugas dont beaucoup importés de Russie.

Quant au reste, Dauphins Libres a déjà payé le droit de publier la photo de Yotta au pris de 243 euros.
C’était déjà une décision pénible, compte tenu de la situation de la delphine au moment de la photo et du texte de l’article qu’elle illustrait.
Le journal flamand accusait en effet sans le nommer le site « Dauphins Libres » d’avoir déclenché une campagne de haine contre le vétérinaire qui tentait de soigner la petite Yotta.
Petite Yotta mise enceinte un peu tôt et dont il fallut extraire l’enfant mort hors de l’utérus à la main. Fallait-il ne pas en parler ?
Ce fut aussi pénible financièrement, puisqu’à ce jour, « Dauphins Libres » a déjà du débourser plus de 500 euros en « frais de justice » pour des photos de delphinariums.
Seul, le merveilleux soutien des lecteurs du site a permis de réunir cette somme rapidement et de s’en acquitter.

243 euros.

Pourtant, imaginons qu’au lieu de cétacés, il s’agisse d’êtres humains. Imaginons qu’un site indépendant publie des photos volées, disons, dans la presse nord-coréenne. Celles-ci nous révéleraient l’existence d’un vaste réseau de location d’esclaves à travers le monde. Aurions-nous le droit de prendre ses photos sans les payer ? La dictature en place pourrait-elle valablement nous réclamer des droits d’auteur ?

Il va de soi que de tels arguments ne tiendraient pas longtemps devant un tribunal.
Les dauphins ne sont que des animaux et la loi du plus fort, du plus riche, du plus accoquiné avec des cabinets d’avocats prévaudra toujours dans le monde humain. Pendant longtemps, « Dauphins Libres » a gêné des gens et c’est vrai qu’il ne s’est pas gêné lui-même pour piquer des images ici et là, arguant que personne n’avait demandé non plus à la « personne dauphin » prisonnière si elle était d’accord d’être photographiée !

Mais les temps ont changé.
Grâce à ces merveilleux chasseurs de prime que sont ces agences aux noms fleuris – Permission machine, Copy Track, Flinn, Image Law – et à leur technologie de pointe qui leur permet de dénicher n’importe quel cliché n’importe où, même non signé – il sera très aisé de faire taire des sites comme le nôtre.

Demain, une agence de presse viendra-telle se plaindre au sujet de la photo de Valentin mort suspendu par une grue ? Faudra-t-il payer SeaWorld pour reproduire les clichés de Tilikum agonisant ?
Sans doute. Nous sommes arrivés à un moment de notre histoire où le combat devient féroce entre ceux qui veulent sauver les animaux et ceux qui entendent bien les exploiter jusqu’à l’extinction, avec l’aide des médias et de la loi, quand nécessaire.


Ouvrez un delphinarium dans votre propre ville !

Qui veut la peau de Dauphins Libres ?

Dauphins Libres : une association belge contre le mensonge


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