Menaces sur les bélugas de Cook Inlet



Les bélugas de Cook Inlet, décimés par la chasse et la pollution
Les bélugas de Cook Inlet, décimés par la chasse et la pollution

Menaces sur les bélugas de Cook Inlet

Les menaces qui pèsent sur les bélugas de Cook Inlet en Alaska sont la pollution chimique, la pollutions sonores et mais ausi la chasse traditionnelle qu’on leur a fait encore jusqu’il y a peu et qui représente un peu l’équivalent pour les Inuits de la chasse à la glu pour nos vieux paysans. C’est à dire inutile et cruelle.
Ce n’est que depuis 2016 qu’un plan de sauvetage a été mis en place, mais il semble hélas que le mal est fait : comme les orques résidentes du Sud, les bélugas de Cook Inlet sont désormais promis à une mort lente… 

Le » stock » de bélugas de Cook Inlet était estimé à environ 1 300 animaux au moment de l’adoption de la Loi sur la protection des mammifères marins (MMPA) en 1972. Mais il a fortement diminué dans les années 1990. Entre 1994 et 1998, le stock a diminué d’environ 50%, en grande partie à cause d’une exploitation non durable de subsistance. On supposait qu’une fois la chasse contrôlée en 1999, la population des cétacés à se reconstituer. Cependant, le stock a continué de diminuer à un taux d’environ 0,4% par an.

Le NMFS a classé la population de bélugas de Cook Inlet parmi les espèces en voie de disparition au titre de la Loi sur les espèces en voie de disparition (LSE) votée en 2008. Comme la population est restée en moyenne inférieure à 350 individus depuis lors, aucune pêche de subsistance n’a plus été autorisée en vertu de la réglementation applicable.

L’estimation la plus récente de l’abondance de 2016 est de 328 animaux, en baisse par rapport à l’estimation de 2014 de 340 animaux. Le taux de croissance sous-jacent de cette population reste faible et on se demande si cette population sera en mesure de se rétablir.

Les bélugas de Cook Inlet

7 juillet 2011

L’habitat des bélugas de Cook Inlet (Alaska) est en danger critique.
Cette population «en voie de disparition » depuis 2008, estimée à 320 individus, n’augmente pas depuis l’arrêt de la chasse. Quels sont les facteurs limitant sa reproduction ?

Robert Michaud du GREMM, un spécialiste des bélugas, nous livre ses commentaires.
« En attendant le plan de rétablissement, cette désignation freine déjà les projets de développement à Anchorage, capitale de l’Alaska.
La désignation de deux secteurs de Cook Inlet, représentant 7.809 kilomètres carrés, a été annoncée le 11 mai 2011 par le National Marine Fisheries Service (NOAA). Dans cet estuaire, une micro- population d’environ 320 bélugas vit essentiellement dans la partie amont, tout près d’Anchorage.
Génétiquement isolée des autres populations de l’Arctique, elle a été placée en octobre 2008 sous le statut «en voie de disparition» en vertu du Endangered Species Act.
L’habitat est considéré comme essentiel pour ces bélugas qui s’y nourrissent, s’y reproduisent, socialisent et élèvent leurs jeunes. Le plan de rétablissement est en cours de rédaction, mais cette désignation limite d’ores et déjà les possibilités de développement dans les secteurs visés.

Depuis l’arrêt de la chasse il y a une dizaine d’années, la population de Cook Inlet ne se remet pas.
Les scientifiques se posent des questions sur les facteurs limitant cette augmentation. S’agit-il de la pollution, du dérangement occasionné par les activités humaines, de facteurs cumulés ?
Anchorage, la capitale de l‘Alaska, est habitée par 360 000 personnes dans son agglomération et où de nombreuses activités humaines ont un impact sur le mode de vie des bélugas: le port et le trafic maritime importants, une vingtaine de plateformes pétrolières et des projets concernant l’extension du port et la construction d’un pont.
Une étude publiée en mai 2011 par le National Institute of Standards and Technology (NIST) a révélé le taux d’une douzaine de polluants organiques persistants, des PFC ou perfluorocarbures, dans le foie des bélugas de l’Arctique, à Cook Inlet et dans la mer de Chuckchi.

Les prélèvements ont été effectués sur 68 individus entre 1989 et 2006.
La quasi-totalité de ces PFC était présente en plus grande concentration chez les bélugas de Cook Inlet, étant donnée leur proximité d’une région urbaine et industrialisée. Ces polluants, stables et d’une longue durée de vie dans l’environnement, sont connus pour être toxiques pour le foie, les organes reproducteurs et le système immunitaire des mammifères de laboratoire. Ils sont utilisés dans la fabrication d’une très large gamme d’objets de la vie courante.

Le sort des bélugas de Cook Inlet et du Saint-Laurent mis en parallèle
Baleines en direct a demandé à Robert Michaud, président fondateur et directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) à Tadoussac, de commenter cette désignation et de comparer la situation des bélugas de Cook Inlet avec ceux du Saint-Laurent au Canada.
Robert Michaud étudie la population du Saint-Laurent depuis 25 ans et fait partie du comité du plan de rétablissement du béluga du Saint-Laurent ainsi que du Cook Inlet Recovery Team (CIRT).

«Dans ce secteur, on met une série de freins supplémentaires au développement, qui sont aussi des freins réels au développement économique », explique Robert Michaud. « Le conflit de l’espace est dix fois plus important à Cook Inlet que dans le Saint-Laurent, et Anchorage est une capitale. Quant à la pollution, les bélugas du Saint-Laurent sont encore plus contaminés.

Le sort de la population de Cook Inlet est plus critique du point de vue du nombre, les bélugas du Saint-Laurent sont estimés à 1 000 individus. Quand une population est réduite, est-ce qu’un processus naturel fait en sorte qu’elle n’arrive pas à se reproduire, comme si elle avait besoin d’un tissu social plus important pour se reproduire de manière plus fluide? On a les mêmes incertitudes qu’à Cook Inlet.
La Loi aux Etats-Unis est plus contraignante que celle du Canada, et les budgets alloués aux scientifiques pour étudier cette population sont faramineux. »

Béluga mort à Tadoussac
Béluga mort à Tadoussac

 


Dauphins couverts de cloques en Nouvelle-Calédonie 


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