Négociants en dauphins : les fournisseurs du Zoo d’Anvers

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Le delphinarium du Zoo d’Anvers

Négociants en dauphins : les fournisseurs du Zoo d’Anvers

L’Américain Jerry Mitchell ainsi que les allemands James Tiebor et Peter Bössenecker sont les « fournisseurs de dauphins » attitrés du Zoo d’Anvers lors de la création de son delphinarium.  
En Europe, hormis le Dr Gewalt, personne n’a encore jamais vraiment essayé de faire se reproduire des dauphins. Cela coûte cher et cela n’a pas de sens : aucune réglementation particulière ne protège alors les dauphins américains ou autres. On les pêche comme on veut, on les remplace à toute allure et ceux qui en font commerce font rapidement fortune.

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Le Florida Dolphin Show de James Tiebor

James « Captain Jim » Tiebor est de ceux-là.
Ce vétéran des vendeurs de dauphins amena les premiers  dauphins captifs à Anvers en 1969.
Présenté par ce Zoo comme un grand ami des dauphins, Captain Jim a pourtant une longue histoire derrière lui : ancien dresseur au Florida Dolphin Show, il fut le premier exportateur de dauphins vers l’Europe et organisa même le premier cirque de cétacés itinérant.
Il exposa ainsi au regard du public une orque captive lors du Grand Festival de la Bière à Munich en 1971, et fournit d’autres orques captives notamment au Zoo de Hagenbeck en 1981. Captain Jim organisa également divers autres spectacles de perroquets, d’otaries et de chimpanzés dressés et fournit même des dauphins «en leasing » pour une somme de 300.000 Marks par an au delphinarium de Heide Park en Allemagne.
Admettant aujourd’hui qu’on perdait beaucoup de dauphins de ce temps-là, Tiebor n’en a pas moins fait fortune sur un nombre considérable de cadavres, dont il ne parvient même plus à estimer le nombre.  Il a poursuivi ses activités en commerçant avec l’Espagne et en utilisant l’Autriche pour faire passer ses dauphins d’Amérique du Sud plus discrètement en Europe.

Ici, une "livraison" au Delphinarium de Harderwijck, quelques années plus tard...mais toujours les mêmes méthodes !

Ici, une « livraison » au Delphinarium de Harderwijck, quelques années plus tard…mais toujours les mêmes méthodes !

Peter Bössenecker était le propriétaire de la Société Biologique des Caraïbes. Cette entreprise était basée dans une petite caravane du delphinarium d’Ouwehand-Rhenen en Hollande, mais disposait d’une antenne pour les captures aux Caraïbes.

« Bössenecker a livré quantité de dauphins à la plupart des delphinariums européens. Il se procurait sa marchandise à partir du Guatemala et obtint des autorités de ce pays tous les permis nécessaires à l’exportation massive de plus de trente trois (33) dauphins, expédiés en Europe par lots successifs ». Il n’est pas impossible que Iris et Ivo proviennent directement de cette opération-là, au tout début de l’année 1981.
En tous cas, dès 1977, la Société Royale Zoologique d’Anvers, gestionnaire du zoo du même nom, attestait dans une lettre signée par son curateur, Pieter De Block que «Mr Bössenecker est un excellent fournisseur de dauphins qui a livré nombre de spécimens aux zoos européens. Nous avons reçu de lui, en 1977, trois dauphins de Guyane (sotalia guianensis) et quatre dauphins Tursiops qui furent ramenés par cette personne et sont toujours en bonne santé ».

Le delphinarium de Harderwijck ne tarissait pas non plus d’éloges à propos de Bössenecker attestant que celui-ci lui avait livré à plusieurs reprises des «sotalia guianensis»
Reste à savoir ce que sont devenus les trois fameux « dauphins de Guyane » du Zoo d’Anvers. Ont-ils même jamais été exposés en public ? Ils n’ont en tous cas laissé aucune trace…

Extrait du livre « The Rose-Tinted Menagerie »
par William M. Johnson

 


Gelés dans leur caisse….

Durant le voyage qui les amenait de l’océan au Zoo d’Anvers , certains des tout premiers dauphins d’Anvers avaient presque gelé dans leur caisse.
Des couches de mousses supplémentaires avaient du être placées en urgence pour protéger l’aileron qui dépassait et leurs têtes avaient été enduites de graisse pour éviter la dessiccation.

Lorsque les premières « bêtes » furent tirées de leur caisse puis de leur hamac de toile, le Dr Thomas ALLEN dut leur injecter une dose d’antibiotique ainsi qu’un stimulant.
La plupart des dauphins étaient à ce point ankylosés qu’il fallut les soutenir dans 70 cm d’eau pour leur faire reprendre vie et les engager à nager.
Leur corps tordu de crampes, blessé d’escarres, leur peau craquelée par la sécheresse, auraient du susciter la pitié des vétérinaires. Mais ceux-ci se réjouissaient : le « chargement » vivait encore !
On le plaça dans le bassin courbe…

 

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Jay Sweeney, le tueur impuni toujours en activité

Plus globalement, on peut dire que les principaux pourvoyeurs des delphinariums européens furent James Tiebor de Münich, représentant de l’International Animal Exchange and manager du Florida Dolphin Show, Wolfgang Gewalt, l’intrepide ravisseur de dauphins et directeur du Zoo de Duisburg Zoo, le négociant en dauphins René Duss, de l’Ocean Life Company, Peter Bössenecker et sa Société Biologique des Caraibes, Terry Nutkins, responsable du Windsor Safari Park, le vétérinaire Jay Sweeney, de Dolphin Services International, agréé par le gouvernement américain et le très réputé Conny Gasser du Conny’s Flipper Show in Switzerland.


 

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