Non au transfert des orques et des bélugas sur l’île Rousski

Hasard ou nécessité ? Le soi-disant « centre de revalidation » se trouve à deux pas d’un gigantesque delphinarium

Non au transfert des orques et des bélugas sur l’île Rousski

Non au transfert des orques et des bélugas sur l’île Rousski ! C’est l’appel que lance la coalition Free Russian Whales, pour que les détenus de la « prison des baleines » ne soient pas déplacés vers un soi-disant « Centre de revalidation » près de Vladivostok, c’est à dire pas très loin non plus du sinistre Primorsky Oceanarium…. 

Le 20 février, le président russe Vladimir Poutine a chargé le ministère des Richesses naturelles (MRN) et le ministère de l’Agriculture, en collaboration avec les organisations scientifiques et publiques concernées, de déterminer le sort des cétacés retenus captifs dans la baie de Srednyaya (Krai de Primorsky, Extrême-Orient russe), en leur donnant le 1er mars pour date limite.

Le 4 mars, Alexey Titovskiy, responsable du ministère des Richesses naturelles, a annoncé que l’une des options envisageables serait de transférer des orques et des bélugas capturés illégalement dans des delphinariums et notamment d’envoyer la plupart des bélugas dans des pays étrangers.

Le 5 mars, le vice-Premier ministre Alexey Gordeyev a annoncé pour sa part la décision de transférer des orques et des bélugas dans un certain «Grand centre de détention d’animaux marins», qui serait installé dans l’une des baies de l’île Rousski

, près de Vladivostok.

PETITION


La coalition Free Russian Whales est en profond désaccord avec ces propositions et n’appuie aucunement la décision de déplacer les baleines vers un «Centre» encore inexistant sur l’île Rousski.

Les orques et les bélugas enfermés dans la baie de Srednyaya ont été capturés illégalement – il s’agit là d’une position claire et cohérente du bureau du procureur général de la Fédération de Russie

Le comité d’enquête de la Fédération de Russie et les services des gardes-frontières de la Fédération de Russie adhèrent à cette vue des choses. Ils ont d’ailleurs respectivement engagé des poursuites pénales et administratives sur la base de faits concernant la capture illégale d’animaux.
La législation de notre pays n’autorise pas le transfert ou la vente d’animaux capturés illégalement à des delphinariums et d’autres établissements de divertissement, en Russie ou à l’étranger. Le bureau du procureur général l’a souligné à plusieurs reprises dans ses déclarations officielles

Le déplacement d’animaux capturés illégalement vers des parc marins n’est pas une option soutenue par les organisations de protection de l’environnement ni par les spécialistes des mammifères marins.
Elle n’est pas non plus accepté par les citoyens russes et la communauté internationale au sens large. Près d’un million de personnes ont signé une pétition demandant la libération des orques et des bélugas de la « prison des baleines »

Le déménagement sur l’île Rousski ne pourrait de toutes façons avoir lieu que lorsque la température se sera réchauffée. L’hypothétique «centre de rétention des grands animaux marins» n’existe pas encore, même pas au stade de projet. Cela signifie donc que pendant plusieurs mois encore, les mammifères marins seront détenus dans des conditions insalubres, où ils continueront à être dressés pour les spectacles de delphinariums.

La qualité de l’eau de l’île Rousski étant inférieure à celle de la baie de Srednyaya, les maladies de peau et autres, déjà développées dans les enclos, risquent de se développer et de s’étendre dans ce nouvel emplacement proposé.
Ce déplacement vers l’île Russkiy- qui va dans la direction opposée aux sites de réhabilitation optimaux – puis le retour vers les lieux de libération généreront un stress supplémentaire inutile pour les orques et les bélugas. Le transport d’un si grand nombre de cétacés est une opération extrêmement difficile (sur le plan technique et logistique), dont les animaux vont souffrir beaucoup.

L’orque Cyril est morte mais toutes les autres sont également affectées de maladies de peau et de problèmes de santé

Ainsi, le transfert de cétacés de la baie de Srednyaya vers une île russe n’est pas acceptable.
Par ailleurs, en violation flagrante des instructions du président Vladimir Poutine, le ministère des Richesses naturelles et le ministère de l’Agriculture n’ont pas impliqué les organisations publiques dans le débat sur le sort des cétacés. Le 24 février, une coalition d’organisations publiques a officiellement demandé au Ministère des ressources naturelles d’associer ses représentants à l’exécution des instructions du Président. Le ministère a ignoré cet appel.

La coalition Free Russian Whales considère que la seule option acceptable est libérer les animaux de la baie de Srednyaya directement en milieu naturel, sans aucun centre de revalidation temporaire.
Relâcher les cétacés dans la zone de capture est la solution la meilleure, même si elle n’est envisageable qu’à la fin du mois de juin en raison de la glace. Néanmoins, les experts considèrent qu’il serait acceptable de libérer les baleines plus tôt dans le détroit des Tatars.

La revalidation des orques et des bélugas devrait commencer immédiatement à l’endroit même où ils sont détenus, dans la baie de Srednyaya. Pour mettre cette procédure en œuvre, il est urgent de créer un groupe d’experts russes et internationaux, de résoudre le problème en sous-louant tout le matériel et le les installations de « prison », de placer ces animaux en possession illégale à un panel d’experts et de mettre en oeuvre une série de mesures simples :
– réduire au maximum les contacts entre les humains et les animaux, en ne les nourrissant qu’à distance;
– Réunir en un seul les enclos des orques et les agrandir. Rassembler de la même manière ceux de certains bélugas;
– procéder à une évaluation de la santé des animaux et à un traitement pour ceux qui en ont besoin.

En règle générale, ces mesures suffisent pour préparer les animaux à leur libération. Des données climatiques pérennes montrent que depuis la mi-avril, une température positive stable s’est établie dans la région – ce qui signifie qu’à partir de maintenant, les animaux pourraient être déjà déplacés dans des conteneurs de transport et transférés sur le pont du navire vers le site de libération.

L’une des options les plus acceptables pour la libération des orques serait de les relâcher dans la partie sud du détroit du Tatar. Elle est actuellement libre de glaces et les ressources alimentaires y sont abondantes pour les orques (otaries à fourrure, otaries et autres pinnipèdes).

Les bélugas devraient être relâchés au cours de la première quinzaine de mai dans la partie nord du détroit de Tatar, qui sera libéré de ses glaces un plus tard dans la saison. La zone concernée contient suffisamment de stocks de poisson (hareng) et c’est là que passeront les premiers clans de bélugas sauvages migrant dans la zone.

Pour le transport des animaux, il est nécessaire d’engager un grand chaland autonome ou remorqué, sur le pont duquel les conteneurs contenant les cétacés seront placés à l’aide d’une grue sur roues.
La flotte de la marine russe du Pacifique a déjà accepté de participer au transport d’animaux sur le lieu de remise en liberté.

Les orques et les bélugas vivent en groupes (« pods »), il est donc nécessaire de libérer les 10 orques en même temps, ainsi que les bélugas – au sein de groupes plus importants comprenant plusieurs dizaines d’animaux.
Un bon nombre d’orques et de bélugas dans la baie de Srednyaya sont des individus âgés de 4 à 5 ans. Cela signifie que lorsqu’ils ont été capturés, ils se nourrissaient déjà par exux-mêmes depuis quelques années et qu’ils ont déjà effectué des migrations saisonnières.
La présence de groupes d’animaux d’âge différent contribuera à rétablir leur structure sociale naturelle et à assurer la survie des individus âgés et très jeunes.

L’élaboration et la mise en œuvre détaillées de ce plan devraient être menées de manière optimale sous le patronage de la Société géographique russe. Des experts internationaux renommés dans le domaine de la réhabilitation des cétacés ont déjà accepté de venir en Russie pour aider à sauver les animaux de la « prison des baleines ».

Ce plan assurera la libération des cétacés capturés illégalement et libérés dans les plus brefs délais avec un maximum de chances de survie. En même temps, il faudra beaucoup moins de ressources financières que la construction d’un nouveau «Centre de rétention pour grands animaux marins» sur l’île russe (en fait, une autre «prison à baleines», dont plus personne n’aura même besoin après sa libération).

La coalition publique Free Russian Whales est prête à participer au financement de la mise en œuvre de ce plan en récoltant des fonds. Elle cherchera systématiquement à libérer dans les plus brefs délais tous les cétacés dans leur habitat naturel et exhorte le ministère des Richesses naturelles à se conformer aux instructions du Président de la Russie et à faire participer les organisations publiques aux travaux de réhabilitation et à la préparation du libération d’orques et de bélugas à l’état sauvage.

The public coalition “Free Russian Whales” est composée des organisations suivantes :
Regional public organization « Sakhalin ecological Watch »
Sakhalin Regional Public Organization « Ocean Friends »
Sakhalin Regional Public Organization Club « Boomerang »
ANO Scientific and Ecological Center for the Rescue of Dolphins and Other Marine Mammals “Delfa”
ANO Scientific and Practical Center for the Protection of Marine Mammals « ORCINUS »
Public inspector of environmental protection (Rosprirodnadzor in the Central Federal District) S. V. Belyaeva
NP « Rehabilitation center of marine mammals » Tyulen « 
ANO « Seaside Center for Underwater Research »
Advisory assistance to the coalition is provided by: the Russian branch of Greenpeace, the Marine Mammals Council, the Moscow State Academy of Veterinary Medicine and Biotechnology, the Moscow State Academy of Biology named after KI Scriabin

PETITION

 


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