Nouvelles règles pour les zoos flamands : le Boudewijn Seapark menacé !

Pédagogie au Boudewijn Seapark (Photo Dauphins Libres)

Nouvelles règles pour les zoos flamands : le Boudewijn Seapark menacé !

Le ministre flamand du Bien-être animal Ben Weyts (N-VA) vient de renforcer une série de règles pour améliorer le bien-être des animaux dans les zoos flamands. Le Zoo d’Anvers ne devrait pas être affecté par ces changements. Dans le cas du delphinarium de Bruges, c’est une autre affaire. Ses shows de cirques avec dauphins dressés ne correspondent pas aux normes des zoos.

Les zoos flamands fonctionnent toujours selon les règles d’un décret royal daté de 1998.
Mais durant ces vingt dernières années, beaucoup de choses se sont passé: les zoos ont changé, la sensibilité du public par rapport au bien-être des animaux a augmenté et la recherche scientifique nous a apporté de nombreuses connaissances supplémentaires sur le maintien des animaux en captivité.
C’est pourquoi le ministre Weyts a estimé devoir moderniser les règles. «Nous avons placé la barre du bien-être animal plus haut dans toute la Flandre. Il était évident que nous devions le faire aussi dans les zoos. Il était temps d’ajuster les conditions de reconnaissance fondées sur ce critère» a déclaré le ministre N-VA.

Des normes d’accueil plus claires sont notamment édictées pour les enclos des animaux au  zoo.
Ainsi, il faudra toujours  y avoir ainsi un abri – naturel ou construit – pour les animaux maintenus en permanence à l’extérieur. Ceux qui disposent à la fois d’une résidence intérieure et d’une autre extérieure auront toujours accès aux deux types d’enclos (sauf exceptions logiques, comme le gel ou le nettoyage des cages en cours).
Obligation est faite aussi de clôturer entièrement chaque zoo, en tant que mesure de sécurité supplémentaire. Cette directive a été inspirée, notamment, par l’évasion dramatique d’un léopard des neiges du Monde Sauvage d’Aywaille, il y a quelques années.

Le Zoo d’Anvers est un zoo urbain beaucoup trop petit pour le nombre d’animaux qu’il enferme (Photo YG)

Le contact physique entre les visiteurs et les animaux est désormais sévèrement restreint.
Certains visiteurs s’approchent des animaux d’une manière inappropriée. C’est pourquoi Planckendael a décidé de fermer la ferme des enfants l’an dernier suite à une série d’incidents. Les volières que l’on traverse après avoir écarté un rideau de plastique pourront rester en fonction, mais seulement si un membre du personnel se trouve présent en permanence pour superviser le public.

Durant les spectacles, les animaux ne peuvent plus être contraints d’effectuer des tours de cirque.
Ils ne pourront plus que faire la démonstration de leur comportement naturel. Enfin, chaque zoo flamand devra mettre en place un comité d’éthique – une sorte de chien de garde moral attentif en permanence au bien-être des animaux. Les zoos flamands ont une année pour effectuer les ajustements nécessaires.

Enfant et dauphin au « zoo » de Bruges en 2017

Du côté du Zoo d’Anvers, on ne s’attend guère à des changements majeurs.
« Nous avons déjà beaucoup investi dans le bien-être des animaux ces dernières années », a déclaré le porte-parole. « Lorsque notre public entre en contact avec les animaux, un superviseur est présent en permanence ».
Quant au Boudewijn Seapark à Bruges, où les dauphins font toujours leurs shows répétitifs, «la direction attendra les détails de la réglementation en vigueur pour s’y conformer ». Le parc ajoutant sans rire :
« Nous venons d’ailleurs de lancer un nouveau spectacle, dans lequel nous mettons déjà beaucoup l’accent sur le comportement naturel des dauphins ».

Pour l’association Bite Back, la nouvelle réglementation implique la fermeture immédiate du delphinarium.
«Le fait que le delphinarium soit régi par la législation régissant les zoos est déjà discutable depuis longtemps » explique Bite Back.
« Pour nous, le delphinarium avec ses shows quotidiens n’est ni plus ni moins qu’un cirque à dauphins sédentaire, mais puisqu’il est toujours considéré comme un zoo, il ne peut plus continuer à fonctionner au regard de ces nouvelles réglementations plus strictes.
A Bruges, les dauphins donnent un spectacle, ils vous emmènent dans une « histoire de Noël magique » avec lasers et musique forte. Ils sont contraints de faire des tours contre nature sans cesse, comme de glisser sur le bord, lancer des ballons ou traîner  les dresseurs dans l’eau ».

On pourra regretter aussi que le ministre, si prompt à rafraîchir le vieil arrêté de 1998, ne se soit pas concentré sur les conditions de détention des cétacés qui y sont précisées.
Plus que tout autre, celles-ci sont incroyablement datées, autorisant 5 mètres de fond maximum à des mammifères marins qui plongent couramment sous 60 mètres et ne prenant en compte que les besoins biologiques de l’espèce mais  nullement leurs besoins psychologiques, sociaux ou affectifs.

Un enclos aquatique vide tout objet, de tout rocher, de toute algue ou poissons. Il faut contraindre l’animal à rester en surface.

Pire encore, ces normes d’un autre siècle ne sont même pas respectées par le cirque aquatique de Bruges. 
Deux commissions parlementaires n’auront pas suffi à émouvoir l’entreprise  : à l’exception du chlore qui a disparu de l’eau des bassins,  rien n’a changé au Boudewijn Separk. Aucun lagon extérieur n’a été construit, plusieurs transferts de dauphins ont eu lieu sans l’accord d’un comité d’accompagnement jamais constitué et huit dauphins (8) occupent aujourd’hui les fosses bétonnées du delphinarium sous cloche, au lieu des 7 autorisés !

M. Ben Weyts doit le savoir. Mais des enjeux politiques locaux l’empêchent sans doute d’agir pleinement contre un parc qu’il n’aime pas.  A ce jour, le Boudewijn Seapark reste encore et toujours une forteresse imprenable.
Et c’est une honte pour la Belgique entière !


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