Le show sanglant des orques chasseresses

Baleineau piégé par les orques en Nouvelle-Galle du Sud

Baleineau piégé par les orques en Nouvelle-Galle du Sud

Le show sanglant des orques chasseresses

Le show sanglant des orques chasseresses a une fois encore soulevé des «Oh My God» et des cris horrifiés sur un bateau de whale-watchers en Nouvelle-Galle du Sud.
Et de fait, si cette chasse au baleineau n’avait rien d’inhabituel, le spectacle macabre que les épaulards australiens ont offert aux passagers après la mort de leur proie avait peu à voir avec celui de SeaWorld et ressemblait plutôt à une sorte de provocation taquine.
Il semble en outre que ce genre de démonstrations publiques soient beaucoup moins rares qu’on ne le prétend !

Les orques se rapprochent du bateau avec des morceaux de baleineau dans la bouche

Attaque d’orques en Nouvelle-Galles du Sud 

Début octobre, les passagers d’un bateau de whale-watching qui naviguaient au large de Ballina, dans le nord de la Nouvelle-Galles du Sud, se sont retrouvés au premier rang d’un spectacle macabre, celui d’un baleineau dévoré par une troupe d’orques chasseresses.
L’attaque s’est déroulé à quelque 2 kilomètres des côtes, alors que le navire des whale-watchers commençait sa tournée du samedi matin
Le skipper Dean Fuchs raconte qu’une mère baleine à bosse, son enfant et son escorte – les jeunes mères sont le plus souvent accompagné d’un mâle – se déplaçaient paisiblement lorsqu’un groupe d’une trentaine orques a surgi brusquement.

Julie Cummings était à bord lorsque la chasse a commencé.
« Nous étions en train de regarder la maman baleine, son bébé et l’escorte mâle qui s’amusaient à s’éclabousser avec la caudale et les nageoires depuis un bon moment. Et c’est alors que ce groupe d’orques a jailli hors de l’eau et s’est mis à tourner autour des baleines et à sauter par-dessus le bébé« , explique-t-elle.

« Il y a eu beaucoup d’agitation sous l’eau et finalement, les chasseurs ont séparé l’enfant de la mère et du mâle.
Ils l’ont ensuite noyé en sautant sur son dos et en le maintenant sous l’eau de force. C’était tellement triste à voir mais en même temps, tout à fait incroyable. Les gens sur le bateau restaient silencieux, avec de temps en temps des cris d’horreur et de compassion…

Le baleineau a été vu une dernière fois, flottant sur le dos avec du sang autour de la bouche … alors nous avons compris que les orques avaient réussi leur chasse. Bien sûr, la mère et le jeune mâle escorte ont tout fait pour sauver le bébé, mais les orques étaient beaucoup trop nombreuses ».

Attaque d'orques sur un baleineau au large de Ballina

Attaque d’orques sur un baleineau au large de Ballina

Selon Julie Farrell, vice-président de l’Organisation pour le sauvetage et la recherche des cétacés en Australie, la tuerie de Ballina est un comportement classique chez les orques.
Ces grands prédateurs suivent les baleines à bosse comme les lions les troupeaux de gnous, en particulier lorsque celles-ci entament leur longue migration au Sud, vers l’Antarctique accompagnées de juvéniles.
« Les orques voyagent alors en groupes importants. C’est la seule façon de parvenir à séparer un baleineau de ses protecteurs. Et c’est bien ce qu’elles ont fait « , esplique-t-elle.
«Ce qui était inhabituel dans cette tuerie, c’est de voir les orques dévorer tout le corps du baleineau au lieu de ne manger que la langue et les joues en guise de friandise, comme ils le font d’habitude. En outre, étant donné les distances immenses parcourues par les orques et leur vitesse, il était très inhabituel pour les humains d’assister à une telle attaque. Pour une croisière d’observation des baleines, c’est vraiment incroyable. »

Incroyable aussi, le fait que les orques aient ensuite encerclé le bateau pendant plus de deux heures et qu’elles semblaient célébrer la mise à mort en apportant des morceaux de graisse tout près de la coque !
Et si c’était de la pure provoc ? Les orques n’ignorent en rien qu’on les observe. Leur ouïe est si fine qu’elle peuvent entendre les cris des passagers. Peut-être trouvent-elles ça drôle d’en remettre une couche et d’agiter des lambeaux de leur proie sous leur nez !
Car le cas n’est pas aussi rare que ne le prétend l’article d’ABC.Net, d’où nous tirons nos informations…

Attaque au large de Bremer

Attaque au large de Bremer

D’autres attaques menées devant les whale-watchers

En avril 2018, un groupe de cinq orques avait attaqué une baleine grise et son petit au large des côtes de la baie de Monterey en Californie.
L’attaque sanglante avait duré quatre heures, sous les yeux médusés des clients du Monterey Bay Whale Watch.

 

En janvier 2018, ce qui avait commencé comme une paisible journée de whale-watching s’est rapidement transformé en une scène de massacres, démontrant ainsi l’impressionnante puissance du prédateur apex de l’océan.
Un groupe de touristes était parti de la baie de Bremer à l’ouest de l’Australie pour se rendre jusqu’au site habituel d’observation des baleines, au bord du plateau continental, à 60 km des côtes.

Kirsty Alexander, biologiste marin de la société Naturaliste Charters, a raconté qu’un groupe d’épaulards familiers de la région était rapidement apparu.
Le bateau s’est éloigné un peu pour s’assurer que les cétacés se sentaient à l’aise avec la présence du bateau, lorsqu’une autre bande d’orques est arrivé en marsouinant à toute vitesse par-dessus les vagues.
« Ils le font parce que c’est vraiment le moyen le plus rapide de voyager. Ils utilisent le mouvement de propulsion des vagues et littéralement, ils s’envolent ! »

Lorsque le bateau s’est dirigé vers eux, les orques arrivaient de toutes les directions.
« Ils ont vraiment commencé à prendre de la vitesse, à la fois à tribord et à babord de notre bateau mais aussi derrière nous, dans notre sillage. Nous pouvions voir de plus en plus de cétacés foncer comme des torpilles vers un point central qui se trouvait juste au-delà de l’horizon » explique Mme Alexander.

Trois groupes constitués de dix épaulards chacun étaient visibles autour d’un bouillonement d’écume blanche.
« Nous savions qu’ils avaient quelque chose », continue la biologiste.
« Pendant que nous approchions, nous commencions à voir le vaste nuage de sang qui s’étalait à la surface, et c’est alors que nous savons compris qu’ils avaient un grand mammifère là-dessous ». 

Des centaines d’oiseaux de mer et plusieurs requins ont été attirés par la mise à mort de ce que nous supposons être une espèce de baleine à bec.
Les orques lui arrachaient des morceaux de muscle parfois larges de deux mètres. Il n’a fallu que quelques minutes aux orques pour venir à bout de leur proie. Mme Alexander a déclaré qu’elle n’avait jamais vu une attaque se dérouler aussi rapidement.
« En général, cela prend un peu de temps pour qu’ils tuent l’animal. Cela peut parfois prendre une heure ou deux. Ils le font en frappant la baleine, par exemple. Si leur victime essaye de reprendre son souffle en surface, ils l’enfoncent à nouveau sous l’eau et ils mordent évidemment l’animal en même temps, en particulier les nageoires pour l’empêcher de fuir… »

Oiseaux et requins se rapprochent du festin des orques

 

En 2016, peu de temps après que le SeaWolf II de la compagnie Monterey Bay Whale Watch ait embarqué une douzaine de passagers pleins d’espoir, le groupe a reçu un appel d’un bateau de pêche leur signalant des orques dans les parages.
«J’étais sur le point de faire revenir mon drone quand nous avons vu une explosion de bulles, un tas de bulles remonter à la surface», a déclaré le skipper. « C’ était un épaulard adulte avec un requin – toujours en vie et frétillant – dans sa bouche.
À côté de l’adulte, une très jeune orque se tenait près de ce qui était probablement sa mère. Bientôt, d’autres orques les rejoignirent et elles se passèrent le requin entre elles ».

Taylor, le biologiste marin qui était à bord du bateau, a déclaré que la société de whale-watching avait déjà rencontré des épaulards au large des côtes, mais ne les avait pas filmé avec leur proie visible hors de l’eau : « Je pense que les orques ont ramené le requin à la surface parce que les jeunes ne peuvent pas retenir leur souffle très longtemps. »

Ou parce qu’elles savaient qu’elles avaient un public…
Rien à voir donc avec les shows d’orques zombies de SeaWorld, si l’on excepte la mort de Dawn Brancheau et les tristes chasses à la mouette de Kalia…


L’orque Kalia chasse l’oiseau à l’appât

Tuer pour jouer : les cruelles cultures des orques nomades