Otaries, ces clowns oubliés

Show « médical » à Nausicaa

Otaries, ces clowns oubliés

Les otaries en liberté

La vie des otaries

Les otaries au Zoo

Les otaries à Nausicaa

Les otaries au cirque

Les shows gratuits

Otaries en Wallonie !

Les otaries du Zoo d’Anvers

Les otaries à Bruges

Les otaries qui lisent à Nausicaa

Les otaries militaires

Les otaries qui peignent des tableaux !


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Otaries dans leur monde


Otaries en liberté

Les otaries de Californie proviennent, comme leur nom l’indique, de la côte de Californie mais leur présence est attestée en bien d’autres endroits : on en trouve depuis la côte de Vancouver, en Colombie britannique, jusqu’au Mexique. Un mâle adulte peut atteindre jusqu’à 1000 livres en poids et 7 pieds en longueur. Les femelles adultes sont, elles, généralement d’un poids de 350 livres et de six pieds de long.

Chose étonnante, il semble que ces animaux descendent directement d’un ancêtre commun semblable à un ours qui a regagné la mer, il y a de cela plusieurs millions d’années.
Contrairement aux baleines et aux dauphins, les pinnipèdes partagent leur existence entre la terre ferme – ou la banquise – et la mer. Ils quittent l’élément aquatique pour se reproduire, se reposer, donner naissance à leurs petits entre juin et juillet. Ceux-ci sont pris en charge par leurs parents durant une période de 5 à 6 mois, quelquefois plus.

Ce sont des pêcheurs habiles qui se nourrissent de calmars, de pieuvres, de harengs, de poissons des rochers et de maquereaux. Selon les experts, leurs populations augmentent de manière importante et ils ne sont plus considérés comme une espèce en danger.
La population de Californie compte environ 160,000 individus. Si l’on y ajoute les otaries vivant au Mexique ou dans les Galápagos, la population mondiale est d’environ 200.000 individus.
Les otaries sont bien adaptées à leur environnement marin : ils trouvent aisément de quoi se nourrir, échappent souvent à leurs prédateurs et perçoivent parfaitement ce qui se passe sous l’eau. Leurs évolutions acrobatiques y sont inégalées. Si en général les otaries ne plongent guère à plus de 70 m de profondeur, certaines  d’entre elles peuvent descendre  jusqu’à 180 m.
Bien sûr, l’otarie est moins gracieuse lorsqu’elle avance sur le sable, mais il est bon de savoir que, grâce à ses nageoires antérieures longues et fortes, elle est néanmoins capable de courir plus vite qu’un homme sur une plage de sable fin. Elle escalade les rochers sans trop de peine et plonge parfois d’une grande hauteur.

Vivant à la fois dans l’air et dans l’eau, les otaries, comme tous les pinnipèdes (otaries, morses, phoques), n’ont pas les mêmes capacités sensorielles dans chacun de ces éléments. Ces milieux aux propriétés physiques si différentes ne véhiculent pas les informations de la même façon. Ainsi, dans l’air, l’acuité visuelle est limitée aussi bien à courte qu’à longue distance. Un observateur peut s’approcher, en plein jour, en rampant lentement, jusqu’à moins de 2 mètres d’un groupe d’otaries de Californie. Une fois qu’ils ont découvert l’intrus, les animaux étendent leur cou dans sa direction et, balançant la tête d’un côté à l’autre, le scrutent intensément, comme s’ils cherchaient à mieux le discerner. Malgré cette vision aérienne médiocre, les otaries sont très sensibles aux contours nets et aux mouvements brusques : tout objet se dressant au-dessus du niveau général des animaux et se déplaçant peut déclencher une réaction d’alarme. Un homme en position verticale provoque une réaction dès qu’il se trouve à une distance de 75 mètres durant la journée et de 25 mètres environ par nuit claire. D’ailleurs, les signaux visuels utilisés dans la vie sociale sont simples et évidents : ils ne requièrent que la perception de la silhouette et du mouvement. En revanche, la vision dans l’eau est bien meilleure ; elle est d’ailleurs largement utilisée lors de la recherche de nourriture.

Faisant partie des mammifères les plus bruyants, les otaries de Californie savent donner de la voix. Elles se servent en priorité de signaux vocaux pour communiquer. Grâce à ses vocalisations, le mâle résidant fait part de son statut et de son agressivité. La femelle exprime de la même manière son mécontentement. Mère et jeune se reconnaissent par les sons émis, tandis que les jeunes communiquent entre eux vocalement. Tous ces éléments plaident également en faveur d’une bonne acuité auditive.
Même s’il n’est utilisé qu’en des circonstances bien précises, l’odorat semble assez développé. Il permet au mâle d’identifier la femelle en chaleur et à la mère de reconnaître son petit, ce qui implique un haut degré de discrimination olfactive.

Aux USA, les otaries sont protégées par le « Marine Mammal Protection Act » de 1972, qui interdit à quiconque de les nourrir, des les manipuler et de les harasser. Pour celles qui sont déjà captives, la protection est bien différente.
Les otaries californiennes sont bien connues pour leur intelligence, leur goût du jeu et leurs aboiements sonores. Leurs nageoires très spécifiques les rendent extrêmement agiles et propres à être utilisées pour des spectacles.
Dans ce contexte artificiel, ces animaux vous seront présentés comme des clowns, parfois montés sur des bateaux-pirates, applaudissant ou saluant le public de façon très humaine, ou maintenant leur éternel ballon en équilibre sur le nez, mais vous ne risquez pas d’en apprendre beaucoup sur les modes de vie en liberté.

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Zoos et parcs marins

Otarie clown

Est-ce ainsi que vivent vraiment les otaries ? Est-ce cela que l’on apprend à nos enfants ?


Lorsque les zoos et autres parcs marins de Grande Bretagne durent renoncer aux dauphins captifs, beaucoup d’entre eux remplirent aussitôt leurs piscines vides avec des otaries.
Pourtant, les mêmes arguments qui visent à critiquer la captivité des dauphins sont également valables dans le cas des otaries : ce sont là des êtres sensibles et intelligents, susceptibles d’apprendre des comportements artificiels complexes mais maintenus pour ce faire dans un environnement nu et stérile : les mêmes bassins d’eau chlorée qui supportent difficilement la comparaison avec le véritable milieu marin.

La qualité de vie de ces otaries captives est sévèrement compromise : leurs structures sociales et leurs modes de chasse ne peuvent évidemment être reproduits dans ces conditions de confinement. En outre, tout comme pour les dauphins, le seul mobile qui justifie la présence de ces animaux en bassin est le souci d’amuser le public et non pas de l’instruire.

Certains établissements (en Belgique, Zoo d’Anvers et Dolfinarium de Bruges, mais aussi Monde Sauvage d’Aywaille, en France, Zooparc de Beauval, en Grande Bretagne, West Midlands Safari Park et Knowsley Safari Parks) n’hésitent donc pas à offrir à leurs visiteurs de véritables shows de cirque, incluant les mêmes «tours» que pour les dauphins : jets de balle en caoutchouc, sauts pour atteindre un ballon suspendu et vocalisations sonores pour obtenir son bout de poisson.

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Cirques et otaries

Cirque Krone

Les otaries dansantes du Cirque Krone

Selon les recommandations vétérinaires de l’Association des Gérants de Cirque (Association of Circus Proprietors), les otaries ne devraient pas voyager d’un lieu à un autre. Elles doivent au contraire être maintenues en un lieu fixe et disposer d’eau en quantité suffisante que pour pouvoir nager.
Cette eau doit être changée tous les jours ou à tout le moins, filtrée et l’otarie doit disposer d’une profondeur minimale d’un mètre.

Ces règles ne semblaient pas être connues par Hans Pederson quand il amena son cirque en Angleterre en 1994.
L’un de ses camions fut contrôlé par la police et interdit de circuler en raison de son mauvais état.
C’est alors que les forces de l’ordre découvrirent cinq otaries entassées dans un container, au fond de la remorque. Les pompiers furent appelés à l’aide, afin de remplir au moins une partie de cette caisse métallique avec de l’eau fraîche. Hans Pederson expliqua qu’il était en route vers le Chipperfield’s Circus, qui se trouvait à Thirsk, et qu’il aurait perdu le contrat s’il ne s’était pas présenté dans les 48 heures. La presse contacta aussitôt le cirque en question, qui déclara :

‘Nous n’avons jamais possédé d’otaries dans nos spectacles. Nous supposons que Mr Hans Pederson voulait juste nous rencontrer et nous proposer ses services ».
Pourtant, le mois précédent, les otaries de Pederson avaient bien été présentées par le cirque Chipperfield’s Circus, que leur propriétaire rejoignit peu après cet incident routier. En 1996, nouvelle tournée du Chipperfield’s Circus : les cinq otaries d’origine ne sont plus que quatre.

En février 2014,  le Tom Duffy’s Circus faisait l’objet de critiques similaires quant aux traitements cruels qu’il infligeait  ses otaries, tant il est vrai que les animaux sauvages n’ont pas leur place dans un cirque

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Les premières otaries au cirque

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Un show gratuit et naturel

Au Pier 39, à San Francisco, des centaines d’otaries libres exécutent régulièrement des shows gratuits et naturels à leur propre initiative. La plupart sont des mâles qui, depuis des millénaires, fréquentent cette région de la Californie, particulièrement pendant les mois d’hiver, quand les harengs abondent par là-bas.

Les otaries du Pier 39 sont une attraction importante et à chaque fois qu’elles apparaissent, une foule énorme se presse le long de la mer. Bien sûr, les otaries ne portent pas de balles en caoutchouc sur le bout de leur museau  mais elles se livrent à des jeux et des acrobaties  incroyables qui font rire les spectateurs bien plus que les shows des delphinariums et les gardent ceux-ci sur place des heures durant !
Quant le spectacle s’achève, les humains se retirent, le cœur content d’avoir assisté à une prestation magnifique et les  otaries, elles, n’ont fait que ce qu’elles aimaient !
Dommage : en 2009, les otaries ont totalement abandonné le Pier 39, pour des raisons qui restent mystérieuses.
A New Quay (UK), des dauphins libres viennent de la même manière se montrer dans le port en fin d’après-midi.
Tout le village est massé sur les berges pour les applaudir !

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2002

Des otaries en Wallonie et en Flandre

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Otarie à Bruges

Au parc d’attractions du Mont Mosan, près de Huy, les otaries Elsa, Birdie, et Neptune ont remplacé les dauphins.
Ils exécutent leurs shows « facétieux et farceurs au rythme de la musique » – dixit la bonne presse locale – ceci trois fois par jour, tous les jours de la semaine, et de la semaine suivante, et suivante, et suivante… jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Qu’apprennent les enfants lors de ces spectacles ?
Que les otaries ne sont pas des phoques, qu’elles savent danser le twist, tirer des petits bateaux avec des enfants dedans et qu’elles aiment TANT qu’on leur donne des bisous ?
Que les perroquets roulent à vélo, font du patin ou tirent au petit canon ?
Est-ce vraiment là d’animaux dont on parle ou bien plutôt de pauvres marionnettes dressées pour faire croire aux bambins que le monde n’est qu’un vaste Disney World et toutes les « bêtes » des nounours familiers qui ne demandent qu’à jouer avec eux ?

A l’instar du  Mont Mosan, le Monde Sauvage d’Aywaille possède également des otaries captives, de même que le delphinarium de Bruges, qui s’exhibent dans un « théâtre »distinct du delphinarium depuis 2009.
Les contacts étroits entre spectateurs et animaux y sont monnaie courante, contrairement aux exigences des lois régissant les zoos belges. Avec tous les risques que cela comporte pour les enfants de se faire brusquement se faire mordre au visage…
Mais qui s’en soucie, tant que l’argent rentre ? Le Boudewiijn Seapark ne connaît que cette loi-là et tout le monde laisse faire…

Il en est de même pour le Zoo d’Anvers, qui s’est empressé de remplacer son show de dauphins moribonds par un spectacle d’otaries.  Toujours dans l’ombre, à nager en rond sans fin, d’un bout à l’autre et retour, de la fameuse piscine réniforme qui vit mourir tant de malheureux cétacés… Elles aussi parcourent les gradins parmi les enfants, non sans risques et en toute illégalité.

Le show est à pleurer… En outre, ces malheureuses otaries occupent un delphinarium où sont morts plus de 30 dauphins avant eux.
Rien n’a presque changé : ni soleil, ni air frais. Rien de vraiment pédagogique non plus à propos de la VRAIE VIE des otaries !

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Des otaries qui peignent des tableaux !

Midge

 

http://www.dailymail.co.uk/news/article-1079070/Painting-flippers--The-pair-sea-lions-taken-art-combat-stress.html

Otarie peintre

Au début des années 2000, le Zoo d’Oklahoma City a inauguré son tout nouveau show : deux otaries de Californie qui ont été dressées à peindre des toiles….
Selon la presse locale, le zoo vend ces « oeuvres » pour la modique somme de 50 dollars USA. Une partie de ce montant est , paraît-il, reversé vers un fond de protection des mammifères marins en Oklahoma et à San Pedro, Californie.

Le dresseur en chef Laura Bottaro et son assistante Julie Bledsoe ont commencé à apprendre ce nouveau tour aux otaries pour sensibiliser les enfants à la vie des otaries (on croit rêver!).
« La peinture sur toile et d’autres activités sont régulièrement proposées aux otaries afin de développer leur bonne forme physique et psychologique » affirment-elles. Il s’agit là d’expériences enrichissantes qui procurent aux mammifères marins en les mettant au défi d’adopter un tout nouveau comportement, qui leur permet par ailleurs d’intensifier les contacts avec leurs entraîneurs.
L’apprentissage progressif développe la confiance mutuelle entre l’animal et son dresseur ce qui augmente la sécurité des rapports mais aussi, permet aux soigneurs de se livrer à des examens médicaux sur l’animal avec la coopération de celui-ci ».

Peut-être.
Mais la question reste évidemment posée de savoir en quoi le spectacle d’otaries en train de peindre des tableaux peut informer valablement les enfants des écoles et les visiteurs ordinaires de ce zoo à propos de la vie sociale, culturelle, intellectuelle des otaries libres qui vivent en mer avec leur famille, y chassent et communiquent entre elles selon des codes dont ne nous ne savons presque rien.

En novembre 2010, Midge, la femelle otarie peintre, est morte euthanasiée, atteinte d’un cancer des poumons à l’age de 25 ans.
On ignore ce qu’il advenu de son congénère.
Rappelons que les otaries, à l’instar des dauphins, ne perçoivent PAS les couleurs…


1/7/2012

Otaries massacrées en Namibie !

Lorsqu’on les poignardent, les bébés otaries vomissent le lait de leur maman…

Pour en savoir plus

Les Otaries de la Jetée 39

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Le show des otaries au SeaLife de Blanckenberge


Le Zoo d’Anvers ne renonce pas aux spectacles de cirque !

Le delphinarium du Zoo d’Anvers

Ils ont tué Iris !