Pandas contre Tibet : le choix du Danemark



Dîner en regardant les pandas au Zoo de Copenhague

Pandas contre Tibet : le choix du Danemark

Pandas contre Tibet : ce fut le choix du Danemark qui accueillait, au printemps 2019, ses premiers pandas dans un enclos spécialement construit pour eux au sein du zoo de Copenhague.
La Chine ne demandait pas grand chose en échange, presque un détail.
Il fallait juste que le Danemark déclare haut et clair que le Tibet était chinois et non pas tibétain… 

 

COPENHAGUEL’enclos a été conçu par Bjarke Ingels, le célèbre architecte danois, et sa construction a coûté 24 millions de dollars.
Inauguré par la reine Margrethe II, le monarque régnant du Danemark. il accueille aujourd’hui un couple de célébrités aux habitudes alimentaires très particulières et en bagarre constante l’un avec l’autre presque toute l’année.
Bienvenue dans la nouvelle maison panda du zoo de Copenhague !

Les responsables du zoo estiment que la combinaison de ces adorables vedettes animales dans un écrin de design danois innovant attirera au moins 400. 000 visiteurs supplémentaires par an.
« Pour un animal aussi emblématique, nous avions besoin d’un cadre emblématique », déclare Bengt Holst, le directeur du zoo. « Vous ne mettriez pas la Joconde dans un vilain cadre ».
Mais tout le monde n’est pas fan de cette nouvelle demeure, construite comme une enceinte circulaire en forme de Yin Yang qui a fait la une des journaux danois ces dernières semaines.

Les opposants estiment que les pandas prêtés par la Chine dans le cadre d’un accord de 15 ans, qui oblige l’hôte à payer 1 million de dollars par an, restreindront la liberté du Danemark de critiquer la politique chinoise.
La campagne pour obtenir l’envoi de pandas à Copenhague a commencé en 2010, juste après l’approbation par le parlement danois d’un mémorandum reconnaissant la pleine souveraineté de la Chine sur la région du Tibet.
Bien que la maison des pandas soit financée par des fonds privés, certains s’opposent s’indignent aussi du coût faramineux du projet.

Exécution de Tibétains par la Chine

En forme du célèbre symbole chinois représentant les opposés en équilibre, l’enceinte est divisée en deux moitiés légèrement en pente. Les visiteurs peuvent observer les pandas d’en haut ou depuis un restaurant au rez-de-chaussée, où l’on peut dîner en regardant de près le panda mâle, lequel passe la plupart de ses heures d’éveil à fouler le bambou.
« Normalement, les zoos ont une façade pour le public et une façade pour les animaux », a déclaré M. Ingels dans une interview. « Nous avons décidé que nous ferions cela à 360 degrés, afin qu’aucun aspect de la vie des pandas ne soit hors de portée du regard. »
Les habitudes d’accouplement inhabituelles du panda ont posé le principal défi aux architectes. Mâle et femelle ne s’accouplent que deux ou trois jours par an. Le reste du temps, on doit les tenir suffisamment éloignés pour qu’ils ne se voient ni ne s’entendent. Ça les énerve !
« Mais nous ne voulions pas avoir deux structures distinctes », a continué l’architecte. «Et nous voulions aussi rester loin de la pagode chinoise typique. C’est alors qu’il nous est apparu que cet ancien symbole chinois, en noir et blanc, masculin et féminin, offrait la solution architecturale parfaite !»

Une zone séparée dans l’enceinte – normalement sans panda – sera accessible aux deux ours pendant la saison d’accouplement. Elle comprend des arbres que le panda femelle peut escalader si son prétendant n’est pas à son goût. Le reste de l’année, les animaux vivront principalement à l’extérieur dans leurs zones séparées, qui ont été aménagées pour ressembler aux deux principaux habitats du panda, une forêt de bambous sèche et une forêt plus dense maintenue brumeuse par une machine à brouillard.

Tout pour le spectateur

Les pandas se sont déjà révélés populaires – 5 000 personnes se sont présentées pour l’ouverture publique, soit le double de la fréquentation moyenne ce jour-là – tout comme leur enclos.
Karsten Ifversen, le rédacteur en chef de l’architecture du journal danois Politiken, a déclaré que si les pandas étaient «des animaux très paresseux», l’enceinte «va dans la direction opposée».
«Il se passe beaucoup de choses partout où vous regardez», a-t-il déclaré. « L’architecture est presque autant une attraction que les animaux. »

Quant au coût, la maison des pandas n’est pas la plus chère du zoo de Copenhague. L’enclos des éléphants, par exemple, a été conçue par Norman Foster et a coûté plus de 36 millions de dollars.
Mais pour les critiques, ce bâtiment n’est pas tant un exploit d’architecture zoologique payé au pris fort que le signe trop évident des liens qui lient le Danemark à la Chine.
Soulignant d’autres exemples de la soi-disant «diplomatie des pandas», le Parti de l’Unité d’extrême gauche et le parti populaire danois d’extrême droite ont critiqué la nouvelle enceinte comme un symbole d’apaisement politique.
« Le Danemark obtient les pandas parce que nous avons cessé nos critiques sur la répression chinoise au Tibet, et parce que les violations des droits de l’homme par le gouvernent chinois sont passées sous silence » a ainsi déclaré Eva Flyvholm, députée du parti Unité.
«Le gouvernement danois a salué cette nouvelle phase de ses excellentes relations avec la Chine. Lorsque le prêt des pandas a été confirmé en 2014, il s’est accompagné de 40 nouveaux accords commerciaux entre les deux pays».

Zoo de Copenhague : il faut un peu d’imagination pour y voir le symbole du Yin-Yang

Lors de l’inauguration de la maison des pandas, Mette Bock, la ministre danoise de la Culture, n’a en effet pas manqué de souligner qu’il s’agissait là d’un projet fondé «sur l’amitié».
Au même moment, à l’extérieur du zoo, quelques dizaines de manifestants vêtus de costumes de panda protestaient bruyamment. Cecillie Sita, 19 ans, et Christina Kalesh, 18 ans, ont déclaré qu’elles étaient venues car elles s’opposaient à ce que le Danemark «s’agenouille» devant un pays qui viole autant les droits de l’homme. Elle se se sont dites déçues de la décision de M. Ingels de créer un enclos spécial pour les pandas.
« En tant que représentant du Danemark, ce serait bien qu’il se prononce plutôt en faveur des droits de l’homme », a déclaré Mlle Sita.
M. Ingels a répondu que les manifestants – et les médias – exagéraient.
« Le fait est que nous collaborons tous avec la Chine – il suffit de regarder d’où vient le téléphone dans votre poche », a-t-il déclaré, ajoutant que la nuit précédente, il avait pu constater par lui-même à quel point les gens étaient excités de pouvoir dîner à hauteur de regard avec les pandas.
« En fin de compte, ce sont surtout là deux animaux vraiment mignons », a-t-il conclu.

D’après l’article du New York Times
‘Panda Diplomacy’: A $24 Million Zoo Enclosure Angers Some

L’animal au zoo est comme un papillon épinglé dans une boîte, mais qui bouge encore…

Et ailleurs ?

Nulle manifestation au Zoo de Beauval ni devant les portes de Pari Daiza lorsque leurs pandas sont arrivés.
Nulle remarque désobligeante dans les médias sur les compensations que la France ou la Belgique auraient pu concéder, sur les marchés qui auraient pu être conclus, sur les déclarations d’amitié à l’égard de la Chine qui auraient pu être faites.
En revanche, c’est sans honte aucune que M. Delors s’affiche au côté de son grand ami Emmanuel Macron pour aller supplier une rallonge au bail de ses pandas auprès du gouvernement chinois. C’est que ces boules de peluche qui rapportent des millions, malgré le coût de leur loyer, sont chevillées au cœur de la politique du soft power.
Lorsque Donald Trump a décidé d’imposer des sanctions commerciales à la Chine, les deux pandas du zoo de Washington sont repartis dans leur pays natal. Certes leur bail arrivait à échéance mais comme à Beauval, il aurait pu être reconduit.

En Chine, les pandas ne sont pas traités aussi royalement qu’au Danemark © Marcus Westberg

Quant aux pandas, qui retournent en Chine, la façon dont on les traite a de quoi surprendre.
« Au fil des ans, les pandas géants en voie de disparition de la Chine ont été trop aimés » se désole le China Dailly en 2014.
« Et trop peu !« .
En Chine aussi, les pandas rencontrent un grand succès dans les zoos et son à même de gonfler ses recettes. Malheureusement, les soins et la protection qui leur était due ont souvent été mises au second plan par rapport à leur potentiel financier, selon des experts locaux.
« Les problèmes entourant la location de pandas géants sont très graves et des réglementations gouvernementales plus urgentes sont nécessaires de toute urgence », a déclaré Wang Dajun, professeur à l’Université de Pékin, impliqué depuis des années dans la protection des pandas sauvages.
« Dans certains zoos, les visiteurs peuvent interagir avec eux tant qu’ils paient« , s’est indigné Wang. « Les pandas géants sont une espèce en voie de disparition. Ce ne sont pas des animaux de compagnie, mais certains zoos les traitent comme tels, avec des séances de photos tarifées en sus. Cela donne également au public l’impression erronée que l’animal n’est plus en danger« .


En mai 2013, l’administration d’État des forêts a durci la réglementation sur la location de pandas géants aux zoos
. Il est donc devenu fort heureusement de plus en plus difficile pour les petits zoos d’attirer des visiteurs en exhibant des pandas, comme Jinyi, par exemple.
Jinyi était l’un des deux pandas loués par le zoo de Zhengzhou au centre de recherche sur les pandas du Sichuan et qui est décédé d’une gastro-entérite aiguë. Né en 2007, Jinyi avait été loué en 2011 au zoo de la capitale de la province du Henan par le Giant Panda Protection and Research Center of China.
Une enquête a révélé que le zoo avait transféré Jinyi et un deuxième panda géant dans une autre tanière sans l’autorisation de l’autorité forestière. Il a également déclaré que de mauvaises pratiques de gestion avaient contribué à la mort du panda.
Après la mort de Jinyi, le zoo a affiché de plus petits pandas roux. Mais de nombreux visiteurs ont été déçus, car ces animaux ne ressemblaient en rien aux pandas géants.
« J’ai emmené mon petit-fils au zoo trois fois l’an dernier, mais nous n’avons vu qu’une seule fois un panda géant », a expliqué Geng Guochang, 70 ans. « Mon petit-fils m’a toujours demandé où étaient les pandas géants et quand pourrions-nous les revoir. »

Zhang Zhihe, chef de la base de recherche de Chengdu sur l’élevage de pandas géants, explique : « Dans le passé, de nombreux zoos en Chine avaient des pandas, mais la situation a changé. « Les critères pour nourrir les pandas sont très élevés. De nombreux zoos ne peuvent pas en avoir parce que l’état des enclos et les pratiques de gestion des zoos, les gardiens et les vétérinaires ne répondent pas aux critères« .

Fin janvier 2014, il y avait 394 pandas en captivité en Chine.
La réserve naturelle nationale de Wolong à Wenchuan, province du Sichuan, en compte 201; la base de recherche de Chengdu sur l’élevage de pandas géants au Sichuan en compte 140; et le reste se trouve dans d’autres provinces, Pékin et Chongqing.
La base de Chengdu a prêté 30 pandas à 14 zoos du pays, tandis que la réserve de Wolong a loué 69 pandas à plus de 30 zoos.
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